Posté le 04.05.2008 par anarchie23
Vous pouvez cliquez sur l'affiche pour l'agrandir !
A l'occasion du Congrès annuel national de la Fédération Anarchiste qui, cette année, se déroulera en Creuse (évènement incommensurable !) du 10 au 12 mai 2008 au Villard (Entre Royère-de-Vassivière et Gentioux, voir affiche) nous organisons un concert (voir programme de l'affiche) où l'entrée sera à prix libre avec 3 groupes + buvette et tables de presse + 2, 3 autres surprises.
D'avance merci à vous toutes et à vous tous d'en parler autour de vous et de venir nombreuses et nombreux à cet évènement. Bienvenue !
Salutations Anarchistes !
Posté le 29.04.2008 par anarchie23
Pourquoi manifeste-t-on le premier mai ? Pourquoi l'appelle-t-on "fête du travail" ? D'où vient cette date ? Que cherche-t-on à nous faire oublier en nous faisant promener ? Ce petit texte explique l'origine historique du Premier Mai.
L'obtention des 8 heures par jour était au centre des revendications pour lesquelles les travailleurs des Etats-Unis étaient décidés d'aller jusqu'à la grève générale pour faire pression sur le patronat et le gouvernement. Le 1er mai fut déclaré jour international de solidarité de classe et de revendication pour les 8 heures par les "Knights of Labour" (Les Chevaliers du Travail, premier syndicat d'audience nationale aux Etats-Unis). Au cours du printemps 1886, les ouvriers de tous les secteurs ont focalisé leurs actions sur cet objectif et ont parfois obtenu gain de cause dans ce domaine.
Devant la détermination des ouvriers et l'expansion du mouvement syndical, le patronat et le gouvernement décidèrent d'adopter des mesures de répression plus expéditives. La fameuse affaire de Haymarket à Chicago, évènement dramatique et marquant pour le mouvement ouvrier international, a inauguré une ère nouvelle de répression et de résistance.
1er mai 1886: succès maximal de la mobilisation. En dépit des avertissements haineux et des prédictions alarmistes de la presse bourgeoise, aucune émeute n'éclata, aucune atteinte à la propriété n'eut lieu et la manifestation pacifique des travailleurs ne se transforma nullement en révolution. Par ce beau samedi ensoleillé, les fabriques, les usines, les entrepôts furent désertés. Dans leurs plus beaux vêtements, les ouvriers de Chicago, accompagnés par leur famille, défilèrent par milliers dans les rues, sous les yeux sidérés de la police, de l'armée et des gardes privés prêts à intervenir au moindre trouble. La manifestation de solidarité se déroula sans encombre et s'acheva sur les bords du lac Michigan, où les principaux orateurs, parmi lesquels Albert PARSONS et August SPIES, 2 anarchistes, prirent la parole devant la foule.
Dans la seule ville de Chicago, 80 000 ouvriers participèrent à la manifestation et, dans tout le pays, le 1er mai eut le même retentissement et fut suivi avec le même enthousiasme.
Le lundi suivant, 3 mai, le mouvement de grève continua et beaucoup d'ouvriers se joignirent aux grévistes du 1er mai, paralysant ainsi l'économie de la ville de Chicago. La violence des forces de l'ordre, contenue durant la journée du samedi, allait éclater devant les grilles d'une usine de machines et outils agricoles, la McCormick Harvester Works (aujourd'hui International Harvester Corporation). Ripostant à la journée de grève du 1er mai par un lock-out massif, le patronat de cette usine avait remplacé ses employés par 300 briseurs de grève. A la sortie, ceux-ci furent pris à parti par les grévistes. Brusquement, la police chargea l'arme au poing. Les grévistes tentèrent alors de se disperser, mais les policiers, sans doute déçus et exaspérés par le caractère pacifique des manifestants du 1er mai, tirèrent sur la foule, abattant 6 hommes alors qu'ils s'enfuyaient.
Les organisateurs de la journée du 1er mai virent dans ce massacre un fait honteux et inacceptable qu'il fallait dénoncer publiquement. Une manifestation fut décidée pour la soirée du lendemain sur la place de Haymarket, non loin d'un des commissariats de Chicago. Cette soirée de protestation contre les brutalités policières se déroula sans heurt, les orateurs se succédant devant une foule calme. Vers la fin de la manifestation, alors que les principaux orateurs avaient déjà quitté la place, 180 policiers, la matraque à la main, firent irruption parmi les manifestants, les enjoignant de se retirer immédiatement, ce à quoi Sam Fielden, un des organisateurs, eut le temps de répliquer que la foule était paisible. Une bombe explosa alors au milieu des policiers et ce fut la panique. Les policiers, dont un fut tué et 7 blessés, firent feu et la foule se rua dans toutes les directions pour échapper à la fusillade.
Du côté des manifestants, le bilan fut également lourd, 1 mort et de très nombreux blessés. On ne retrouva jamais le lanceur de bombe, peut-être un provocateur. Cependant, les autorités ne prêtèrent aucun crédit à cette version des faits. La situation, à leurs yeux, ne comportait aucune énigme, les responsables étaient connus: les anarchistes.
Non contents d'inspirer les mouvements de grève des jours précédents et de semer le trouble en incitant les ouvriers à manifester sur la place de Haymarket, ils s'attaquaient directement aux forces de l'ordre. Les autorités devaient donc réagir vite et frapper à la tête du mouvement anarchiste pour endiguer une révolte qui mettait tout le système en péril.
Les représentants du mouvement ouvrier de Chicago, dont les anarchistes Albert PARSONS, August SPIES et Louis LINGG, + Michael Schwab, George Engel, Adolph Fischer et Samuel Fielden furent arrêtés, jugés et condamnés à être pendus, sans aucune preuve de leur culpabilité.
Albert PARSONS, August SPIES, Adolph Fischer et George Engel furent exécutés. Samuel Fielden et Michael Schwab réclamèrent la clémence et virent leur condamnation commuée en peine d'emprisonnement à vie.
Quand à Louis LINGG, dont la mort reste un mystère qui n'a toujours pas été éclairci, il se serait suicidé dans sa cellule.
Le procès des martyrs de Chicago a inauguré le règne de la terreur pour le mouvement ouvrier dans tout les Etats-Unis. Le 1er mai 1886 ainsi que les évènements dramatiques qui ont secoué le mouvement ouvrier américain sont à l'origine de la célébration de la Fête du Travail, jour chômé et réservé aux manifestations des travailleurs. Comme, plus tard, le cas de Sacco et Vanzetti (voir ici même "L'Affaire Sacco et Vanzetti" dans la rubrique "Histoires Anarchistes") et l'affaire Rosenberg, le procès des martyrs de Chicago reste un exemple de la justice à la solde des possédants dans l'Amérique capitaliste.
Les dernières paroles d'August SPIES, à ce propos, sont prophétiques: "Il viendra un temps où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd'hui".
LES DEBUTS DU PREMIER MAI EN FRANCE
Paris connut le premier mai 1890 son premier "premier mai". Une tradition allait naître, mais, pendant longtemps encore, sa célébration va se faire contre les forces de répression et 1er mai va signifier affrontements, brutalités et sanctions de tous ordres.
En 1901, le syndicaliste anarchiste Emile POUGET propose dans son journal "Le Père Peinard": "Fixons nous une date et proclamons qu'à partir du jour que nous aurons choisi pour rien au monde nous ne consentirons à faire plus de 8 heures !".
Il faudra attendre le 8ème congrès de la CGT (syndicat à son origine largement influencé par les anarchistes avant de passer courroie de transmission du Parti communiste), qui se tient à Bourges en septembre 1904, pour que l'idée soit reprise et la date fixée: ce sera le 1er mai 1906 !
Pour préparer cette journée, la CGT entame la première grande campagne de propagande de son histoire: affiches, tracts, papillons, brochures, création de comités d'action pour les 8 heures, articles dans le journal confédéral d'alors, "La Voix du Peuple". On y développe toute une argumentation autour de l'idée des 8 heures: moyen pour combattre le chômage, éliminer fatigue et surmenage, supprimer les maladies professionnelles, développer les bibliothèques, élever le niveau culturel des travailleurs, etc... (ceci sous l'influence des anciennes Bourses du Travail, qui furent le socle de la création de la CGT, initiées également à leur origine, une fois de plus, par les anarchistes).
C'est dans ce climat qu'arrive le 1er mai 1906, qui va être marqué par de violents affrontements avec les forces de police. Dès le matin, Paris est mis en état de siège: soldats et policiers en armes à chaque carrefour, forte concentration de policiers à cheval aux abords de la Bourse du Travail, place de la République. La caserne proche a même été aménagée en "prison" temporaire...
Les divers syndicats ont convoqué leurs adhérents en plusieurs points de la capitale. Un meeting est prévu à la Bourse, mais comme tout le monde ne peit y pénétrer, c'est une manifestation de rue que la police s'efforce de disperser: il y a des charges brutales, des arrestations par centaines. A l'heure du bilan, le soir, on comptera même 2 morts. Et il faudra attendre 23 heures pour que les rues de Paris retrouvent leur aspect habituel. Mais les violences continueront pendant plusieurs jours encore.
Les patrons licencieront plus de 2000 travailleurs coupables d'avoir quitté leur travail le 1er mai !
(D'après "IWW et syndicalisme révolutionnaire aux Etats-Unis", de Larry PORTIS, éd. Spartacus et un article de "La Voix Populaire".
Posté le 25.04.2008 par anarchie23
Les maîtres du Monde du moment beuglent partout qu'ils ont instauré un modèle indépassable de démocratie. Et ils se targuent de la liberté qu'ont les moutons prolétaires de se faire tondre toujours plus ras par les ténors d'une loi de la jungle appelée loi du marché, et d'élections régulières lors desquelles la populace matraquée par des médias en chaleur est invitée à donner des chèques en blanc à des marionnettes dont les puissances d'argent tirent les ficelles.
Les révolutionnaires, quant à eux, se battent depuis toujours pour une démocratie tout à la fois politique, économique et sociale. Pour la démocratie directe. Et pour le mandat impératif (on vote pour un projet et non pour un homme). Pour le contrôle et la révocabilité à tout moment des mandaté(e)s...
L'histoire de ces 220 dernières années se résume à l'affrontement entre ces deux conceptions des choses. Et comme par hasard, c'est toujours dans les périodes de mouvements sociaux d'importance et d'effervescence révolutionnaire que resurgissent ces revendications de démocratie directe, politique, économique et sociale, de mandat impératif et de contrôle et de révocabilité permanente des mandaté(e)s.
Pierre-Henri ZAIDMAN nous rappelle cela dans ce livre qui se dévore en nous retraçant l'histoire du mandat impératif de la Révolution française à la Commune de Paris.
Et devinez qui était pour ? Le peuple, bizarrement !
Dans les périodes d'élections où les veaux sont invités à choisir leur boucher, c'est peu dire que la lecture de ce livre s'impose !
Oui une démocratie authentique, pleine et véritable est possible ! L'histoire le démontre. Mais l'histoire démontre également que les Maîtres du Monde feront tout pour empêcher son avènement !
Etonnant, non !
140x210 mm, 100 pages.
isbn: 978-2-914980-62-3
12€
Editions Libertaires.
Posté le 13.04.2008 par anarchie23
Errico MALATESTA (né le 14 décembre 1853 à Santa Maria Capua Vetere, dans la province de Caserte, en Campagnie, Italie -mort le 12 juillet 1932) est un propagandiste et un révolutionnaire anarchiste très actif tout au long de sa vie.
Il naît dans une famille de propriétaires terriens. Le père Federico et son épouse Lazzarina Rastoin (originaire de Marseille) possède aussi la fabrique de tannage de cuir la plus florissante de la région. Il fait ses études dans un collège tenu par les Pères Scolopi. Très jeune, il se range aux idées républicaines de Giuseppe Mazzini. A l'âge de 14 ans, il écrit une lettre au roi Victor-Emmanuel II, se plaignant de l'injustice locale, il est inquiété par la police, mais à raison de son âge, il est laissé libre.
En mars 1870, il est arrêté une première fois pour une réunion organisée dans un cercle d'étudiants républicains. Il est alors inscrit à l'Université de Naples, où il fait des études de médecine pendant 3 ans sans obtenir de diplômes. En effet, il est expulsé de l'université parce qu'en 1871, il adhère à la Première Internationale. Il devient le secrétaire de la section italienne. Entre-temps, après la Commune de Paris, il abandonne les idées républicaines pour adopter les idées anarchistes. La même année, il apprend la mécanique et l'électricité.
En 1872, durant le Congrès de Saint-Imier, pour la création de l'Internationale anti-autoritaire, il rencontre le révolutionnaire anarchiste Michel BAKOUNINE.
Durant les 4 années suivantes, il participe à la propagande internationaliste en Italie. Il est emprisonné 2 fois pour ses activités. En 1973, il est arrêté à Bologne et en 1874, il participe avec un petit groupe à une tentative infructueuse d'insurrection à Castel del Monte. Il est arrêté peu après à Pesaro. Le procès se termine par l'acquittement de tous les inculpés, résultat d'une grande popularité pour les insurgés et en particulier pour Errico MALATESTA.
Le 19 octobre 1875, Errico MALATESTA entre dans la franc-maçonnerie afin de tenter de diffuser l'idéal anarchiste et en sort définitivement le 18 mars 1876, indigné de la décision de la loge d'organiser une réception d'honneur pour Giovanni Nicotera, élu depuis peu ministre de l'Intérieur.
Le communisme anarchiste est proclamé pour la première fois à la Fédération italienne de l'Association Internationale des Travailleurs et Anti-Autoritaire au Congrès de Florence de 1876 par COSTA, Errico MALATESTA, Carlo CAFIERO et COVELLI. Cette prise de position suscite l'opposition au collectivisme qui est la position officielle de l'AIT anti-autoritaire (l'influence de Michel BAKOUNINE) de cette époque.
En avril 1877, Errico MALATESTA, Carlo CAFIERO, le russe Sergius STEPNIAK et une trentaine d'autres commencent une insurrection dans le Bénévent, prenant les villages de Letino et Gallo sans un combat. Les révolutionnaires brûlent les registres communaux sur les propriétés et déclarent la fin de règne du roi. Ils sont accueillis par la population avec enthousiasme, même un prêtre montre son soutien. Après avoir quitté Gallo, ils sont arrêtés par les troupes gouvernementales et mis en prison pendant 16 mois avant d'être acquittés.
Après un certain nombre d'attaques terroristes contre la famille royale italienne et leurs amis, la police commence à garder sous une surveillance constante les radicaux et les révolutionnaires. Bien que les anarchistes clament n'avoir aucun lien avec ses attaques, Errico MALATESTA, en tant que militant pour la révolution sociale, fait partie des éléments sous surveillance.
Après son retour de Naples, il sera obligé de quitter l'Italie, et commence une longue période d'exil.
LE DEPART DE L'ITALIE
En 1878, Errico MALATESTA commence une longue période de pérégrinations: il fair un brève passage en Egypte où il visite quelques amis italiens avant d'être expulsé par le consul italien, à cause de son implication dans les révoltes anticoloniales survenues en Egypte.
Après avoir travaillé sur un bateau français, et s'être vu refusé son entrée en Syrie, en Turquie et en Italie, il débarque à Marseille, d'où il part pour la Suisse, à Genève (à ce moment-là un haut lieu de l'anarchisme) et où il fait la connaissance d'Elisée RECLUS (voir portrait dans cette même rubrique) et de Pierre KROPOTKINE, dont il devient un grans ami et avec qui il publie "La Révolte".
Il est expulsé de Suisse et part pour Londres en 1880, en passant par la Roumanie, Paris et la Belgique où il organise avec Pierre KROPOTKINE le Congrès International socialiste révolutionnaire.
En 1882, il prend connaissance de la révolte de Arabi Pacha et il retourne en Egypte pour essayer de transformer le mouvement nationaliste en révolte sociale. Il est arrêté par les soldats anglais et rentre en Italie clandestinement en débarquant à Livorno.
Peu de temps après, il est arrêté pour conspiration avec son ami Francesco MERLINO et d'autres révolutionnaires. Profitant de sa liberté provisoire, il se rend à Florence où il commence la publication de "La Question Sociale".
Malgré une condamnation à 3 ans de réclusion, en 1884, il se rend à Naples, pour aider la population touchée par une épidémie de choléra, qu'il quitte précipitamment pour l'Amérique du Sud afin d'éviter l'emprisonnement.
L'EXIL EN ARGENTINE
Il s'installe à Buenos Aires, où il entre en contact avec le "Cercle communiste Anarquico" et reprend la publication -en langue italienne- de "La Question Sociale".
En 1886, il tente l'expérience qui se révéla désastreuse, de chercheur d'or en Patagonie et en 1887, il participe à la naissance du premier syndicat argentin, le "Sindacat des boulangers", dont il écrit les statuts.
En 1888, il est accusé d'avoir falsifié de la monnaie, cela se révèlera faux. Il prend la décision de partir et après un court séjour à Montevideo, il rentre en Europe en 1889.
RETOUR EN EUROPE
Il s'établit d'abord à Nice, où il publie le quotidien clandestin "L'avvenire". La police française se met rapidement sur ses traces, l'obligeant à se réfugier de nouveau à Londres.
Entre 1891 et 1892 il tient une série de meetings en Espagne avec son ami Pedro ESTEVE, et il participe à une révolte populaire à Jerez de la Frontera. Recherché par la police, il retourne à Londres où en 1896, il assiste au Congrès socialiste international.
A Paris, on parle de contacts entre Marie Sophie de Bourbon, surnommé romantiquement la "Reine des Anarchistes" et Errico MALATESTA, rapports probablement seulement de connaissance compte tenu du peu de sympathie politique que montre l'aristocratie à l'égard des "subversifs".
En 1897, il voyage clandestinement jusqu'à Ancône, où il participe à la création de "L'agitazione".
L'année suivante, à l'occasion du "Mouvement pour le pain", il est arrêté et condamné à 7 mois de réclusion. A peine a-t-il fini sa peine qu'il est condamné à 5 ans de résidence forcée à Ustica, puis à Lampedusa d'où il s'évade en 1899 pour se rendre en Tunisie.
En 1900, après 2 brefs séjours à New York et à Cuba, il s'installe à Londres où il reste 12 ans à l'exception d'un voyage à Amsterdam en 1907 pendant lequel il participe au "Congrès Anarchiste International".
A LONDRES
Pendant le séjour dans la capitale anglaise, Errico MALATESTA gagne sa vie comme électricien et mécanicien. Pendant cette période, on note un certain ralentissement de son activité subversive. Très rapidement, il gagne l'estime des travailleurs anglais qui tiendront d'importantes manifestations de protestation lorsque Errico MALATESTA rencontre des problèmes judiciaires.
L'épisode du 20 mai 1912 est emblématique, quand la cour de Bow Street le condamne à 3 mois de réclusion suite à la plainte pour diffamation de la part de l'espion italien Ennio Belelli, la condamnation est accompagnée d'un décret d'expulsion qui est annulé suite à la manifestation populaire du 12 juin.
Il laisse l'Angleterre en 1913 pour rentrer en Italie où il commence la publication d'un hebdomadaire "Volonta".
En 1914, il est le principal artisan de la Semaine Rouge (settimana rossa) ; recherché de nouveau par la police, il est obligé de revenir pour la énième fois à Londres.
A la veille de la Première Guerre Mondiale, il se sépare douloureusement de son ami Pierre KROPOTKINE, après un âpre débat sur l'attitude que les anarchistes doivent tenir sur le sujet de l'interventionnisme. Errico MALATESTA soutient les idées de l'antimilitarisme et de l'internationalisme. Cette position est encore plus évidente en 1916, au travers de sa réponse au "Manifeste des Seize" publiée en avril par "Freedom".
LE RETOUR EN ITALIE
En 1919, après plusieurs tentatives vaines, Errico MALATESTA obtient un passeport du consul italien à Londres. Il s'embarque pour Taranto le 24 décembre. En Italie, il utilise immédiatement sa popularité pour mener une intense activité de propagande et de subversion qui en fait l'un des acteurs principaux de la période "biennio rosso". Il prend contact avec les "Arditi del Populo".
Entre 1919 et décembre 1921, il participe avec Gabriele D'Annunzio au coup de force sur la ville de Fiume. Son influence se fait sentir dans la charte du Carnaro écrite par le syndicaliste révolutionnaire Alceste de Ambris, et finalisée par D'Annunzio sous la forme d'une régence pirate autonome et littéraire.
En 1920, il dirige à Milan le quotidien anarchiste "Umanita Nova" ; la même année il est arrêté et enfermé dans la prison de San Vittore. Il commence avec d'autres détenus une grève de la faim qui le mène presque à la mort. La grève est arrêtée suite à un attentat perpétré par quelques anarchistes du courant individuel, le 23 mars 1921 dans un hôtel situé à proximité du Théâtre Diana.
LE FASCISME ET LA FIN DE L'ACTIVITE SUBVERSIVE
La même année, Errico MALATESTA est libéré ; il continue à diriger "Umanita Nova" jusqu'en 1922, année au cours de laquelle les fascistes prennent le pouvoir et interdisent le journal qui réouvrira en 1945 sous la forme d'un hebdomadaire.
Fuyant les contrôles fascistes, Errico MALATESTA se rend clandestinement en Suisse pour assister au 50ième Congrès de Saint-Imier, puis s'installe définitivement à Rome avec sa compagne Elena MELLI et sa fille Gemma.
Pendant les premières années du gouvernement fasciste, il poursuit son activité de propagande, de 1924 à 1926, malgré le rigide contrôle de la censure, il publie le journal clandestin "Pensiero e Volonta".
Les années suivantes, le régime fasciste impose à Errico MALATESTA le contrôle continu auprès d'un groupe de gardiens, le condamnant ainsi à un isolement en particulier des mouvements anarchistes.
Il passe les dernières années de sa vie reclus dans sa maison avec sa famille, subissant une détérioration progressive de son état de santé. En mars 1932, il survit à une grave infection pulmonaire, et meurt le 22 juillet d'une grave crise respiratoire.
PRINCIPES POLITIQUES
Errico MALATESTA tente une synthèse de la conception anarchiste, sans pourtant l'emprisonner dans un système. Pour atteindre ce but, il distingue l'anarchie de l'anarchisme. Le premier est la finalité, il a une valeur mi-historique et universelle: il représente le vouloir être et comme tel n'est pas déductible d'aucune situation historique. L'anarchisme est la traduction de cette fin dans la concrétisation d'une situation historique. La division correspond à celle entre jugements de valeur et jugements de fait.
Les valeurs fondamentales de l'anarchie -liberté, égalité, solidarité- sont des expressions rationnelles d'une aspiration universelle et comme telles ne sont liées à aucune doctrine. Errico MALATESTA refuse autant le droit naturel que le positivisme. Le premier, car il considère l'idée d'une société naturelle comme le résultat de la paresse de ceux qui rêvent que les aspirations humaines se réalisent spontanément, sans lutte ; le second, parce que l'exaltation de la science amène à un nouveau dogme.
Errico MALATESTA développe dans ses différents écrits des principes révolutionnaires anarchistes, tels le volontarisme, le gradualisme révolutionnaire et bien d'autres principes.
Il expérimente divers principes révolutionnaires dont l'insurrectionalisme dans le Bénévent, mais aussi dans d'autres pays, où il dut s'exiler.
"Une chose est de comprendre, une autre de pardonner certains faits, les revendiquer, en être solidaires. Nous ne pouvons accepter, encourager et imiter de tels actes. Nous devons être résolus et énergiques, mais nous devons également nous efforcer de ne jamais dépasser les limites nécessaires." (Errico MALATESTA, "Un peu de théorie" (1892))
Il met en garde contre les tendances à la bureaucratisation dans les organisations anarchistes:
"Evidemment si, dans une organisation, on laisse à quelques-uns tout le travail et toutes les responsabilités, si on subit ce que font certains sans mettre la main à la pâte et chercher à faire mieux, ces "quelques uns" finiront, même s'ils ne le veulent pas, par substituer leur propre volonté à celle de la collectivité. Si dans une organisation tous les membres ne se préoccupent pas d'exercer sur tout et sur tous leurs facultés critiques et laissent à quelques-uns la responsabilité de penser pour tous, ces "quelques uns" seront les chefs, les têtes pensantes et dirigeantes." (Errico MALATESTA, "L'Agitation à Ancône" (1897)).
Il est très critique vis-à-vis du syndicalisme révolutionnaire que défendait Pierre Monatte. Il exprime son point de vue sur cette question au Congrès international anarchiste d'Amsterdam en 1907.
Il critique également la plateforme de Piotr Archinov, plateforme étant une proposition d'organisation avec de nouveaux principes, et qui fut lancé par le groupe russe Dielo Trouda (pourchassé par les bolchéviques) en exil. Errico MALATESTA remarque dans la "plateforme" des principes peu libertaires dans le fond, sur la responsabilité collective par exemple, et quand au fonctionnement sur les prises de décisions peu claires, laissant le champ vide à de possibles prises de pouvoir.
LA REVOLUTION, UN ACTE DE VOLONTE
La volonté est l'élément décisif pour la transformation sociale. La société libertaire dépend uniquement de la volonté des hommes. L'histoire échappe à toute philosophie et à toute tentative de prévisions. Pour cela, il n'est pas possible de savoir quand la période est faste pour la révolution et il faut profiter de toutes les occasions. La révolution n'est pas un fait économique et sociale mais un acte de volonté. La révolution doit rassembler les masses, mais les masses ne deviendront pas anarchistes avant que la révolution ait commencé ; les anarchistes doivent alors se joindre aux masses et les accepter comme elles sont, sans projets pédagogiques inévitablement autoritaires et en adaptant plutôt l'idéologie à leur ressentir. L'action révolutionnaire à 2 objectifs: la destruction des obstacles à la liberté, et la diffusion graduelle de la pratique de la liberté, privée de toutes coercitions.
Posté le 07.04.2008 par anarchie23
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Bonjour ! 3ième volet (voir précédemment les billets "Le contrôle idéologique" dans cette même rubrique et "Le contrôle social" dans la rubrique "Ouvrages Anars") de nos extraits de la brochure "Le contrôle social en société dite démocratique", publiée aux Editions du Monde Libertaire mais épuisée pour le moment.
FORMATER LE CITOYEN
Pour formater le citoyen, l'argent et la propagande constituent de redoutables moyens de contrôle social. De nombreux exemples peuvent le démontrer: lorsque des crédits sont refusés à un chercheur marginal, dont les travaux heurtent les dogmes établis... et des intérêts économiques "supérieurs" ; lorsque des pots-de-vin sont distribués à des hommes politiques pour obtenir un marché au détriment d'un concurrent ; lorsque les entreprises capitalistes versent des revenus si faibles que les salariés ne peuvent acheter que les produits médiocres qu'elles fabriquent ; et parallèlement, lorsque le système bancaire traditionnel refuse un prêt d'installation à un jeune soucieux de ne pas s'intégrer dans une filière professionnelle classique. Mais au-delà du pouvoir d'achat lui-même (au sens large du terme), c'est bien la liberté de penser qu'il s'agit d'acheter.
Parce que l'essor d'une conception novatrice est ressenti comme un défi insupportable, parce que l'originalité de la pensée est suspectée de déviance, parce que la réflexion porte en germe un regard critique.
L'OBJECTIF, POUR LES CLASSES DIRIGEANTES, EST DE MAINTENIR L'ORDRE ETABLI !
Un ordre économiquement inégalitaire et politiquement autoritaire. Il s'agit donc de dompter la pensée, de juguler l'insubordination, d'obtenir l'adhésion du plus grand nombre aux valeurs de la société libérale, ce que Noam Chomsky appelle la "fabrication du consentement".
Il s'agit de piétiner ce "dogme démocratique selon lequel le peuple est le meilleur juge de ses propres intérêts", ce peuple, "troupeau désorienté" qu'il faut conduire, eu égard à la "stupidité de l'homme moyen". Propagande, endoctrinement, manipulation sont les maîtres mots. Divers processus sont utilisés, pour lesquels les grands médias, et notamment la télévision, jouent un rôle crucial.
ORIENTER L'INFORMATION
L'information détermine les choix politiques des individus ; son libre accès garantit la soi-disant "démocratie": sa qualité est donc fondamentale pour la formation du jugement. Or son "traitement" consiste à sélectionner les messages en fonction des intérêts des classes dominantes. Certains faits sont écartés, d'autres sont maquillés. Sous couvert de communication, d'information, le mensonge est l'arme la plus sûre, parce que l'image télévisée (entre autres) n'est qu'une interprétation de la réalité.
On notera d'ailleurs que la censure est de moins en moins nécessaire: l'autocensure, le journalisme de révérence, le cirage de godillots suffisent.
La marchandisation de l'information permet sa transformation en une mise en scène qui joue sur les sentiments, l'irrationnel, l'inconscient, sur la réaction instinctive. L'information devient une pure succession d'évènements isolés les uns des autres ou considérés dans un enchaînement tronqué, qui ne permet pas de comprendre les enjeux fondamentaux.
Un fait chasse l'autre. Le but de l'info-spectacle est sans ambiguïté: semer la confusion, empêcher de réfléchir en profondeur, d'exercer son esprit critique, éliminer tout débat de fond, toute confrontation, réduire le "citoyen" au rôle de spectateur passif.
FAVORISER L'INTERIORISATION DE CERTAINES VALEURS
Il s'agit ici surtout de ce qu'il est désormais commun d'appeler la "pensée unique", c'est-à-dire la "traduction en termes idéologiques à prétention universelle des intérêts d'un ensemble de forces économiques, celles, en particulier, du capital international", un consensus implicite tendant à imposer l'orthodoxie néolibérale.
Controversée, l'expression "pensée unique", née des années 80, c'est-à-dire dans la période de l'effondrement de l'Union soviétique et de la destruction du Mur de Berlin, aura eu au moins le mérite de faire prendre conscience de l'attitude quasi unanime d'une classe politique et médiatique faisant valoir ses idées comme étant sans alternative possible.
Qu'on lui préfère le terme de "politiquement correct" ne change rien à l'affaire. L'objectif est de présenter la victoire de la doctrine économique libérale comme "progrès ultime de l'humanité", l'économie de marché comme processus inéluctable et irréversible, le capitalisme comme horizon indépassable.
Il s'agit, pour les "bien-pensants", d'évacuer le débat politique. Au royaume du dogme et du monopole, toute résistance est vaine, tout opposant se voit diabolisé. La sagesse consiste à intégrer les valeurs "incontournables": une monnaie forte, une dérèglementation sans frein, une réduction des déficits... Et si le domaine de prédilection de cette pensée "administrée" est le champ économico-politique, il s'étend à l'ensemble de la pensée.
C'est la fin des idéologies, la notion "archaïque" de classes sociales, bien sûr, mais aussi le caractère naturel de la violence et de la hiérarchisation, selon les darwinistes sociaux de la Nouvelle Droite ; le racisme et l'ethnocentrisme qui "justifient" l'infériorité du Sud, la nécessaire militarisation, la valorisation de la réussite, la laïcité dite ouverte, le tout-nucléaire en matière d'énergie, le tout-génétique aussi, etc...
Dans cette entreprise de conditionnement, les sondages constituent une technique de persuasion des plus efficaces. En nous ressassant continuellement le désir du plus grand nombre, ils nous suggèrent d'y adhérer.
Spécialiste de la communication, Paul Watzlawick a montré comment un individu isolé finissait par douter de ses propres sens et, pour ne pas se distinguer, à se ranger à l'opinion du plus grand nombre: "La volonté de renoncer à son indépendance, de troquer le témoignage de ses sens contre le sentiment confortable, mais déformant la réalité, d'être en harmonie avec un groupe, est bien entendu l'aliment dont se nourrissent les démagogues."
Posté le 27.03.2008 par anarchie23
Bonjour ! Suite des extraits de la brochure épuisée pour le moment "Le contrôle social en société dite démocratique" (voir billet "Le contrôle social" dans la rubrique "Ouvrages Anars"):
Longtemps, l'ordre moral a été assuré par la famille, l'Etat, l'école, l'armée, et peut-être surtout par l'Eglise. Ses objectifs sont les suivants: justifier les inégalités sociales. Faire accepter l'ordre établi par ceux-là mêmes qui le subissent, en le légitimant comme naturel, ou comme expression de la volonté divine. Prêcher la résignation. Favoriser l'apprentissage de formes de relations sociales fondées sur la soumission et l'aliénation. Privilégier des qualités telles que l'ordre ou la discipline au détriment de l'esprit critique. Valoriser le culte du chef et s'appuyer sur le charisme individuel. Faire adhérer à l'idéologie républicaine et à la patrie.
Tels ont été les leitmotivs permanents au cours des siècles. De plus, la collusion entre ces différents "agents" du maintien de l'ordre décuple la force de leurs interventions ; les influences réciproques des préférences idéologiques de tous les "acteurs" de la socialisation se renforcent mutuellement puisque leurs choix convergent généralement.
Pour assurer l'ordre public, l'Etat prend appui directement sur la famille ; l'Eglise défend des valeurs morales fondatrices de la famille traditionnelle ; tout au long de l'Histoire, cette même Eglise apporte sans défaillance sa caution morale aux pouvoirs politiques les plus belliqueux. Aujourd'hui, ce contrôle idéologique prend la forme d'un nouveau contrôle social, pour formater le citoyen et piéger le consommateur.
UN NOUVEAU CONTROLE SOCIAL
Soumis aujourd'hui à la concurrence vigoureuse d'autres instances de socialisation, les piliers classiques de l'ordre moral, "marqueurs d'identité", ont vieilli: dissolution de la famille fragilisée par l'individualisme ; éclatement de l'école, objet de multiples tensions ; déclin du religieux (même s'il est relatif) ; effacement de l'Etat (même s'il est sournois). Si l'ordre moral est une tentative de figer la morale, par laquelle le groupe dominant prétend imposer ses valeurs qui deviennent les normes, il peut le faire de différentes manières. Il peut gérer en douceur les relations sociales si le rapport de forces est en sa faveur, s'il ne rencontre aucune résistance. Il devient agressif si son existence est menacée, si la faible adhésion de l'ensemble des individus met en péril sa cohésion.
Si les régimes autoritaires ont, sans ambiguïté, choisi la force, la brutalité, ce qu'on appelle les démocraties libérales élaborent un système beaucoup moins visible, beaucoup plus subtil en vue d'une "pacification de l'existence". Il y a plusieurs manières de réduire au silence ceux qui s'élèvent contre l'orthodoxie.
Depuis les années 60, l'autorité, sous sa forme traditionnelle, subit une crise. Emergent de nouvelles formes d'autorité, fondées sur une régulation plus souple, sur la "négociation", bénéficiant de l'influence subtile des propagandistes professionnels. Et par conséquent, de nouvelles dominations, plus difficiles à identifier. La soumission et le contrôle des consciences sont acquis non par la force ou les démonstrations de puissance, mais par la séduction. Nous sommes entrés dans l'ère de l'exploitation douce, de l'oppression souriante. Les psychotropes, les antidépresseurs, le conditionnement, la manipulation, l'hypnose sont préférés à la matraque. L'autocensure à l'interdit. La malléabilité de l'homme, sa plasticité presque infinie font naître un rêve dans la tête des dirigeants: nous rendre béats, euphoriques.
L'idéal étant une population docile qu'il serait inutile de contraindre parce qu'elle aurait "l'amour de sa servitude". Il faut se rappeler l'avertissement de B.F. Skinner, psychologue du comportement: "De ce que l'homme peut faire de l'homme, nous n'avons encore rien vu".
Ce contrôle en douceur s'effectue par plusieurs voies, plus ou moins développées, selon les circonstances, selon les priorités des politiques nationales: l'imprégnation souvent inconsciente des individus par la culture, l'asservissement des désirs et aspirations de ces individus à l'appareil de production capitaliste ; la surveillance généralisée de la vie quotidienne ; la mise en place, à travers les lois d'aménagement du territoire et la réforme de l'Etat, d'une démocratie participative fondée sur une prétendue "exigence de proximité".
"L'endoctrinement est à la démocratie ce que la coercition est à la dictature", écrit Noam Chomsky, penseur radical américain, professeur de linguistique au M.I.T. L'originalité de la société capitaliste réside dans l'utilisation de la technologie, plutôt que dans la terreur, pour obtenir la cohésion des forces sociales. Or les progrès de la technologie s'avèrent déterminants dans le perfectionnement des techniques de surveillance et d'encadrement collectif. Les méthodes, de plus en plus sophistiquées, souvent indolores, parfois même agréables, du conditionnement, de la manipulation permettent un contrôle discret, consensuel, voire coopératif, et de ce fait beaucoup plus insidieux.
Cette recherche de l'intégration des individus dans la société peut conduire à un "totalitarisme soft". Comme l'exprime Herbert Marcuse: "Le totalitarisme n'est pas seulement une uniformisation politique terroriste, c'est aussi une uniformisation économico-technique non terroriste qui fonctionne en manipulant les besoins au nom d'un faux intérêt général."
Ce qui est en train de se mettre en place, c'est ce que nous décrivaient, avec un sens remarquable de l'anticipation, Aldous Huxley dans "Le meilleur des mondes" et George Orwell dans "1984". Un ordre politico-social qui aliène l'individu plus fortement que jamais, une société totalitaire mécanisée, standardisée, automatisée, "fordisée". Un monde où tout est programmé parce que l'imprévisible, l'aléatoire, le pulsionnel, l'imaginaire, bref le vivant, troublent la belle ordonnance du système et constituent des dangers permanents. Un monde "horriblement parfait".
Aldous Huxley écrivait dans "Retour au meilleur des mondes": Par le moyen de méthodes toujours plus efficaces de manipulation mentale, les démocraties changeront de nature. Les vieilles formes pittoresques -élections, parlements, hautes cours de justice- demeureront, mais la substance sous-jacente sera une nouvelle forme de totalitarisme non-violent. Toutes les appellations traditionnelles, tous les slogans consacrés resteront exactement ce qu'ils étaient au bon vieux temps, la démocratie et la liberté seront les thèmes de toutes les émissions radiodiffusées et de tous les éditoriaux mais (...) l'oligarchie au pouvoir et son élite hautement qualifiée de soldats, de policiers, de fabricants de pensée, de manipulateurs mentaux mènera tout et tout le monde comme bon lui semblera."
"Plus une société devient libre, plus il est difficile d'utiliser la force", écrit Noam Chomsky. Il ne faut pas en conclure pour autant que la brutalité a disparu, car les multiples pièges de nos sociétés technocratiques ne réussissent pas, malgré leurs prouesses, à transformer tous les individus en citoyens dociles, stationnant dans les créneaux laissés libres.
Les sociétés capitalistes créent même tant de frustrations, de misère, suscitent tant de haine aujourd'hui qu'elles deviennent la cible de contestation plus ou moins violente. C'est à ce moment que le consensuel prend fin, et que le disciplinaire intervient: le contrôle social se muscle pour maîtriser "sauvageons" (dixit Chevènement) et fauteurs de troubles.
Posté le 23.03.2008 par anarchie23
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NOUS NE VOULONS PAS DE LA PUB NI (ET SURTOUT !) DU SYSTEME QUI LA GENERE !
La publicité est une atteinte constante à l'environnement. Les prospectus publicitaires représentent 40 kg de papier par foyer et par an, ce qui implique l'abattage d'arbres, une consommation d'eau phénoménale, des encres nocives...
Les panneaux lumineux ou mobiles engloutissent chaque année 5000 à 9000 kWh, soit la consommation électrique de 2 à 3 familles de 4 personnes.
Des tonnes de gadgets inutiles, et souvent en plastique non biodégradable, sont produits chaque année. Sans parler des implantations sauvages de panneaux publicitaires jusque dans des zones naturelles protégées...
Et tout ceci se fait évidemment au mépris des travailleurs(ses), qu'ils(elles) soient distributeurs(trices) de prospectus, maintenu(e)s dans la précarité et sous-payé(e)s, étudiants-hommes ou femmes sandwich embauchés au noir pour s'humilier le temps d'une opération publicitaire, ou ouvriers-ères chinois-e surexploité(e)s pour fabriquer des gadgets promotionnels.
Non contente de détruire la planète, LA PUB POLLUE AUSSI LES CERVEAUX. Elle crée des besoins imaginaires et pousse à la sur-consommation. Derrière les promesses de bonheur garanti, de sérénité consumériste, se cache le gaspillage de marchandises presque neuves mais déjà passées de mode, et pour les plus fragiles, la spirale des crédits et du surendettement.
Ce véritable système de propagande que dissimule la pub ne recule devant rien, s'infiltre partout, jusque dans les foyers avec le démarchage agressif par téléphone ou les spams sur Internet, et lorgne déjà sur les plus jeunes: aux Etats-Unis, des écoliers(ières) apprennent à compter en additionnant des hamburgers...
Les logiques de l'idéologie publicitaire s'immiscent dans tous les domaines. Les femmes sont rabaissées au rang d'objets consommables, voire même "offertes" avec le produit à vendre ("il a la voiture, il aura la femme"). De plus, elles doivent se plier aux règles de beauté que la pub impose: minceur jusqu'à l'anorexie, négation du corps et du vécu de l'individu (il faut "gommer les ravages du temps", etc...).
Les politiciens ne sont pas les derniers à s'engouffrer dans l'idéologie publicitaire. Les programmes ne sont plus que des slogans, les idées des looks... Les campagnes électorales s'apparentent à de vastes campagnes commerciales, où il s'agit d'appâter l'électeur-consommateur à grands coups de meetings-spectacles et de tracts tape-à-l'oeil. Et bien sûr, il n'y a pas de service après vente, une fois élu, le politicien oublie ses belles promesses et ses électeurs(trices).
Nous appelons chacune et chacun à apposer un autocollant "non à la publicité" sur sa boîte aux lettres, nous affirmons notre soutien à tous les déboulonneurs(ses) et barbouilleurs(ses) de panneaux publicitaires, ainsi qu'à tous(tes) les syndicalistes en lutte dans le domaine de la communication, et à toute forme d'action visant à enrayer la machine publicitaire et à dévoiler les mensonges du consumérisme capitaliste.
Posté le 19.03.2008 par anarchie23
Avant tout, Erich Mühsam a été un agitateur, doué d'un sens prononcé pour la provocation, avec une bonne composante d'humour, habitué des cafés littéraires, il savait y faire apprécier ses poèmes caustiques. Ecrivain et journaliste de combat, souvent en conflit avec les autorités à cause de sa liberté de parole, il greffait de préférence sa réflexion sur les évènements de la vie quotidienne. Son existence d'"en-dehors", comme on disait alors en France, l'amenait selon des témoignages de contemporains à se tourner d'abord vers les exclus, chômeurs, repris de justice. Un de ses essais est consacré à l'homosexualité. Mais ce littérateur était aussi un homme d'action, confiant dans les vertus du "détonateur". Condamné à 15 ans de détention pour sa participation à la République des conseils de Munich, libéré après 5 ans, il a été également une des premières victimes du régime hitlérien auquel il s'était opposé dès le départ avec énergie et lucidité.
Erich Mühsam est né le 6 avril 1878 à Berlin, d'une famille juive. Son père est pharmacien. Dès ses études secondaires, à Lubeck, il manifeste son esprit de révolte et son sens critique en publiant dans un journal social-démocrate de la ville plusieurs articles anonymes sur la vie d'internat. Il est renvoyé du collège pour "activités socialistes". Après son baccalauréat, il est quelques temps apprenti puis aide-pharmacien.
Bientôt, il fait la connaissance de Gustav Landauer (voir biographie également ici) et s'associe avec lui aux activités de la "Nouvelle Communauté", un groupe littéraire libéral qui exercera par la suite une assez grande influence sur la vie intellectuelle allemande. Il fait quelques voyages en Suisse, en Italie, en Autriche et en France. En 1909, il s'installe à Munich où il gagne sa vie en collaborant à divers journaux, notamment à "Jugend" et à "Simplicissimus". Au mois d'avril 1911, il fonde la revue mensuelle "Kain" qu'il arrive à maintenir jusqu'à la guerre et dont il publie une nouvelle série de novembre 1918 à avril 1919.
En janvier 1918, au moment de la grève générale déclenchée dans toute l'Allemagne par les ouvriers des fabriques de munitions pour manifester contre la guerre, Erich Mühsam harangue à Munich les travailleurs des usines Krupp. De plus, il a refusé d'être incorporé dans le service auxiliaire patriotique qui vient d'être instauré. La police l'arrête et l'envoie en résidence surveillée. Libéré le 5 novembre, il tient au cours des 3 journées suivantes des discours pacifistes devant les casernes munichoises.
Après la proclamation de la République de Bavière et la constitution du Conseil des ouvriers, des soldats et des paysans, il est un des partisans les plus actifs du "pouvoir des conseils" et combat avec acharnement le retour à l'ancien parlementarisme. Le 7 décembre, 400 hommes conduits par Erich Mühsam et Rudolf Egelhoffer, l'un des principaux responsables de la mutinerie de Kiel, occupant les locaux de la presse munichoise. Eisner intervient personnellement, en pleine nuit, pour faire cesser l'occupation. L'opération se poursuit alors au ministère de l'Intérieur, où ils arrachent sa démission au ministre social-démocrate Aber. Mais les troupes gouvernementales les dispersent.
Le 10 janvier 1919, craignant des troubles à l'occasion des élections législatives, Eisner fait arrêter Erich Mühsam et 11 autres militants du Conseil ouvrier révolutionnaire et du K.P.D., mais une manifestation l'oblige à les libérer. L'un d'entre eux, le communiste Max Levien qui adhère aussi au Conseil ouvrier révolutionnaire animé par Erich Mühsam, est arrêté à nouveau début février pour un discours prononcé au Conseil central où il appelait à la lutte décisive contre la bourgeoisie. On fait état contre lui d'un article de l'ancien code pénal concernant l'"excitation". Les délégués du Conseil ouvrier révolutionnaire (R.A.R), dont Gustav Landauer et Erich Mühsam, se rendent au ministère de la Justice pour obtenir sa libération en menaçant d'une manifestation de masse. Il est relâché le même jour, le 9 février, et rejoint immédiatement une réunion du R.A.R. destinée à organiser la manifestation. Sur proposition de Gustav Landauer, le R.A.R se rend vers le théâtre où le Conseil central délibère lui aussi sur les décisions à prendre pour défendre la liberté d'expression et faire abroger l'article sur l'"excitation". La réunion sera agitée, au moment où les R.A.R et les communistes réclament d'ajouter aux mots d'ordre de la démonstration, la démission de certains ministres et la non-convocation de l'Assemblée nationale, les socialistes majoritaires quittent la salle. Ils sont remplacés aussitôt par "les hommes de confiance" des entreprises munichoises, et la très importante manifestation du 16 février est décidée.
Début avril, les Conseils d'ouvriers d'Augsbourg déclenchent une grève politique avec les mots d'ordre "dictature illimitée du prolétariat, création d'une République des conseils, alliance avec la Russie et la Hongrie soviétiques, rupture des relations avec le gouvernement central de Berlin, formation d'une armée révolutionnaire".
Plusieurs villes de Bavière suivent le mouvement. A Munich, Erich Mühsam est de ceux qui interviennent avec le plus de détermination pour inciter à la proclamation de la République des conseils de Bavière, dans la nuit du 6 au 7 avril. Selon les souvenirs du social-démocrate Niskisch, Erich Mühsam se propose comme délégué du peuple aux Affaires extérieures. Il est contré amicalement par Gustav Landauer, ce qui ne l'empêche pas de soutenir chaleureusement celui-ci pour la délégation à l'Education.
Le 13 avril, au cours du putsch social-démocrate, Erich Mühsam est arrêté avec certains délégués du peuple, et conduit à la prison d'Ebrach, près de Bamberg. Cette arrestation lui évite sans doute d'être abattu après le 1er mai. Le procès d'Erich Mühsam et de ses 12 camarades a lieu en juillet, à Munich. Il se défend de manière courageuse et sarcastique. La cour martiale le condamne à 15 ans de détention. Il est emprisonné à Ansbach, puis à Niederschonenfeld. Durant son incarcération, il écrit un "Hommage à Landauer", des poèmes et son drame "Judas" qui figurera au répertoire de Piscator.
Erich Mühsam est mort le 10 juillet 1934, assassiné au camp de concentration d'Oranienbourg.
Posté le 08.03.2008 par anarchie23
Dessin de Steinlein.
Un ami (âne Oh nimes !) vient de nous envoyer cette chanson. Il nous conseille de la brailler sur l'air qu'on veut et peut-être devant les bureaux de vote. En v'la t'y pas une bonne idée !
AH LA DEMOCRATIE, EUH
A la présidentielle
M'en allant respirer
Un air pestilentiel
Je m'y suis pollué
Il y a longtemps qu'on en crève
Il va falloir t'achever
Paraît qu'il faut élire
Paraît qu'c'est citoyen
Notre destin empire
Tous les cinq ans c'est bien
Il y a longtemps qu'on en chie, euh
Il va falloir t'enterrer
Paraît qu'la république
C'est l'meilleur des festins
Quand je vois toute la clique
Des bouffons des requins
A la télé qui gigotent
J'ai envie d'leur botter le train
A la municipale
M'en allant gambader
J'ai vu le ciel si pâle
Qu'j'avais envie d'pleurer
Il y a longtemps que le film
Est classé dans les navets
Et à la cantonale
M'en allant écouter
J'ai entendu des râles
J'ai eu peur vous savez
Il y a longtemps que ça dure
Il va falloir se bouger
Se bouger le derrière
Pour tous se rassembler
Les bons gars les bergères
En une grande assemblée
Il y a longtemps que ce cirque
Est mauvais pour la santé
A nous d'donner les règles
Et d'les faire respecter
Si on veut la Sociale
Il n'y a pas d'secret...
Il y a longtemps qu'on en souffre
Va falloir te remplacer.
(Chanson écrite le 13 février 2008)
Posté le 02.03.2008 par anarchie23
Bonjour ! Dans le dernier numéro de janvier/mars 2008 de Creuse-Citron, le journal de la Creuse libertaire, vendu à prix libre, nous pouvons y lire cet article:
UNE LOUISE MICHEL UN PEU TROP ASEPTISEE
L'automne dernier, les Creusois eurent l'occasion de visiter à Aubusson une exposition sur la "fascinante Louise Michel". Celle-ci était organisée par l'association Louise Michel de Haute-Marne (département où elle est née).
DES OUBLIS ?
Cette exposition a pu surprendre le visiteur un tant soit peu au courant de l'engagement politique de Louise Michel car en parcourant les 23 panneaux proposés, il lui aura été bien difficile de découvrir que celle-ci fut une ardente militante anarchiste ainsi que la première à arborer le drapeau noir qui devint, par la suite, l'emblème si connu du mouvement anarchiste. "...Plus de drapeau rouge mouillé du sang de nos soldats. J'arborerai le drapeau noir, portant le deuil de nos morts et de nos illusions". Elle se réclamera de ce mouvement jusqu'à sa mort.
Très tôt, elle s'engagea dans une activité politique radicale sans concession: elle fut secrétaire de la Société démocratique de moralisation ayant pour but d'aider les ouvrières. Elle fut adhérente, sinon proche, de la Première Internationale ainsi que des idées de Blanqui, auteur du fameux "Ni Dieu, ni maître". Tout cela sans oublier son rôle très important dans la Commune de Paris (1871). C'est sans doute au contact de Nathalie Le Mel, une des animatrices de la Commune, déportée avec elle en Nouvelle-Calédonie, que Louise Michel devint anarchiste.
Elle disait: "Si un pouvoir quelconque pouvait faire quelque chose, c'était bien le Commune composée d'hommes d'intelligence, de courage, d'une incroyable honnêteté et qui avaient donné d'incontestables preuves de dévouement et d'énergie. Le pouvoir les annihila, ne leur laissant plus d'implacable volonté que pour le sacrifice. C'est que le pouvoir est maudit et c'est pour cela que je suis anarchiste."
CONSENSUS MOU
On peut se demander pourquoi de telles impasses sur les idées politiques de Louise Michel. Que ses idées et son engagement anarchistes dérangent, c'est évident. Mais, plus banalement, cette présentation très édulcorée de Louise Michel n'a rien d'étonnant en ces temps d'apolitisme généralisé et de confusion idéologique portée à son maximum. Toute référence en ce domaine se doit d'être lisse, peu propice à la confrontation d'idées...en quelques mots, consensuellement et politiquement correcte !
Déjà, la présentation qu'en faisait l'association annonçait la couleur: "faire connaître son oeuvre", c'est-à-dire "sa lutte contre toutes les injustices, toutes les formes de racisme, pour une instruction pour tous, la dignité pour les travailleurs et le respect de toutes les cultures." N'en jetez plus, la coupe citoyenniste est pleine à ras bord ! Surtout aucune référence explicite aux positions idéologiques, on ne peut plus claires, de Louise Michel.
Dans la lignée de l'aspect positif de la colonisation, de l'orchestration mélo-dramatique de la lettre de Guy Môquet et de bien d'autres révisions, cette exposition y trouve sa petite place, peut-être bien involontairement de la part de ses concepteurs. En effet, il n'est même pas sûr qu'il y ait une volonté délibérée d'occulter des positions idéologiques dérangeantes pour nombre d'humanistes bien intentionnés.
UNE RECUPERATION VIEILLE COMME LA "BONNE LOUISE"
Après les calomnies, les insultes et les mensonges de son vivant, le temps de la récupération vint. Son nom est un des plus utilisés aux frontispices des écoles, collèges, lycées... De nombreuses rues nous la rappellent tous les jours. La Mairie de Paris n'hésite pas à lui rendre hommage en organisant un important colloque (2005), un prix Louise Michel (remis par le Sénat) a été créé pour "honorer" une personnalité censée défendre les valeurs républicaines. Parmi les derniers à qui ce prix a été décerné, on trouve Chirac, Balladur, Bouteflika ou encore Hosni Moubarak ! Il n'y a plus de limites au grotesque. Il ne manque juste que Sarkozy en fasse une de ces prochaines idoles politiques. Pourquoi pas, au point où on en est ?
Après être restée une semaine dans la salle de la Bourse du travail, l'exposition a été tranférée dans les locaux du lycée E. Jamot. A n'en pas douter, ce fut une belle leçon d'histoire et d'éducation civique comme on les aime aujourd'hui: révisée à souhait, débarrassée de ses oripeaux révolutionnaires, en un mot citoyenne !
COMPLEMENTS BIOGRAPHIQUES
1870: elle est élue présidente du Comité de vigilance des citoyennes du 18ème arrondissement de Paris. Peu après, elle se proposera pour se rendre seule à Versailles et tuer Thiers.
Mars 1871: pendant la Commune, avec un fusil sous son manteau, elle monta à l'assaut des Buttes de Montmartre pour empêcher la prise des canons de la Garde nationale par les Versaillais.
Mai 1871: (fin de la Commune), sur la barricade de Clignancourt, elle participe aux derniers combats de rue. Elle se rendra pour faire libérer sa mère, arrêtée à sa place.
Juillet 1881: elle assiste au congrès anarchiste international de Londres qui consacre la propagande par le fait comme moyen d'émancipation des travailleurs.
Mars 1883: avec E. Pouget, Louise Michel prend la tête d'une manifestation de "sans-travail" à Paris précédée du drapeau noir. Celle-ci dégénère rapidement en pillages de boulangeries et en affrontements avec les forces du désordre. Louise sera condamnée à 6 ans de réclusion pour "excitation au pillage".
Août 1886: elle est condamnée à 4 mois de prison pour incitation au meurtre durant son intervention en faveur des mineurs de Decazeville.
1888: elle débute une longue série de conférences en faveur de l'anarchisme et de la grève générale.
Et ça continue ainsi jusqu'à sa mort en 1905.
SUPPLEMENT D'ANARCHIE23: nous voudrions compléter cet article juste par 2 extraits de la brochure "Louise Michel" de Claire AUZIAS, parue en 2003 aux Editions du Monde Libertaire:
"Les productions commémoratives du parti communiste français retracent volontiers la première partie de la vie de la révolutionnaire, mais s'arrêtent mystérieusement au départ en Nouvelle-Calédonie, en 1872. Entre 1872 et 1905, date de sa mort, que s'est-il donc passé qui ne soit pas à dire ? (c'est par exemple le cas, entre mille, de la biographie d'Irma Boyer dans la collection "Les belles figures du prolétariat"). Enfin, quelques anarchistes écrivirent des biographies de Louise Michel: Charles Malato, André Prudhommeaux, Hem Day, Lorulot, etc. Ceux-ci exaltent l'inlassable propagandiste anarchiste qu'elle fut de 1880 à 1905, sans pour autant ignorer l'enfance et la jeunesse de cette dernière."
"Le lecteur désireux de connaître la fondatrice du journal "Le Libertaire", avec Sébastien Faure son cadet, lira donc avant tout les propres "Mémoires" de Louise Michel, heureusement réédités récemment, ainsi que son maître livre: "La Commune, histoire et souvenirs", pareillement réédité enfin !"