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Nom du blog :
anarchie23
Description du blog :
Tout ce qui a trait à l'anarchisme en Creuse et au-delà...
Catégorie :
Blog Politique
Date de création :
02.06.2007
Dernière mise à jour :
30.06.2009

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Ne Pas Avaler...

Posté le 30/06/2009 à 17:11 par anarchie23
"Ces gens sont si fiers, si confiants, si joyeux. Parce qu'ils sont maîtres de la rue, ils s'imaginent qu'ils sont maîtres du monde. En réalité, ils se trompent bel et bien. Il y a déjà derrière eux les secrétaires, les permanents, les politiciens, et tous ces sultans des temps modernes auxquels ils fraient la voie qui mène au pouvoir..." (Kafka)

On se retrouve donc en grève. Pour nous battre contre quoi ? Pour quoi faire ? Obtenir une amélioration de nos conditions d'asservissement, en échange de notre conformation aux exigences d'une société absurde ? Pour quelques minutes hebdomadaires, quelques euros de plus, afin de regarder sur des machines à écran plat les chars écraser les enfants à Gaza, et les rugbymen australiens aplatir notre paquet d'avants ?

Car la machine électorale, elle aussi, a redémarré. Elle nous dit, à l'encre noire, et même en rouge, qu'il faut que "des patrons paient la crise", qu'il faut "sauver les emplois", "relancer la machine économique", et refuser "la casse de l'école publique".

Dire que les patrons doivent payer la crise, c'est aussi accepter d'avoir des patrons, accepter la violence des entreprises, les rythmes éreintants, les productions inutiles, les chefs harceleurs. C'est accepter l'ordre marchand. Devant cela, Sarko, les banquiers, les patrons et leurs machines doivent se payer... une bonne tranche de rire.

Défendre l'emploi: mais, quels emplois ? Ceux où l'on fait n'importe quoi, sans pouvoir se poser de questions, ce n'importe quoi qui empoisonne les sols, l'eau et l'air (industrie chimique, automobile, aéronautique, agriculture raisonnée), menace tout ce qui vit (armement, nucléaire, nanotechnologies), nous enferme et nous prépare des lendemains d'automates pucés et programmés, au nom bien sûr du Progrès, de la Santé et de la Sécurité, voire de l'Union sacrée pour le sauvetage de la planète (biotechnologies, informatique, vidéosurveillance, RFID) ?

Défendre l'école publique, c'est défendre l'une des institutions les plus efficaces de l'Etat capitaliste: créée pour préparer les masses à la dictature industrielle, pousser à la revanche contre le Boche et glorifier l'exploitation coloniale, l'école de la république a d'abord détruit les langues et cultures régionales, porteuses, selon elle, de l'ignorance crasse, de l'archaïsme le plus infâme et... d'une insupportable tendance à l'autonomie locale.
Elle a répandu, comme la vérole sur le bas clergé, ses mythes et mensonges sur l'histoire de nos pays. Elle a fait régner l'esprit de soumission devant le maître, le contremaître, l'ingénieur, le savant, le patron, le banquier, le maire, le président.
Elle instaure la compétition entre les enfants, les note, évalue, contrôle, fiche (avec ou sans "base-élève", l'école de l'Etat est la plus active des polices). Elle reproduit une élite grande ou petite, de l'ENA et Polytechnique à la simple école "d'ingénieurs" ou "supérieurs de commerce".

Et cette "élite" mène parfaitement la barque, pour le compte des industriels et des actionnaires: droit dans le mur, ou dans l'iceberg, si on veut bien se souvenir que, grâce à eux, la planète va nous faire bouillir.
En même temps, elle consacre l'échec, la casse des cancres, Occitans, Bretons ou Maghrébins, des enfants rebelles pour qui la dignité et le rêve valent plus que la peur du maître, de tous les insoumis de la science et de l'orthographe.
Certes, des enseignants et autres employés du système s'efforcent de remettre en cause, du moins en partie, cette inféodation de l'institution scolaire au capital et à la machine. Mais avec quels résultats ?

Quelque part (au Chiapas et ailleurs), les derniers Mohicans luttent sur leur bout de terre, si belle qu'ils ne veulent pas la lâcher. Ils et elles (re)construisent des modes de vie qui leur sont chers, un habitat, des champs, leurs écoles et systèmes de santé, leur pratique de la justice, de la démocratie, du travail communautaire, des échanges équitables sans label, le partage gratuit des connaissances et le refus de la division du travail, la coordination et l'autogouvernement...

Ici aussi (et ailleurs) de nouveaux Mohicans (peut-être Basques, Catalans, Parisiens ou Berbères, sur ces terres occitanes) se rencontrent, réfléchissent, préparent de nouvelles résistances, en dehors de l'Etat et du dialogue social, de la légalité et de la "défense des services publics". Ils refusent la propriété privée et l'aliénation galopante au service de la machine.
Ils font des jardins collectifs et envisagent l'autonomie pour la production des aliments, des habits, des maisons et des moyens de déplacement.
Ils parlent de cesser de déléguer tout ce qui nous importe: la solidarité sociale, l'éducation des enfants et la transmission des savoirs, l'entretien de notre santé, le renouvellement jour après jour de l'immense et impérieux plaisir de vivre.

Déserter le système capitaliste, le boycotter, le saboter, inventer autre chose, n'est ni facile, ni impensable. On peut en tout cas essayer.
Pour cela, il va falloir se parler, construire par nous-mêmes, mettre nos coeurs à l'ouvrage. Ce sera plus dur, mais bien plus exaltant, que de refaire 30 ans après, avec le NPA, le coup du programme de la gauche !

TRACT distribué à Toulouse, à Guéret et ailleurs récemment... et ayant été inséré dans le dernier Creuse-Citron, le journal de la Creuse libertaire.


Oser prendre l'avantage !

Posté le 25/06/2009 à 16:34 par anarchie23
Depuis la tenue du 65ème Congrès de la Fédération Anarchiste au Villard dans la Creuse en 2008, la donne mondiale a beaucoup changé.
Jusqu'en août 2008, le système capitaliste avait certes connu des mouvements erratiques de ses institutions boursières, mais il n'y voyait pas d'alerte sérieuse. Bien entendu, à chaque reprise, des voix s'élevaient pour réclamer, sans grande conviction, un encadrement plus strict des marchés, qui passaient outre...
Et puis la crise des subprimes aux Etats-Unis a gangrené les produits financiers sophistiqués qui s'y étaient greffés, et la contagion a touché les banques.

Mais si affolement il y a eu, il a été de courte durée, le temps que les rouages des fusions-acquisitions servent à faire tomber les fruits pourris de l'arbre et à accélérer la concentration des acteurs (trices) dans les secteurs bancaires et de l'assurance.
Les interventions des gouvernements à hauteur de milliers de milliards ont pu surprendre toutes celles et tous ceux qui voient en l'Etat un outil protecteur au service des citoyens(nes).
Il faut porter au crédit de la pensée anarchiste la conviction sans cesse réaffirmée que, loin de jouer un tel rôle, l'Etat n'est que le relais des intérêts de classe des possédants.
La Fédération Anarchiste n'a pas à rougir de voir la crise lui donner raison, et elle se doit de le faire savoir.

Le patronat fait profil bas et se déclare choqué des excès qui ne le dérangeait pas quelques mois plus tôt, mais ce n'est que pure façade. En sous-main, il pousse ses pions avec l'efficacité qu'on lui connaît, et marque chaque jour des points: prise en charge publique du reclassement des salarié(e)s frappé(e)s par des plans sociaux (euphémisme pour ne pas parler de licenciement), augmentation du plafond du chômage partiel de 600 à 1000 heures (plus de la moitié d'une année de travail !) avec indemnisation à 75%, autrement dit, sans bourse déliée pour l'employeur !
Prétendument gagné à la cause de l'écologie à l'occasion du Grenelle de l'environnement, le patronat a su s'adapter: le développement durable consiste ni plus ni moins à reporter sur les travailleurs(ses) la charge d'exploitation qui pesait sur les réserves naturelles de la planète.
Au bout du compte, l'objectif poursuivi est d'aboutir à une flexibilité maximale et à une transformation radicale du salariat en une condition de journalier de temps qu'on a du mal à qualifier de modernes.

Pour continuer à servir la soupe au MEDEF, le gouvernement français tranche de plus belle dans le vif des services publics: la Poste fait son entrée dans le club des privatisables -bientôt- privatisés et deviendra un nouveau France-Télécom ; le non-remplacement d'un fonctionnaire parti en retraite sur 2 bat son plein et contribue allègrement à réduire la masse salariale de la Fonction Publique.

Cible privilégiée, l'Education Nationale est pilonnée sur tous les fronts: menaces sur l'école maternelle, démembrement des réseaux d'aide aux élèves en difficulté dans le primaire, réforme des lycées, dynamitage du statut d'enseignant-e-chercheur(se) dans les universités, le tout pour le plus grand bonheur des officines privées et de l'enseignement religieux.

Les hôpitaux deviennent de véritables lieux d'insécurité sociale où les personnels soignants, accablés de travail, peuvent de moins en moins, malgré leur abnégation, éviter les erreurs. Pour toute réponse, ils ont de nouvelles fermetures de lits, de services, d'établissements, et ils vont devoir subir une logique d'entreprise.

Les prisons continuent à tuer au rythme d'un suicide tous les 3 jours, et ce sont les plus pauvres qu'une justice aux ordres du pouvoir incarcère dans des conditions inhumaines.

Face à cette situation, le mouvement social a jusqu'à présent été atomisé à l'extrême ; les conflits sociaux se multiplient, prennent une tonalité de plus en plus radicale, mais la jonction des luttes ne s'opère que dans le cadre sclérosant des journées d'action étroitement contrôlées dans leur déroulement et leur calendrier par les hiérarchies des centrales syndicales réformistes.

Pourtant, la perspective d'une action d'ampleur décisive n'a jamais été aussi proche depuis la révolution avortée de Mai 68. Désormais, la grève générale redevient une pratique et cesse d'être un simple concept: en Italie, en Grèce, en Guadeloupe, en Martinique, à La Réunion, en Guyane, les populations tiennent tête au patronat, au pouvoir, manifestent, sortent des hypermarchés sans payer, et montrent à qui veut bien s'en persuader qu'oser se battre n'est plus un tabou, mais la condition impérieuse de la survie.
De plus, les travailleurs(ses), comme celles et ceux de Caterpillar à Grenoble, n'hésitent pas à dénoncer les accords passés par leurs délégué-e-s syndicaux dans les salons feutrés d'un ministère.

La Fédération Anarchiste estime que ces mouvements sont de nature à créer les conditions d'une révolution sociale et de l'abolition du salariat par la destruction du capitalisme ; elle juge nécessaire leur généralisation, appelle celles et ceux qui y prendront part à ne pas se soumettre aux volontés des bureaucraties syndicales de les faire retourner sagement au travail, ou à l'agence qui a succédé à l'ANPE ; elle les appelle également à ne pas céder au piège d'une résolution de la situation par les urnes.

Les outils fédéraux de la Fédération Anarchiste ont toujours été au service des luttes et les militants(tes) de la Fédération Anarchiste, majoritairement intégré-e-s dans des organisations syndicales, dans des comités de lutte, ont constitué au fil des ans une structure qui est désormais en ordre de marche, apte à prendre toute la place qui lui revient dans le combat, capable d'orienter le mouvement social vers son émancipation par des modes d'action moins atomisés, plus transversaux, sur le modèle de ce que furent les Bourses du Travail, en un mot, de l'aider à prendre l'avantage.

FEDERATION ANARCHISTE

Elections Européennes

Posté le 07/06/2009 à 15:52 par anarchie23
(Vous pouvez cliquer sur l'affiche pour l'agrandir).


LETTRE OUVERTE A CELLES ET CEUX QUI S'APPRETENT A ALLER VOTER

A grand renfort de tambours et trompettes, gavé-e-s de promesses et de clins d'oeil, vous vous apprêter à aller "remplir votre devoir de citoyen-ne".

Vous allez, l'espace d'un instant -en glissant l'enveloppe dans l'urne- avoir la sensation de vivre un "orgasme démocratique", croire naïvement que vous participez à un moment de "vie citoyenne".

Le bulletin -quelle que soit sa couleur politique- n'est en réalité qu'un passeport de capitulation politique, de démission citoyenne, un "chèque en blanc" pour des politiques que vous pouvez penser, souhaiter, désirer.

Rappelez-vous comment la volonté populaire en France concernant le Traité Constitutionnel Européen a été bradée, violée, détournée par les politiciens sans scrupules.

Les prochaines élections européennes sont une nouvelle et ultime humiliation pour les peuples de l'Europe. Tout ce que l'Europe compte de bureaucrates politiques, d'arrivistes, de démagogues gestionnaires d'un système qui nous mène au désastre social et écologique, sont en train de nous mendier une légitimité. On peut d'ailleurs constater que ce sont les mêmes profiteurs(ses) locaux, nationaux, européens.

Ils/elles vont venir nous faire pleurer au nom d'un "avenir radieux", au nom des "morts des conflits passés", au nom de la "modernité" (mot "passe partout"), instrument de toutes les liquidations et nous supplier de voter en nous expliquant, la voix chevrotante et la larme à l'oeil, que des "hommes et des femmes sont morts pour le droit de vote"... Ben voyons ! ...

Pensez-vous vraiment que les victimes de la lutte pour la démocratie, la liberté et l'égalité auraient donné leur vie pour le système inégalitaire et mortifère dans lequel nous vivons aujourd'hui à nos dépends ? Leur permettre de liquider les services publics, la protection sociale, les retraites qu'ils avaient créés à la Libération ?

Demandez à celles et ceux que vous allez élire quelles sont leurs conditions de vie, leurs revenus, leur retraite, leur régime de protection sociale, leurs conditions qui ne sont pas systématiquement les nôtres.

Vous faites partie certainement de cette proportion conséquente de naïfs(ves), d'inconscients(tes) qui vont une fois encore se faire piéger. Je me permet d'être franc avec vous, n'ayant aucune préférence. Celles et ceux pour qui vous allez voter ont la même opinion que moi vous concernant, mais elles et eux vont vous flatter, vous caresser dans le sens du poil, tenter de vous séduire... pour avoir vos voix.

On sait ce que vaut la parole de ces individus.

Cette Europe que tous les politiciens, à quelques nuances près, essayent de nous vendre est une véritable escroquerie politique: un Parlement croupion qui donne l'illusion de la démocratie, parfaitement bureaucratique et animé du plus pur esprit du "libéralisme", dont on peut mesurer aujourd'hui les dégâts... le tout sous la dictature de fait des groupes de pressions capitalistes.
Ceci donne par exemple, la "loi sur les étiquetages" qui permet aux industriels toutes les escroqueries sur le prix et le poids... liberté totale pour les producteurs et distributeurs au détriment des consommateurs(trices) à faire: payer.

Plus nous avançons dans le temps, plus la situation sociale et économique se gâte, se durcie, plus les inégalités se creusent, l'environnement se dégrade. Nos enfants et nos petits enfants n'auront plus de protection sociale, de retraites, ne bénéficieront plus de services publics. Les écoles, les universités, les hôpitaux, seront -ils le sont déjà en partie- livrés à la loi du marché qui forge cette liquidation.

Tous les acquis sociaux sont en train d'être bradés par des politiciens(nnes) qui nous couvrent de promesses mais n'obéissent à Bruxelles qu'aux lobbys qui constituent dans la capitale belge la principale force.

Votre opinion, votre voix ne valent rien, face aux intérêts des lobbys. Elles ne sont que les cautions "démocratiques" d'un système qui s'auto-alimente à nos dépends et pour le profit de quelques actionnaires. La reine d'Angleterre, entre autres, touche des subventions agricoles en tant que propriétaire terrienne (?).

Tous ces individus n'ont besoin que d'une chose pour assouvir leur soif de pouvoir et assurer leur existence sociale parasitaire: la légitimité populaire.
Une fois qu'elle leur est acquise, ils agissent à leur guise, en faveur d'un système économique et politique qui, nous le voyons aujourd'hui, nous conduit à la ruine sociale et au désastre écologique.

Ils se bâtissent une carrière politique, grassement rémunérée... tout en nous demandant à nous de nous serrer la ceinture. Eux si prolixes en explications... sont des plus discrets sur leurs revenus.

Bien sûr, de bons apôtres, démocrates à souhait, écologistes plus verts que vert, altermondialistes comme ce n'est pas permis, voire "révolutionnaires" (sic)... vont vous expliquer qu'avec eux, tout va changer...

Ils vont vous mettre sous le nez des promesses mirifiques, des programmes alléchants, se livrer à des démonstrations aussi brillantes que théoriques, élaborer des scénarios qui seront accessibles pour les citoyen-e-s que nous sommes... et une bonne proportion de naïfs(ves) va leur faire, une fois encore, confiance.

Que restera-t-il de tout cela une fois les élections passées ? Rien, rigoureusement rien.

Qu'ont fait les écologistes, les "révolutionnaires" qui ont été élus au Parlement Européen jusqu'à présent ? Rien... Ah si, soyons juste, des discours, des déclarations... Mais à regarder concrètement: rien.

Bien sûr, on va vous expliquer que "si vous ne votez pas... vous votez pour la Droite". Argument classique, éculé et bien évidemment faux.

1er argument: la Droite vous demande aussi avec insistance de voter ! Donc...

2ième argument: êtes-vous vraiment sûr que les socialistes au Pouvoir c'est mieux... Voyez DSK au FMI et Pascal Lamy à l'OMC... tous deux socialistes.

3ième argument: les jeux sont déjà faits. Tout l'arsenal médiatique, idéologique est là pour conditionner et séduire... les résultats, à quelques détails près, sont connus d'avance...

4ième argument: les candidats(tes) dits "alternatifs" n'ont aucune chance dans ce contexte d'être majoritaires, et même s'ils l'étaient, que feraient-ils ? Ils feraient la "révolution" ?... et sur quelles bases ? Ils veulent tout simplement faire une carrière et assurer des finances pour leurs organisations.

5ième argument: l'expérience du Traité Constitutionnel Européen, rejeté par référendum, mais finalement adopté, suite à une entourloupe anti-démocratique, est là pour nous signifier clairement que voter ne sert à rien !

Notre avis ne les intéresse pas, ce qui les intéresse c'est le geste de voter qui donne tout son sens -sa légitimité- à leurs pratiques qui n'ont rien à voir avec nos intérêts.

Certes, l'abstention n'est pas une fin en soi, mais encore faudrait-il que voter ait encore un sens...

Enfin, UNE FORTE ABSTENTION DELEGITIMERA LES POLITICIENS, au pouvoir fragilisé, et donnera une légitimité accrue à la DESOBEISSANCE CIVIQUE, moyen d'opposition et de résistance.

Ne leur donnons pas ce qu'ils/elles ont besoin pour nous enfoncer encore plus: la légitimité.

Patrick MIGNARD

Tout foutre en l'air !

Posté le 28/05/2009 à 01:06 par anarchie23
Ou la farce des grands de ce monde !
Invitation, triste constat... espoir !

Invitation oui ! Réservez votre soirée du vendredi 4 juin prochain à 20h30 pour une avant-première qui déménage.
"Tout foutre en l'air" est le titre du dernier texte écrit et mis en scène à La Fabrique de Guéret par Filip Forgeau, directeur artistique de la saison culturelle.

"Tout foutre en l'air", titre évocateur en ces périodes troubles, troublant sans aucun doute. C'est une farce politique, une satyre pour renouer avec un genre qui rappelle Karl Valentin, Brecht, qui s'apparente également au style journalistique de Siné.
Le théâtre est avant tout un spectacle vivant, reflet de notre société. Elle ne va pas bien, nous le savons tous... ou presque.
Filip Forgeau a voulu mettre le doigt, sous couvert de satyre, sur des points qui font mal: la répression, le retour d'une morale intégriste, le mépris, le cynisme qui se profilent devant nos yeux.

Les personnages sont bien réels -même s'ils pourraient parfois paraître issus d'une imagination débordante. Les faits sont aussi tirés de prises de paroles publiques de ces hommes politiques qui n'ont plus de scrupules à dire l'ignominie.
C'est un docu-fiction qui tente de de démonter le mécanisme de la mise en place d'une révolte. De vous à moi, quel est notre seuil de tolérance ?

A cette pièce sera associée une exposition qui mettra en exergue les sources de ce texte détenteur de vérités, risible, parfois grave aussi... presque libérateur !


Biographie: En 1987 Filip Forgeau a 20 ans et fonde la Compagnie du Désordre. Il écrit et met en scène la même année "Les Souffrances du jeune Werther" d'après Goethe, remarqué par Daniel Mesguisch. A partir de là, débute sa carrière entre écriture, mises en scène et réalisations de films, quelques aller-retour entre la France et les USA d'où il reviendra en 1995 pour tourner son second long-métrage "Rita, Rocco et Cléopâtre" avec l'actrice Bernadette Lafont.
Depuis trois ans, il est responsable de la programmation de la saison culturelle de La Fabrique à l'Espace Fayolle de Guéret.
Réservations à La Fabrique au 05/55/52/84/97.

SYLVIE
(article qui a été publié dans le dernier numéro de Creuse-Citron, le journal de la Creuse libertaire)


Filip FORGEAU a écrit: "Tout foutre en l'air" est une farce politique qui nous parle du cynisme et de l'arrogance des nouveaux maîtres du monde. Mais aussi de la résistance à leur opposer, du rêve intact de ceux et celles qui se battront toujours pour sauvegarder les libertés.
Ce nouveau spectacle est un pamphlet contre les dérives de nos dirigeants et les abus de notre société.

Et, si la politique est une farce, la farce peut être politique.
Quand la politique est une farce, la farce se doit d'être politique.

"Tout foutre en l'air" parle d'aujourd'hui et d'hier.
De la France et de l'Italie.
De la montée, du retour du fascisme.
De Vichy et d'aujourd'hui.
De Mussolini et de Berlusconi, et d'autres qui finissent souvent en "i".

"Tout foutre en l'air" parle des puissants et des misérables.
Du pouvoir de l'argent et des nouveaux maîtres du monde.
De leur cynisme et de leur arrogance.
De leur goût pour la manipulation et la désinformation.
De leur dérive sécuritaire et totalitaire.
Et de la dérive religieuse.

"Tout foutre en l'air" parle de la résistance à leur opposer.
De celles et ceux qui veulent rester debout.
De l'organisation de leur révolte.
De leur rêve d'un autre monde possible, berceau de toute révolution.
De celles et ceux qui se battront toujours pour mettre au monde leur rêve et sauvegarder les libertés...
De ces nouveaux Spartacus."

Edito n° 1556 du "Monde Libertaire"

Posté le 19/05/2009 à 03:00 par anarchie23
"Le souci majeur de toute classe dominante est d'empêcher les travailleurs(ses), les esclaves, de réfléchir"
George FALCONER (IWW-Internationale des Travailleurs(ses) Américains(nes)


L'Etat terroriste balance ses bombes fumigènes aux coins des salons et des kiosques à journaux: pandémie porcine, Ligue des Champions, lait empoisonné, Coupe de France. Faut bien masquer la lutte des classes ; faire oublier la crise qui tue les gueux et les patrons ripoux qui délocalisent ; cacher la juste révolte des étudiants(tes) maintenue dans l'ombre depuis 3 mois ; occulter la Réforme avec son R de Recul, de Réaction, de Régiment de CRS. La culture du résultat n'est pas un résultat, c'est une culture, précise finement Eric Fassin. Pouvoir du spectacle.

Face à cela, les bons syndicats qui restent à la maison comme disait Léo FERRE, ergotent, tempèrent, collaborent, torpillent et finalement coulent les sincères velléités de révolte populaire. Ils accouchent -lamentables- d'une journée du 26 mai "à la carte" et d'un faiblard appel national le 13 juin. C'est le prix à payer pour que ces faux-nez conservent le glorieux titre de "partenaires" du capital et de ses pantins. Pouvoir de la collaboration.

Emberlificotés dans la mascarade électorale, les Bayrou, les Aubry et autres Sarkozy n'en finissent plus de polir et de trompeter de prétendus programmes. Autant de titatas peu soucieux de préserver le plus de confort pour le plus grand nombre mais seulement de les maintenir ou de les propulser au pouvoir. On peut les résumer ainsi: Je veux tout le pouvoir pour moâ et quand je l'aurai vous verrez bien ! Fascination du pouvoir.

Devant tant de fausseté, on n'a même plus le courage de sourire au spectacle drôlatique des robocops matraquant allègrement leurs cousins matons en leur enfumant la tronche. Pouvoir lacrymogène.

C'est vrai qu'elle est pugnace la tête hideuse, la tête à claques, la tête à massacre du pouvoir. Aucun effort humain n'en est encore arrivé à bout.
Et il serait bien arrogant de la part des organisations libertaires de se rengorger à ce propos, car les chants des sirènes du commandement et de la puissance ensorcèlent tous les coeurs: Eminences plus ou moins grises, gestions opaques, commensaux aboyeurs, recours à des chefferies rassurantes, etc...autant de facilités à éviter.

Nos principes anarchistes sont structurellement, viscéralement, conçus pour éradiquer ces déviances.
Elle l'avait bien compris, Louise MICHEL, et elle le répétait souvent, même que c'était pour ça qu'elle était anarchiste: le pouvoir est maudit !

Pour en finir avec le capitalisme et ses crises !

Posté le 08/05/2009 à 12:00 par anarchie23
Sur la couverture de cet ouvrage, les portraits de gauche à droite de Pierre-Joseph PROUDHON, Michel BAKOUNINE et de Pierre KROPOTKINE.


Discussions entre Pierre-Joseph PROUDHON, Michel BAKOUNINE et Pierre KROPOTKINE, les 3 fondateurs de l'anarchisme.

Quelque part, dans un lieu imaginaire, les trois fondateurs de l'anarchisme dialoguent autour d'un samovar:

Michel BAKOUNINE: Salut Pierre-Joseph PROUDHON, alors, heureux ? C'est le bicentenaire de ta naissance quand même ! Viens prendre le thé !

Pierre-Joseph PROUDHON: Oh, moi, les anniversaires, les commémorations, ce n'est pas trop mon truc...

Il se saisit d'une tasse de bon thé russe et le porte à ses lèvres.

Pierre KROPOTKINE: Tout de même Pierre-Joseph PROUDHON, vous ne pouvez pas nier l'importance de votre bicentenaire ! ?

Pierre-Joseph PROUDHON: J'ai été tellement calomnié que je ne m'attends à rien de bon...

Michel BAKOUNINE: Mais tu as tort, il y a des gens qui continuent de défendre nos idées.

Pierre KROPOTKINE, prenant quelques gâteaux: Mais oui, Pierre-Joseph PROUDHON, les faits vous rendent enfin justice. Cette crise du capitalisme est une crise de la circulation du capital, comme vous nous le disiez il y a déjà longtemps et toutes vos solutions reviennent sur le devant de la scène (mutualisme, coopératives ouvrières, commerce équitable, troc...).

Pierre-Joseph PROUDHON: Vous m'en direz tant... Mais propose-t-on réellement ce que je voulais obtenir, l'abolition de la monnaie, des salaires, des loyers, du fermage et de la rente par l'annulation du crédit à intérêt ?

Michel BAKOUNINE, manquant renverser le samovar: Mais oui, on ne jure plus que par toi ! Bientôt les banques seront en faillite, les Etats aussi et ce sera le retour de l'anarchie, du non-gouvernement et de la non-propriété...

Pierre KROPOTKINE, fronçant les sourcils: Je me demande tout de même comment le système a pu se prendre à ce point les pieds dans le tapis. Ces dernières années je ne cessais de croiser Adam Smith goguenard... Il persiflait en me voyant, ricanait sous cape...

Pierre-Joseph PROUDHON: Les temps changent, c'est à nous de rigoler maintenant, car la fameuse régulation par la main invisible du marché de Smith, on voit pourquoi elle est invisible, c'est qu'elle n'existe pas ! Cela aussi je l'ai toujours dit !

Michel BAKOUNINE: Mais oui, les gars, leur fiction de l'autorégulation par la dérégulation des marchés s'est cassée la gueule ! Pour eux, c'est le début de la fin !

Il porte un toast à la révolution.

Pierre-Joseph PROUDHON: Tu as toujours été trop impatient, Michel BAKOUNINE, trop bouillant. Après tout, il se pourrait que le système se relève de cette crise cardiaque. Il est mal en point mais il n'est pas mort.

Michel BAKOUNINE: Alors, il faut l'aider à crever, poussons-le vers l'abîme !

Pierre KROPOTKINE: Tout de même je suis inquiet, je ne sais pas si les gens sont préparés à ce qui va se passer. Est-ce que l'état des forces révolutionnaires peut leur permettre de résister à l'attaque qui va être portée contre le peuple ?

Pierre-Joseph PROUDHON: C'est vrai que le Capital va tout tenter pour se sauver, il va leur faire les poches et les tondre comme des moutons et je ne sais pas si les anarchistes sont prêts. Les marxistes, eux, par contre, m'ont l'air plus avancés...

Michel BAKOUNINE: Tu parles, il n'y a qu'à voir la mine défaite de Marx et de son copain Engels pour comprendre quelle confiance il a en eux. Ils n'ont pas franchement la mine des grands jours... Non, pour moi ils sont finis, c'est à nous de prendre notre chance. Il faut faire confiance à la spontanéité des masses.

Pierre KROPOTKINE: D'accord, mais les masses ont besoin de temps pour comprendre ce qui se passe et pour s'organiser. Cela ne va pas être facile...

Pierre-Joseph PROUDHON: C'est juste, mais comme dirait Socrate: "les belles choses sont difficiles". Personne n'a jamais dit que l'anarchie se réaliserait en un tournemain. Fondamentalement, je crois aussi que tout dépendra du degré de gravité auquel parviendra la crise du système. Si elle est trop profonde, il faudra nécessairement trouver des réponses économiques alternatives et c'est à partir de là que peuvent repartir nos idées.

Michel BAKOUNINE: Mais oui, ce sera comme dans l'Espagne de 1936-1939 ! Un gigantesque mouvement de collectivisation autogestionnaire dans l'industrie, l'agriculture et les services. Vive la grève générale et vive la révolution !

En disant cela il renverse définitivement le samovar.

Pierre KROPOTKINE: Décidément, Michel BAKOUNINE, vous êtes incorrigible. Ne voyez-vous pas que nous n'avons pas de base organisationnelle suffisamment large pour faire progresser nos idées ? Moi, si j'étais à la place des anarchistes d'aujourd'hui, j'essayerais de faire grandir notre organisation et j'impulserai un grand mouvement de constitution de cercles de réflexions sur la crise, où les gens pourraient échanger service contre service et se familiariser politiquement avec nos idées. A partir de ces cercles je lancerais alors des mots d'ordre d'auto-organisation et d'autogestion spontanées. C'est au peuple de trouver lui-même les formes et les modes de réalisation de son émancipation.

Michel BAKOUNINE: Mais bien sûr, quelle idée géniale ! Des cercles comme ceux que nous faisions à l'époque pour résister à l'autocratie du Tsar et à l'oppression de l'Empire...

Pierre-Joseph PROUDHON: Cela me semble aussi une excellente idée ! Que les cercles d'entraide contre le libéralisme s'épanouissent, et qu'advienne enfin une véritable société d'aide mutuel, une authentique fédération de communes libres où chacun soit l'égal de chacun, non pas seulement dans les mots mais dans les faits !

Texte: Michael PARAIRE

1er mai 2009: Abolissons le Capitalisme !

Posté le 29/04/2009 à 12:00 par anarchie23
Depuis plus d'un siècle et demi, ils/elles nous exploitent ; nous produisons les richesses, ils/elles nous les confisquent, et maintenant ils/elles nous affament !
Leur système est à l'agonie, et pourtant ils/elles vantent encore ses mérites, nous assure qu'il existe un capitalisme "moral".
Plus encore, ils/elles nous en rendent complices, et veulent à tout prix nous faire payer leur propre échec.

Pire: face aux actions des salarié(e)s ou à la désobéissance des agents publiques, ils/elles répondent par une répression de plus en plus féroce.
Non ! Le système capitaliste ne peut être moral !
Non ! Le capitalisme ne peut s'auto-réguler !
Face à ce mépris le plus cynique, nous nous devons de résister et refuser de continuer à les suivre.

Les politiques de droite, comme de gauche, ne voit pas de problème dans le système. Juste quelques dérives à corriger par des réformes aussi désuètes qu'infâmantes.
Protégeant toujours l'intérêt du pouvoir et des plus fortuné(e)s contre celui des plus modestes.

Les syndicats réformistes se contentent de négocier des miettes. Ils se rendent complices du pouvoir exécutif, des patrons et des actionnaires pour maintenir leur pouvoir et assurer la paix sociale en acceptant de maigres indemnités de licenciement.

Les entreprises appartiennent aux salarié(e)s, pas à celles et ceux qui les financent. Face à l'arrogance des dirigeants(tes) et des actionnaires, les travailleurs(ses) doivent se réapproprier leurs outils de travail. Non pas les racheter aux actionnaires ou aux banques, mais bien reprendre un bien qui leur appartient.

Pour les patrons, comme dans l'Espagne de 36, la seule alternative est soit d'accepter les mêmes conditions de travail que les salarié(e)s, soit de quitter l'entreprise sans indemnités.
Quand à la gestion, elle ne peut être que collective et de la seule responsabilité des salarié(e)s !

De même, les services publics ne doivent pas être la variable d'ajustement des budgets de l'Etat, pas plus que celle des insuffisances des services privés pour ce qui n'est pas assez rentable ou aux ordres des plus riches.
Les agents et les usagers doivent se réapproprier leur bien commun, mutualiser ses moyens et le faire fonctionner pour l'intérêt collectif !

Salarié(e)s, chômeurs(ses), précaires, agents publics, travailleurs(ses) du privé, stagiaires, retraité(e)s, étudiants(tes), etc... doivent s'unir contre les affameurs(ses), s'organiser et agir collectivement pour que demain émerge une société débarrassée du capitalisme.

POUR UNE REVOLUTION SOCIALE, LIBERTAIRE ET EXPROPRIATRICE !

(Tract d'appel du Groupe Libertaire de Chartres de la Fédération Anarchiste)

A l'origine du 1er Mai: "Les Martyrs de Chicago"

Posté le 29/04/2009 à 12:00 par anarchie23
Photo: Le 4 Mai 1886, la police charge à Haymarket (célèbre place du marché d'un quartier populaire de Chicago) la tribune d'un meeting anarchiste.


L'idée du Premier Mai comme journée d'actions et de revendications ouvrières fut lancée pour la première fois en 1884 au IV° congrès du syndicat américain AFL (Fédération américaine du travail).
Il fut en effet décidé d'impulser à partir du Premier Mai 1886 une immense campagne d'agitation, essentiellement menée au travers de grèves, visant à obtenir la limitation de la journée de travail à 8 heures.

Si, à la date fixée, des grèves éclatèrent sur l'ensemble du territoire américain, c'est à Chicago qu'elles furent le plus radical et où cette journée acquit une importance historique qui marquera pour toujours le mouvement ouvrier international.
Chicago était alors un des centres les plus actifs du mouvement ouvrier américain, principalement dominé dans cette ville par les militants anarchistes dont un certain nombre étaient des immigrés allemands. Ces derniers occupaient d'ailleurs une place dominante parmi les travailleurs de la ville.

A l'occasion du Premier Mai 1886, un véritable bras de fer va s'engager avec le patronat local. Au lendemain de cette journée, alors que les grèves se poursuivent en entraînant plusieurs milliers de travailleurs, les patrons licencient 1200 ouvriers, font appel à des "jaunes" (les "scabs") mais aussi à la célèbre agence "Pinkerton" spécialisée dans la "casse" de grèves en fournissant des provocateurs ainsi que des tueurs à gages.

Le 4 mai au soir, un immense meeting, rassemblant près de 15 000 personnes, est organisé sur la célèbre place du marché (Haymarket) d'un quartier populaire de la ville. La plupart des militants anarchistes en vue y prennent la parole, tel Albert Richard PARSONS.
En plein milieu du meeting, la police à cheval chargea alors le rassemblement provoquant ainsi un véritable affrontement. (voir photo).

Dans la bataille, une bombe fut lancée sur un détachement de police par un militant anarchiste allemand, Schnaubelt, dont on ne sut jamais si son acte était l'objet d'une provocation ou d'une sincère réponse à la violence policière.
Il n'empêche que cet acte fut le prétexte à une violente répression où perquisitions et arrestations se multiplièrent dans les jours qui suivirent. Huit des principaux leaders syndicaux de la ville, tous anarchistes, furent alors arrêtés et condamnés à la peine de mort le 20 août 1886 lors d'une véritable parodie de justice.

Trois compagnons virent finalement leurs peines commuées en années de bagne. Malgré la campagne de solidarité, le 11 novembre 1887 au matin, Albert PARSONS, Adolphe FISCHER, Georges ENGEL et August SPIES furent pendus. Louis LINGG s'étant suicidé en prison deux jours plus tôt pour échapper à l'exécution.

En 1893, la révision du procès reconnut l'innocence des 8 inculpés ainsi que la machination policière et judiciaire mise en place pour criminaliser et casser le mouvement anarchiste et plus largement le mouvement ouvrier naissant.
Les suppliciés furent alors réhabilités et les 3 emprisonnés purent quitter le bagne.

Le Premier Mai est donc bien une journée inscrite dans l'histoire du mouvement ouvrier avec le sang de militants anarchistes.

DAVID (article paru le 30 avril 1998 dans le "Monde Libertaire", le journal de la Fédération Anarchiste).

Les séquestrer, ou bien se passer d'eux ?

Posté le 26/04/2009 à 12:00 par anarchie23
"Oui, il y a une forte colère qui s'exprime dans notre pays, oui, il y a un risque révolutionnaire en France".
Ces mots auraient pu être prononcés en 1788 par un ministre de Louis XVI, ou en 1870 par Michel BAKOUNINE, mais ils sont on ne peut plus actuels. En effet, leur auteur n'est autre que De Villepin, qui s'y connaît en matière de fraternité avec les classes laborieuses, puisqu'il avait voulu refiler le CPE à la jeunesse de ce pays.

Ceci dit, comme observateur de la vie sociale, il ne fait qu'enfoncer des portes ouvertes, car la réalité est bien pire que ce que veulent bien nous laisser croire les grands médias: ça pète de partout.
Ce sont plus de 1000 conflits sociaux qui se déroulent actuellement en France, soit des dizaines de milliers de travailleurs(ses) du privé comme du public ; on connaît les plus emblématiques: SBFM à Caudan, Continental à Clairois, Molex, 3M, Sony, Heuliez, Caterpillar à Grenoble ; on sait que les constructeurs automobiles et leurs sous-traitants sont au coeur de la tourmente, et que les fonds publics ne servent qu'à préparer une productivité toujours croissante, alors que dans le même temps on prépare psychologiquement tous les chômeurs(ses), les lourdé(e)s et celles et ceux qui ne le sont pas encore à devoir accepter des baisses de rémunération de 30%, on les amène en douceur à se faire à l'idée de devenir auto-entrepreneur, c'est-à-dire une forme actualisée de la condition de journalier.

Dans ces conditions, on comprend que les crispations deviennent la règle, que revienne le temps joyeux des séquestrations de dirigeants d'entreprise, des occupations, voire même des saccages de sous-préfectures.
La Fédération Anarchiste y voit des actions de légitimes défense: celles et ceux qui sont violents, ce ne sont pas les ouvriers de Caterpillar qui bloquent leur taule, mais bien ceux qui foutent sur le carreau plus de 700 d'entre eux.

Au demeurant, si la situation actuelle a une vertu pédagogique, c'est bien de montrer quel rôle joue l'Etat dans la vie sociale: ce sont des jugements en faveur des patrons, des promesses de répression (décret anti-cagoule en manif, Sarko nous veut transparents et dociles) ; toutes celles et tous ceux qui pensent que l'Etat est un gentil régulateur des conflits sociaux habité par un fort sentiment d'équité en sont pour leurs frais, les cognes frappent sans discernement.
Gageons que la brutalité policière de Strasbourg pendant le sommet de l'OTAN n'est qu'un faible aperçu de ce qui peut nous tomber dessus...

Face à la barbarie du Capital et au comportement autoritaire -le masque tombe- de l'Etat, les forces politiques parlementaristes offrent un spectacle pitoyable: c'est un PS, à l'instar de la CFDT, qui a pour toute ambition de rechercher les meilleurs reclassements possibles et qui pas un instant ne remet en cause la pertinence des licenciements, pas plus qu'il ne se rappelle qu'il a pu avoir été opposé à la propriété privée des moyens de production.
Plus à gauche, que font le PCF, le Parti de Gauche, le NPA, LO, le POI, en demandant l'interdiction des licenciements, si ce n'est demander de bons patrons pour la classe ouvrière, qui accepteraient d'abandonner quelques miettes pour que tout continue comme avant, l'Etat représentant pour eux le nec plus ultra en matière d'employeur !

De leur côté, les hiérarchies syndicales ont accouché pour toute réponse à la gravité de la situation d'un "premier mai offensif", le patronat tremble dans ses escarpins et le pouvoir fait dans son froc !
A qui fera-t-on croire à l'efficacité d'une telle sornette ?

Nous sommes à un tournant de l'histoire: le capitalisme montre désormais clairement qu'il est une machine à fabriquer la misère, l'exploitation, l'aliénation, mais il réussit encore à faire croire qu'il est le seul système possible...
Et pourtant, des lieux de production qui fonctionnent sans patron, sur le mode de la gestion directe, comme en Espagne en 1936, ou plus récemment en Argentine, ne peuvent pas faire pire que ce qui se fait actuellement !
Et pourtant, débarrassés des parasites qui prélèvent les profits, et de la pieuvre qui prélève les taxes pour entretenir les flics et l'armée, celles et ceux qui n'ont rien pourraient vivre décemment, mettre sur pied des services publics gratuits et des solidarités égalitaires !

Bien évidemment, les puissants de ce monde ne se laisseront pas déposséder sans réagir de l'immensité de leur richesse, et seul un mouvement social généralisé, expropriateur, gestionnaire et international est à même de faire bouger les choses.
Alors, si au lieu de séquestrer les patrons, on les foutait à la porte ?

Fédération Anarchiste

Du rouge au noir

Posté le 22/04/2009 à 12:00 par anarchie23
220 pages. 1998. Collection Pages Libres. Editions du Monde Libertaire. 9,50€.

Le 1er octobre 1959, Gérard LORNE, moniteur de l'enseignement technique à St Gratien (Seine et Oise) est arrêté par la DST (Direction de la Surveillance du Territoire) qui trouve chez lui le "trésor" du FLN, soit 44 millions de francs provenant des cotisations des travailleurs Algériens. Son arrestation fait suite à celle de Mohand-Ait El Hocine, chef de la Willaya "Paris-périphérie".

Gérard LORNE, militant critique du PCF (il fait partie du groupe qui édite "La Voie Communiste"), avait fait le choix d'aider la révolution algérienne en prêtant son appartement à des militants du FLN.

Pour cela, il écopera de 20 ans de prison.

Il s'évadera. Se réfugiera au Maroc avec armes, bagages et famille. Poursuivra la lutte, avec le FLN, pour l'indépendance algérienne. Construira un collège technique. Rencontrera une foultitude de militants dont Yasser Arafat, le chef trotskiste Pablo (qui avait pris en main l'achat et la fabrique d'armes pour le FLN)...
Et peu à peu découvrira que la lutte pour l'indépendance n'est que le prélude à la lutte pour un nouveau pouvoir.

Bref, le petit rebelle de toujours commencera à prendre de la distance avec... Il remettra de nouveau son ouvrage sur le métier et arpentera une fois encore les chemins de l'exil. En Tchécoslovaquie (Gérard LORNE était, bien évidemment à Prague en 68, quand les chars russes...), en Amérique Latine... Jusqu'à ce que la prescription opère et qu'il puisse refouler le sol Français.

Après avoir mis en place, en Ariège, un des premiers lieux de vie accueillant des toxicos, et s'y être encore une fois usé l'espoir, il promena son regard clair de vieux Gavroche partout où çà bouge un peu. Et c'est peu dire, qu'orgue de Barbarie aidant, le bougre nous a jouer la grande java libertaire de la révolte qu'il a toujours eu dans le coeur.

Ce livre nous raconte tout cela. Cette vie rouge de hasard mais noir de coeur et de conviction.


POUR L'AMOUR D'UNE ROSE, LE JARDINIER SE PIQUE SOUVENT A MILLE EPINES !

Il était une fois un rebelle, un fils du peuple qui voulait changer le monde.
En ce temps-là, le Parti communiste français avait fait main basse sur l'espoir et c'est tout naturellement vers lui que le petit plombier-zingueur parisien dirigea ses premiers pas.
Est-il besoin de le préciser, notre nunuche politique, version Gavroche au pays du Stalinisme, s'y comporta en rebelle.

L'heure était, dans la clandestinité, à essayer, via des revues comme "La Voie communiste", de "réformer" le monstre.
L'heure était également à prendre ses responsabilités par rapport à l'histoire et à endosser le bleu de chauffe de l'action.
Aussi, quand au milieu des années 50 le peuple algérien se mit en tête de secouer le joug colonial que la France lui imposait depuis presque 2 siècles et d'habiller ce combat de la gandoura socialiste, notre rebelle n'hésita pas longtemps.
Contre l'opinion du PCF, qui était alors contre l'indépendance de l'Algérie, il décida d'aider la révolution algérienne et le FLN.
En accueillant des militants en délicatesse de..., en prêtant son appartement pour..., en rendant les mille et un "petits" services qu'ont toujours rendu les "fourmis rouges prolétariennes" du portage de valise...

Et il le paya cher.
Très cher !
Le Parti communiste français l'excommunia en lui taillant le costume "hitléro-trotskiste-petit-bourgeois" habituel.
La police française l'arrêta après avoir trouvé chez lui le "trésor" du FLN (44 millions de l'époque).
La bourgeoisie française et sa justice le condamnèrent à 20 ans de prison pour...
En ce temps-là les chemins buissonniers de l'engagement politique était pleins de ronces acérées !
Et pour Gérard LORNE, ce n'était que le début du chemin.

A la faveur d'une permission de sortie pour rendre visite à sa gamine qui était au plus mal (elle avait la maladie "du sang bleu" et avait une espérance de vie extrêmement réduite), il prit la poudre d'escampette et gagna le Maroc où le FLN bénéficiait de l'hospitalité du tout nouveau royaume chérifien indépendant.

Et le combat continua.
Sans moyens aucun, sans davantage d'argent, Gérard LORNE s'attela à monter de toutes pièces un collège technique d'un genre un peu particulier. Et il réussit ce challenge.
Des rencontres de tous ordres avec les militants algériens, des personnalités comme Yasser Arafat ou le chef trotskiste Pablo qui avait pris en main l'achat et la fabrique d'armes pour le FLN, des discussions sans fin sur la révolution, le socialisme, l'avenir, des actions tous azimuts, émaillèrent bien évidemment ce séjour au Maroc et lui firent comprendre que l'avènement de l'indépendance algérienne, fut-elle drapée dans le manteau de lumière du socialisme, n'était pas exempte des tares ordinaires de la lutte pour le pouvoir.

Bref, le rebelle commença à prendre de la distance par rapport à..., remit une fois de plus son ouvrage sur le métier et arpenta de nouveau les chemins de l'exil. Au Maroc, en Tchécoslovaquie, en Amérique Latine... Jusqu'à ce que la prescription opère et qu'il puisse de nouveau fouler le sol français.

C'était il n'y a pas si longtemps. Et c'est avec armes, bagages, famille et toujours ses foutues idées qu'il vint s'installer en Ariège du côté de St-Girons.
Il acheta des ruines. Il les remit en état. Il s'y installa en communauté familiale et il mit en branle un des premiers lieux de vie (Thélème) accueillant des toxicos.
Il s'y usa une nouvelle fois l'espoir sur la pierre ponce de la réalité et il reprit sans hésiter son courage à deux mains pour, une fois de plus, une fois encore, remonter son rocher d'éternel rebelle sur la colline (que certains disent absurde) de Sysiphe.

Engagement libertaire de tous les instants, membre de la Fédération Anarchiste, le bougre a continuer de faire des ravages.

A la faveur d'une rencontre de hasard (des notes de voyage sur le Guatemala, le Nicaragua... envoyées au "Monde Libertaire"), l'idée me vint presque immédiatement de demander à Gérard LORNE de nous écrire le récit de sa vie.

Son "instinct" de classe, le courage de ses engagements, le pathétique de ses illusions et de son "inculture" politique, le courage plus grand encore de ses doutes et de ses rebellions, l'humilité de son cheminement tout d'échecs constamment dépassés et transformés en de nouvelles espérances, en de nouvelles volontés, son arrivée toute de méfiance dans la galaxie libertaire... tout cela, et bien d'autres choses encore, me semblait plus que largement digne d'intérêt pour les jeunes et moins jeunes militants révolutionnaires de cette fin de XX° siècle.

Mais la réponse, je la connaissais d'avance.
Elle ne pouvait être que négative. Car, mais c'est bien sûr, quel intérêt à tout cela ? Tout un chacun en aurait fait autant ! Et puis n'était-ce pas de l'histoire ancienne ? Et qui aujourd'hui pouvait s'intéresser à...?

La réponse à la réponse, je la connaissais également.
Elle ne pouvait qu'être brutale. Du genre le passé n'est pas la propriété exclusive des anciens. Les jeunes générations sont en droit de se l'approprier. D'en tirer leçon. Et c'est inacceptable, politiquement parlant, pour des histoires de pudeur, de vraies ou de fausses modesties, de refuser, alors qu'il y a demande, le devoir de mémoire. Le cadeau de l'expérience.

Elle ne pouvait, également, qu'être renoncement sur l'accessoire pour pouvoir emporter le morceau sur l'essentiel.
Disons-le tout net, je désirais des mémoires à l'état brut. Un récit écrit à la première personne. Avec des moi-je à en perdre haleine de vérité, de courage, de doutes, de volonté, de témoignages...
Mais je savais que le "vieux" ne calerait jamais là dessus, et qu'il me faudrait me contenter de...

Ce livre n'est donc pas une autobiographie, mais un roman historique.
Un roman historique tout ce qu'il y a de vrai. De quasiment plus vrai que la réalité.
C'est l'histoire authentique de Gérard LORNE et de ces fils du peuple qui sont l'honneur du peuple et de l'espérance libertaire.

N'y cherchez pas l'étoile du Che ou la veste de cuir de DURRUTI qui sont les suaires de tous les mythes. Gérard LORNE, même romancé, ne nous offre que son costume de velours élimé de jardinier, qui, pour l'amour d'une rose, celle de la révolution et du socialisme libertaire, s'est déchiré aux mille épines de la vie.

Merci à toi, camarade, de nous rappeler que les épines de notre ordinaire sont susceptibles, à force et courage de volonté, de nous éveiller, dans la grande nuit de l'absurde, à l'amour des roses.

Jean-Marc RAYNAUD (Pour les Editions du Monde Libertaire).
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