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anarchie23
Description du blog :
Tout ce qui a trait à l'anarchisme en Creuse et au-delà...
Catégorie :
Blog Politique
Date de création :
02.06.2007
Dernière mise à jour :
17.05.2013
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Derniers commentairesbonjour !
c'est aragon qui était communiste.
salutations anarchistes !http://anarch ie23.centerblo g.ne
Par anarchie23, le 01.04.2013
je me souviens avoir appris plusieurs de ses poésies à l'école primaire. je le croyais communiste, oups ! merc
Par véronique, le 30.03.2013
je pense que tu fais un raccourcis rapide entre deux mouvements qui sont très loin l'un de l'autre. parce qu'u
Par ztn, le 20.03.2013
dommage que l'auteur ne connait / retient du véganisme que quelques aspects, pas forcément les plus représenta
Par Anonyme, le 20.03.2013
je ne suis pas vegan, je suis végétarienne . je ne suis pas qu'anar, je suis anarco-communi ste.
outre quelq
Par widow, le 18.03.2013
Les chantiers en PPP (partenariat public privé), c'est endettement public et profit privé. Dévastations écologiques, populations en colère, expropriées et méprisées, endettement imposé aux contribuables par les élus à coups de subventions massives au privé en temps de "crise", peu de pertinence économique quant à une fumeuse "utilité sociale"... Cernés par ces arguments, les bétonneurs, politicards et journaleux, apôtres des TGV, autoroutes, aéroports et lignes à très haute tension, se réfugient derrière celui de l'EMPLOI.
Or les emplois suscités par ces chantiers sont éphémères. Ils diminuent même à terme l'emploi. Par exemple, les TGV enclavent les régions qu'ils traversent. La métropolisation induite est une rationalisation du coût de la main-d'oeuvre, source de chômage. La machine remplace toujours plus l'homme chassé de la sphère productive: les emplois du capitalisme ne servent qu'à réduire globalement l'emploi.
Ces chantiers répondent à une logique, celle d'un capitalisme aux abois. Le capitalisme productif ne rapporte plus assez depuis plus de 40 ans, car le machinisme a réduit la force de travail, pourtant seule à générer du profit. La production accrue peine à s'écouler au sein d'un marché plombé par la stagnation des salaires et la concentration du capital. La financiarisation, restructuration du capital fuyant en avant pour spéculer sur la plus-value à venir, a montré ses limites, car elle exige elle aussi que la production se poursuive assez pour cautionner la valorisation, c'est-à-dire le capitalisme lui-même. C'est ce rôle de caution du productivisme que jouent les actuels chantiers en PPP.
Parler d'emploi et de pouvoir d'achat occulte nos préoccupations.
Nous ne voulons pas nous valoriser ni nous réaliser par le salariat aliéné, mais accéder à la bouffe, un toit, etc. Si nous nous salarions, c'est sous la menace de l'Etat car nous procurer les richesses potentiellement disponibles pour tous nous confronte aux flics et à la prison. Le salariat est un dispositif de domination, de hiérarchie, d'inégalité, de privation et de rareté (et non d'abondance).
Plutôt que de nous satisfaire de croissance ou d'emplois, organisons-nous plutôt pour en finir avec le salariat, pour produire et nous procurer par nous-mêmes ce dont nous avons vraiment besoin.
Quand nous sommes contraints au salariat, organisons-nous pour saboter le profit, détourner et nous réapproprier l'appareil productif et les terres, afin de décider nous-mêmes sur nos vies: c'est l'origine et le sens véritable du syndicalisme.
S'organiser, c'est aussi nous défendre ensemble contre les attaques du capitalisme qui semble précipiter le monde dans sa chute sans fin. La résistance contre les chantiers en PPP ne se construit pas que sur un refus théorique, elle passe par les expérimentations concrètes d'autres façons de vivre et de lutter ensemble, par des stratégies aussi multiples que complémentaires.
Employons-nous à ne plus être employés.
JUANITO
(Article paru dans le Monde libertaire gratuit ou à prix libre n° 26 du 6 février 2013.)
L'histoire débute un peu comme un joli conte pour enfants trop sages. Dans une pauvre contrée, la Roumanie, un cheval docile tire une carriole chargée de foin bien tassé. Ses maîtres l'on appelé Timisol, du nom d'une rivière qui coule à l'ouest du pays...
ELLE EST BIEN LOURDE cette maudite charette, et la malheureuse bête, accablée par la chaleur orageuse de ce mois de juillet, sue sang et eau sur cette petite route cabossée. Fatigué et usé par tant d'années de labeur, le vieil animal peine chaque jour davantage à avancer. Son propriétaire l'a bien remarqué et, bien qu'attaché à son compagnon de travail, c'est décidé, il s'en défera à la fin de la saison. Sa situation ne lui permet pas de nourrir une bouche devenue inutile. Ainsi, l'automne arrivé, le vieux Timisol, habitué à obéir, se laisse charger sans grande difficulté dans la bétaillère. Il se sent nerveux et inquiet, il sait qu'il entame là un voyage sans retour, mais en revanche, il n'imagine pas une seule seconde jusqu'où va le mener cet invraisemblable périple.
Sans même comprendre ce qui lui arrive, le cheval abasourdi se retrouve devant l'abattoir, rassemblé avec d'autres compagnons d'infortune. Puis une porte s'ouvre et les animaux y sont dirigés un par un. Entraîné dans un curieux manège, il se sent saisi, entravé, soulevé, puis vient une étrange sensation, un étourdissement, une douleur aiguë et, plus rien.
Saigné, vidé, dépecé, démembré en moins de temps qu'il ne faut pour s'en rendre compte, le bel animal de trait est devenu une carcasse suspendue. Hier encore, il respirait l'air de la campagne où flottaient des odeurs d'humus annonciatrices du changement de saison, et à présent, le voici crocheté au milieu d'autres masses de viande. Dans ce vaste atelier crûment éclairé par les néons, des hommes vêtus de tenues blanches maculées de traces de sang, équipés de couteaux hachoirs et autres outils de découpe, s'affairent à débiter les carcasses. Habiles et rapides, les forçats de la bidoche livrent une épique bataille, non pas contre les animaux, déjà morts, mais contre le maudit chronomètre et les cadences à tenir pour ne pas ralentir la chaîne d'exploitation. Mal rémunérés, éreintés par les postures difficiles, abrutis par la répétition sans fin des mêmes gestes, ils tiennent pourtant le rythme. Ca coupe, ça tranche, ça pique, ça tronçonne, ça désosse ; partout, faut qu'ça saigne !
Une fois retirés les meilleurs morceaux, il ne reste plus de notre brave cheval qu'une partie de l'avant, des tendrons, du gras, des déchets et autres bouts invendables en l'état. Rien d'intéressant pour le rayon boucherie, et pourtant, après quelques adroites manipulations, voici que tout ce rebut compacté en blocs de 10 kilos devient un produit formidable: du minerai de viande. Parfaitement !
Du minerai, tout comme les métaux plus ou moins précieux tant recherchés, dont le cours négociable varie en fonction de l'offre et de la demande. Empilés sur une palette numérotée dans une chambre froide, les fameux blocs de minerai attendent de susciter la convoitise.
C'est ici qu'entrent en scène les personnages les plus obscurs de cette fable macabre: les traders. Ces gars-là, ils ont compris comment s'enrichir avec la barbaque sans aller s'échiner et se geler les os dans les ateliers réfrigérés, et pas une éclaboussure de sang ne vient souiller leur complet-veston ou leurs mains impeccables. Du travail, ils ne récoltent que les fruits cueillis par les autres. En quelques coups de clics prémédités, un trader installé aux Pays-Bas achète le minerai, puis le revend à un autre basé à Chypre, qui, lui-même le cède à l'entreprise Spanghero implantée dans le sud-ouest de la France. Bien sûr, au passage, chacun encaisse sa commission. Voici de quoi faire naître bien des vocations dans les cervelles des écoliers qui s'ennuient en apprenant l'orthographe et les mathématiques:
"Moi aussi quand je s'rai grand, je s'rai trader, j'aurai un cheval, je l'appellerai Spanghero ; ça, c'est un nom à remporter le tiercé avec une bonne longueur d'avance sur ses adversaires."
Mais laissons là, ces somptueux animaux aux noms à particules, qui viennent déposer des oeufs d'or aux pieds du comptoir d'un bar PMU, sous les yeux étincelants d'une poignée de clients passablement éméchés.
Le temps est venu de charger les palettes dans le semi-remorque, et en route vers le riant pays de la gastronomie. Au volant de son camion, le chauffeur voit défiler le paysage sans pouvoir en profiter, les yeux rivés sur le compteur et le ruban d'asphalte. Lui qui voulait découvrir le monde, le voilà servi. Après avoir quitté la Roumanie, il doit successivement traverser la Serbie, la Bosnie-Herzégovine, la Croatie, la Slovénie, le nord de l'Italie et, finalement, une bonne partie du sud de la France. Il sillonne ainsi l'Europe, mais du monde il ne voit que les autoroutes, les zones industrielles, et ne visite que les centres routiers ; ces carrefours stratégiques où transitent tous les chargements de matières premières arrachées à la terre au prix de tant de douleurs et de sueur, des produits manufacturés élaborés trop souvent sous la contrainte et le stress au mépris des règles de sécurité et de la dignité humaine. Mais de cela rien ne transparaît: ici, il n'y a que des remorques remplies des rêves de la société de consommation. Des rêves, notre chauffeur n'a guère le temps d'en faire ; après quelques heures d'un mauvais sommeil, il faut s'envoyer une bonne rasade de café, puis repartir bien avant le lever du soleil.
Au bout de deux jours et demi de route et plus deux mille kilomètres parcourus, le chargement atteint enfin la ville de Castelnaudary, où se trouve l'usine spécialisée dans la transformation de la viande. Mais un bien étrange phénomène s'est produit. Pour l'instant, on ne sait pas très bien ni où ni quand. Mais une main invisible et malicieuse a remplacé les étiquettes identifiant les blocs de minerai, sur lesquelles était inscrit "cheval" par d'autres où il est inscrit "viande de boeuf". Il s'agit certainement de la fameuse "main invisible", si chère aux économistes libéraux ; celle-là même qui régule les marchés financiers, et évite ainsi les abus et dérives du système capitaliste. On la savait dotée du pouvoir de modération, la voici désormais capable de franchir la barrière des espèces. Sous son impulsion, le cheval roumain a muté en bovin d'origine CE. Une preuve de plus que rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme... en gourmands dividendes évidemment.
Dans l'usine Spanghero, point de gourmandises ; ici, le minerai devient, après un passage à l'attendrisseur et force tours de moulinette, une viande fraîchement hachée prête à l'emploi. Et hop, emballé c'est pesé, re-camion, direction l'est du pays, la ville de Metz et l'usine Comigel où sont confectionnés des "plats cuisinés" surgelés. Si vous avez encore à l'esprit les images des publicités montrant un chef cuisinier souriant en train de préparer amoureusement de délicieuses recettes lentement mijotées, élaborées à base de produits régionaux ; alors oubliez toutes ces scènes minutieusement cadrées. Ici, les bons petits plats ne sont que des assemblages de divers ingrédients surgelés, déshydratés, appertisés, ou encore ionisés, qui ont le plus souvent parcouru plusieurs milliers de kilomètres et contribué ainsi, autant à l'aggravation du désastre écologique qu'au déclin de l'agriculture locale. Après de tels traitements, les saveurs et les textures se trouvent passablement altérées ; qu'à cela ne tienne, les poudres miracles, telles que les fumets de poisson ou de viande, les exhausteurs de goût et autres arômes artificiels, arrivent à point pour redonner des couleurs aux nourritures les plus insipides. A la manoeuvre, bien sûr, vous ne retrouvez pas les grands prêtres de la gastronomie, bien trop occupés qu'ils sont à vendre leur soupe frelatée sur les plateaux télé. Les petites mains qui s'agitent autor des chaînes d'assemblages sont principalement celles d'intérimaires et autres emplois précaires, sous-payés, fliqués par les larbins de la direction, priés d'abattre le boulot et, surtout, de fermer leur gueule, une fin de mission ou de contrat étant si vite arrivée...
Ainsi fonctionne l'industrie agroalimentaire, ce secteur économique "fortement concurrentiel", cette machine infernale faite de mécanismes sophistiqués, d'intermédiaires douteux et de salariés réduits au silence.
Puissante, au point d'engendrer des miracles culinaires telle la réincarnation de Timisol, le cheval roumain, en lasagnes à la bolognaise estampillée Findus. Il ne manque plus qu'à convaincre les consommateurs que ces produits saturés en mauvaises graisses, en sel et conservateurs multiples, sont bons et qu'il faut les consommer.
Surtout, ne cherchez pas de morale à cette fable sordide faite de chair sanguinolente, de peines laborieuses et de profits mal répartis. Il n'y en a aucune, puisque les "puissants" de ce monde conservent les moyens de se délecter des mets les plus délicats dans des restaurants étoilés, alors que la multitude doit, sans cesse, refaire ses comptes afin de ne pas dépasser son budget et continuer à se repaître d'une malbouffe qui abîme le corps et l'esprit à mesure qu'elle emplit l'estomac. Alors ne laissons plus aux financiers et autres spéculateurs le soin de garnir nos assiettes ; car en s'octroyant le monopole de la production et de la distribution des aliments, ils s'offrent aussi le droit de disposer à leur guise des moyens de notre survie.
STEPHANE
(Article publié dans le n° 36 de Creuse-Citron, le journal de la Creuse libertaire, mai-juillet 2013)
10h 1/2: Rassemblement Place Bonnyaud.
Tractage du spécial n° gratuit du Monde libertaire, le journal de la Fédération Anarchiste, à propos du 1er Mai.
Diffusion de Creuse-Citron, le journal de la Creuse libertaire.
Midi et demi: Pic-nic libertaire à l'étang de Courtille.
Il y aura bientôt deux ans que le mouvement des indignés (15M) est né en Espagne (le 15 mai 2011). Au premier campement de la Puerta del Sol à Madrid a succédé rapidement l'occupation des places d'une soixantaine de villes espagnoles. Ce mouvement déclenché via les réseaux sociaux s'en prenait au gouvernement socialiste (PSOE) alors au pouvoir avant de continuer à manifester son opposition au gouvernement suivant, de droite celui-là (PP). Le fait est qu'aucune organisation politique n'a entendu le message de ces indignés, et n'y a donc répondu. C'était pourtant assez clair: sans partis ni drapeaux, il s'agissait de reprendre une parole longtemps confisquée afin de débattre pour exiger un changement de système politique et économique, celui-ci ne cessant d'appauvrir une majorité de la population (99%) pour en enrichir une infime minorité (1%). La gauche n'a pas vu venir ce mouvement du 15M et ne l'a pas compris. Après plus de trente ans de "démocratie", cette gauche évoque ses réalisations: la diversification des programmes éducatifs dans les écoles publiques, les espaces verts créés, l'essor économique depuis la mort de Franco, etc. Le 15M a rendu évidente l'obsolescence de cette façon classique de faire de la politique. La gauche n'a pas compris pourquoi ces indignés la dénonçaient comme étant responsable de la situation actuelle du pays. Ceux (syndicats institutionnels et partis politiques) qui ont signé en 1977 le pacte de la Moncloa pour accompagner la "transition démocratique" payent maintenant leur allégeance au système capitaliste qu'ils ont renoncé à combattre, se contentant de le gérer pour leur propre profit (les affaires de corruption à gauche comme à droite se succèdent allègrement). Comme le disait le journal El Païs: "Le mouvement des indignés a découvert le cadavre mais n'a pas commis le crime." Responsables, partis de gauche et syndicats officiels le sont. Et de s'excuser et de reconnaître: "Nous avons fait des erreurs, nous avons une responsabilité dans le résultat de la politique économique, nous allons nous corriger, nous allons faire mieux, nous allons faire plus." Peine perdue, les indignés ne les croient plus, ni eux ni ceux (de droite) qui sont désormais aux commandes. Ce qu'ils veulent, c'est repenser fondamentalement la relation entre les citoyens et la politique.
La route semble longue et ardue, mais une convergence des intérêts de classe s'est faite naturellement jour: les indignés investissent l'espace public via les assemblées de quartiers, rejoignant ainsi ceux qui y luttaient depuis longtemps, et se retrouvent ainsi sur le même terrain des luttes quotidiennes, pas toujours légales mais tellement légitimes qu'elles conquièrent la sympathie générale. Parallèlement à cela, le combat anticapitaliste se poursuit dans les entreprises par le biais des organisations anarcho-syndicalistes. Qu'ils se disent révolutionnaires ou indignés, ils semblent décidés à ne plus subir, mais plutôt à se passer de tous les parasites au pouvoir et à s'autogouverner. Les Espagnols sont en train de basculer dans une autre époque, l'indignation et la révolte grondent, et le chapitre de la transition démocratique est en train de s'achever. Il aura duré trente six ans, comme... la dictature de Franco.
RAMON
(Article publié dans le n° 32 du Monde libertairegratuit ou à prix libre du 4 avril 2013.)
Jacques PREVERT, poête, artiste populaire s'il en est, auteur de nombre d'ouvrages -Paroles, Histoires, Spectacle, Fatras, etc.-, a été chanté par, entre autres, Mouloudji, les Frères Jacques, Juliette Gréco, Yves Montand...
Dialoguiste, il participe à des chefs-d'oeuvre du cinéma français de l'entre-deux-guerres et sous l'Occupation, en travaillant avec Renoir et Carné: Drôle de drame, Quai des brumes, Le jour se lève, Les enfants du paradis, Les visiteurs du soir, L'affaire est dans le sac.Homme de théâtre pour le groupe Octobre, ses textes sont des satires sociales et politiques. Avec des artistes de différents horizons de la gauche, il dénonce le fascisme, l'antisémitisme, l'armée, l'église.
Mais les liens de cette troupe avec le Parti communiste et avec l'Union soviétique -où elle s'est produite en 1933, à l'occasion des Olympiades internationales du théâtre ouvrier- ne conviennent pas à cet homme ivre de liberté et rétif à la discipline de Parti. Son esprit libertaire ne pouvait pas non plus cautionner ce qu'il savait de "la patrie des grands frères".
Que savons-nous de la vie de Jacques PREVERT avant sa notoriété ? Jeune, il se familiarise avec l'art, car son père, employé dans une compagnie d'assurance, apprécie, en particulier, le théâtre. Ce catholique atypique, non-conformiste, a sans doute ouvert Jacques PREVERT à la critique de la société.
Né le 4 février 1900, à Neuilly-sur-Seine, le futur poète commence à travailler dès l'âge de 15 ans, dans différents métiers. De retour du service militaire, il entre au Courrier de la Presse.
Rejoignant les surréalistes, il les quitte en 1929, se fâchant avec leur chef de file, André Breton, trop dirigiste à son goût.
En 1942, alors qu'il est en zone libre, sa poésie se fait connaître. Certains de ses poèmes sont lus clandestinement dans des lycées. En 1945, quelques-uns de ses textes, mis en musique par Kosma, passent en radio. Les années défilant, les recueils de poésies se suivent.
Libertaire, écrivant contre tous les pouvoirs, Jacques PREVERT condamne le militarisme, se rie de la bigoterie, du clergé, raille l'hypocrisie de la bourgeoisie, ses valeurs rétrogrades. Révolté, c'est avec fraternité qu'il se place aux côtés de ceux que la société maltraite. L'enfance blessée par les adultes tient une place particulière dans son oeuvre. L'humeur, l'ironie, l'absurde sont ses armes pour une prise de conscience collective, afin de dire non, désobéir, se solidariser.
Virtuose du langage, son écriture est simple, sans artifice, d'où sans doute sa popularité. Il est aisé de se lire soi-même dans ses écrits: calembours, jeux de mots, aphorismes, énumérations.
Jacques PREVERT meurt le 11 avril 1977 dans le Cotentin.
En mai, Maurice JOYEUX écrit dans le Monde libertaire: "Pour les hommes de ma génération, tout commença avec Prévert. En juin (1936) [...], dans les usines que nous occupions, des saltimbanques dépenaillés, qui, comme nous contestions nos patrons, contestaient tous les bourgeois respectables, venaient interpréter pour nous un poète inconnu: Jacques Prévert !". En dépit de la célébrité, Jacques PREVERT est resté un homme simple, à la révolte à fleur de peau, porte-parole des réprouvés. Un tendre libertaire.
Agnès PAVLOWSKI
(Article publié dans le n° 28 du Monde libertaire gratuit ou à prix libre du 20 février 2013.)
Les religions, sortes de mafias, se font la guerre sauf que si un mécréant s'avise d'en toucher une, elles retrouvent une unité de façade dans le but d'éliminer le bougre, l'outrecuidant.
Je me réjouis déjà, miladiou !
Dans la très sainte Amérique.
God save the Gun. Amen.
Un galopin taquin a fait passer de vie à trépas une vingtaine de futurs angelots (sorte de volaille asexuée, rose et fessue). Bien blancs blonds, les shootés. La très sainte Amérique devrait se réjouir qu'ils ne connaissent pas les affres de cette longue vallée de larmes promise dans les évangiles mais qu'au contraire estampillés baptisés, ils sont déjà au paradis. Le chenapan qui a fait le coup n'a fait qu'obéir aux préceptes inculqués par sa mère, maîtresse d'école et gourmande acharnée d'armes de gros calibre et qui emmenait le chérubin s'entraîner avec elle au stand de tir à côté. "T'as vu maman j'y arrive comme à l'entraînement." Comme quoi encore une idée reçue qui prend une claque, qu'il faille bien obéir à maman. Armes, patrie et sacristie.
Vingt gamins proprets flingués c'est un drame international.
Ailleurs, en Afrique, en Syrie, en Palestine, ce serait considéré comme un mieux s'il n'y avait que vingt gosses morts dans une journée.
De là on nous refait le coup des armes en vente libre dans ce pays. Que je sache elles le sont déjà partout dans le monde et largement en vente libre, les armes, non ? Sinon Lagardère et Dassault boufferaient à la soupe populaire et leurs employés seraient chomedus. Les gendarmes, les flics, les militaires, les vigiles, les milices privées (entre autres utilisées par les gouvernements pour protéger leurs armées), les barbouzes, les mercenaires, les chasseurs, tous largement armés et au nom de quoi faudrait-il avoir confiance en eux plus qu'en nous autres simples particuliers ? Rien ! Aucune raison valable. Alors oui aux armes pour tous ou plus d'armes du tout. Bien sûr resteront les couteaux de cuisine ? Faudra voir à désarmer les cuisines.
Dans la très sainte Europe. Amen.
L'avortement est la menace la plus grave pour les droits de l'homme, la dépénalisation de l'IVG, fusse pour raison de santé, ouvrirait la voie à des meurtres directs et intentionnels d'enfants à naître. Le droit à la vie est le plus fondamental de tous les droits. Embourbés qu'ils sont par de monstrueuses affaires de pédophilie, les évêques irlandais ont trouvé un cheval de bataille pour masquer leurs turpitudes, l'IVG.
Une femme vient de le payer de sa vie. Faut savoir qu'en Irlande règne, dans toute la vie sociale, les diktats de la très sainte église catholique.
Je croyais qu'il n'y avait pas de place pour des dictatures ni la peine de mort dans la très sainte Europe de mes deux cloches ?
Pourquoi ne pas élire directement les évêques quand on vit dans un pays où les gouvernants ne font qu'appliquer des lois sectaires ? Puis d'abord pourquoi voter tout court ? Voyez que ça ne sert à rien.
Revenons à cette femme qui a eu la mauvaise idée de faire une fausse couche à dix sept semaines dans ce pays de cons. Elle souffre énormément, les médecins constatent que la poche de liquide amniotique est percée, donc aucune chance pour l'embryon sauf que voilà, tant que le coeur bat nous ne pouvons rien, déclarent ces médecins ; qui utilisent là une prétendue clause de conscience. Même pas ils appliquent la loi. Le calvaire de la mère durera trois jours se terminant par son décès, d'une septicémie.
Du fait d'un vague murmure général que soulève l'affaire, le gouvernement pond un projet de loi du bout des fesses qui donnerait droit à l'IVG en cas de mise en danger de la vie de la mère et ce même si le coeur de l'embryon bat encore. Tollé général de tout ce clergé qui donc débite les phrases assassines citées plus haut. Mais je ne crois pas au diable, je crois plutôt que la bêtise et la médiocrité sont les denrées les plus répandues dans les populaces sinon comment et pourquoi les Irlandais accepteraient-ils que les femmes ne soient que les mères porteuses de leurs fonds baptismaux ?
Ailleurs des femmes veulent faire le mur. Amen.
Leur faute ? Elles sont impures puisque femmes. Les petites filles qui s'approchent habillées court, épaules dénudées se voient prestement couvertes d'un voile. Les femmes qui tentent de s'avancer vers le saint lieu sont arbitrairement arrêtées par la police et gardées à vue, illégalement, au commissariat, humiliées, insultées puis relâchées. Le genre d'insultes tellement primaires, tant du côté flicaille que de la part de ces orthodoxes sectaires que je ne détaille pas. Reporte-toi au bon petit phallocrate religieux illustré. Pas découragées elles recommencent et rebelote nouvelle arrestation, insulte, humiliation, garde à vue.
Tout cela pourquoi ? Parce qu'elles sont femmes. Et c'est où c't'affaire ? En Israël, sur l'esplanade du mur des lamentations, seulement voilà, dans l'esprit tordu de ces gougnafiers masculins qui secouent leurs papillotes à longueur de journée, choisissant l'abrutissement autistique avec balancements répétés d'avant en arrière, et ce pendant des plombes sous un cagnard pas possible, oui, ceux-là mêmes décrètent qu'une femme est indigne et impure de faire comme eux devant le mur en question, estiment qu'une femme est faite pour rester à la maison et dans sa cuisine.
Il se trouve qu'un groupe de féministes croyantes pratiquantes entend faire valoir qu'elles sont aussi dignes que ces mecs, et le font savoir en se pointant sur l'esplanade.
C'est vrai que je m'en cogne le coquillard de cette ruine à la con où il est bon de glisser des billets d'humeur salvateurs, mais qu'une secte juive s'arroge le droit de dire qui est digne ou pas de prier me laisse pantois. Ne seriez-vous pas tous les filles et fils de votre créateur et celui-ci ne serait-il pas si parfait que ça, au point d'avoir créé une variété d'êtres humains si imparfaits et impurs et que vous seriez condamnés à forniquer dans un coït immonde pour vous renouveler ? Au point que ces créatures seraient interdites de louer votre dieu ? Que l'on me batte à fiole si j'y comprend quelque chose. Bon ça tombe plutôt bonnard parce que vous comprendre j'ai la cosse. Mais tout de même.
En Birmanie ça épure en sainteté.
Tiens voilà du bouddha, voilà du bouddha !
Amen.
Aung Saan Suu Kyi, juste lauréatisée de mes deux Nobels, parcourt le monde où elle se voit sanctifiée, médaillée, encensée, primée, adulée. Pourtant y en a qui ont la dragée amère, ce sont les Rohingyas qui ont prié pour sa libération. Les Rohingyas c'est un groupe humain qui est en train de se faire torturer, parquer, violer, trucider, bref génocider.
Mais pourquoi, ô grand bouddha, toi qu'est même pas une religion mais une philosophie ? Pourquoi et au nom de quoi tues-tu les Rohingyas, serait-ce juste parce qu'ils ne sont pas bouddhistes, mais alors en Birmanie, comme dans d'autres contrées joyeuses au bonheur et à la béatitude obligatoires, le bouddhisme serait dictature d'Etat ? La junte militaire n'étant que faire-valoir ? Ben oui ! Dans tes chiottes. Ton lardon. Ta bite et ton couteau, ta baraque de pauvre, ta vie de merde, tout doit être Bouddha. Tu es au service des tondus feignasses. C'est pour eux que tu trimes, pour eux que tu vivotes. Ceux pour qui tu te crèves, ce sont les tondus ensafrannés.
En Birmanie, faut savoir que chaque garçon est obligatoirement moine, passage obligé. Ensuite ? Ensuite c'est le tri sélectif et tondu. Il faut remplir la gamelle, alors on garde les plus roués, ceux qui iront présenter la gamelle des anciens auprès de la populace soumise pour qu'elle soit remplie de provendes offertes de bon coeur (bonne blague t'as pas le choix), les esclaves, allez hop au chagrin ! Bref quelques 110 000 Rohingyas sont actuellement parqués dans un coin, l'Arakan, camp d'extermination à ciel ouvert, où ils sont régulièrement victimes de la sauvagerie des moines et des milices bouddhistes. Le gouvernement ubuesque envoit les militaires qui restent sagement spectateurs, eux-mêmes bouddhistes.
Pourquoi la sainte Aung Saan Suu Kyi ferme-t-elle sa gueule ? Parce qu'elle voudrait bien être présidente de la République, qu'elle est bouddhiste et que comme la majorité de la population, elle méprise cette race barbare, ces empêcheurs de tourner en bonze. Pour faire simple, en Birmanie, c'est la dictature bouddhiste et rien d'autre, comme partout où cette secte féodalise les populations.
Je ne veux ni me marier gay ni procréer, mais tout de même...
Comme personne ne m'a demandé mon avis, je vais le donner.
J'honnis à l'idée du mariage et par ailleurs les couloirs du métro sont bondés et les trottoirs de Bombay, ça m'est trop. Partout on se bouscule, se piétine, on se reproduit trop, alors faire des niards pas question, puis trop jaloux de ma solitude pour la partager et si égocentrique que, quand on ne parle pas de moi, j'ai l'impression de n'être pas là ! Et je me manque déjà ! Alors vous dire ? Le mariage pour tous ne me concerne pas ! Et d'ailleurs rien que "pour tous" me donne l'impression d'obligatoire, pour l'instant c'est si j'veux !
Mais que des partis politiques en mal d'unité se fassent une santé sur le dos des homos, je trouve ça douteux. Voilà des réacs qui sont pas loin de se larder de plomb, pour asseoir leur médiocre pouvoir et qui, pour l'occasion, vont nous faire le coup de l'unité collégiale avec les religieux, bien sûr pour protéger la France et sa jeunesse. La curaille dandine sa silhouette arthritique et si effroyable qu'elle ferait passer le hoquet à un corbac.
Et ce discours ? "Nous ne sommes pas homophobes mais il s'agit d'un fait de société grave qui mérite le débat", puis plus loin "On peut tout de même être opposé au mariage pour tous sans être traité de réac", aujourd'hui faut pas critiquer les riches, ni les fafs, parce que ça stigmatise et ça peut blesser. Alors, bande de crevures, on n'y crois pas à vos pets foireux verbaux.
Les calotins battent le pavé pour se refaire une santé qu'y fut effritée durant les années 1970. Celles où les homos priaient dans les urinoirs et pissaient dans les bénitiers. Ces années où le FHAR (Front homosexuel d'action révolutionnaire), grand mouvement libertaire homo, ouvrait grand sa gueule, et ça vous a fait chier que ce soit sans vous demander votre avis. Ces années où, dans le journal Le Gay-pied,il y avait de vraies plumes pour s'exprimer avant la récupération consumériste. Oui, sentant renaître quelques ferveurs à votre encontre, vous avez soif de vengeance.
Le pire c'est qu'en effet vous faites de nouveau recette avec, et pour commencer, ces écoles dites privées qui nous coûtent plus cher que la sécu mais où les enfants des socialistes se rendent en rang, bien sages, pour qu'on leur inculque le vrai savoir et les bonnes valeurs républicaines qui conduisent à l'ENA. Avec ces manifestations je crains que vous ne gagniez des points tant du côté religieux que politicard populiste dégueulasse.
C'est faux de prétendre que des hordes de pédés et de goudous vont vous piquer vos lardons avec pour seul but de les pervertir et d'en faire des hétérophobes mécréants, même si je le regrette quand je vois vos tronches répugnantes. Vous le savez tellement bien que bientôt vous allez les marier les homos des beaux quartiers dans vos églises pour montrer votre tolérance.
Non, toute cette mascarade n'est là que pour reprendre les rênes de la morale parce qu'en fait vous vous en cognez de la fréquentation de vos simagrées du dimanche matin, ce qu'il vous faut c'est tenir le pouvoir par les burettes pour asseoir votre magnificence et bénéficier de ses richesses.
Le jubilé de Notre-Dame de Paris nous coûte 650 millions d'euros, l'archidiacre de cet étron a déclaré que tout de même l'évènement valait quelques euros. La crise ? Où ça la crise ?
Nazis durant les guerres et catholiques entre elles vous oscillez sans cesse du fusil au missel vous salissez la vie que vous voulez exsangue. Charognards !
Aux armes citoyens et tuez-les tous ! Dieu reconnaîtra les chiens qui ne nous ont rien fait, eux.
GABAR
(Article paru dans le n° 35 de Creuse-Citron,le journal de la Creuse libertaire, février-avril 2013.)