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anarchie23
Description du blog :
Tout ce qui a trait à l'anarchisme en Creuse et au-delà...
Catégorie :
Blog Politique
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02.06.2007
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Communiqué IFA sur la crise

Publié le 04/08/2009 à 17:35 par anarchie23
Communiqué IFA sur la crise
IFA: Internationale des Fédérations Anarchistes.


La crise actuelle a des causes claires, dit-on sur de nombreux forums, l'avarice des capitalistes à vouloir gagner plus sans aucun contrôle et l'augmentation des prix bien au-delà de la valeur réelle des choses. Maintenant, banquiers et patrons disent qu'ils n'ont pas d'argent pour assurer leur mission, donner du travail et financer. Cette situation nous amène à des taux de chômage toujours plus élevés. Comme toujours, la classe des travailleurs endure les pires conséquences de la crise. Ces causes sont très similaires dans beaucoup de pays capitalistes, mais le commencement et l'intensité de la crise n'ont pas été les mêmes partout.

Nous ne pouvons pas oublier qu'avant que la crise éclate, le monde capitaliste a connu une longue période de calme. Dans nombre de pays, ces mêmes banquiers et patrons ont accumulé des fortunes immenses. Où sont passées les richesses produites par les travailleurs durant toutes ces années ? Pourquoi ne les utilise-t-on pas pour relever l'économie et donner du travail et de meilleures conditions de vie à tous ? Les Etats ont financé les banques et les entreprises avec l'argent de tous les contribuables. Ils nous volent à deux reprises, en s'appropriant la production, puis les impôts avec lesquels on finance l'Etat, et qui devraient être réinvestis dans la société.

On ôte le masque, tout pour les "maîtres". A nous l'effort et la souffrance.

Le mode de vie des pays capitalistes n'est pas soutenable. La majeure partie de la population vit au-dessus de ses possibilités économiques, plongée dans l'endettement auprès des banques, dû à l'incitation des médias vendus ou à la solde des grands groupes économiques, qui nous convainquent que c'est ainsi qu'il faut vivre.

Nous devons changer le mode de vie capitaliste, en montrant aux gens la nécessité de rompre avec le système et ses modes de relations sociales, de travail et économiques. En le remplaçant par une société formée d'individus ayant les mêmes droits et les mêmes devoirs. Une société à laquelle nous donnerons l'égalité comme fondement, la liberté comme moyen et la fraternité comme but.

Nous appelons tous et toutes à commencer la résistance contre le capital. Et grâce à l'union, l'action et l'autogestion, à affronter le système pour le détruire et rendre possible la nécessité de la Révolution Sociale.

Secrétariat de l'Internationale des Fédérations Anarchistes
(traduit de l'espagnol)


La Fédération Anarchiste

Publié le 31/07/2009 à 18:38 par anarchie23
La Fédération Anarchiste
LA FEDERATION ANARCHISTE

La Fédération anarchiste est un groupement de militants(tes) politiques organisé sur le principe du libre fédéralisme (c'est à dire la libre association) garantissant aux groupes et aux individu-e-s qui la composent la plus grande autonomie afin de permettre le pluralisme des idées et des actions, dans le cadre d'un pacte associatif que nous appelons nos "principes de base" (disponibles sur demande). C'est notre outil de lutte qui doit être fonctionnel et rationnel. Nous rejetons en effet tout fétichisme d'organisation.

Pas de hiérarchie, donc pas de chefs chez nous ! C'est à tous les militants et militantes qu'il appartient de faire progresser leur organisation. Nous ne reconnaissons pas la division dirigeant-e-s/exécutant-e-s, la participation effective des militants et militantes aux structures collectives de l'organisation est un principe d'éthique et de solidarité.

Ces structures fédérales sont: le "Monde libertaire", journal hebdomadaire, Radio libertaire, hier parisienne, aujourd'hui planétaire, et la librairie du Monde libertaire (Publico), à Paris également.
En dehors de ces oeuvres fédérales, les groupes ont aussi des locaux, souvent des librairies, éditent des revues, menant ainsi leur propre activité au niveau local.


LES BUTS DE LA FA

Nous sommes pour une révolution radicale et globale, à la fois économique, sociale et politique ; pour détruire la société fondée sur la propriété privée ou étatique des moyens de production et de consommation ; pour la suppression de toutes les formes d'exploitation, de hiérarchie, d'autorité. Cette phase de destruction est nécessaire et c'est sans doute pour cela que certaines et certains ne voient ou ne veulent voir les anarchistes que comme des partisans fanatiques du désordre. Qu'ils/elles regardent autour d'eux et qu'ils/elles nous expliquent comment faire pire !

Les anarchistes sont, au contraire, partisans d'une société organisée d'une manière beaucoup plus rationnelle et logique que la jungle capitaliste ou les dictatures marxistes-léninistes. Il s'agit, dans le cadre d'une société libertaire, non pas de gouverner les hommes mais d'administrer les choses au profit de la collectivité toute entière.

Nous voulons construire une société libre sans classes ni Etat, sans patrie ni frontières, avec comme objectifs:
-l'émancipation des individu-e-s
-l'égalité sociale, économique et politique
-la liberté de création
-la justice
-l'éducation libertaire et permanente
-l'organisation sociale sur les bases de la libre fédération des producteurs(trices) et des consommateurs(trices): autogestion
-la démocratie directe
-une économie tournée vers la satisfaction des besoins
-l'abolition du salariat
-l'écologie
-la libre union des individu-e-s ou des populations
-la liberté d'expression
-la libre circulation des individu-e-s.

Voilà en quelques lignes un aperçu de ce que veulent construire les militants et militantes de la Fédération Anarchiste. Rendre possible l'édification d'un ordre social fondé sur l'entraide, la solidarité, sur le respect absolu de l'intégrité physique et morale de l'individu-e, voilà l'idéal qui nous anime et que nous souhaitons partager avec le plus grand nombre pour un monde meilleur.

Quitter son point de vue

Publié le 23/07/2009 à 17:16 par anarchie23
Quitter son point de vue
QUITTER SON POINT DE VUE: "Quelques utopies anarcho-littéraires d'il y a un siècle" de Caroline GRANIER. Introduction et conclusion de Michel ANTONY. 117 pages. 2007. Editions du Monde Libertaire. 10€.

4ième de couverture: "Utopie... Ce mot inséparable de ses enjeux politiques et sociaux est au centre de nombreuses polémiques.
A partir du dix-neuvième siècle les utopies, pendant longtemps conçues comme l'élaboration ludique d'un ailleurs sans interférence avec la réalité sociale, se trouvent pleinement engagées dans le monde (on parle alors d'"utopies sociales"), prenant une valeur programmatique.

L'utopie anarchiste reste fidèle à l'esprit de Thomas More, en instaurant une pensée paradoxale: il ne s'agit pas de substituer à une opinion reçue une opinion contraire, de remplacer un dogme par un autre, mais d'inciter à repenser toutes les certitudes sur lesquelles se fonde notre jugement.
L'utopie figurée ne doit pas épuiser le désir d'un mieux, elle n'est jamais donnée comme un modèle transposable directement dans le réel."


TABLE DES MATIERES

En guise d'introduction - Variété et richesse des utopies libertaires par Michel ANTONY

Caroline GRANIER: "Quitter son point de vue" - quelques utopies anarcho-littéraires d'il y a un siècle

La fiction, l'utopie et le désir

"Cet ordre-là est un vrai désordre":
La Commune de Malenpis, d'André Léo
Une commune libre
La contre-utopie, ou ce qu'il en coûte d'être sujet
La République n'est plus un mot

L'utopie anarchiste de Jean GRAVE: Terre Libre
L'association anarchiste idéale
Vivre au présent
La révolte gronde en Europe

Han RYNER: Les Pacifiques
ou le changement de point de vue
Jacques ou le mâle (mal) français contemporain
Les mots de l'utopie

Bernard LAZARE:
l'utopien propagandiste des "Porteurs de torche"
L'accoucheur des âmes
Le jardin des paroles

L'utopie délirante: "Les Microbes Humains"
et "Le Monde nouveau" de Louise MICHEL
Le monde animal
Un roman noir
La fin du vieux monde
Vers l'utopie

Georges EECKHOUD:
"Escal-Vigor", une utopie sexuelle
Les homosexuels entrent en littérature
"Une perversion qui relève de la pathologie"
Sexualités et décadence
Les libertaires et l'utopisme sexuel

En guise de conclusion: "des anarchistes historiens de l'utopie" par Michel ANTONY
Une dynamique équipe lyonnaise en faveur de l'utopie: IRL-ACL
L'esprit utopique libertaire comme remise en cause permanente et dialectique du monde et des utopies: WIDMER

(A noter que Michel ANTONY anime un site sur les utopies libertaires et anarchistes: http://artic.ac-besancon.fr/histoire_geographie/new_look/Ress_thematiq/the-matiq/utopies.htm)


LA FICTION, L'UTOPIE ET LE DESIR (par Caroline GRANIER)

"Utopie"... Ce mot, inséparable de ses enjeux politiques et sociaux, est au centre de nombreuses polémiques. L'utopie (étymologiquement: le "non-lieu") n'est-elle pas nommée telle pour justifier sa mise à l'écart de l'histoire, de la société ? Il est des projets que les autorités préfèrent situer en terres d'ailleurs ou d'"utopies" afin de ne pas affronter la part de réel qu'ils contiennent. (Marcuse définira ainsi l'utopie comme "ce à quoi la puissance des sociétés établies interdit de voir le jour" -Herbert Marcuse, "Vers la libération. Au-delà de l'homme unidimensionnel", Paris, Denoël/Gonthier, 1969).
Car toute utopie, c'est à dire toute perspective d'un devenir meilleur, prend sa source dans des réalités concrètes: l'imaginaire cherche à transformer les rapports sociaux existants pour construire une société idéale. C'est à partir du dix-neuvième siècle que les utopies, pendant longtemps conçues comme l'élaboration ludique d'un ailleurs sans interférence avec la réalité sociale, se trouvent pleinement engagées dans le monde (on parle alors d'"utopies sociales"), prenant valeur de programmes socio-politiques.

Témoin de ces enjeux de pouvoir, le terme "utopie" est polysémique, et peut désigner aussi bien un mouvement social, une construction politique ou la représentation de la cité idéale. La définition qu'on donnera de l'utopie dépendra en grande partie de son point de vue idéologique. Acceptons ici la définition ("anarchiste") que nous propose Joseph DEJACQUE dans son prologue à "L"Humanisphère": "rêve non réalisé, mais non pas irréalisable". (Joseph DEJACQUE, "L'Humanisphère, utopie anarchique", dans "A bas les chefs !", Paris, éditions Champ libre, 1971 [publié en feuilleton dans les premiers numéros du "Libertaire, journal du mouvement social", en 1858 et 1859].

Vers la fin du dix-neuvième siècle, le reproche d'utopisme est souvent adressé aux anarchistes, qui se voient accusés de vouloir bâtir une chimère. La critique provient surtout des rangs socialistes, qui opposent le pragmatisme et le réalisme de leurs pratiques au rêve libertaire. Pour répondre à ces attaques, les théoriciens insistent sur le "réalisme" du projet utopique: il ne s'agit pas de changer l'homme mais de faire que sa vie soit davantage en conformité avec ses aspirations naturelles. (Sur le mouvement anarchiste à la fin du siècle, voir: Jean Maitron, "Le mouvement anarchiste en France", I, des origines à 1914, Paris, Maspero, 1975 [réédition: Paris, Gallimard, 1992].

Comme l'écrit le Père Peinard (Emile POUGET -1860/1931-, militant anarchiste et syndicaliste révolutionnaire, fonde "le Père Peinard" en 1889. Journal populaire écrit en argot, il donne chaque semaine "seize pages de tartine contre deux ronds".) dans son style habituel:
"Pour aligner une société galbeuse où la misère sera de sortie et où seront inconnues toutes les chieries autoritaires, il est inutile qu'il nous pousse des ailes dans le dos.
Y'a pas besoin que nous devenions des anges !
Au contraire, foutre, pour que la société que nous attendons, éclose sur le fumier de la putainerie bourgeoise, il faut l'homme tel quel: ni meilleur, ni pire ! Il le faut avec toute la kyrielle de passions qui l'animent et qui le poussent à agir." ("Les saisons", Almanach du Père Peinard, 1898, Paris, Pouget [reprod. en fac-sim.: Paris, SPAG-Papyrus, 1984].

Jean GRAVE (1854-1939, militant anarchiste, cordonnier, typographe et écrivain, est l'auteur de nombreuses brochures théoriques ainsi que de fictions. Sa rigueur doctrinale lui vaut le surnom de "Pape de la rue Mouffetard" [Charles MALATO]. Il reprend en 1885 le journal de Pierre KROPOTKINE, "Le Révolté", qui deviendra "La Révolte", puis, en 1895, "Les Temps Nouveaux".), de son côté, précise qu'il n'entend nullement donner un plan d'organisation pour une société anarchiste, mais esquisser les lignes générales destinées à éclairer la propagande, répondre aux objections, et "démontrer qu'une société peut fort bien s'organiser sans chefs et sans délégation, si elle est vraiment basée sur la justice et l'égalité sociales". Tracer un cadre pour la société future ou établir un mode unique d'organisation, outre que ce serait faire oeuvre de doctrinaires, serait aussi bien aventureux, car on ne peut préjuger dès maintenant des besoins de la société de demain.

Il détourne ainsi l'accusation d'utopie, dans "La Société au lendemain de la révolution" (Paris, au bureau de La Révolte, 1889) [La même étude, augmentée, paraît en 1895 sous le titre de "La Société future". Le premier titre prêtait à confusion: en effet, contrairement à une révolution politique qui peut s'effectuer "en deux ou trois jours de lutte", la révolution sociale telle que l'imaginent les anarchistes est de tous les instants, "elle ne comporte, momentanément, pas de lendemain".]:
"Etablir un mode unique d'organisation sous lequel tout le monde devrait se plier et que l'on imposerait sitôt après la Révolution, serait une utopie, étant donnée la diversité des tempéraments et des caractères".

Faut-il pour autant renoncer à la description de la société anarchiste ? Ce serait bien imprudent que de vouloir détruire d'abord sans se soucier de la reconstruction: "nous ne pouvons certainement pas dire ce qui sera, mais nous devons dire ce qui ne se fera pas, ou, du moins, ce qu'il faut empêcher de se faire". Car si les révolutions passées ont échoué et ont pu être détournées au profit de quelques-uns, c'est que la masse ne s'est préoccupée que de la lutte présente.
Il faut que les travailleurs sachent "ce qu'ils devront empêcher" pour que la victoire leur reste.

Emile POUGET et Emile PATAUD, eux, vont plus loin en proposant, dans une fiction, une utopie syndicaliste. Le titre du livre, "Comment nous ferons la révolution" (Paris, Librairie illustrée, Jules Tallandier [1909]), a été "saboté" par l'éditeur, comme les auteurs le rappellent dans la préface, car il devait initialement être: "Comment nous avons fait la révolution". Il s'agit d'une utopie sociale, mais envisagée comme un fait historique, qui montre comment, sans aucune violence, les syndicats se transforment en groupes de production et deviennent la base d'une société égalitaire sans rapports hiérarchiques.

Certains diront pourtant (d'après Jean GRAVE): "Ne perdons pas notre temps à rêvasser sur des utopies quand le présent est là, qui nous étouffe". Ne pas "rêvasser" ? Et pourquoi pas ? répondent les écrivains, qui savent que l'imagination est un contre-pouvoir. Décrire la société anarchiste, société utopique à la fin du siècle, est aussi une manière d'inclure dans le domaine du possible quelque chose qui n'a pas encore de "lieu", façon d'incarner, de rendre concret, ce qui n'est encore qu'un rêve. Ecoutons Elisée RECLUS (1830-1905, soldat de la Commune, géographe anarchiste, est l'auteur d'une "Géographie universelle" -1875/1894), qui rappelle que "pour que l'anarchie triomphe, il faut qu'elle soit déjà une réalité concrète avant les grands jours qui viendront" ("L'Anarchie", Paris, publication des Temps Nouveaux, 1896).
C'est dire l'importance de l'imaginaire, qui doit habituer les esprits à cette "réalité concrète". Et qui, mieux que l'écrivain, peut atteindre ce but ? Le romancier ne fait pas de discours, mais crée des personnages, invente un monde et l'expose, concrètement, aux yeux du lecteur. Comme l'écrit Octave MIRBEAU en 1896, "si l'état social doit s'améliorer, il le sera plus par les littérateurs que par les économistes et les politiciens" ("Le Journal", 27 septembre 1896).

C'est donc en grande partie aux romanciers que sera confiée la tâche de représenter l'utopie anarchiste. C'est vers eux qu'il faut se tourner pour "sur des utopies" qui, plus de cent ans après leur date d'écriture, ont encore quelque chose à nous apprendre. Les oeuvres dont nous parlons ici ne sont pas toutes de véritables utopies littéraires "stricto sensu", mais parfois de simples fictions faisant appel à l'imaginaire utopique. Si toutes ont été conçues au tournant d'un siècle (entre 1874 et 1905), toutes nous semblent encore très actuelles.

L'originalité de ces récits est qu'ils situent l'utopie comme une étape, inscrite dans le devenir historique, en liaison avec la révolution, alors que depuis Platon, l'une des caractéristiques de ce genre était d'être figé, hors de l'histoire. D'une manière générale, l'utopie anarchiste n'est pas circonscrite à une île bienheureuse, mais s'introduit dans la dimension d'un devenir, décrit le mouvement même de l'histoire. C'est ce qui ressort de l'article "utopie" de "L'Encyclopédie anarchiste": Achille BLICQ distingue l'acception la plus couramment admise du mot utopie ("tout ce qui paraît d'une réalisation impossible") et la conception qu'en ont les anarchistes, à savoir que l'utopie est soumise à la grande loi du Progrès. Il résume bien l'état d'esprit des anarchistes du tournant du siècle en imaginant une morale nouvelle basée sur la solidarité qui fera entrer "l'utopie" dans le champ de la réalité. Dans l'entrée intitulée: "Les utopistes et la question sexuelle" (article signé par Emile ARMAND et Hugo TRENI), les auteurs se proposent de passer en revue des solutions apportées par les Utopistes, ou bien celles "proposées par d'autres écrivains ou romanciers qui ont promené leurs lecteurs dans les contrées sorties de leur imagination".

A notre tour, promenons-nous sur les traces -et les rêves- d'André Léo (1874), Jean GRAVE (1905), Han RYNER (1904), Bernard LAZARE (1897), Louise MICHEL (1886-7) et Georges EECKHOUD (1899). [Plusieurs de ces textes ont été publiés dans le "Monde Libertaire".]

La lecture de ces fictions anarchistes nous permettra de voir de quelle manière les écrivains ont essayé de faire passer des éléments d'utopisme dans la fiction. Nous verrons que par delà leur diversité, ces auteur(e)s se rejoignent dans une rêverie commune.
Et surtout, le détour par le romanesque permet de détruire l'image close du discours utopique pour lui rendre toute sa force de subversion. C'est dans le roman ou le court récit que se dit, mieux que dans les textes théoriques, la paresse, le mouvement, le désir: tout ce qui échappe à l'idéologie productiviste et capitaliste.

Finalement, l'utopie anarchiste reste fidèle à l'esprit de Thomas More, en instaurant une pensée paradoxale: il ne s'agit pas de substituer à une opinion reçue une opinion contraire, de remplacer un dogme par un autre, mais d'inciter à repenser toutes les certitudes sur lesquelles se fonde notre jugement. L'utopie figurée ne doit pas épuiser le désir d'un mieux, elle n'est jamais donnée comme un modèle transposable directement dans le réel.

Il s'agit bien pour les anarchistes de débarrasser l'utopie de sa confusion, en la délivrant de son aspect idéologique de dissimulation du réel. L'utopie est alors ce "pas de côté" qui nous aide à repenser le réel (ce qu'est la famille, la consommation, etc.) -"pas de côté" qui, en nous amenant à penser autrement, nous oblige à agir autrement. Car il ne faudrait pas oublier que les désirs que fait surgir le récit, désirs d'une autre société, d'un autre mode de vie, ne sont jamais présentés comme utopiques, mais au contraire comme ce qu'il y a de plus réel en l'homme. L'utopie apparaît donc, paradoxalement, comme ce qui touche au réel dans un monde d'artifices. Et de fait, la plupart des romans s'accordent pour décrire le monde "réel" comme un monde de simulacre, de spectacle.
Comme l'écrivait Pierre KROPOTKINE [(1842-1921), prince anarchiste russe, publie "La Conquête du pain" en 1892 et "L'Entraide. Un facteur de l'évolution" en 1906.] en préfaçant le livre d'Emile POUGET et d'Emile PATAUD (éditions de la Guerre Sociale, 1911):

"Et lorsque les gens qui se targuent d'être "pratiques" (parce qu'ils ne le sont pas, puisqu'ils travaillent à enrayer le progrès) nous dirons: "Tout ça c'est du roman, des utopies...", nous n'aurons qu'à leur demander si, eux aussi, n'ont pas leur "utopie" ?"





Centre International de Recherches sur l'Anarchisme (CIRA)

Publié le 18/07/2009 à 19:10 par anarchie23
Centre International de Recherches sur l'Anarchisme (CIRA)
BIENVENUE AU CIRA !

La bibliothèque du CIRA recueille, conserve et met à disposition des ouvrages, périodiques et documents portant sur l'histoire, le mouvement et les idées anarchistes, dans des locaux de 130 m2. Le CIRA est constitué en association, avec un comité local et des bibliothécaires bénévoles pour la plupart.

Le CIRA ne touche à ce jour aucune aide ou subvention publique. Son financement est assuré par les cotisations des membres (cartes de lecture), par quelques dons et aides ponctuelles. Il n'a pas de budget d'acquisition: les périodiques en cours sont envoyés à titre d'échange, les ouvrages ou documents proviennent des éditeurs, des auteurs, d'organisations ou d'ami-e-s.
C'est un des rares centres non institutionnels qui ait des fonds aussi importants et qui prête et expédie des ouvrages à l'étranger.


HISTORIQUE

Le Centre International de Recherches sur l'Anarchisme est fondé à Genève en 1957, aux fins de préserver et de mettre à disposition des collections souvent mal conservées, reléguées dans des greniers ou chez des particuliers. Les premiers fonds proviennent du "Réveil anarchiste" (publié par Louis BERTONI à Genève de 1900 à 1947) et des publications reçues en échange, et de la Bibliothèque Germinal de l'ancien groupe local. Ils s'élargissent par des dons, des legs, des échanges.

La bibliothèque est animée pendant six ans par Pierre FERRUA, son fondateur. En 1964, le CIRA est transféré à Lausanne dans une pièce de la pension de famille de Beaumont que tient Marie-Christine MIKHAILO, qui anime la bibliothèque avec sa fille Marianne ENCKELL.
Le CIRA retourne à Genève de 1975 à 1989 avant de revenir à son adresse actuelle, dans des locaux construits spécifiquement avec l'aide de sympathisants(tes) et de proches.

Le catalogue se professionnalise depuis 1985 avec un fichier matières établi sur mesure, en fonction des thèmes spécifiques, et s'informatise depuis 1995.

Les usagers du CIRA sont des universitaires ou des militant-e-s, des journalistes ou des curieux, des ami-e-s de passage ou de longue durée. Leur disponibilité et leurs compétences permettent au centre de fonctionner et de rendre des services sans avoir de personnel fixe.


LE FONDS DU CIRA

Il comporte des imprimés dans une trentaine de langues. Le français est la langue la mieux représentée, puis l'italien, l'espagnol, l'anglais et l'allemand ; loin derrière, suédois, portugais, yiddish, chinois, grec, russe, polonais, espéranto, etc...

-17 000 livres et brochures: les acquisitions récentes proviennent des éditeurs et des auteurs, merci à toutes et à tous !
Parmi les ouvrages anciens, de nombreux titres en anglais (Tom Keell Collection) ont été offerts au CIRA en 1970.
Un lot de livres en yiddish a été reçu des derniers rédacteurs du journal "Freie Arbeiter Stimme" (New York) ; des ouvrages en allemand ou en portugais (Brésil), cachés pendant les périodes de dictature, ont été sauvés par des militants et envoyés au CIRA.
Les collections de la bibliothèque de l'Asociacion Isaac Puente (Vitoria, Espagne) ont été réparties entre le CIRA et la Fundacion Anselmo Lorenzo (Madrid) en 1994.

-3500 périodiques, dont 200 vivants: certaines collections sont importantes: "Freedom", depuis sa fondation à Londres en 1886 ; "Le Réveil-Il Risveglio" de Genève (1900-1947) ; "Le Libertaire" (Paris) depuis sa fondation en 1895 et ses avatars (Le Monde libertaire) ; "L'Adunata dei Refrattari", publié à New York de 1922 à 1971, ainsi ue les principaux organes anarchistes depuis 1939.
Des journaux publiés par Pierre-Joseph PROUDHON en 1848-1849 ont été retrouvés dans les années 1960 sous le plancher d'une maison en rénovation en France.
Les périodiques de la révolution espagnole (1936-1939) comportent quelques raretés, de même que les collections de journaux clandestins et des premiers journaux publiés après la mort de Franco.
Le "Journal officiel de la Commune de Paris" (mars-mai 1871) est arrivé récemment sur nos rayons.

-Publications éphémères et archives: la collection la plus vaste concerne la Suisse: documents relatifs à Ernest COEURDEROY, Michel BAKOUNINE, Louis BERTONI, Carlo FRIGERIO, Lucien TRONCHET, au Groupe du Réveil et au Groupe Ravachol (Genève), aux mouvements de jeunes depuis 1967, aux squats et infokiosques.
Pour la France, un beau fonds autour de Mai 68, des bulletins intérieurs d'organisations, beaucoup de tracts et de coupures de presse sur des villes ou des évènements.
Les circulaires et documents du Mouvement espagnol en exil de 1939 à 1976 et de ses composantes et scissions remplissent une dizaine de boîtes, ainsi que les archives de coordinations internationales depuis 1945.
Quelques archives personnelles importantes: Emile ARMAND, Louis MERCIER, Higinio Noja RUIZ, des documents du Living Theater des origines à 1985, sans oublier les archives du CIRA lui-même (50 ans de correspondance).

-Enregistrements vidéo et audio: une base de données comporte plus de 1500 titres de films où apparaissent des anarchistes ou des allusions à l'anarchisme ("Les anarchistes à l'écran, Anarchists on Screen" 1901-2003, bulletin du CIRA 60, 2004). Le CIRA en possède près de 500, de qualité variable. Il conserve aussi cassettes et CDs audio, ainsi que textes et partitions (les plus connus ont été publiés en brochure: "Un siècle de chansons", bulletin du CIRA 52, 1996).

-Collection iconographique: cartes postales, photos, illustrations diverses et 3000 affiches, partiellement numérisées (une cinquantaine d'affiches originales de la révolution espagnole), ainsi que quelques gravures originales (Félix Vallotton, Enrico BAJ, Flavio Costantini, David Orange).


LE BON USAGE

Le CIRA met divers outils de travail à disposition des usagères et usagers:
-Catalogue informatisé: 17 000 notices de livres et documents audio et vidéo à ce jour, 3500 périodiques, entièrement consultables en ligne (www.cira.ch).
-Inventaires partiels: iconographie, affiches, archives imprimées, archives manuscrites.
-Dossiers (individuels, par thèmes et par pays) et dépouillement partiel de revues et périodiques.

Des bibliographies spécialisées sont fournies sur demande. Le bulletin annuel contient la liste des nouvelles acquisitions et des informations sur les ressources et les recherches en cours.
Les périodiques doivent être consultés sur place, ainsi que les ouvrages anciens. Une photocopieuse est à disposition. Les enregistrements audio et vidéo ainsi que les images peuvent être dupliqués, sous certaines conditions.

Les usagers s'acquittent d'une carte de lecture (cotisation) pour 40 francs suisses ou 30 euros par an aujourd'hui (ils sont environ 150).
Les éditeurs et auteurs de livres ou de périodiques au CIRA reçoivent les informations sans frais à titre d'échange.

Le CIRA est ouvert à toutes et à tous, pour une visite ou une tasse de thé, une recherche ou un coup de main ; un séjour plus long peut être convenu avec les responsables.
Des débats, des projections, des repas ou des braderies sont organisés de temps à autre sur place ou dans d'autres lieux associatifs.

La bibliothèque du CIRA est ouverte du lundi au vendredi de 16 à 19 heures, ou sur rendez-vous (week-end y compris). Elle fonctionne aussi par correspondance: prêt de livres à l'étranger, photocopies de publications ou d'articles de journaux et revues, renseignements sur des fonds ou des recherches en cours. Elle publie un bulletin annuel.

La carte de lecture donnant droit à la consultation, au bulletin annuel et au prêt coûte 40 francs suisses par an, à verser de préférence par la poste:
compte postal: 12-17750-1 Postfinance.
(30 euros ou équivalent pour l'étranger ; pas de chèques !)
IBAN CH28 0900 0000 1201 7750 1,
BIC POFICHBEXXX)

Cotisation de soutien: à partir de 100€, 150 francs suisses.
Abonnement pour bibliothèques: 10 francs par an.

La bibliothèque est fermée au mois d'août.


INFOS SUPPLEMENTAIRES

Le CIRA fait partie de la Fédération internationale des centres d'études et de documentation anarchiste:
www.ficedl.info
Et de l'International Association of Labour History Institutions:
www.ialhi.org
Et de:
www.mouvementouvrier.ch

CIRA
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Edito n° 1562 du "Monde Libertaire"

Publié le 05/07/2009 à 21:16 par anarchie23
Edito n° 1562 du "Monde Libertaire"
"L'anarchie, c'est la vie !" (Théo).

Chez nous, c'est bientôt les vacances et le fait divers règne, la fatuité, le creux, le titata. Las, sous le sable fin, c'est l'enfer habituel.
Malgré de belles promesses patronales -de celles qui n'engagent que ceux qui y croient- et malgré les naïfs et pathétiques efforts (style: travailler plus pour gagner moins) de ses ouvriers(res) depuis 2 ans, Bibendum supprime 1000 emplois sur 3 de ses sites.
Pis, depuis quelques jours il est bien souvent question sur Radio-Paris du gouffre insondable de la Sécu, plus de 20 milliards à en croire les caquetages téléguidés.

On sait ce que ça prépare, ce genre d'infos... et ça n'a pas tardé: reprise des "réformes", retraite à 67 ans (La Parisot n'en demandait que 63 et demi), incantations pour l'emploi des seniors, etc...
Et le schizo élyséen campé sur ses maigres ergots de recommander, sans rire, à ses comparses européens de faire priorité au social afin de prévenir la haine des ouvriers devant les ravages de la crise: Faites ce que je dis, pas ce que je fais.

Enfin, ça barde en Iran et on admire avec quelle mesure, quelle sobriété, nos faiseurs d'opinion en ont traité l'information. Il a d'abord été question de quelques bourrages d'urnes bien anodins, façon Ile-de-Beauté. Puis, peu à peu, les foules ne cessant pas de chahuter, les manifestants(tes) se faisant un petit peu dézinguer par la police, l'armée et les gardiens de la révolution, on a appris par la bande et de façon quasi confidentielle, qu'en fait il ne s'agissait pas d'une simple tricherie mais bel et bien d'un braquage électoral total.
Ahmadinejad n'était pas seulement mis en difficulté, comme on voulait nous le faire accroire, mais tout à fait blaqueboulé par ses 2 concurrents dans la course au pouvoir: il ne venait qu'en troisième position dans les scores.
Les médias ont à ce sujet réussi ce tour de force de ne jamais le dire clairement ; ils se sont contentés de relater l'imbroglio feuilletonesque des manifestations de plus en plus suivies et des prises de position contradictoires des barbus ; puis, au final, de nous annoncer sans état d'âme que le Coran, la trique et les chaussettes à clou avaient refermé le couvercle sur le juste courroux de nos ami(e)s perses.

A partir de désormais, ça sera comme d'habitude: élection truquée en Iran ou référendum bafoué sur la constitution européenne en Franchouillie: ici comme là-bas, on fout un homme ou un projet à la porte et il rentre en force par la fenêtre. En toute démocratie.

Ne Pas Avaler...

Publié le 30/06/2009 à 17:11 par anarchie23
Ne Pas Avaler...
"Ces gens sont si fiers, si confiants, si joyeux. Parce qu'ils sont maîtres de la rue, ils s'imaginent qu'ils sont maîtres du monde. En réalité, ils se trompent bel et bien. Il y a déjà derrière eux les secrétaires, les permanents, les politiciens, et tous ces sultans des temps modernes auxquels ils fraient la voie qui mène au pouvoir..." (Kafka)

On se retrouve donc en grève. Pour nous battre contre quoi ? Pour quoi faire ? Obtenir une amélioration de nos conditions d'asservissement, en échange de notre conformation aux exigences d'une société absurde ? Pour quelques minutes hebdomadaires, quelques euros de plus, afin de regarder sur des machines à écran plat les chars écraser les enfants à Gaza, et les rugbymen australiens aplatir notre paquet d'avants ?

Car la machine électorale, elle aussi, a redémarré. Elle nous dit, à l'encre noire, et même en rouge, qu'il faut que "des patrons paient la crise", qu'il faut "sauver les emplois", "relancer la machine économique", et refuser "la casse de l'école publique".

Dire que les patrons doivent payer la crise, c'est aussi accepter d'avoir des patrons, accepter la violence des entreprises, les rythmes éreintants, les productions inutiles, les chefs harceleurs. C'est accepter l'ordre marchand. Devant cela, Sarko, les banquiers, les patrons et leurs machines doivent se payer... une bonne tranche de rire.

Défendre l'emploi: mais, quels emplois ? Ceux où l'on fait n'importe quoi, sans pouvoir se poser de questions, ce n'importe quoi qui empoisonne les sols, l'eau et l'air (industrie chimique, automobile, aéronautique, agriculture raisonnée), menace tout ce qui vit (armement, nucléaire, nanotechnologies), nous enferme et nous prépare des lendemains d'automates pucés et programmés, au nom bien sûr du Progrès, de la Santé et de la Sécurité, voire de l'Union sacrée pour le sauvetage de la planète (biotechnologies, informatique, vidéosurveillance, RFID) ?

Défendre l'école publique, c'est défendre l'une des institutions les plus efficaces de l'Etat capitaliste: créée pour préparer les masses à la dictature industrielle, pousser à la revanche contre le Boche et glorifier l'exploitation coloniale, l'école de la république a d'abord détruit les langues et cultures régionales, porteuses, selon elle, de l'ignorance crasse, de l'archaïsme le plus infâme et... d'une insupportable tendance à l'autonomie locale.
Elle a répandu, comme la vérole sur le bas clergé, ses mythes et mensonges sur l'histoire de nos pays. Elle a fait régner l'esprit de soumission devant le maître, le contremaître, l'ingénieur, le savant, le patron, le banquier, le maire, le président.
Elle instaure la compétition entre les enfants, les note, évalue, contrôle, fiche (avec ou sans "base-élève", l'école de l'Etat est la plus active des polices). Elle reproduit une élite grande ou petite, de l'ENA et Polytechnique à la simple école "d'ingénieurs" ou "supérieurs de commerce".

Et cette "élite" mène parfaitement la barque, pour le compte des industriels et des actionnaires: droit dans le mur, ou dans l'iceberg, si on veut bien se souvenir que, grâce à eux, la planète va nous faire bouillir.
En même temps, elle consacre l'échec, la casse des cancres, Occitans, Bretons ou Maghrébins, des enfants rebelles pour qui la dignité et le rêve valent plus que la peur du maître, de tous les insoumis de la science et de l'orthographe.
Certes, des enseignants et autres employés du système s'efforcent de remettre en cause, du moins en partie, cette inféodation de l'institution scolaire au capital et à la machine. Mais avec quels résultats ?

Quelque part (au Chiapas et ailleurs), les derniers Mohicans luttent sur leur bout de terre, si belle qu'ils ne veulent pas la lâcher. Ils et elles (re)construisent des modes de vie qui leur sont chers, un habitat, des champs, leurs écoles et systèmes de santé, leur pratique de la justice, de la démocratie, du travail communautaire, des échanges équitables sans label, le partage gratuit des connaissances et le refus de la division du travail, la coordination et l'autogouvernement...

Ici aussi (et ailleurs) de nouveaux Mohicans (peut-être Basques, Catalans, Parisiens ou Berbères, sur ces terres occitanes) se rencontrent, réfléchissent, préparent de nouvelles résistances, en dehors de l'Etat et du dialogue social, de la légalité et de la "défense des services publics". Ils refusent la propriété privée et l'aliénation galopante au service de la machine.
Ils font des jardins collectifs et envisagent l'autonomie pour la production des aliments, des habits, des maisons et des moyens de déplacement.
Ils parlent de cesser de déléguer tout ce qui nous importe: la solidarité sociale, l'éducation des enfants et la transmission des savoirs, l'entretien de notre santé, le renouvellement jour après jour de l'immense et impérieux plaisir de vivre.

Déserter le système capitaliste, le boycotter, le saboter, inventer autre chose, n'est ni facile, ni impensable. On peut en tout cas essayer.
Pour cela, il va falloir se parler, construire par nous-mêmes, mettre nos coeurs à l'ouvrage. Ce sera plus dur, mais bien plus exaltant, que de refaire 30 ans après, avec le NPA, le coup du programme de la gauche !

TRACT distribué à Toulouse, à Guéret et ailleurs récemment... et ayant été inséré dans le dernier Creuse-Citron, le journal de la Creuse libertaire.

Oser prendre l'avantage !

Publié le 25/06/2009 à 16:34 par anarchie23
Oser prendre l'avantage !
Depuis la tenue du 65ème Congrès de la Fédération Anarchiste au Villard dans la Creuse en 2008, la donne mondiale a beaucoup changé.
Jusqu'en août 2008, le système capitaliste avait certes connu des mouvements erratiques de ses institutions boursières, mais il n'y voyait pas d'alerte sérieuse. Bien entendu, à chaque reprise, des voix s'élevaient pour réclamer, sans grande conviction, un encadrement plus strict des marchés, qui passaient outre...
Et puis la crise des subprimes aux Etats-Unis a gangrené les produits financiers sophistiqués qui s'y étaient greffés, et la contagion a touché les banques.

Mais si affolement il y a eu, il a été de courte durée, le temps que les rouages des fusions-acquisitions servent à faire tomber les fruits pourris de l'arbre et à accélérer la concentration des acteurs (trices) dans les secteurs bancaires et de l'assurance.
Les interventions des gouvernements à hauteur de milliers de milliards ont pu surprendre toutes celles et tous ceux qui voient en l'Etat un outil protecteur au service des citoyens(nes).
Il faut porter au crédit de la pensée anarchiste la conviction sans cesse réaffirmée que, loin de jouer un tel rôle, l'Etat n'est que le relais des intérêts de classe des possédants.
La Fédération Anarchiste n'a pas à rougir de voir la crise lui donner raison, et elle se doit de le faire savoir.

Le patronat fait profil bas et se déclare choqué des excès qui ne le dérangeait pas quelques mois plus tôt, mais ce n'est que pure façade. En sous-main, il pousse ses pions avec l'efficacité qu'on lui connaît, et marque chaque jour des points: prise en charge publique du reclassement des salarié(e)s frappé(e)s par des plans sociaux (euphémisme pour ne pas parler de licenciement), augmentation du plafond du chômage partiel de 600 à 1000 heures (plus de la moitié d'une année de travail !) avec indemnisation à 75%, autrement dit, sans bourse déliée pour l'employeur !
Prétendument gagné à la cause de l'écologie à l'occasion du Grenelle de l'environnement, le patronat a su s'adapter: le développement durable consiste ni plus ni moins à reporter sur les travailleurs(ses) la charge d'exploitation qui pesait sur les réserves naturelles de la planète.
Au bout du compte, l'objectif poursuivi est d'aboutir à une flexibilité maximale et à une transformation radicale du salariat en une condition de journalier de temps qu'on a du mal à qualifier de modernes.

Pour continuer à servir la soupe au MEDEF, le gouvernement français tranche de plus belle dans le vif des services publics: la Poste fait son entrée dans le club des privatisables -bientôt- privatisés et deviendra un nouveau France-Télécom ; le non-remplacement d'un fonctionnaire parti en retraite sur 2 bat son plein et contribue allègrement à réduire la masse salariale de la Fonction Publique.

Cible privilégiée, l'Education Nationale est pilonnée sur tous les fronts: menaces sur l'école maternelle, démembrement des réseaux d'aide aux élèves en difficulté dans le primaire, réforme des lycées, dynamitage du statut d'enseignant-e-chercheur(se) dans les universités, le tout pour le plus grand bonheur des officines privées et de l'enseignement religieux.

Les hôpitaux deviennent de véritables lieux d'insécurité sociale où les personnels soignants, accablés de travail, peuvent de moins en moins, malgré leur abnégation, éviter les erreurs. Pour toute réponse, ils ont de nouvelles fermetures de lits, de services, d'établissements, et ils vont devoir subir une logique d'entreprise.

Les prisons continuent à tuer au rythme d'un suicide tous les 3 jours, et ce sont les plus pauvres qu'une justice aux ordres du pouvoir incarcère dans des conditions inhumaines.

Face à cette situation, le mouvement social a jusqu'à présent été atomisé à l'extrême ; les conflits sociaux se multiplient, prennent une tonalité de plus en plus radicale, mais la jonction des luttes ne s'opère que dans le cadre sclérosant des journées d'action étroitement contrôlées dans leur déroulement et leur calendrier par les hiérarchies des centrales syndicales réformistes.

Pourtant, la perspective d'une action d'ampleur décisive n'a jamais été aussi proche depuis la révolution avortée de Mai 68. Désormais, la grève générale redevient une pratique et cesse d'être un simple concept: en Italie, en Grèce, en Guadeloupe, en Martinique, à La Réunion, en Guyane, les populations tiennent tête au patronat, au pouvoir, manifestent, sortent des hypermarchés sans payer, et montrent à qui veut bien s'en persuader qu'oser se battre n'est plus un tabou, mais la condition impérieuse de la survie.
De plus, les travailleurs(ses), comme celles et ceux de Caterpillar à Grenoble, n'hésitent pas à dénoncer les accords passés par leurs délégué-e-s syndicaux dans les salons feutrés d'un ministère.

La Fédération Anarchiste estime que ces mouvements sont de nature à créer les conditions d'une révolution sociale et de l'abolition du salariat par la destruction du capitalisme ; elle juge nécessaire leur généralisation, appelle celles et ceux qui y prendront part à ne pas se soumettre aux volontés des bureaucraties syndicales de les faire retourner sagement au travail, ou à l'agence qui a succédé à l'ANPE ; elle les appelle également à ne pas céder au piège d'une résolution de la situation par les urnes.

Les outils fédéraux de la Fédération Anarchiste ont toujours été au service des luttes et les militants(tes) de la Fédération Anarchiste, majoritairement intégré-e-s dans des organisations syndicales, dans des comités de lutte, ont constitué au fil des ans une structure qui est désormais en ordre de marche, apte à prendre toute la place qui lui revient dans le combat, capable d'orienter le mouvement social vers son émancipation par des modes d'action moins atomisés, plus transversaux, sur le modèle de ce que furent les Bourses du Travail, en un mot, de l'aider à prendre l'avantage.

FEDERATION ANARCHISTE

Elections Européennes

Publié le 07/06/2009 à 15:52 par anarchie23
Elections Européennes
(Vous pouvez cliquer sur l'affiche pour l'agrandir).


LETTRE OUVERTE A CELLES ET CEUX QUI S'APPRETENT A ALLER VOTER

A grand renfort de tambours et trompettes, gavé-e-s de promesses et de clins d'oeil, vous vous apprêter à aller "remplir votre devoir de citoyen-ne".

Vous allez, l'espace d'un instant -en glissant l'enveloppe dans l'urne- avoir la sensation de vivre un "orgasme démocratique", croire naïvement que vous participez à un moment de "vie citoyenne".

Le bulletin -quelle que soit sa couleur politique- n'est en réalité qu'un passeport de capitulation politique, de démission citoyenne, un "chèque en blanc" pour des politiques que vous pouvez penser, souhaiter, désirer.

Rappelez-vous comment la volonté populaire en France concernant le Traité Constitutionnel Européen a été bradée, violée, détournée par les politiciens sans scrupules.

Les prochaines élections européennes sont une nouvelle et ultime humiliation pour les peuples de l'Europe. Tout ce que l'Europe compte de bureaucrates politiques, d'arrivistes, de démagogues gestionnaires d'un système qui nous mène au désastre social et écologique, sont en train de nous mendier une légitimité. On peut d'ailleurs constater que ce sont les mêmes profiteurs(ses) locaux, nationaux, européens.

Ils/elles vont venir nous faire pleurer au nom d'un "avenir radieux", au nom des "morts des conflits passés", au nom de la "modernité" (mot "passe partout"), instrument de toutes les liquidations et nous supplier de voter en nous expliquant, la voix chevrotante et la larme à l'oeil, que des "hommes et des femmes sont morts pour le droit de vote"... Ben voyons ! ...

Pensez-vous vraiment que les victimes de la lutte pour la démocratie, la liberté et l'égalité auraient donné leur vie pour le système inégalitaire et mortifère dans lequel nous vivons aujourd'hui à nos dépends ? Leur permettre de liquider les services publics, la protection sociale, les retraites qu'ils avaient créés à la Libération ?

Demandez à celles et ceux que vous allez élire quelles sont leurs conditions de vie, leurs revenus, leur retraite, leur régime de protection sociale, leurs conditions qui ne sont pas systématiquement les nôtres.

Vous faites partie certainement de cette proportion conséquente de naïfs(ves), d'inconscients(tes) qui vont une fois encore se faire piéger. Je me permet d'être franc avec vous, n'ayant aucune préférence. Celles et ceux pour qui vous allez voter ont la même opinion que moi vous concernant, mais elles et eux vont vous flatter, vous caresser dans le sens du poil, tenter de vous séduire... pour avoir vos voix.

On sait ce que vaut la parole de ces individus.

Cette Europe que tous les politiciens, à quelques nuances près, essayent de nous vendre est une véritable escroquerie politique: un Parlement croupion qui donne l'illusion de la démocratie, parfaitement bureaucratique et animé du plus pur esprit du "libéralisme", dont on peut mesurer aujourd'hui les dégâts... le tout sous la dictature de fait des groupes de pressions capitalistes.
Ceci donne par exemple, la "loi sur les étiquetages" qui permet aux industriels toutes les escroqueries sur le prix et le poids... liberté totale pour les producteurs et distributeurs au détriment des consommateurs(trices) à faire: payer.

Plus nous avançons dans le temps, plus la situation sociale et économique se gâte, se durcie, plus les inégalités se creusent, l'environnement se dégrade. Nos enfants et nos petits enfants n'auront plus de protection sociale, de retraites, ne bénéficieront plus de services publics. Les écoles, les universités, les hôpitaux, seront -ils le sont déjà en partie- livrés à la loi du marché qui forge cette liquidation.

Tous les acquis sociaux sont en train d'être bradés par des politiciens(nnes) qui nous couvrent de promesses mais n'obéissent à Bruxelles qu'aux lobbys qui constituent dans la capitale belge la principale force.

Votre opinion, votre voix ne valent rien, face aux intérêts des lobbys. Elles ne sont que les cautions "démocratiques" d'un système qui s'auto-alimente à nos dépends et pour le profit de quelques actionnaires. La reine d'Angleterre, entre autres, touche des subventions agricoles en tant que propriétaire terrienne (?).

Tous ces individus n'ont besoin que d'une chose pour assouvir leur soif de pouvoir et assurer leur existence sociale parasitaire: la légitimité populaire.
Une fois qu'elle leur est acquise, ils agissent à leur guise, en faveur d'un système économique et politique qui, nous le voyons aujourd'hui, nous conduit à la ruine sociale et au désastre écologique.

Ils se bâtissent une carrière politique, grassement rémunérée... tout en nous demandant à nous de nous serrer la ceinture. Eux si prolixes en explications... sont des plus discrets sur leurs revenus.

Bien sûr, de bons apôtres, démocrates à souhait, écologistes plus verts que vert, altermondialistes comme ce n'est pas permis, voire "révolutionnaires" (sic)... vont vous expliquer qu'avec eux, tout va changer...

Ils vont vous mettre sous le nez des promesses mirifiques, des programmes alléchants, se livrer à des démonstrations aussi brillantes que théoriques, élaborer des scénarios qui seront accessibles pour les citoyen-e-s que nous sommes... et une bonne proportion de naïfs(ves) va leur faire, une fois encore, confiance.

Que restera-t-il de tout cela une fois les élections passées ? Rien, rigoureusement rien.

Qu'ont fait les écologistes, les "révolutionnaires" qui ont été élus au Parlement Européen jusqu'à présent ? Rien... Ah si, soyons juste, des discours, des déclarations... Mais à regarder concrètement: rien.

Bien sûr, on va vous expliquer que "si vous ne votez pas... vous votez pour la Droite". Argument classique, éculé et bien évidemment faux.

1er argument: la Droite vous demande aussi avec insistance de voter ! Donc...

2ième argument: êtes-vous vraiment sûr que les socialistes au Pouvoir c'est mieux... Voyez DSK au FMI et Pascal Lamy à l'OMC... tous deux socialistes.

3ième argument: les jeux sont déjà faits. Tout l'arsenal médiatique, idéologique est là pour conditionner et séduire... les résultats, à quelques détails près, sont connus d'avance...

4ième argument: les candidats(tes) dits "alternatifs" n'ont aucune chance dans ce contexte d'être majoritaires, et même s'ils l'étaient, que feraient-ils ? Ils feraient la "révolution" ?... et sur quelles bases ? Ils veulent tout simplement faire une carrière et assurer des finances pour leurs organisations.

5ième argument: l'expérience du Traité Constitutionnel Européen, rejeté par référendum, mais finalement adopté, suite à une entourloupe anti-démocratique, est là pour nous signifier clairement que voter ne sert à rien !

Notre avis ne les intéresse pas, ce qui les intéresse c'est le geste de voter qui donne tout son sens -sa légitimité- à leurs pratiques qui n'ont rien à voir avec nos intérêts.

Certes, l'abstention n'est pas une fin en soi, mais encore faudrait-il que voter ait encore un sens...

Enfin, UNE FORTE ABSTENTION DELEGITIMERA LES POLITICIENS, au pouvoir fragilisé, et donnera une légitimité accrue à la DESOBEISSANCE CIVIQUE, moyen d'opposition et de résistance.

Ne leur donnons pas ce qu'ils/elles ont besoin pour nous enfoncer encore plus: la légitimité.

Patrick MIGNARD

Tout foutre en l'air !

Publié le 28/05/2009 à 01:06 par anarchie23
Tout foutre en l'air !
Ou la farce des grands de ce monde !
Invitation, triste constat... espoir !

Invitation oui ! Réservez votre soirée du vendredi 4 juin prochain à 20h30 pour une avant-première qui déménage.
"Tout foutre en l'air" est le titre du dernier texte écrit et mis en scène à La Fabrique de Guéret par Filip Forgeau, directeur artistique de la saison culturelle.

"Tout foutre en l'air", titre évocateur en ces périodes troubles, troublant sans aucun doute. C'est une farce politique, une satyre pour renouer avec un genre qui rappelle Karl Valentin, Brecht, qui s'apparente également au style journalistique de Siné.
Le théâtre est avant tout un spectacle vivant, reflet de notre société. Elle ne va pas bien, nous le savons tous... ou presque.
Filip Forgeau a voulu mettre le doigt, sous couvert de satyre, sur des points qui font mal: la répression, le retour d'une morale intégriste, le mépris, le cynisme qui se profilent devant nos yeux.

Les personnages sont bien réels -même s'ils pourraient parfois paraître issus d'une imagination débordante. Les faits sont aussi tirés de prises de paroles publiques de ces hommes politiques qui n'ont plus de scrupules à dire l'ignominie.
C'est un docu-fiction qui tente de de démonter le mécanisme de la mise en place d'une révolte. De vous à moi, quel est notre seuil de tolérance ?

A cette pièce sera associée une exposition qui mettra en exergue les sources de ce texte détenteur de vérités, risible, parfois grave aussi... presque libérateur !


Biographie: En 1987 Filip Forgeau a 20 ans et fonde la Compagnie du Désordre. Il écrit et met en scène la même année "Les Souffrances du jeune Werther" d'après Goethe, remarqué par Daniel Mesguisch. A partir de là, débute sa carrière entre écriture, mises en scène et réalisations de films, quelques aller-retour entre la France et les USA d'où il reviendra en 1995 pour tourner son second long-métrage "Rita, Rocco et Cléopâtre" avec l'actrice Bernadette Lafont.
Depuis trois ans, il est responsable de la programmation de la saison culturelle de La Fabrique à l'Espace Fayolle de Guéret.
Réservations à La Fabrique au 05/55/52/84/97.

SYLVIE
(article qui a été publié dans le dernier numéro de Creuse-Citron, le journal de la Creuse libertaire)


Filip FORGEAU a écrit: "Tout foutre en l'air" est une farce politique qui nous parle du cynisme et de l'arrogance des nouveaux maîtres du monde. Mais aussi de la résistance à leur opposer, du rêve intact de ceux et celles qui se battront toujours pour sauvegarder les libertés.
Ce nouveau spectacle est un pamphlet contre les dérives de nos dirigeants et les abus de notre société.

Et, si la politique est une farce, la farce peut être politique.
Quand la politique est une farce, la farce se doit d'être politique.

"Tout foutre en l'air" parle d'aujourd'hui et d'hier.
De la France et de l'Italie.
De la montée, du retour du fascisme.
De Vichy et d'aujourd'hui.
De Mussolini et de Berlusconi, et d'autres qui finissent souvent en "i".

"Tout foutre en l'air" parle des puissants et des misérables.
Du pouvoir de l'argent et des nouveaux maîtres du monde.
De leur cynisme et de leur arrogance.
De leur goût pour la manipulation et la désinformation.
De leur dérive sécuritaire et totalitaire.
Et de la dérive religieuse.

"Tout foutre en l'air" parle de la résistance à leur opposer.
De celles et ceux qui veulent rester debout.
De l'organisation de leur révolte.
De leur rêve d'un autre monde possible, berceau de toute révolution.
De celles et ceux qui se battront toujours pour mettre au monde leur rêve et sauvegarder les libertés...
De ces nouveaux Spartacus."

Edito n° 1556 du "Monde Libertaire"

Publié le 19/05/2009 à 03:00 par anarchie23
Edito n° 1556 du "Monde Libertaire"
"Le souci majeur de toute classe dominante est d'empêcher les travailleurs(ses), les esclaves, de réfléchir"
George FALCONER (IWW-Internationale des Travailleurs(ses) Américains(nes)


L'Etat terroriste balance ses bombes fumigènes aux coins des salons et des kiosques à journaux: pandémie porcine, Ligue des Champions, lait empoisonné, Coupe de France. Faut bien masquer la lutte des classes ; faire oublier la crise qui tue les gueux et les patrons ripoux qui délocalisent ; cacher la juste révolte des étudiants(tes) maintenue dans l'ombre depuis 3 mois ; occulter la Réforme avec son R de Recul, de Réaction, de Régiment de CRS. La culture du résultat n'est pas un résultat, c'est une culture, précise finement Eric Fassin. Pouvoir du spectacle.

Face à cela, les bons syndicats qui restent à la maison comme disait Léo FERRE, ergotent, tempèrent, collaborent, torpillent et finalement coulent les sincères velléités de révolte populaire. Ils accouchent -lamentables- d'une journée du 26 mai "à la carte" et d'un faiblard appel national le 13 juin. C'est le prix à payer pour que ces faux-nez conservent le glorieux titre de "partenaires" du capital et de ses pantins. Pouvoir de la collaboration.

Emberlificotés dans la mascarade électorale, les Bayrou, les Aubry et autres Sarkozy n'en finissent plus de polir et de trompeter de prétendus programmes. Autant de titatas peu soucieux de préserver le plus de confort pour le plus grand nombre mais seulement de les maintenir ou de les propulser au pouvoir. On peut les résumer ainsi: Je veux tout le pouvoir pour moâ et quand je l'aurai vous verrez bien ! Fascination du pouvoir.

Devant tant de fausseté, on n'a même plus le courage de sourire au spectacle drôlatique des robocops matraquant allègrement leurs cousins matons en leur enfumant la tronche. Pouvoir lacrymogène.

C'est vrai qu'elle est pugnace la tête hideuse, la tête à claques, la tête à massacre du pouvoir. Aucun effort humain n'en est encore arrivé à bout.
Et il serait bien arrogant de la part des organisations libertaires de se rengorger à ce propos, car les chants des sirènes du commandement et de la puissance ensorcèlent tous les coeurs: Eminences plus ou moins grises, gestions opaques, commensaux aboyeurs, recours à des chefferies rassurantes, etc...autant de facilités à éviter.

Nos principes anarchistes sont structurellement, viscéralement, conçus pour éradiquer ces déviances.
Elle l'avait bien compris, Louise MICHEL, et elle le répétait souvent, même que c'était pour ça qu'elle était anarchiste: le pouvoir est maudit !