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anarchie23
Description du blog :
Tout ce qui a trait à l'anarchisme en Creuse et au-delà...
Catégorie :
Blog Politique
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02.06.2007
Dernière mise à jour :
05.11.2009

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Gentioux 2009

Publié le 05/11/2009 à 18:57 par anarchie23
Gentioux 2009
Comme tous les ans et tous les 11 novembre, nous nous et vous donnons rendez-vous au rassemblement pacifiste et antimilitariste de Gentioux dans la Creuse, au pied du monument aux morts avec sa célèbre inscription "Maudite soit la guerre !" et son petit garçon levant le poing.

A partir de 10h: Rassemblement
11h: speechs des différentes organisations présentes (Libre Pensée, Mouvement pour la Paix, Fédération Anarchiste, etc...) De plus cette année et pour la première fois, Creuse-Citron, le journal de la Creuse libertaire, s'exprimera aussi.

A midi, on se retrouve au Villard (entre Royère-de-Vassivière et Gentioux) pour partager nos casse-croûtes.
Discussions, tables de presse, etc...

Bienvenue à toutes et à tous !
Et que maudite soit la guerre !


EXTRAITS d'un texte de PACO:

Haut de 3,80 mètres, le monument aux Morts de Gentioux rappelle les noms des cinquante-huit habitants de la commune tués pendant la guerre de 14-18 et des cinq décédés durant celle de 39-45. La ressemblance avec les monuments classiques s'arrête là.

Le monument de Gentioux n'a rien à voir avec tous les monuments patriotiques guerriers qui hantent nos communes. A la place des sculptures vantant l'héroïsme, la bravoure, le sens du devoir et du sacrifice, à la place des soldats virils brandissant drapeaux et fusils afin "qu'un sang impur abreuve nos sillons", nous trouvons à Gentioux un petit écolier en sarrau et en sabots, un orphelin en bronze, casquette à la main et poing serré, devant l'inscription: "Maudite soit la guerre !". A lui seul, le gosse au visage sombre représente les paysans et les ouvriers qui ont été sacrifiés dans une guerre infâme.

C'est Jules Coutaud, maréchal-ferrant, maire SFIO de Gentioux de 1920 à 1965, qui avait eu la bonne idée de faire ériger un tel monument. Gazé pendant la "Der des ders", il savait de quoi il causait. En 1922, la Préfecture refusa de participer à l'inauguration du monument qui faisait tâche dans le paysage militariste. Réalisé grâce à une souscription publique qui compléta le financement municipal et construit par des artisans locaux, le monument qui asticote les crevures galonnées est tout de même inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques. [...]

BILAN GENTIOUX 2009 (Article qui sera publié également dans le Monde Libertaire, le journal de la Fédération Anarchiste, dès le 19 novembre et rédigé par Alayn DROPSY -groupe "Arthur LEHNING" de la Fédération Anarchiste de la Creuse.)

Comme chaque année et ce depuis 20 ans, tous les 11 novembre a lieu un rassemblement pacifiste et antimilitariste au pied du monument aux morts de Gentioux dans la Creuse.
Cette année encore, c'est plusieurs centaines de personnes (pacifistes, antimilitaristes, libre-penseur-e-s, anarchistes, etc...) qui se sont retrouvées autour de ce monument avec sa célèbre inscription "Maudite soit la guerre" et son petit garçon en sarrau et en sabots levant le poing.

Après la cérémonie officielle de la municipalité où quelques enfants du village ont chanté des chansons pacifistes, plusieurs organisations (Mouvement de la Paix, ARAC, la Libre Pensée, les Amis du monument aux Morts de Gentioux, Creuse-Citron le journal de la Creuse libertaire, la Fédération Anarchiste, etc...) ont chacune tour à tour pris la parole pour dire leur dégoût des guerres, des armées, du capitalisme, etc...
La Fédération Anarchiste a surtout insisté avec un texte humoristique mais décapant sur le thème de l'identité nationale, l'ARAC et la Libre Pensée sur la réhabilitation des fusillés pour l'exemple, Creuse-Citron sur l'anti-patriotisme et l'étatisme.

A la fin des speechs, et ce pour la première fois, une pièce de théâtre adaptée du texte antimilitariste "La bataille de Fontenoy" de Jacques Prévert a été jouée sur la place près du monument par un couple-comédiens grenoblois.

Et puis nous nous sommes retrouvés ensuite à la salle du Villard -bondée !- entre Gentioux et Royère-de-Vassivière (entre 150 et 200 personnes -la salle va finir par être trop petite: il y a de plus en plus de monde chaque année !) pour, sous forme d'auberge espagnole (on réunit sur une grande table toutes les victuailles apportées par tout un(e) chacun(e) et chacun(e) se sert), partager, dans une ambiance fraternelle et conviviale. Ambiance garantie ! Conviviale mais aussi combative !

De nombreuses tables de presse étaient aussi au rendez-vous: les Editions Libertaires, les Editions du Monde Libertaire, la CNT-f, Creuse-Citron, etc... et ont eu un franc succès.

Ce rassemblement est l'un des plus importants de l'année en Creuse pour le mouvement anarchiste. Un marronnier incontournable pour nous.
Un immense merci à toutes et à tous les participants(tes), certaines et certains venant de loin, et certainement à l'an prochain à moins que d'ici là, les guerres, les armées, les Etats, le capitalisme, etc... soient éradiquées de ce monde !

Maudite soit la guerre !
Maudite soient toutes les guerres ! (militaires, sociales, économiques, etc...)








L'Ecole Ferrer de Lausanne

Publié le 02/11/2009 à 23:20 par anarchie23
L'Ecole Ferrer de Lausanne
De Jean Wintsch et de Charles Heimberg. Introduction de Marianne ENCKELL. Editions entremonde. 2009. 70 pages. Lausanne. 8 €.
Avec le soutien de l'Association des Amis de Henri ROORDA et du Centre International de Recherches sur l'Anarchisme (CIRA) de Lausanne.

4ième de COUV':

De 1910 à 1919, l'Ecole Ferrer de Lausanne a offert à des enfants d'ouvriers un lieu où ils n'acquièrent pas "le savoir inutile" dispensé dans les écoles publiques, où ils ne font pas "l'apprentissage de la docilité".

Sa caractéristique a été "d'unir l'atelier à l'école, de faire collaborer parents, instituteurs, ouvriers et enfants, de préparer ces derniers à la vie qu'ils mèneront probablement, en évitant autant que possible le verbalisme, en exaltant leur curiosité et leur joie dans les recherches, en organisant les leçons souvent hors des murs de la classe, dans la réalité, là où se passe la vie".

Extraits DE L'INTRODUCTION de Marianne ENCKELL:

Il y a un siècle tout juste, de nombreuses écoles libertaires ont été ouvertes de par le monde sur le modèle de l'Ecole moderne de Barcelone, fondée par Francisco FERRER (1859-1909). On les trouvait à Stelton dans le New Jersey, à São Paulo, à Clivio en Italie du Nord [Voir les références données par Charles Heimberg [...]. On peut y ajouter Paul AVRICH, The Modern School movement: anarchism and education in the United States , Princeton, 1908 (rééd. AK Press, 2006). L'Ecole moderne, fondée à New York en 1911 puis installée à Stelton dans le New Jersey, a existé jusqu'en 1953.], à Lausanne... C'est l'expérience de cette dernière que relate le présent ouvrage. Un article de Charles Heimberg précède la réédition d'une brochure publiée par Jean Wintsch (1880-1943), médecin lausannois et fondateur de l'école, après la fermeture de cette dernière.

L'intérêt des anarchistes pour l'enseignement est ancien, les institutions nombreuses: rappelons Paul ROBIN et l'orphelinat de Cempuis, les expériences de Tolstoï, de Sébastien FAURE et de Madeleine Vernet, les écoles rationalistes en Espagne et en Amérique latine, les communautés éducatives en Europe du Nord [Encore quelques références supplémentaires: Roland Lewin, Léon Tolstoï et l'école de Iasnaïa Poliana , Grenoble, 1972 ; Edouard Stephan, La Ruche, une école libertaire au Pâtis à Rambouillet, 1905-1917 , Rambouillet, 2000 ; Madeleine Vernet, L'Avenir social: cinq années d'expérience éducative , Epone, 1912 ; Pere Sola, Cultura popular, educacio i societat al nord-est català, 1887-1959: Assaig sobre les bases culturals i educatives de la Catalunya , Gérone, 1983 ; Jan Moulaert, Le mouvement anarchiste en Belgique , Ottignies 1996.

Elles apparaissent dans le sillage des réflexions d'autres éducateurs, de Rousseau, Froebel et Pestalozzi à Maria Montessori, Edouard Claparède ou Adolphe Ferrière. [...]

Ils "s'amusèrent, et ils firent bien". On est loin ici de "l'apprentissage de la docilité" que critique Henri ROORDA (1870-1925), un autre inspirateur et collaborateur de l'Ecole Ferrer, qui enseigne les mathématiques à Lausanne. Il brocarde "la notion du parfait", le "savoir inutile": "Je me demande, écrit-il, si, en empêchant les enfants de bouger, on n'immobilise pas, du même coup, leur intelligence. [...] Ceux qui ont pour mission de nous instruire et de nous révéler l'univers commencent par nous enfermer durant des années dans un local d'où l'on aperçoit rien de ce qui est à la surface du globe. Ajoutons que les bons élèves sont ceux qui ne regardent pas par la fenêtre." [Henri ROORDA van Eysinga, "Les effets de l'éducation moderne", La Revue Blanche (Paris), n° 28, 1902. Voir aussi, du même, "l'Ecole et l"apprentissage de la docilité", L'Humanité nouvelle , (Paris), 1898 ; "La notion du parfait dans l'enseignement", La revue Blanche (Paris) n° 27, 1.4.1901 : "L'Ecole et le savoir inutile", L'Ecole Rénovée , Bruxelles, 1908.] Il constatera plus tard que Le Pédagogue n'aime pas les enfants (Lausanne, Les Cahiers Vaudois, 1917) -mais que les enfants n'en meurent pas- et appellera de ses voeux la "grande réforme de l'an 2000". [Avant la grande réforme de l'an 2000 , Lausanne, Payot, 1925. Peu d'études ont été consacrées à Henri ROORDA ; voir Geoffrey Fidler, "Henri ROORDA van Eysinga and "éducation libertaire", Paedagogica Historica (XXVI), 1990/3 ; Tanguy L'Aminot, "Henri ROORDA, lecteur de l'Emile", Orbis litterarum, International review of literary studies (58), 2003 ; Henri ROORDA, pédagogue libertaire, chroniqueur facétieux, et l'humour zèbre , Lausanne, Musée historique et éditions Humus, 2009.] [...]

EDUCATION INTEGRALE -La Grande Guerre a marqué une cassure dans le mouvement ouvrier des pays belligérants, et la plupart des écoles rationalistes et libertaires sont obligées de fermer. C'est d'abord ailleurs qu'elles ont continué de se développer [Higinio Noja Ruiz, La Armonia, la escuela en el campo (Alginet 1923) prés. par Marianne ENCKELL et Vicente Marti, Barcelone 1996 ; Collectif, Educatiano i moviment libertari a Catalunya, 1901-1939 , Barcelone 1980.] ; mais les inquiétudes et l'intérêt subsistaient. Enseigner aux enfants hors du carcan de l'éducation officielle, former les ouvriers aux tâches révolutionnaires, ouvrir des "athénées" et des bibliothèques sont des activités que l'on trouve dans tous les mouvements anarchistes, sous une forme ou l'autre. [Voir le formidable panorama dressé par John Shotton, No master high or low: libertarian education and schooling in Britain, 1890-1990 , Bristol, 1993, ou le recueil plus théorique de Francesco Codello, La buona educazione: esperienze libertarie e teorie anarchiche in Europa da William GODWIN à Neill. , Milan, 2005.]

Les exemples récents d'écoles alternatives ou d'"insoumission à l'école obligatoire" sont nombreux, souvent bien documentés ; les difficultés rencontrées, toujours aussi nombreuses. La classe unique de l'Ecole Ferrer de Lausanne peut aujourd'hui sembler peu aventureuse, la foi de ses promoteurs dans le progrès et la science bien désuète. Mais l'expérience et les débats qu'elle a suscités au sein du mouvement ouvrier, des milieux scolaires ou du grand public restent d'actualité, comme le montre Charles Heimberg.
Et la "grande réforme de l'an 2000" ne s'est pas faite. Reste à savoir si elle se fera un jour dans l'école publique, ou dans une tout autre configuration.

Marianne ENCKELL
(au passage un immense remerciement de m'avoir offert cet ouvrage excellent Marianne !)

Analyse de la crise en Espagne

Publié le 28/10/2009 à 22:58 par anarchie23
Analyse de la crise en Espagne
Ni le G20, ni le G8, ni les autres forums pourront résoudre le problème de la crise. Nous traversons une des pires crises économiques, mais ce n'est pas nouveau que le monde soit en crise.
Les guerres, les famines, on connaît. La seule nouveauté réside dans le fait que la crise touche les pays les plus riches. Il ne s'agit pas juste d'une crise économique, il s'agit d'une crise du système.

Cette crise a débutée dans le secteur bancaire mais ses causes sont bien plus profondes, en réalité les économies des états capitalistes vivent à crédit depuis 30 ans. Les entreprises s'endettent par dessus leurs possibilités, les Etats s'endettent également au dessus de leurs possibilités, pour affronter les guerres, pour augmenter leur cercle d'influences... et ils ont systématiquement poussé le citoyen à s'endetter, la seule façon de maintenir, artificiellement, la croissance économique.

La cause de la présente crise est très claire: l'avarice des capitalistes, vouloir tout monopoliser sans aucun contrôle, l'augmentation de la valeur des choses au-dessus de leur valeur réelle, négocier avec ce qui n'a pas encore été produit. Nous subissons les conséquences de tout cela à travers le chômage, le terrorisme patronal avec les "accidents du travail", les licenciements en masse des travailleurs tout en faisant le même boulot avec moins de personnel, les diminutions de salaires, les nouvelles clauses de contrat de plus en plus précaires: nous sommes les premiers sinistrés.

L'histoire nous raconte que le capitalisme est passé d'une crise à une autre, et qu'une bonne guerre lui a permis de s'en sortir (en éliminant ses rivaux, entreprises et infrastructures, ce qui lui a re-donné un élan économique). En réalité, les crises sont des périodes que les plus grands mettent à profit pour éliminer ou absorber les plus faibles. De cette façon la crise renforce la concentration du capital dans les mains d'un petit nombre de multinationales. Quelle en seront les conséquences ?
Ces super-groupes auront de plus en plus de pouvoir pour éliminer ou appauvrir la main d'oeuvre et devenir ainsi un adversaire plus puissant. Nous nous retrouvons à nouveau au point de départ.

Les gouvernements nous bassinent pour trouver une solution sur les bases éthiques du capitalisme, mais ce n'est pas possible vu que le capitalisme s'appuie sur trois principes:
1- La propriété privée des moyens de production et de financement. Ce ne sont pas les personnes qui décident mais les multinationales.
2- La compétitivité: gagner la guerre économique, c'est-à-dire, éliminer la concurrence.
3- Le profit maximum: il ne suffit pas pour gagner cette bataille d'avoir des bénéfices raisonnables, il faut un taux de bénéfices qui permettent de se distancer des entreprises de la concurrence. Le capitalisme n'est pas autre chose que la loi de la jungle.

Où se trouve l'éthique ?

Les Etats permettent aux entreprises de garder leurs gains (même si les entreprises réalisent des bénéfices records, les travailleurs, eux, auront toujours un salaire fixe et indexé) et lorsque celles-ci n'ont pas gagnées tout ce qu'elles escomptaient, elles socialisent les pertes et renflouent leurs caisses grâce au trésor public (l'argent du travailleur) pour redorer les économies des entreprises... en résumé: elles empochent notre argent. Elles nous volent une deuxième fois (1° en ne nous payant pas ce qui nous revient, ni en redistribuant les bénéfices et 2° en empochant l'argent de l'épargne publique des travailleurs, qui au lieu d'être investie dans la santé, l'éducation, les transports... passe, sans notre consentement, à l'usage et à la jouissance des riches.)

L'économie espagnole est entrée en récession. Le PIB est en chiffres rouges. Ce qui se traduit par un manque de création de richesses.

Nous avons traversé plus d'une décennie de "prospérité" économique, et les indices de croissance ont beaucoup augmentés (les travailleurs n'en n'ont pas vu un seul centime). Jusqu'au point où le gouvernement espagnol prétendit adhérer au groupe des pays les plus riches du monde.

On nous a toujours dit que l'effort de production que fournissent les travailleurs seraient pris en compte dans le cadre de la société, pour leur permettre d'atteindre un "Etat de Bien-Etre", où tous les besoins et désirs seraient couverts. Au contraire, les droits fondamentaux garanties par la Constitution, comme le sont par exemple, le logement et le travail, ne sont que lettre morte, puisque pour accéder à un logement il nous faut hypothéquer notre capacité productive de 20, 30% ou davantage, certains n'ayant même pas de marge de crédit à cause de l'augmentation sans précédent des prix. Concernant le travail: les taux de chômage sont une honte. Tous les gouvernements qui se sont succédés ont été incapables de freiner le chômage ; au contraire chaque réforme du travail (même si c'étaient des périodes de prospérité) a amener une diminution des droits des travailleurs et donc davantage de précarité et d'instabilité, jusqu'au point où l'on ne peut même pas consommer les produits que nous fabriquons nous mêmes.

Les banques et les institutions financières vivent de notre capacité à nous endetter (appliquant des intérêts d'usure) et le peu d'économies que nous avons sont très peu rémunérées, ils appliquent de fortes commissions, nous donnent des informations complexes et ambigües que même l'économiste le plus intelligent ne sait traduire. On apprend chaque semaine un nouveau cas d'abus ou de duperie concernant l'épargne des familles, ces dernières sont l'objet de commercialisation de produits financiers frauduleux où se cachent bien des astérix et de petites lettres, vu qu'il n'y a aucune transparence, ni contrôle des institutions, et qu'il n'existe aucune loi de protection des épargnants. Le résultat de tout ça est la non résolution des fraudes à l'épargne en Espagne, comme:

Les agences de valeurs AVA (1998), Investahorro (1999), Gescartera (2001), Terra (2003), Rural Caja (2004) continuent à ne pas trouver de solution à leur périple judiciaire après tant d'années, et les scandales continuent:
- Forum, Afinsa y Arte y Naturaleza : des entreprises qui ont saisi des centaines de millions d'euros d'épargne à beaucoup d'Espagnols.
- Martinsa-Fadesa : a laissé sur le carreau 234 travailleurs car elle assure ne plus avoir de liquidités, alors que son PDG, Fernando Martin , possède une fortune estimée à quelques milliers de millions d'euros. Beaucoup de familles restent sans logement et sans argent en raison de cette suspension de paiements. Las Comunidades Autonomas avaient toléré le manquement à l'obligation de l'entreprise d'avoir une assurance ou caution, qui apporte les garanties nécessaires aux consommateurs, pour qu'ils puissent récupérer les sommes payées ; ils doivent maintenant confronter leurs responsabilités à la réalité et apporter une solution juste et efficace.
- Lehman Brothers : plus de 20 banques et caisses d'épargnes ont vendu des produits de cette compagnie de façon frauduleuse, indiscriminée et sans information.
- Fondo Santander Banif Inmobiliario : la funeste gestion de la banque Santander et l'inertie du Control Nacional del Mercado de Valores (Organisme de contrôle national du marché des valeurs) ont fait que 50 000 familles payent de leur économies l'effondrement de la bulle immobilière.

Le capital de la finance s'alimente de l'abus à travers la publicité mensongère, "fonds garantis", "tarifs préférentiels" sans expliquer de façon claire et simple à quel type d'opérations le client est en train d'accéder et les risques qu'il encourt.

Comment pouvons-nous nous défendre de tout cela, lorsque tout dans ce système est organisé pour un meilleur bénéfice des capitalistes, jamais rassasiés. Ils disposent de syndicats jaunes qui sont financés par l'Etat, devenant à leur tour des entreprises spéculatrices (les professionnels du syndicalisme) qui ne mordront jamais la main de leur maître et qui empocheront les subventions. A travers les comités d'entreprise, les syndicats marchandent avec nous en nous utilisant comme monnaie d'échange pour obtenir pouvoir, influence et argent. Et cette tradition se poursuit avec n'importe quel gouvernement, car dans ces conditions, parler de gauche ou de droite devient superflu. Où commence et où finit le pouvoir que t'octroie le fait d'être à la tête d'un Etat ?

LE POUVOIR EST UNE CORRUPTION, c'est pour cela que les Etats et leurs gouvernements essayent de contrôler, réduire ou éliminer la dissidence. Ils veulent en finir avec tout le tissu associatif qui fait en sorte que les individus s'auto-organisent de façon horizontale, sans hiérarchie, en créant des structures et des organisations qui prennent la défense et amplifient les droits acquis. Pour cela le pouvoir utilise des "moyens de formation à grande échelle" pour maintenir la pression sur les masses tels les moyens de communication, les systèmes éducatifs, les religions... et pour celui qui supportera ce lavage de cerveau et continuera à penser à la liberté, à l'égalité, à la solidarité, ils lui lâcheront les agents de la répression, les chiens de garde (police et militaires).

Ca suffit ! Etat et gouvernement se bénéficient de notre souffrance. Nous ne pouvons plus croire en leur parole, ils nous trompent depuis trop longtemps, il ne faut plus qu'ils gérent nos affaires. Il faut que nous luttions pour changer tout cela. Nous ne voulons pas, nous travailleurs, porter le fardeau de cette crise. Où est passé l'argent produit par l'effort de la classe ouvrière ? Il faut le réinvestir dans la société pour que tout le monde en profite. s'ils refusent, brisons cette soumission à laquelle ils nous enchaînent et affrontons leur pouvoir. Nous ne voulons plus de leur bonne parole mensongère.

La seule alternative réside dans la participation directe des travailleurs dans leurs affaires, sans déléguer cette tâche à des burocrates syndicaux. Pour cela il existe un modèle d'organisation qui fonctionne avec succès: les Sections Syndicales, formées par les travailleurs affiliés au syndicat anarchosyndicaliste au sein de l'entreprise (la CNT), sans besoin de passer par des élections syndicales, car son outil est l'assemblée de travailleurs dans laquelle toutes les décisions sont prises et seront portées par un délégué (également élu lors de l'assemblée) devant l'entreprise. Ces délégués ne possèdent aucun privilège qui les distinguent des autres travailleurs et ils peuvent être révoqués à n'importe quel moment par l'assemblée. La coordination, dans une même branche, de toutes les Sections Syndicales entre elles apporte une force de négociation qui est crainte par le patronat. Car la Section Syndicale, c'est la présence du syndicat dans l'entreprise. Ainsi, les problèmes des uns deviennent le problème de tout le monde. AUCUN INTERET EXTERIEUR AU TRAVAILLEUR NE DOIT INTERFERER !

Nous croyons que l'émancipation personnelle et sociale se traduit par le renforcement de l'organisation des citoyens grâce à l'égalité, la liberté, l'autogestion et le fédéralisme libertaire. Et que la confrontation avec le pouvoir et ses acolytes doit être portée par l'action directe et solidaire, sans chefs, ni dirigeants, avec la participation de tout un chacun, pour en finir avec l'oppression et l'exploitation... ET QUE PERSONNE NE PUISSE EMPIETER SUR LA VOLONTE POPULAIRE.

FA Ibérica (Fédération Anarchiste espagnole)
Texte traduit par Olivier, groupe "La lune noire" de la Fédération Anarchiste.

Edito du Monde Libertaire n° 1569

Publié le 22/10/2009 à 22:49 par anarchie23
Edito du Monde Libertaire n° 1569
"Il m'est odieux de suivre autant que de guider"
Nietzsche.

L'actualité est parsemée d'effets d'annonce pour tester et agiter l'opinion publique. Un Obama prix Nobel de la Paix, un Sarkozy II, président de l'Epad. En Irlande, ils ont re-voté et puis après ? Pour ce qui est du référendum sur le Traité européen, nous avons encore en tête la victoire du non en France et le sort qu'il a connu. En Irlande, le oui fait place au non. Après tout, peu importe le résultat, l'important c'est de participer. La votation sur la privatisation de La Poste connaît le même sort. Passé l'engouement du scrutin, le suspens du résultat et sa célébration, il ne reste plus rien.

Dans la rue, pas dans les urnes, cela n'est guère plus réjouissant. Après les journées du 29 janvier et du 19 mars, la rentrée serait chaude, nous avait-on dit. Le camarade Thibault a donc planifié un mois d'octobre très chargé pour mobiliser les troupes au compte-gouttes: le 6 chez France Telecom, le 7 pour le "travail décent", le 16 pour les retraités, le 20 chez les cheminots et enfin le 22 pour le "développement de l'emploi industriel". Des journées saute-mouton, avec des appels bien peu mobilisateurs. Les confédérations avancent leurs pions, mais se gardent bien de relancer un mouvement interprofessionnel, qui aurait la prétention de vouloir réellement gagner face au patronat.

Pourtant des grévistes fortement mobilisés, il y en a: Continental, Molex, Goodyear, Servisair... mais les grandes centrales syndicales s'entendent pour "ne pas s'entendre" et ça nous vaut des calendriers de luttes différents pour chacune d'elles. Ces luttes sont donc condamnées à l'inefficacité ; et en plus elles lassent les salariés en butte à la crise. Les patrons se marrent. Aucune organisation pour fédérer ces luttes. On nous fait défiler, on nous balade, on nous tend le mégaphone pour mieux nous rendre muets. Patrons et Etat font passer leurs lois et autres projets, tandis qu'en face les dirigeants syndicaux feignent de taper du poing sur la table, mais font en sorte de ne jamais marquer de point. "Souffler n'est pas jouer", nous dirait un joueur de dames. Un camarade fin gourmet nous dirait, quand à lui, que "deux chapons ne feront jamais une poulaille".

Nouveau site pour Creuse-Citron

Publié le 14/10/2009 à 17:06 par anarchie23
Nouveau site pour Creuse-Citron
Photo: Bandeau d'un ancien numéro de Creuse-Citron, le journal de la Creuse libertaire.


Un tout nouveau site vient de s'ouvrir où vous pourrez retrouver en ligne et en fichiers PDF tous les anciens numéros de Creuse-Citron:
http://creuse-citron.revolublog.com


Bonne lecture !

Les patrons sont-ils indispensables ?

Publié le 23/09/2009 à 15:45 par anarchie23
Les patrons sont-ils indispensables ?
Vous pouvez cliquer sur la planche pour l'agrandir !

May PICQUERAY

Publié le 19/09/2009 à 16:23 par anarchie23
May PICQUERAY
De COLLECTIF: 96 pages. 2004. Editions Libertaires. 8€

Les "Editions Libertaires" viennent de rééditer le livre de May PICQUERAY "May la réfractaire, mes 81 ans d'anarchie". En complément de cette autobiographie, il nous a semblé important de consacrer à May une "Graine d'ananar" mettant en perspectives et en valeur d'autres facettes, plus littéraires et politiques, du personnage.

May PICQUERAY, en effet, ce n'était pas seulement cette petite femme (haute comme deux pommes trois quarts, dixit Bernard THOMAS) qui envoya en 1921 un colis piégé (il explosera sans faire de victime) à l'ambassadeur des Etats-Unis à Paris, pour protester contre la condamnation à mort de SACCO et VANZETTI ; qui, lors du congrès de l'Internationale syndicale rouge, en 1922, à Moscou, monta sur la table pour dénoncer des congressistes en train de se goberger alors que le peuple soviétique crevait de faim ; qui refusa de serrer la main au généralissime Trotsky à qui elle était pourtant venu demander la libération de camarades anarchistes emprisonnés par les bolcheviques ; qui en 1924 fit le coup de poing au meeting de la Grange-aux-Belles lors duquel les bolchos tuèrent deux ouvriers anarchistes à coups de revolver ; qui pendant la guerre, en mai 68, au Larzac en 1975, à Creys Malville en 1977, et jusqu'à sa mort en 1983 n'en rata pas une. Ce n'était pas seulement cette femme de toutes les révoltes, de toutes les mobilisations pour des causes justes, et de mille et une rencontres avec Sébastien FAURE, Nestor MAKHNO, Emma GOLDMAN, Alexandre BERCKMAN, Marius JACOB, DURRUTI, Louis LECOIN... C'était aussi la fondatrice du journal "Le Réfractaire" dans lequel elle a écrit de nombreux textes qui ne sont pas piqués des hannetons.

Ce livre, avec en prime un certain nombre de témoignages inédits de camarades ayant eut l'occasion de l'approcher de près, met l'accent sur cet aspect moins connu de May écrivaine, journaliste et polémiste.

Et c'est peu dire que ca dégage ! Que ca décoiffe ! Et que ca défrise !
Les patrons, les flics, les curés, les militaires... et jusqu'à certains rabougris du socialisme et, même, de l'anarchisme !
Du bonheur à l'état pur !

IRRESISTIBLE !

Lors du printemps de Tienanmen, le monde n'a eut d'yeux que pour ce petit bonhomme qui s'est avancé d'un pas tranquille au devant d'un char et qui a arrêté toute la colonne en levant simplement la main. Cela semblait irréel !

En mai 68, à Paris, Suzy CHEVET, une petite mamie anar, a arrêté, seule, une charge de CRS en brandissant une arme de dissuasion massive... son parapluie. Les jeunes flicards n'en croyaient pas leurs yeux !

May PICQUERAY (1898-1983) fait assurément partie de ces très rares personnes qui ne doutent de rien et qui, quand elles accrochent le fil de leur rêve à une montagne et se mettent à tirer, trouvent tout naturel de la voir s'écarter de leur chemin. [...]

Pour elle, cela allait de soi ! [...]
Pour elle, c'était la moindre des choses !

[...] en 1922, [...], elle était parvenu à obtenir une entrevue avec Trotsky, le chef de l'armée rouge. Et, une fois en sa présence, après avoir refusé de lui serrer la main au motif de Kronstadt et de Nestor MAKHNO, elle l'a regardé dans les yeux et lui a demandé la libération de camarades anarchistes emprisonnés par les bolcheviks. D'un simple claquement de doigt Trotsky aurait pu l'envoyer au goulag. Il n'en a rien fait et a accédé à sa demande. Pour May, il ne pouvait pas en être autrement !

Et tout au long de sa vie [Dans son autobiographie "Mes 81 ans d'anarchisme" rééditée en 2003 aux Editions Libertaires, May nous raconte l'infini de ses aventures.] il en fut ainsi.
A la première injustice qui pointait son nez à l'horizon c'était plus fort qu'elle. Il fallait qu'elle dégaine. Et mieux valait alors se planquer tant elle était irrésistible.

May c'était ça. Un coeur si vaste qu'on n'en voyait que la moitié. Des convictions en béton armé. Une grande gueule qui démarrait au quart de tour et qui fonçait en n'ayant peur de rien.

Oh bien sûr, la médaille avait son revers.
Avec un caractère d'une telle trempe, May s'est souvent vu reproché d'être sinon autoritaire, du moins un peu carrée.
D'avoir tendance à se la jouer perso. Du genre qui m'aime me suive. Et, d'ailleurs, ca suivait presque toujours. La fleur au fusil. Ou, comme du côté du mouvement libertaire organisé, en traînant les pieds au motif d'être par trop souvent mis devant le fait accompli. Et puis -mais comment aurait-il pu en être autrement ?- la confusion s'invitait de temps à autre au bal de cette navigation à l'instinct. Un jour c'était plus anar que moi tu meurs. Et le lendemain, virage à 180°, direction toute vers la recherche de l'union sacrée de la sainte famille humaniste dans le but d'essayer de se rallier le vote d'un certain nombre de députés...

Bref, le personnage était complexe. Paradoxal. Parfois déconcertant. Comme le sont tous ceux et toutes celles qui se plongent corps et âme dans l'action et qui tracent leur chemin... en marchant.
Cela étant, si May fut effectivement une femme d'action fonctionnant au coup de coeur, à l'affectif et au pragmatisme, elle ne fut pas que cela. Elle fut aussi une femme d'écriture dotée d'une plume à son image.

Ce livre qui regroupe un certain nombre des articles qu'elle a écrit pour ce journal de combat qu'était "son" "Réfractaire" (avril 1974 - décembre 1983) nous fait découvrir cet aspect mal connu de May PICQUERAY. Et, c'est peu dire que c'est du bonheur à l'état pur !

Un seul exemple:
En 1976, le général Bigeard, alors secrétaire d'Etat, s'était fendu d'une diatribe sexiste à dégueuler à l'encontre de notre Arlette nationale.
En 10 lignes, May a remis le soudard à sa place.
Son petit billet se terminait par: "Général, secrétaire d'Etat aux armées, tortionnaire en Indochine, en Algérie et ailleurs. Et maintenant, propagandiste du viol... Il est complet ! Goujat !"

(Le 22 mars 2004, quelque part dans les maquis du rêve libertaire.
Pour les Editions Libertaires.
Dominique LESTRAT, Jean-Marc RAYNAUD, Franck THIRIOT)


1 des articles de May PICQUERAY qui composent ce livre:
BAS LES PATTES M. HERNU !

L'autorité ne peut exercer son oeuvre oppressive qu'en accaparant l'homme chez l'enfant, à cet âge où il est désarmé, son jugement sans force, sa mémoire vide et sans défiance.

L'esprit religieux, revêtant de multiples formes, tend à substituer dogme à dogme et le laïque s'évertue à remplacer l'amour de Dieu par le culte de la patrie ou le respect de l'Etat par le bonheur du peuple (!). Ces deux religions d'Etat ou d'Eglise, voilà l'ennemi qui tisse contre l'enfant sa toile de fourberie et de servilité. L'Etat a proclamé l'enseignement laïque et obligatoire pour les enfants de six à treize ans, mais l'Etat s'est réservé le droit de placer les générations à venir sous sa tutelle, de marquer de son empreinte et de façonner à son gré les cerveaux et les coeurs. L'Etat et l'Eglise savent très bien que l'homme ressent toute sa vie l'influence subie à l'école et s'entendent comme larrons en foire pour marquer les enfants de leur empreinte ineffaçable.

Leur morale ? Un code de maréchaussée, façonnant le cerveau de l'enfant à obéir sans contrôle à la loi du plus fort.
Morale immorale. Morale de calcul cynique et odieux qui donne une prime aux actes humains. Est-ce que la récompense ou la peine n'outrage pas la fierté, la dignité ?

On pervertira le sens moral de l'enfant en lui faisant mépriser le pauvre bougre qui aura dérobé un morceau de pain pour apaiser sa faim, en lui faisant admirer et saluer le bon patron qui ne produit rien et possède tout, en méprisant également l'ouvrier, le pauvre, le mal-vêtu qui produit tout et ne possède rien.

L'esprit de patrie sera développé fortement: "La patrie, la grande famille qu'il faut aimer par dessus tout. Elle seule possède toutes les qualités: courage, dévouement, génie, etc.
La haine de l'étranger sera inculquée de la façon la plus imbécile qui soit. L'héroïsme du soldat est la première des vertus, l'obéissance passive le plus grand des devoirs ; la préparation au dressage militaire la plus noble des tâches. Le service militaire est l'apprentissage de la guerre. Il est nécessaire pour former une armée solide capable de nous défendre contre les malfaiteurs du dedans et les ennemis du dehors."

Les malfaiteurs du dedans, c'est la troupe des exploités qu'il faut maintenir, les grévistes qu'il faut contenir, la horde menaçante des ventres creux qu'il faut mater un jour ou l'autre.
L'armée est, avant tout, le chenil de garde de la grosse propriété et de la haute finance.

C'est ainsi que dès l'enfance, inconscients et naïfs, nous avons tété au biberon du militarisme et sucé le lait empoisonné d'un patriotisme imbécile !

Puis, grâce à la faiblesse ou à la complicité des parents, le prêtre vas se glisser pour parfaire cette oeuvre de corruption et de mensonge. Merveilleux instrument d'autorité, calcul cynique et éhonté d'une secte qui, pour établir sa domination par la crainte, agite le spectre d'un enfer imaginaire pour que plus tard l'homme ne voit pas l'enfer réel, l'enfer social dans lequel il se débat.

Mais l'Eglise ne suffit pas, la Laïque viendra à la rescousse.
Le dressage militaire: tête droite, tête gauche, marcher au pas derrière des tambours et un drapeau, et pourquoi pas, apprendre le maniement des armes.

Et le dressage à l'arrivisme, car il faut arriver dans la vie, réussir, faire son chemin ; qu'importe alors l'amour de la vérité, de la franchise, l'esprit de solidarité, la dignité, la liberté. Peuh ! des mots d'utopistes, de rêveurs... d'anarchistes ! Tant pis si l'on écrase, au passage, ceux qui se trouvent sur le chemin.

Et l'Histoire ? Celle de la liberté à travers les âges ? La genèse de l'idée révolutionnaire ? Non. On pervertit l'imagination de l'enfant par l'apologie constante de crimes couronnés de succès, de victoires, de héros.

Ajoutons à cela l'autorité paternelle, souvent maladroite, exercée au sein de la famille. Pire parfois que l'autorité militaire qui s'exerce, elle, sur des jeunes gens dont le cerveau a atteint un certain développement, acquis une certaine force de résistance. Tandis que l'autorité paternelle s'exerce sur l'enfant de la naissance jusqu'au jour où il a acquis son entier développement cérébral. Son premier rôle est d'accoutumer l'enfant à l'obéissance, il détruit sa personnalité, son caractère. L'enfant subit donc l'influence de ce triple pouvoir: Dieu, Patrie, Famille. Le résultat: d'un côté des tyranneaux sans coeur et sans scrupules, de l'autre une race d'esclaves soumis et résignés.

L'Ecole a ainsi forgé de toutes pièces cette société immonde qui n'est qu'un vaste coupe-gorge, un maquis militaire, financier et éligiosâtre.
L'Ecole ainsi comprise est bien l'antichambre de la caserne et de la sacristie.

Notre Hernu national trouvant ce programme insuffisant veut en rajouter !...

Dans un pays réputé pour son intelligence, l'ECOLE est en retard ; elle impose des programmes ridicules, inadaptés à l'heure présente. Les enseignants, comme les élèves, sont découragés devant cette situation.

L'Etat, si généreux avec son armée, doit donner à l'éducation nationale les moyens indispensables pour que les enseignants puissent remplir la tâche qui leur est dévolue: celle de former intellectuellement et moralement une jeunesse SAINE, capable d'instaurer une société SAINE et heureuse.

Les enseignants auront fort à faire pour éviter la perversion totale de l'enfance, les parents lucides devront apporter leur collaboration effective et les gens épris de liberté les soutenir de toutes leurs forces, de tout leur coeur. Bas les pattes, Hernu, laissez les vivre !

May PICQUERAY
("Le Réfractaire" n° 79, décembre 1982.)





La Grève Générale

Publié le 09/09/2009 à 14:46 par anarchie23
La Grève Générale
DANS LE SYNDICALISME DE LA Belle Epoque

Comme on le sait, l'idée de grève générale est dernièrement dans "l'air du temps" et, il y a quelques temps, quand on agitait déjà l'hypothèse d'une grève générale contre la politique du gouvernement, le secrétaire de l'époque de FO, Marc Blondel, faisait remarquer que, l'expression étant chargée à l'origine d'une connotation toute particulière (l'équivalent du Grand Soir), il préférait parler, quant à lui, de "grève généralisée", un distinguo déjà opéré il y a plus d'un siècle par certains des ennemis socialistes de l'idée de grève générale.

C'est de ce sens originel dont nous dirons ici quelques mots. Pour ce faire, il nous faudra évoquer le syndicalisme français de la fin du XIXe siècle jusqu'à la veille de la Grande Guerre, c'est-à-dire le syndicalisme représenté d'abord par la Fédération des Bourses du travail (FBT) puis par la CGT, radicalement différent des grands modèles allemand ou anglais et source d'inspiration pour de très nombreuses organisations ouvrières à travers le monde.


LE GREVE-GENERALISME

Toutes celles et ceux qui s'intéressent peu ou prou au syndicalisme de la Belle Epoque connaissent les thèmes principaux de sa riche doctrine: le rôle des minorités agissantes, l'action directe, le boycott, le sabotage, l'antimilitarisme, l'antipatriotisme, l'a-parlementarisme, la grève générale, le double rôle du syndicat ("groupement de résistance" avant d'être "groupement de production et de répartition, base de la réorganisation sociale", pour citer les mots même de la résolution votée en 1906 au congrès d'Amiens), etc. Cependant, il est patent que, dans l'arsenal idéologique du syndicalisme de la FBT et de la CGT, la grève générale n'est pas une idée parmi les autres.

Elle est vraiment l'épine dorsale, l'idée directrice du syndicalisme d'avant-guerre, ce qu'il tient pour l'outil par excellence de l'émancipation du prolétariat. En 1907, le socialiste Paul Louis pouvait écrire dans son "Histoire du mouvement syndical français" que "la grève générale est au prolétariat ce qu'était, il y a quatre-vingts ans, le régime parlementaire et constitutionnel à la bourgeoisie européenne".

Quelques années plus tard, en 1912, un certain Louis Garriguet, abbé de son état, notait pour sa part que l'idée de grève générale est "la grande pensée comme la grande espérance du syndicalisme", qu'elle "constitue comme la clé de voûte du syndicalisme" ("L'Evolution actuelle du socialisme en France. Le mouvement syndicaliste révolutionnaire).

S'il fallait une preuve de plus de l'importance tu thème de la grève générale dans le syndicalisme de la Belle Epoque, on la tient dans le qualificatif par lequel il s'est désigné et s'est reconnu lui-même: avant d'être des "syndicalistes" tout court ou des "syndicalistes révolutionnaires" -l'appellation, popularisée par la revue "Le Mouvement socialiste" à partir de 1903/1904, ne figure d'ailleurs pas dans les écrits de Fernand PELLOUTIER-, les porte-parole de la FBT et de la CGT se sont regardés dès avant 1895 comme "grève-généralistes", en se faisant une gloire du qualificatif appliquéà leur endroit, par dérision, par leurs irréductibles rivaux du POF (Parti ouvrier français), les partisans de Jules Guesde et de Paul Lafargue, les premiers à se réclamer en France de l'enseignement de Marx.


LES ORIGINES DE L'IDEE ET SON APPARITION EN FRANCE

Cette idée, d'où vient-elle et qu'en savent les syndicalistes eux-mêmes ? Dans un texte rédigé en 1893, Fernand PELLOUTIER écrit que l'idée de grève générale est "très récente". Quelques années plus tard, dans une note de son "Histoire des Bourses du travail", il affirme exactement le contraire: c'est une idée "fort ancienne", écrit-il, sans autre précision. De fait, quand ils s'occupent de l'histoire de l'idée-force du syndicalisme, Fernand PELLOUTIER et Emile POUGET ne vont pas en deçà de la 1re Internationale, où elle a été défendue par certains représentants de sa fraction antiautoritaire, en particulier par l'aile marchante de ce courant, la Fédération jurassienne, qui prône la grève générale dès 1870 dans son journal "La Solidarité". C'est pourquoi Engels va l'appeler une "chimère anarchiste", une expression qui sera reprise par la social-démocratie européenne au moment du surgissement du syndicalisme révolutionnaire.

En réalité, elle était déjà apparue avant, autour de 1830, dans le chartisme anglais. L'épisode est connu de ce même Engels qui appelle la grève générale un "cheval de parade qui est, par l'origine, de race anglaise". En effet, dès 1832, un certain William Benbow avait publié une brochure où il lançait l'idée d'une "grande fête nationale", ou "mois sacré" ou "general strike", d'une cessation générale du travail pendant un mois au cours duquel les classes productrices se réuniraient en congrès pour établir une constitution universelle qui réaliserait l'égalité des droits et des libertés, des jouissances et des sacrifices. L'idée fut donc anglaise à l'origine, avant que le mouvement ouvrier d'outre-Manche l'oublie et perde sa première inspiration révolutionnaire. A partir de la fin des années 1880, elle va être une "idée française", le signe d'identité du courant dominant du syndicalisme français jusqu'à la veille de la Grande Guerre.

D'après Emile POUGET, le retour de l'idée de grève générale en Europe après la désagrégation de la Première Internationale s'est fait par le truchement du mouvement lancé en 1886 aux Etats-Unis par les syndicalistes américains et les anarchistes de Chicago qui décidèrent d'un arrêt national du travail le 1er mai de cette année-là pour demander l'instauration de la journée de travail de huit heures. Je ne m'étendrai pas plus là-dessus puisque on rappelle tous les ans l'origine de ce qui est devenu la "fête" du 1er Mai: les évènements du Haymarket à Chicago en mai 1886 et l'exécution des anarchistes tenus pour responsables de ces évènements, bien qu'on ignore souvent que la décision de faire du 1er mai une journée internationale de revendications fut prise par les délégués au congrès socialiste international tenu en 1889 à Paris.

C'est donc en écho aux évènements de Chicago que, sous une version "réformiste" (la grève générale pour les huit heures), l'idée de grève générale fait retour en Europe, et en France tout particulièrement, où les éléments avancés de la classe ouvrière passent en très peu d'années du refus de la grève comme outil de combat contre l'exploitation -un refus présent chez Pierre-Joseph PROUDHON- à l'adoption de la grève générale en tant qu'arme suprême du prolétariat. Sous sa forme "réformiste", elle apparaît chez les mineurs en tant qu'instrument de défense des intérêts de la profession, de grève générale corporative. Sous sa forme révolutionnaire, elle se manifeste en particulier chez certains ouvriers du bâtiment parisiens, et c'est un d'entre eux, le menuisier anarchiste Joseph TORTELIER, qui va se faire "l'apôtre" de la nouvelle idée ouvrière dans la seconde moitié des années 1880. Il le fera dans de très nombreux meetings et même dans des congrès ouvriers internationaux, comme celui qui se tient à Londres en 1888, la même année où, pour la première fois, une motion favorable à la grève générale est votée dans un congrès ouvrier, celui de la Fédération nationale des syndicats (FNS) au Bouscat.

La "nouvelle" idée ouvrière apparaît d'abord sous l'apparence pacifique et légalitaire (un peu "bonasse", dit Emile POUGET) de l'"insurrection des bras croisés". Il suffirait en somme que les producteurs cessent un beau jour de travailler, qu'ils se croisent les bras, pour que la société bourgeoise s'effondre presque naturellement. L'historienne Colette Chambelland l'a exprimé un jour dans une très jolie formule: "On resterait chez soi, on se mettrait à sa fenêtre et on verrait passer la révolution." Toutefois, devant les objections qu'on présente à cette première version de l'idée de grève générale - les prolétaires mourraient de faim bien avant que les bourgeois commencent à être un tant soi peu affectés par l'arrêt de la production-, elle se transforme dans l'esprit de ses propagandistes en grève générale expropriatrice et violente.


L'ASSIMILATION DE L'IDEE PAR LE SYNDICALISME

Des premiers cercles ouvriers où elle est apparue, l'idée passe rapidement dans les organisations ouvrières qui vont venir concurrencer la FNS des amis de Guesde, pour lesquels le syndicat, le "groupement corporatif", réformiste par nature, doit être subordonné au parti politique. Ceux qui pensent que le syndicalisme se doit d'être indépendant des partis politiques, qu'il est quelque chose de plus que "l'école primaire du socialisme", qu'il peut et doit être l'outil par excellence de l'émancipation ouvrière, ceux-là vont trouver dans l'idée de grève générale la notion dont ils avaient besoin pour faire exister le syndicalisme comme forme du socialisme ouvrier face à des factions politiques faibles et divisées, du moins avant l'unification de 1905.

Après le compagnon Joseph TORTELIER, les deux principaux porte-parole de l'idée de grève générale vont être le socialiste Aristide Briand et le libertaire Fernand PELLOUTIER, secrétaire de la FBT de 1895 à sa mort prématurée en 1901.
Ce sont eux deux qui, à partir de 1892, vont introduire et faire triompher l'idée de la grève générale dans les congrès ouvriers. C'est par cette idée que la FBT, fondée en 1892 par des factions socialistes non guesdistes, se distingue de la FNS et prend ses distances par rapport à elle. Quand à la CGT, elle naît en 1895 d'une scission opérée dans la FNS un an auparavant, précisément après le vote d'une nouvelle motion sur la grève générale. Parmi les promoteurs collectifs du grève-généralisme, il faut citer les socialistes du POSR (Parti ouvrier socialiste révolutionnaire) -les "allemanistes"-, qui, contrairement aux guesdistes, subordonnent le parti au syndicat et votent le principe de la grève générale à tous leurs congrès à partir de 1891. Enfin, dès le congrès de fondation de la CGT, le Comité de la grève générale (créé en 1893) est incorporé statutairement à l'organisme confédéral. Il changera plusieurs fois de nom jusqu'au congrès d'Amiens de 1906, où, à la suite du grand mouvement de cette année-là pour les huit heures, il devient la Commission pour les huit heures et la grève générale, en établissant une liaison qui fait revenir au point de départ du mouvement. Cette même année 1906 marque certainement le point culminant de l'"élan syndicaliste", avec le vote à la quasi-unanimité des délégués présents d'une résolution rédigée par Victor GRIFFUELHES et Emile POUGET pour le compte du Comité confédéral de la CGT, une motion qui va être qualifiée peu après, dès 1907-1908, de "charte" du syndicalisme (la dite "charte d'Amiens") et qui contient l'essentiel de la doctrine du syndicalisme révolutionnaire: la réaffirmation de l'objectif final de la "besogne" syndicale et du moyen pour y parvenir, la grève générale.

Il importe d'insister sur la date d'apparition de la "nouvelle" idée ouvrière en France, soit entre quinze et vingt ans après la Commune de Paris, la dernière des tentatives révolutionnaires du prolétariat parisien noyées dans le sang. Elle indique à un mouvement ouvrier en pleine reconstitution une nouvelle stratégie après le massacre de 1871 et les autres échecs des mouvements insurrectionnels, qui ont montré l'inanité du vieux socialisme barricadier, l'incapacité du prolétariat révolutionnaire à s'emparer du pouvoir par l'émeute. La grève générale est conçue comme une alternative, purement ouvrière, à l'action insurrectionnelle, mais aussi à l'action parlementaire qui réduit l'ouvrier à son rôle de citoyen. Au lieu d'intervenir comme citoyen pour assurer la conquête des pouvoirs publics par des partis politiques censés le représenter ou comme fantassin des avant-gardes insurrectionnelles, il intervient comme producteur en cessant de travailler: là est le coeur de l'idée "pure" de la grève générale comme moyen d'action proprement ouvrier, ce que Fernand PELLOUTIER appellera la "révolution de l'atelier". En ce sens, elle est une réalisation du vieux slogan de la Première Internationale sur l'émancipation ouvrière, qui sera "l'oeuvre des travailleurs eux-mêmes".

C'est cette idée "pure" de la grève générale que défendent les syndicalistes liés aux courants antiautoritaires du mouvement ouvrier français, les allemanistes du POSR et les libertaires qui, entrés en masse dans les syndicats à la fin du XIXe siècle, occupent des postes de responsabilité dans la CGT à partir de 1901-1902. En ce sens, l'idée "pure" de grève générale est véritablement un autre nom de la "révolution sociale".

Pour ce qui est des représentants de ce que, par contraste, on pourrait appeler l'idée "impure" de la grève générale, c'est-à-dire les socialistes qui, à l'instar de Briand ou des vaillantistes, ne veulent ni renoncer à la stratégie de conquête des pouvoirs publics, ni se couper du syndicalisme, leur conviction est que la grève générale ne doit pas être opposée aux "autres moyens d'action" dont disposerait le prolétariat (le fusil ou le bulletin de vote), mais qu'elle doit être conçue comme un moyen parmi d'autres en vue de l'émancipation des opprimés. Le prolétariat, dit Briand, doit avoir "plusieurs cordes" à son arc et n'en négliger aucune.


LA THEORIE DE LA GREVE GENERALE

Quant à la théorie de la grève générale, elle est exprimée sous sa nouvelle forme dans la brochure de Fernand PELLOUTIER (et de l'allemaniste Girard) parue en 1895, "Qu'est-ce que la grève générale ?" puis dans une série de brochures rédigées par le Comité de la grève générale, soit en collaboration avec le POSR, en 1898, soit seule, en 1901, avec "la Grève générale" (écrit à l'évidence par un syndicaliste anarchiste, Emile POUGET ou DELESALLE, sans doute) et "Grève générale révolutionnaire" (due à Emile POUGET et parue en 1902). Un autre syndicaliste libertaire, Georges YVETOT, le second secrétaire adjoint de la CGT, écrit lui aussi une brochure sur le sujet, "Vers la grève générale". Comme on voit, le thème reste l'apanage des syndicalistes anarchistes et accessoirement des allemanistes.

Après 1902-1903, la théorie syndicale de la grève générale est acquise et elle ne fera plus l'objet d'aucune élaboration supplémentaire de la part des syndicalistes eux-mêmes. Elle devient alors un sujet de réflexion pour certains intellectuels, à commencer par les compagnons de route de la CGT qui animent la revue "le Mouvement socialiste", transformée en porte-parole intellectuel du syndicalisme révolutionnaire entre 1903 et 1910. C'est dans ses colonnes que le plus connu d'entre eux, Georges Sorel, fait paraître ses "Réflexions sur la violence", qui contient la fameuse théorie de la grève générale comme mythe social, souvent prise à contresens par de distraits commentateurs.

Il faudrait citer aussi ces quelques juristes qui, du début du siècle jusqu'à la veille de la Première Guerre mondiale, consacrent des thèses de droit au thème de la grève générale, dans une perspective évidemment contraire à celle du "Mouvement socialiste", mais dont l'existence même prouve l'intérêt que les contemporains prennent à l'idée force du syndicalisme.

Cependant, les sympathisants comme les adversaires du syndicalisme grève-généraliste notent tous que l'idée de "grève générale" connaît un certain déclin quelques années après le congrès d'Amiens, un déclin dont le début coïncide avec la crise que connaît la CGT à partir des évènements sanglants de Villeneuve-Saint-Georges en juillet 1908, dont elle ne sortira plus jusqu'à l'été de l'année 1914.


LA POSSIBILITE DE LA GREVE GENERALE

Il est difficile, pour finir, de ne pas se demander si les porte-parole du syndicalisme pouvaient tabler raisonnablement sur la réalisation de cette idée qu'ils avaient érigée en principe de leur mouvement. Pour leur part, les porte-parole de la social-démocratie européenne ont répondu à la question et ils l'ont fait, en général, en reprenant l'objection présentée par Engels dès avant la naissance du grève-généralisme. Selon eux, la grève générale révolutionnaire n'aurait été possible qu'aux deux conditions suivantes: que la classe ouvrière dispose d'une formidable organisation et d'une très solide caisse de résistance qui lui permettrait de tenir suffisamment de temps pour faire rendre gorge à la bourgeoisie. Nous n'en sommes pas là, constatent-ils, et quand nous en serons là un jour, quand la classe ouvrière aura atteint le niveau d'organisation nécessaire pour mener la grève générale avec l'assurance de gagner, cela signifiera qu'elle sera déjà en position d'instaurer le socialisme: elle pourra du coup faire l'économie de cette dernière épreuve de force. En d'autres mots: quand la classe ouvrière est trop faible, la grève générale est vouée à l'échec ; quand le prolétariat sera plus fort, elle sera inutile.
Autrement dit, que la classe ouvrière soit en position de force ou de faiblesse, la grève générale n'a jamais de raison d'être aux yeux des tenants du socialisme politique. CQFD.

On sait peut-être que l'effort de Sorel pour donner une traduction théorique au syndicalisme révolutionnaire a tendu précisément à refuser toute discussion sur la possibilité réelle de la grève générale dans un avenir plus ou moins proche pour s'en tenir à l'examen de la fonction remplie "hic et nunc" par l'idée de grève générale. Il n'en reste pas moins que, de même que la meilleure preuve du pudding, c'est qu'on le mange, la meilleure preuve qu'auraient pu donner les grève-généralistes de la possibilité de réalisation de l'idée syndicaliste et de sa capacité à entraîner la classe ouvrière, ç'aurait été de la réaliser. "Une seule chose, a écrit Colette Chambelland, aurait pu nous montrer la force de cette idée: le déclenchement d'une grève générale, mais cela n'a jamais eu lieu, ni même n'a jamais été tenté."
Nul n'ignore en effet que la CGT grève-généraliste n'a jamais eu l'occasion de mettre en oeuvre la grande idée sur laquelle elle s'était créée, ni sous sa forme offensive (la grève générale comme l'autre nom de la révolution sociale), ni sous sa forme défensive (la grève générale comme une arme contre la guerre entre les peuples), les deux versants de l'idée depuis les années de la 1re Internationale.

Le plus étonnant sans doute, c'est que la première réalisation (ou quasi-réalisation) de cette idée est apparue en France à un moment où la panoplie syndicaliste avait été rangée au magasin des accessoires: on a assisté, en 1936 (soit trente ans après le congrès d'Amiens) puis en mai 1968, à des réalisations partielles de la grève générale alors même que la doctrine grève-généraliste avait été abandonnée depuis longtemps par les courants majoritaires du syndicalisme, la pratique venant confirmer en partie une théorie désormais inexistante, ou peu s'en faut. Et il est encore plus frappant de constater aujourd'hui encore le retour de cette idée "française", même s'il faut bien reconnaître que la majorité de celles et ceux qui en usent n'y mettent plus les mêmes espoirs que les syndicalistes de 1906.

Miguel CHUECA
(article paru dans le Hors-Série du "Monde Libertaire" de l'été 2009)

Bibliographie sommaire:
-"Déposséder les possédants. La grève générale aux temps héroïques du syndicalisme révolutionnaire", textes recueillis et présentés par M. Chueca, Agone, Marseille, 2008.
-Leroy, Maxime, "La Coutume ouvrière", Editions CNT-RP, Paris, 2007 (réédition).
-PELLOUTIER, Fernand, "Histoire des Bourses du travail", Phénix Editions, Ivry, 2001 (réédition).
-POUGET, Emile, 1906. "Le Congrès syndicaliste d'Amiens", Editions CNT-RP, Paris, 2006.

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Publié le 30/08/2009 à 16:49 par anarchie23
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Seront présents également à ce Festival le groupe "Arthur Lehning" de la Fédération Anarchiste de la Creuse et le groupe "José Fortuni" de la Fédération Anarchiste de la Corrèze avec la table de presse des Editions du Monde Libertaire, des Editions Libertaires, "Creuse-Citron", le journal de la Creuse libertaire et avec aussi des revues et journaux comme le "Monde Libertaire", "Silence", "Le plan B", "CQFD", etc...

Salutations Anarchistes !

Motion sur le terrorisme d'Etat

Publié le 27/08/2009 à 15:45 par anarchie23
Motion sur le terrorisme d'Etat
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La Fédération Anarchiste condamne, s'oppose au terrorisme et lutte pour sa disparition.
Le terrorisme utilise la terreur pour obtenir, conserver ou développer un pouvoir. (Pour rappel, le sens premier de terrorisme est "régime de terreur politique". Ce terme date de 1794, période finale de la révolution bourgeoise française.)

A l'heure où les politiciens dénoncent dans les médias une préfecture mise à sac et des patrons séquestrés par des salarié-e-s en colère, la Fédération Anarchiste dénonce les capitalistes et les Etats à leur service qui, sur tous les continents au nom de la Démocratie, font la guerre aux peuples au nom de la Liberté, imposent la dictature de leurs intérêts au nom de la lutte anti-terroriste, mettent en place la terreur institutionnalisée.

-Comment qualifier autrement que "terroristes" les Etats qui s'appuyant sur des forces militaires, paramilitaires, policières, ou dites "de sécurité" bombardent, torturent, emprisonnent, éliminent des populations civiles ?

-Comment qualifier autrement que "terroristes" un système économique qui au nom du profit ruine, affame, met au chômage, jette à la rue et dans une misère extrême des millions d'individu-e-s ?

-Comment qualifier autrement que "terroriste" des gouvernants et les entreprises qui, jouant sur les peurs, attisant le sentiment d'insécurité, profitent de ces marchés dits de protection ou de sécurité pour développer leurs marchés lucratifs de surveillance, de flicage, et la mise en place de fichiers liberticides ?

Les forces politiques, religieuses, les individus qui utilisent les attentats, la peur et la terreur pour provoquer une réaction sécuritaire dans les populations ou mettre en place un pouvoir sont, par ces actes même, prêts à toutes les répressions futures et à tous les crimes. Ils postulent de ce fait à une future oppression des peuples. Ces actes suffisent à disqualifier leur discours de libération ou d'émancipation.
La Fédération Anarchiste s'oppose par nature à tout usage de la terreur à des fins politiques ou autres.

En revanche, la Fédération Anarchiste considère que toutes et tous les opprimé-e-s ont le droit et le devoir de résister, collectivement ou individuellement, aux injustices, aux lois iniques de l'économie capitaliste et à toute oppression.
Les formes que prennent et prendront ces révoltes seront celles jugées adéquates par les victimes de ces régimes. Elles trouveront leur légitimité dans la lutte des opprimé-e-s contre les oppresseurs qui eux pratiquent déjà la violence sous toutes ses formes pour se maintenir en place.

Il est donc naturel pour la Fédération Anarchiste de prendre systématiquement la défense et d'être aux côtés des victimes de la violence étatique, totalitaire et/ou capitaliste.

Elle restera toujours vigilante et mobilisée.

FEDERATION ANARCHISTE
(Motion adoptée au Congrès de Besançon le 31 mai 2009).
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