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anarchie23
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Tout ce qui a trait à l'anarchisme en Creuse et au-delà...
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02.06.2007
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Pour en finir avec le capitalisme et ses crises !

Publié le 08/05/2009 à 12:00 par anarchie23
Pour en finir avec le capitalisme et ses crises !
Sur la couverture de cet ouvrage, les portraits de gauche à droite de Pierre-Joseph PROUDHON, Michel BAKOUNINE et de Pierre KROPOTKINE.


Discussions entre Pierre-Joseph PROUDHON, Michel BAKOUNINE et Pierre KROPOTKINE, les 3 fondateurs de l'anarchisme.

Quelque part, dans un lieu imaginaire, les trois fondateurs de l'anarchisme dialoguent autour d'un samovar:

Michel BAKOUNINE: Salut Pierre-Joseph PROUDHON, alors, heureux ? C'est le bicentenaire de ta naissance quand même ! Viens prendre le thé !

Pierre-Joseph PROUDHON: Oh, moi, les anniversaires, les commémorations, ce n'est pas trop mon truc...

Il se saisit d'une tasse de bon thé russe et le porte à ses lèvres.

Pierre KROPOTKINE: Tout de même Pierre-Joseph PROUDHON, vous ne pouvez pas nier l'importance de votre bicentenaire ! ?

Pierre-Joseph PROUDHON: J'ai été tellement calomnié que je ne m'attends à rien de bon...

Michel BAKOUNINE: Mais tu as tort, il y a des gens qui continuent de défendre nos idées.

Pierre KROPOTKINE, prenant quelques gâteaux: Mais oui, Pierre-Joseph PROUDHON, les faits vous rendent enfin justice. Cette crise du capitalisme est une crise de la circulation du capital, comme vous nous le disiez il y a déjà longtemps et toutes vos solutions reviennent sur le devant de la scène (mutualisme, coopératives ouvrières, commerce équitable, troc...).

Pierre-Joseph PROUDHON: Vous m'en direz tant... Mais propose-t-on réellement ce que je voulais obtenir, l'abolition de la monnaie, des salaires, des loyers, du fermage et de la rente par l'annulation du crédit à intérêt ?

Michel BAKOUNINE, manquant renverser le samovar: Mais oui, on ne jure plus que par toi ! Bientôt les banques seront en faillite, les Etats aussi et ce sera le retour de l'anarchie, du non-gouvernement et de la non-propriété...

Pierre KROPOTKINE, fronçant les sourcils: Je me demande tout de même comment le système a pu se prendre à ce point les pieds dans le tapis. Ces dernières années je ne cessais de croiser Adam Smith goguenard... Il persiflait en me voyant, ricanait sous cape...

Pierre-Joseph PROUDHON: Les temps changent, c'est à nous de rigoler maintenant, car la fameuse régulation par la main invisible du marché de Smith, on voit pourquoi elle est invisible, c'est qu'elle n'existe pas ! Cela aussi je l'ai toujours dit !

Michel BAKOUNINE: Mais oui, les gars, leur fiction de l'autorégulation par la dérégulation des marchés s'est cassée la gueule ! Pour eux, c'est le début de la fin !

Il porte un toast à la révolution.

Pierre-Joseph PROUDHON: Tu as toujours été trop impatient, Michel BAKOUNINE, trop bouillant. Après tout, il se pourrait que le système se relève de cette crise cardiaque. Il est mal en point mais il n'est pas mort.

Michel BAKOUNINE: Alors, il faut l'aider à crever, poussons-le vers l'abîme !

Pierre KROPOTKINE: Tout de même je suis inquiet, je ne sais pas si les gens sont préparés à ce qui va se passer. Est-ce que l'état des forces révolutionnaires peut leur permettre de résister à l'attaque qui va être portée contre le peuple ?

Pierre-Joseph PROUDHON: C'est vrai que le Capital va tout tenter pour se sauver, il va leur faire les poches et les tondre comme des moutons et je ne sais pas si les anarchistes sont prêts. Les marxistes, eux, par contre, m'ont l'air plus avancés...

Michel BAKOUNINE: Tu parles, il n'y a qu'à voir la mine défaite de Marx et de son copain Engels pour comprendre quelle confiance il a en eux. Ils n'ont pas franchement la mine des grands jours... Non, pour moi ils sont finis, c'est à nous de prendre notre chance. Il faut faire confiance à la spontanéité des masses.

Pierre KROPOTKINE: D'accord, mais les masses ont besoin de temps pour comprendre ce qui se passe et pour s'organiser. Cela ne va pas être facile...

Pierre-Joseph PROUDHON: C'est juste, mais comme dirait Socrate: "les belles choses sont difficiles". Personne n'a jamais dit que l'anarchie se réaliserait en un tournemain. Fondamentalement, je crois aussi que tout dépendra du degré de gravité auquel parviendra la crise du système. Si elle est trop profonde, il faudra nécessairement trouver des réponses économiques alternatives et c'est à partir de là que peuvent repartir nos idées.

Michel BAKOUNINE: Mais oui, ce sera comme dans l'Espagne de 1936-1939 ! Un gigantesque mouvement de collectivisation autogestionnaire dans l'industrie, l'agriculture et les services. Vive la grève générale et vive la révolution !

En disant cela il renverse définitivement le samovar.

Pierre KROPOTKINE: Décidément, Michel BAKOUNINE, vous êtes incorrigible. Ne voyez-vous pas que nous n'avons pas de base organisationnelle suffisamment large pour faire progresser nos idées ? Moi, si j'étais à la place des anarchistes d'aujourd'hui, j'essayerais de faire grandir notre organisation et j'impulserai un grand mouvement de constitution de cercles de réflexions sur la crise, où les gens pourraient échanger service contre service et se familiariser politiquement avec nos idées. A partir de ces cercles je lancerais alors des mots d'ordre d'auto-organisation et d'autogestion spontanées. C'est au peuple de trouver lui-même les formes et les modes de réalisation de son émancipation.

Michel BAKOUNINE: Mais bien sûr, quelle idée géniale ! Des cercles comme ceux que nous faisions à l'époque pour résister à l'autocratie du Tsar et à l'oppression de l'Empire...

Pierre-Joseph PROUDHON: Cela me semble aussi une excellente idée ! Que les cercles d'entraide contre le libéralisme s'épanouissent, et qu'advienne enfin une véritable société d'aide mutuel, une authentique fédération de communes libres où chacun soit l'égal de chacun, non pas seulement dans les mots mais dans les faits !

Texte: Michael PARAIRE



A l'origine du 1er Mai: "Les Martyrs de Chicago"

Publié le 29/04/2009 à 12:00 par anarchie23
A l'origine du 1er Mai: "Les Martyrs de Chicago"
Photo: Le 4 Mai 1886, la police charge à Haymarket (célèbre place du marché d'un quartier populaire de Chicago) la tribune d'un meeting anarchiste.


L'idée du Premier Mai comme journée d'actions et de revendications ouvrières fut lancée pour la première fois en 1884 au IV° congrès du syndicat américain AFL (Fédération américaine du travail).
Il fut en effet décidé d'impulser à partir du Premier Mai 1886 une immense campagne d'agitation, essentiellement menée au travers de grèves, visant à obtenir la limitation de la journée de travail à 8 heures.

Si, à la date fixée, des grèves éclatèrent sur l'ensemble du territoire américain, c'est à Chicago qu'elles furent le plus radical et où cette journée acquit une importance historique qui marquera pour toujours le mouvement ouvrier international.
Chicago était alors un des centres les plus actifs du mouvement ouvrier américain, principalement dominé dans cette ville par les militants anarchistes dont un certain nombre étaient des immigrés allemands. Ces derniers occupaient d'ailleurs une place dominante parmi les travailleurs de la ville.

A l'occasion du Premier Mai 1886, un véritable bras de fer va s'engager avec le patronat local. Au lendemain de cette journée, alors que les grèves se poursuivent en entraînant plusieurs milliers de travailleurs, les patrons licencient 1200 ouvriers, font appel à des "jaunes" (les "scabs") mais aussi à la célèbre agence "Pinkerton" spécialisée dans la "casse" de grèves en fournissant des provocateurs ainsi que des tueurs à gages.

Le 4 mai au soir, un immense meeting, rassemblant près de 15 000 personnes, est organisé sur la célèbre place du marché (Haymarket) d'un quartier populaire de la ville. La plupart des militants anarchistes en vue y prennent la parole, tel Albert Richard PARSONS.
En plein milieu du meeting, la police à cheval chargea alors le rassemblement provoquant ainsi un véritable affrontement. (voir photo).

Dans la bataille, une bombe fut lancée sur un détachement de police par un militant anarchiste allemand, Schnaubelt, dont on ne sut jamais si son acte était l'objet d'une provocation ou d'une sincère réponse à la violence policière.
Il n'empêche que cet acte fut le prétexte à une violente répression où perquisitions et arrestations se multiplièrent dans les jours qui suivirent. Huit des principaux leaders syndicaux de la ville, tous anarchistes, furent alors arrêtés et condamnés à la peine de mort le 20 août 1886 lors d'une véritable parodie de justice.

Trois compagnons virent finalement leurs peines commuées en années de bagne. Malgré la campagne de solidarité, le 11 novembre 1887 au matin, Albert PARSONS, Adolphe FISCHER, Georges ENGEL et August SPIES furent pendus. Louis LINGG s'étant suicidé en prison deux jours plus tôt pour échapper à l'exécution.

En 1893, la révision du procès reconnut l'innocence des 8 inculpés ainsi que la machination policière et judiciaire mise en place pour criminaliser et casser le mouvement anarchiste et plus largement le mouvement ouvrier naissant.
Les suppliciés furent alors réhabilités et les 3 emprisonnés purent quitter le bagne.

Le Premier Mai est donc bien une journée inscrite dans l'histoire du mouvement ouvrier avec le sang de militants anarchistes.

DAVID (article paru le 30 avril 1998 dans le "Monde Libertaire", le journal de la Fédération Anarchiste).

1er mai 2009: Abolissons le Capitalisme !

Publié le 29/04/2009 à 12:00 par anarchie23
1er mai 2009: Abolissons le Capitalisme !
Depuis plus d'un siècle et demi, ils/elles nous exploitent ; nous produisons les richesses, ils/elles nous les confisquent, et maintenant ils/elles nous affament !
Leur système est à l'agonie, et pourtant ils/elles vantent encore ses mérites, nous assure qu'il existe un capitalisme "moral".
Plus encore, ils/elles nous en rendent complices, et veulent à tout prix nous faire payer leur propre échec.

Pire: face aux actions des salarié(e)s ou à la désobéissance des agents publiques, ils/elles répondent par une répression de plus en plus féroce.
Non ! Le système capitaliste ne peut être moral !
Non ! Le capitalisme ne peut s'auto-réguler !
Face à ce mépris le plus cynique, nous nous devons de résister et refuser de continuer à les suivre.

Les politiques de droite, comme de gauche, ne voit pas de problème dans le système. Juste quelques dérives à corriger par des réformes aussi désuètes qu'infâmantes.
Protégeant toujours l'intérêt du pouvoir et des plus fortuné(e)s contre celui des plus modestes.

Les syndicats réformistes se contentent de négocier des miettes. Ils se rendent complices du pouvoir exécutif, des patrons et des actionnaires pour maintenir leur pouvoir et assurer la paix sociale en acceptant de maigres indemnités de licenciement.

Les entreprises appartiennent aux salarié(e)s, pas à celles et ceux qui les financent. Face à l'arrogance des dirigeants(tes) et des actionnaires, les travailleurs(ses) doivent se réapproprier leurs outils de travail. Non pas les racheter aux actionnaires ou aux banques, mais bien reprendre un bien qui leur appartient.

Pour les patrons, comme dans l'Espagne de 36, la seule alternative est soit d'accepter les mêmes conditions de travail que les salarié(e)s, soit de quitter l'entreprise sans indemnités.
Quand à la gestion, elle ne peut être que collective et de la seule responsabilité des salarié(e)s !

De même, les services publics ne doivent pas être la variable d'ajustement des budgets de l'Etat, pas plus que celle des insuffisances des services privés pour ce qui n'est pas assez rentable ou aux ordres des plus riches.
Les agents et les usagers doivent se réapproprier leur bien commun, mutualiser ses moyens et le faire fonctionner pour l'intérêt collectif !

Salarié(e)s, chômeurs(ses), précaires, agents publics, travailleurs(ses) du privé, stagiaires, retraité(e)s, étudiants(tes), etc... doivent s'unir contre les affameurs(ses), s'organiser et agir collectivement pour que demain émerge une société débarrassée du capitalisme.

POUR UNE REVOLUTION SOCIALE, LIBERTAIRE ET EXPROPRIATRICE !

(Tract d'appel du Groupe Libertaire de Chartres de la Fédération Anarchiste)

Les séquestrer, ou bien se passer d'eux ?

Publié le 26/04/2009 à 12:00 par anarchie23
Les séquestrer, ou bien se passer d'eux ?
"Oui, il y a une forte colère qui s'exprime dans notre pays, oui, il y a un risque révolutionnaire en France".
Ces mots auraient pu être prononcés en 1788 par un ministre de Louis XVI, ou en 1870 par Michel BAKOUNINE, mais ils sont on ne peut plus actuels. En effet, leur auteur n'est autre que De Villepin, qui s'y connaît en matière de fraternité avec les classes laborieuses, puisqu'il avait voulu refiler le CPE à la jeunesse de ce pays.

Ceci dit, comme observateur de la vie sociale, il ne fait qu'enfoncer des portes ouvertes, car la réalité est bien pire que ce que veulent bien nous laisser croire les grands médias: ça pète de partout.
Ce sont plus de 1000 conflits sociaux qui se déroulent actuellement en France, soit des dizaines de milliers de travailleurs(ses) du privé comme du public ; on connaît les plus emblématiques: SBFM à Caudan, Continental à Clairois, Molex, 3M, Sony, Heuliez, Caterpillar à Grenoble ; on sait que les constructeurs automobiles et leurs sous-traitants sont au coeur de la tourmente, et que les fonds publics ne servent qu'à préparer une productivité toujours croissante, alors que dans le même temps on prépare psychologiquement tous les chômeurs(ses), les lourdé(e)s et celles et ceux qui ne le sont pas encore à devoir accepter des baisses de rémunération de 30%, on les amène en douceur à se faire à l'idée de devenir auto-entrepreneur, c'est-à-dire une forme actualisée de la condition de journalier.

Dans ces conditions, on comprend que les crispations deviennent la règle, que revienne le temps joyeux des séquestrations de dirigeants d'entreprise, des occupations, voire même des saccages de sous-préfectures.
La Fédération Anarchiste y voit des actions de légitimes défense: celles et ceux qui sont violents, ce ne sont pas les ouvriers de Caterpillar qui bloquent leur taule, mais bien ceux qui foutent sur le carreau plus de 700 d'entre eux.

Au demeurant, si la situation actuelle a une vertu pédagogique, c'est bien de montrer quel rôle joue l'Etat dans la vie sociale: ce sont des jugements en faveur des patrons, des promesses de répression (décret anti-cagoule en manif, Sarko nous veut transparents et dociles) ; toutes celles et tous ceux qui pensent que l'Etat est un gentil régulateur des conflits sociaux habité par un fort sentiment d'équité en sont pour leurs frais, les cognes frappent sans discernement.
Gageons que la brutalité policière de Strasbourg pendant le sommet de l'OTAN n'est qu'un faible aperçu de ce qui peut nous tomber dessus...

Face à la barbarie du Capital et au comportement autoritaire -le masque tombe- de l'Etat, les forces politiques parlementaristes offrent un spectacle pitoyable: c'est un PS, à l'instar de la CFDT, qui a pour toute ambition de rechercher les meilleurs reclassements possibles et qui pas un instant ne remet en cause la pertinence des licenciements, pas plus qu'il ne se rappelle qu'il a pu avoir été opposé à la propriété privée des moyens de production.
Plus à gauche, que font le PCF, le Parti de Gauche, le NPA, LO, le POI, en demandant l'interdiction des licenciements, si ce n'est demander de bons patrons pour la classe ouvrière, qui accepteraient d'abandonner quelques miettes pour que tout continue comme avant, l'Etat représentant pour eux le nec plus ultra en matière d'employeur !

De leur côté, les hiérarchies syndicales ont accouché pour toute réponse à la gravité de la situation d'un "premier mai offensif", le patronat tremble dans ses escarpins et le pouvoir fait dans son froc !
A qui fera-t-on croire à l'efficacité d'une telle sornette ?

Nous sommes à un tournant de l'histoire: le capitalisme montre désormais clairement qu'il est une machine à fabriquer la misère, l'exploitation, l'aliénation, mais il réussit encore à faire croire qu'il est le seul système possible...
Et pourtant, des lieux de production qui fonctionnent sans patron, sur le mode de la gestion directe, comme en Espagne en 1936, ou plus récemment en Argentine, ne peuvent pas faire pire que ce qui se fait actuellement !
Et pourtant, débarrassés des parasites qui prélèvent les profits, et de la pieuvre qui prélève les taxes pour entretenir les flics et l'armée, celles et ceux qui n'ont rien pourraient vivre décemment, mettre sur pied des services publics gratuits et des solidarités égalitaires !

Bien évidemment, les puissants de ce monde ne se laisseront pas déposséder sans réagir de l'immensité de leur richesse, et seul un mouvement social généralisé, expropriateur, gestionnaire et international est à même de faire bouger les choses.
Alors, si au lieu de séquestrer les patrons, on les foutait à la porte ?

Fédération Anarchiste

Du rouge au noir

Publié le 22/04/2009 à 12:00 par anarchie23
Du rouge au noir
220 pages. 1998. Collection Pages Libres. Editions du Monde Libertaire. 9,50€.

Le 1er octobre 1959, Gérard LORNE, moniteur de l'enseignement technique à St Gratien (Seine et Oise) est arrêté par la DST (Direction de la Surveillance du Territoire) qui trouve chez lui le "trésor" du FLN, soit 44 millions de francs provenant des cotisations des travailleurs Algériens. Son arrestation fait suite à celle de Mohand-Ait El Hocine, chef de la Willaya "Paris-périphérie".

Gérard LORNE, militant critique du PCF (il fait partie du groupe qui édite "La Voie Communiste"), avait fait le choix d'aider la révolution algérienne en prêtant son appartement à des militants du FLN.

Pour cela, il écopera de 20 ans de prison.

Il s'évadera. Se réfugiera au Maroc avec armes, bagages et famille. Poursuivra la lutte, avec le FLN, pour l'indépendance algérienne. Construira un collège technique. Rencontrera une foultitude de militants dont Yasser Arafat, le chef trotskiste Pablo (qui avait pris en main l'achat et la fabrique d'armes pour le FLN)...
Et peu à peu découvrira que la lutte pour l'indépendance n'est que le prélude à la lutte pour un nouveau pouvoir.

Bref, le petit rebelle de toujours commencera à prendre de la distance avec... Il remettra de nouveau son ouvrage sur le métier et arpentera une fois encore les chemins de l'exil. En Tchécoslovaquie (Gérard LORNE était, bien évidemment à Prague en 68, quand les chars russes...), en Amérique Latine... Jusqu'à ce que la prescription opère et qu'il puisse refouler le sol Français.

Après avoir mis en place, en Ariège, un des premiers lieux de vie accueillant des toxicos, et s'y être encore une fois usé l'espoir, il promena son regard clair de vieux Gavroche partout où çà bouge un peu. Et c'est peu dire, qu'orgue de Barbarie aidant, le bougre nous a jouer la grande java libertaire de la révolte qu'il a toujours eu dans le coeur.

Ce livre nous raconte tout cela. Cette vie rouge de hasard mais noir de coeur et de conviction.


POUR L'AMOUR D'UNE ROSE, LE JARDINIER SE PIQUE SOUVENT A MILLE EPINES !

Il était une fois un rebelle, un fils du peuple qui voulait changer le monde.
En ce temps-là, le Parti communiste français avait fait main basse sur l'espoir et c'est tout naturellement vers lui que le petit plombier-zingueur parisien dirigea ses premiers pas.
Est-il besoin de le préciser, notre nunuche politique, version Gavroche au pays du Stalinisme, s'y comporta en rebelle.

L'heure était, dans la clandestinité, à essayer, via des revues comme "La Voie communiste", de "réformer" le monstre.
L'heure était également à prendre ses responsabilités par rapport à l'histoire et à endosser le bleu de chauffe de l'action.
Aussi, quand au milieu des années 50 le peuple algérien se mit en tête de secouer le joug colonial que la France lui imposait depuis presque 2 siècles et d'habiller ce combat de la gandoura socialiste, notre rebelle n'hésita pas longtemps.
Contre l'opinion du PCF, qui était alors contre l'indépendance de l'Algérie, il décida d'aider la révolution algérienne et le FLN.
En accueillant des militants en délicatesse de..., en prêtant son appartement pour..., en rendant les mille et un "petits" services qu'ont toujours rendu les "fourmis rouges prolétariennes" du portage de valise...

Et il le paya cher.
Très cher !
Le Parti communiste français l'excommunia en lui taillant le costume "hitléro-trotskiste-petit-bourgeois" habituel.
La police française l'arrêta après avoir trouvé chez lui le "trésor" du FLN (44 millions de l'époque).
La bourgeoisie française et sa justice le condamnèrent à 20 ans de prison pour...
En ce temps-là les chemins buissonniers de l'engagement politique était pleins de ronces acérées !
Et pour Gérard LORNE, ce n'était que le début du chemin.

A la faveur d'une permission de sortie pour rendre visite à sa gamine qui était au plus mal (elle avait la maladie "du sang bleu" et avait une espérance de vie extrêmement réduite), il prit la poudre d'escampette et gagna le Maroc où le FLN bénéficiait de l'hospitalité du tout nouveau royaume chérifien indépendant.

Et le combat continua.
Sans moyens aucun, sans davantage d'argent, Gérard LORNE s'attela à monter de toutes pièces un collège technique d'un genre un peu particulier. Et il réussit ce challenge.
Des rencontres de tous ordres avec les militants algériens, des personnalités comme Yasser Arafat ou le chef trotskiste Pablo qui avait pris en main l'achat et la fabrique d'armes pour le FLN, des discussions sans fin sur la révolution, le socialisme, l'avenir, des actions tous azimuts, émaillèrent bien évidemment ce séjour au Maroc et lui firent comprendre que l'avènement de l'indépendance algérienne, fut-elle drapée dans le manteau de lumière du socialisme, n'était pas exempte des tares ordinaires de la lutte pour le pouvoir.

Bref, le rebelle commença à prendre de la distance par rapport à..., remit une fois de plus son ouvrage sur le métier et arpenta de nouveau les chemins de l'exil. Au Maroc, en Tchécoslovaquie, en Amérique Latine... Jusqu'à ce que la prescription opère et qu'il puisse de nouveau fouler le sol français.

C'était il n'y a pas si longtemps. Et c'est avec armes, bagages, famille et toujours ses foutues idées qu'il vint s'installer en Ariège du côté de St-Girons.
Il acheta des ruines. Il les remit en état. Il s'y installa en communauté familiale et il mit en branle un des premiers lieux de vie (Thélème) accueillant des toxicos.
Il s'y usa une nouvelle fois l'espoir sur la pierre ponce de la réalité et il reprit sans hésiter son courage à deux mains pour, une fois de plus, une fois encore, remonter son rocher d'éternel rebelle sur la colline (que certains disent absurde) de Sysiphe.

Engagement libertaire de tous les instants, membre de la Fédération Anarchiste, le bougre a continuer de faire des ravages.

A la faveur d'une rencontre de hasard (des notes de voyage sur le Guatemala, le Nicaragua... envoyées au "Monde Libertaire"), l'idée me vint presque immédiatement de demander à Gérard LORNE de nous écrire le récit de sa vie.

Son "instinct" de classe, le courage de ses engagements, le pathétique de ses illusions et de son "inculture" politique, le courage plus grand encore de ses doutes et de ses rebellions, l'humilité de son cheminement tout d'échecs constamment dépassés et transformés en de nouvelles espérances, en de nouvelles volontés, son arrivée toute de méfiance dans la galaxie libertaire... tout cela, et bien d'autres choses encore, me semblait plus que largement digne d'intérêt pour les jeunes et moins jeunes militants révolutionnaires de cette fin de XX° siècle.

Mais la réponse, je la connaissais d'avance.
Elle ne pouvait être que négative. Car, mais c'est bien sûr, quel intérêt à tout cela ? Tout un chacun en aurait fait autant ! Et puis n'était-ce pas de l'histoire ancienne ? Et qui aujourd'hui pouvait s'intéresser à...?

La réponse à la réponse, je la connaissais également.
Elle ne pouvait qu'être brutale. Du genre le passé n'est pas la propriété exclusive des anciens. Les jeunes générations sont en droit de se l'approprier. D'en tirer leçon. Et c'est inacceptable, politiquement parlant, pour des histoires de pudeur, de vraies ou de fausses modesties, de refuser, alors qu'il y a demande, le devoir de mémoire. Le cadeau de l'expérience.

Elle ne pouvait, également, qu'être renoncement sur l'accessoire pour pouvoir emporter le morceau sur l'essentiel.
Disons-le tout net, je désirais des mémoires à l'état brut. Un récit écrit à la première personne. Avec des moi-je à en perdre haleine de vérité, de courage, de doutes, de volonté, de témoignages...
Mais je savais que le "vieux" ne calerait jamais là dessus, et qu'il me faudrait me contenter de...

Ce livre n'est donc pas une autobiographie, mais un roman historique.
Un roman historique tout ce qu'il y a de vrai. De quasiment plus vrai que la réalité.
C'est l'histoire authentique de Gérard LORNE et de ces fils du peuple qui sont l'honneur du peuple et de l'espérance libertaire.

N'y cherchez pas l'étoile du Che ou la veste de cuir de DURRUTI qui sont les suaires de tous les mythes. Gérard LORNE, même romancé, ne nous offre que son costume de velours élimé de jardinier, qui, pour l'amour d'une rose, celle de la révolution et du socialisme libertaire, s'est déchiré aux mille épines de la vie.

Merci à toi, camarade, de nous rappeler que les épines de notre ordinaire sont susceptibles, à force et courage de volonté, de nous éveiller, dans la grande nuit de l'absurde, à l'amour des roses.

Jean-Marc RAYNAUD (Pour les Editions du Monde Libertaire).

Colloque "Vivre l'Anarchie"

Publié le 16/04/2009 à 12:00 par anarchie23
Colloque "Vivre l'Anarchie"
Photo extraite du film de Jean-Luc Comolli "La Cecilia" (1975).

COLLOQUE "VIVRE L'ANARCHIE" organisé par le CIRA (Centre International de Recherches sur l'Anarchisme) Limousin au Château de Ligoure en Haute-Vienne près de Le Vigen du 1er au 3 Mai 2009.
Plus d'infos sur www.rencontresdeligoure.com


VIVRE L'ANARCHIE: EXPERIENCES COMMUNAUTAIRES ET REALISATIONS ALTERNATIVES (XIXe et XXe siècles)

Après les années de doute qui ont suivi la chute du mur de Berlin et l'effondrement du communisme, de plus en plus de personnes par-delà leurs différences idéologiques de départ, s'interrogent aujourd'hui sur les moyens qui permettraient d'éviter les erreurs sur lesquelles ont échoué les tentatives émancipatrices du passé.

Fait symptomatique, tout un pan de la tradition socialiste et ouvrière que l'approche marxiste stalinienne dominante avait stigmatisé comme utopiste sort de l'ombre. Qu'il s'agisse du commerce équitable, des vertus du crédit gratuit ou de l'économie sociale, nous assistons à une véritable réhabilitation posthume d'une tradition émancipatrice qui avait été l'apanage des premiers socialistes et qu'il est possible de retrouver dans de multiples manifestations anarchistes du XIXe et du XXe siècle.

Loin de l'image d'Epinal de l'anarchiste poseur de bombes ou doux rêveur, les courants libertaires ont su impulser dès leur origine des pratiques militantes visant à favoriser le changement social radical au moyen de réalisations de projets de communautés de vie ou de travail en rupture avec les conditions de vie et de production de leur temps.

Cette volonté de commencer les transformations souhaitées ici et maintenant sans attendre le jour hypothétique de la révolution sociale, que nous appelons l'anarchisme réalisateur, n'a pas été l'apanage exclusif des courants libertaires. Elle prolonge, à sa manière, les pratiques des réformateurs sociaux d'avant 1848 qui, tel Fourier, étaient partisans non pas de vagues rêves utopiques aux conséquences inévitablement totalitaires ou liberticides, mais de ce qu'ils présentaient explicitement comme des formes d'expérimentation sociale.

En organisant ce colloque, le but que nous nous fixons est donc de contribuer à mieux connaître ce qu'il faut considérer comme une conception à part entière du changement social radical qui déborde le cadre strictement anarchiste et/ou libertaire. La présentation de quelques-unes de ses multiples manifestations, enfin, nous offrira aussi l'occasion de nous interroger sur la pertinence et la portée de ce modèle encore aujourd'hui.


-Vendredi 1er mai (14h30-17h30): Du socialisme expérimental à l'anarchisme réalisateur. Expérimentation et changement social au sein des courants socialistes au cours du XIXe siècle.

Modérateur: Gaetano MANFREDONIA
Pierre Mercklé: Le Phalanstère est un laboratoire. La science sociale expérimentale de Charles Fourier entre théorie et pratique.
Olivier Chaïbi: Réalisations et réalisateurs proudhoniens.
Nathalie BREMAND: Education et révolution: l'enfant et le changement social chez les fouriéristes, les communistes icariens et les anarchistes.

Soirée (21h): Projection du film de Jean-Luc Comolli, "La Cecilia" (1975).


-Samedi 2 mai (9h30-12h30): Insurrection ou évolution ?: tendances et manifestations de l'anarchisme réalisateur jusqu'à l'entre-deux-guerres.

Modérateur: Ronald CREAGH
Isabelle Felici: "La Cecilia": quels enseignements pour les anarchistes du XXIe siècle ?
Anne Steiner: Vivre en anarchiste à la Belle Epoque: la tentation de l'illégalisme pour échapper au salariat. Débats au sein des milieux individualistes dans les années qui précèdent la guerre de 14/18.
Gaetano MANFREDONIA: L'Anarchisme réalisateur d'Emile ARMAND.
Céline BEAUDET: Les Colonies anarchistes de l'Entre-deux-guerres: de la mêlée au désert.

-Samedi 2 mai (14h30-17h30): Le renouveau des expériences réalisatrices et/ou alternatives depuis les années 1960.

Modératrice: Marianne ENCKELL
Edward SARBONI: 1968 à 1978: Communautés libertaires et rejet des pratiques "politiques" institutionnalisées.
Ronald CREAGH: La Fourmilière américaine: de la microsociété au groupe affinitaire. Anarchisme diffus ou anarchisme confus ?
Jean-Manuel TRAIMOND: Christiania: une quasi anarchie depuis 1971.

Soirée (21h): Projection du documentaire "Autrement". Ce documentaire a été réalisé et produit en 2002 par une équipe liée à Espace Noir, lieu culturel autogéré de Saint-Imier dans le Jura suisse.


-Dimanche 3 mai (9h30-12h30): Débat Persistance et actualité des stratégies réalisatrices.

Modératrice: Cathy YTAK
Marianne ENCKELL: Vivre autrement en Suisse.
Jean Berthaut: Squats, une expérience collective urbaine.

Augustin SOUCHY

Publié le 12/04/2009 à 12:00 par anarchie23
Augustin SOUCHY
(28 août 1892 / 1er janvier 1984)

Evoquer Augustin SOUCHY, c'est s'atteler à couvrir 75 ans de révolutions dans le monde. Doyen des anarchistes allemands, il s'est éteint le 1er janvier 1984 à Munich où il avait décidé de s'établir en 1966 après des périples nombreux et périlleux à travers le monde.

Quand il naît en 1892 non loin de la frontière russo-polonaise (la Pologne fait alors partie de l'empire russe), les lois répressives sur les socialistes viennent à peine d'être abrogées. Son père, artisan-tourneur, est l'un des plus anciens sociaux-démocrates de Silésie et a déjà eu maille à partir avec les autorités en raison de ses convictions politiques. C'est tout naturellement que la famille accueille les ennemis du tsarisme lors de la première révolution russe de 1905.

Augustin SOUCHY écoute les récits des fuyards et rêve de révolution. Il poursuit des études de laborantin à Berlin où il rencontre E. Bernstein, Karl Liebknecht, Clara Zetkin. Il lit Gustav LANDAUER, Pierre RAMUS. Le soir, il fréquente les bibliothèques. Militant socialiste et pacifiste, il est emprisonné une première fois le 18 mai 1911, journée du souvenir des morts de 1848.

Quand éclate le premier conflit mondial, il est à Vienne. Il est antimilitariste et participe au groupe Befreiung. Il est arrêté, on l'attache à un autre prisonnier et on lui accroche une pancarte sur laquelle on lit: "Attention: Anarchiste !". Insoumis, il refuse de participer au carnage et s'exile en Suède où il entreprend d'approfondir les idées libertaires.

La prise du Palais d'Hiver en 1917 redonne espoir à toute une génération de révolutionnaires. Augustin SOUCHY croit à cette révolution. Il retourne en Allemagne en 1919, traversant la Norvège puis le Danemark. La FAUD (Union Libre des Travailleurs Allemands-anarcho-syndicaliste) vient d'être créée. Il rejoint les rangs des anarchosyndicalistes et collabore au journal "Der Syndikalist".

Il est en Russie en 1920, délégué par la FAUD pour participer, sur invitation de Lénine, au second congrès de la IIIe Internationale. Augustin SOUCHY flaire la magouille marxiste et déconseille à ses camarades la collaboration avec le Komintern. Il connaît le sort réservé aux opposants au régime bolchévique. Lors de ce séjour russe, il rencontre Pierre KROPOTKINE (il loge une semaine chez lui), Alexandre BERKMAN et Emma GOLDMAN. A son retour, il rédige une brochure sur la condition des ouvriers et des paysans en Ukraine où il critique virulemment le système bureaucratique.

On le retrouve à Paris, le 20 mai 1921, devant le Mur des Fédérés, pour la commémoration du 50e anniversaire de l'écrasement de la Commune. Il rencontre Han RYNER, Sébastien FAURE, A. Nin, J. Maurin.

En 1922, les anarchosyndicalistes réunis en congrès international à Berlin fondent l'AIT (Association Internationale des Travailleurs). Cette organisation compte au moment de sa création 2 millions d'adhérents. 3 secrétaires sont chargés des tâches administratives et organisationnelles. Parmi eux, Augustin SOUCHY. Co-secrétaire aux côtés de Rudolf ROCKER et d'Alexandre SCHAPIRO, jusqu'en 1933.

Il entreprend ensuite une série de voyages en Amérique du Sud pour nouer des contacts avec les organisations proches et amies sur ce continent. Séjour de plusieurs mois en Argentine. Participe au congrès des anarchosyndicalistes latino-américains à Buenos-Aires ; conférences en Argentine et en Uruguay.

Il est à Berlin quand Hitler prend le pouvoir. La plupart des bureaux de la FAUD sont fermés. De nombreux compagnons choisissent l'exil. Il apprend l'incendie du Reichstag en compagnie d'Erich MUHSAM. Il propose de le cacher. Celui-ci pense fuir à Prague. Augustin SOUCHY se réfugie à Paris où les exilés politiques allemands sont nombreux. Il se rapproche de Louis LECOIN, et gagne sa pitance en tant que journaliste indépendant.

1936, la révolution espagnole offre un terrain de mise en pratique d'idéal longtemps rêvé. Augustin SOUCHY arrive quelques jours avant la tentative du putsch de Franco à Barcelone. Il a la quarantaine, n'a jamais été soldat, se bat aux côtés des anarchistes. Il est secrétaire international de la CNT (Confédération Nationale du Travail). Il parcourt l'Espagne durant toute la guerre civile et constate les réalisations concrètes de la révolution.

A la veille de l'écrasement du mouvement par la coalition fasciste internationale, il regagne la France. Là, sous le coup des lois xénophobes, il est interné dans les camps de Marolles, puis Audierne (Bretagne), d'où il s'évade à l'approche des troupes allemandes. Il se fait passer durant quelques mois pour un valet de ferme.
Augustin SOUCHY réussit à gagner Marseille et croise sur sa route VOLINE, misérable et tout à l'écriture de "La Révolution inconnue" (qui raconte l'histoire de la révolution makhnoviste en Ukraine qui a duré de 1918 à 1921).
Il s'embarque pour le Mexique via Casablanca qui accueille alors les réfugiés de la guerre d'Espagne.

Il y séjourne de 1942 à 1948 (journaliste à Mexico et collaborateur de "Novedades"), puis sur invitation du mouvement libertaire cubain, il visite Cuba (5 mois) en faisant des conférences dans les syndicats, les coopératives, les universités, auprès des ouvriers agricoles des plantations de tabac et de canne à sucre et fêtera joyeusement avec ses compagnons la fin du régime de Batista en 1960.
Entre temps, en 1952, il rentre en Europe. Il se déplace fréquemment: en Suède, en Italie, en Israël, en Yougoslavie, retourne en Argentine.

1952: conférences aux USA. Retour au Mexique fin 1952.
1958/1959: tournée de conférences dans certains pays d'Amérique Latine, du Mexique au Chili.

Dans les années 60, il se rend à Madagascar à la demande de la Confédération Internationale des Syndicats Libres pour une série de conférences, puis au Honduras et en Jamaïque, en Ethiopie, et enfin au Venezuela en 1964 avant de se fixer définitivement sur le sol allemand.

Septuagénaire, Augustin SOUCHY vivra encore 20 ans. Il suit de près les mouvements sociaux, en particulier la révolution de 1975 au Portugal. Il écrit, participe à des débats. Son livre "Nacht über Spanien" (Nuit sur l'Espagne), paru en 1955, est réédité dans les années 70. Un lectorat jeune et ouvert aux idées libertaires se l'arrache. Il se sert des médias comme tribune pour défendre l'humanisme libertaire et les idées forces de l'anarchisme.

En 1977 paraissent ses mémoires: "Vorsicht: Anarchist ! -Ein Leben für die Freiheit" (Attention: anarchiste ! -Une vie pour la liberté -voir ici même dans la rubrique "Ouvrages Anars" la présentation de ce livre).

Presque aveugle, il meurt de vieillesse le jour de l'an. "Direkte Aktion" lui consacre un long article pour "rendre hommage à un compagnon et un grand humaniste qui ne s'est agenouillé ni devant les dieux, ni devant les pouvoirs".

Martine REMON.


Attention anarchiste !

Publié le 12/04/2009 à 12:00 par anarchie23
Attention anarchiste !
"Mon engagement libertaire a pour but constant de remplacer la violence institutionnalisée par l'édification d'une société sans Autorité".

Doyen des anarchistes allemands, Augustin SOUCHY, né en 1892 et mort en 1984, a suivi et vécu 75 ans de révolutions dans le monde. Le récit de sa vie, traduit pour la première fois en français, est un témoignage vivant des tournants historiques du XX° siècle, auxquels il a voulu chaque fois participer, faisant connaissance au passage avec de nombreux camarades anarchistes impliqués dans ces évènements.

Il raconte ainsi de l'intérieur les guerres mondiales, la révolution russe, le régime de Weimar, le Mexique, la révolution espagnole, les kibboutz israéliens...
Impliqué lui-même en tant que syndicaliste révolutionnaire, cet homme d'action est aussi un homme de réflexion: il fut également conférencier, orateur et un auteur prolixe.

Cet ouvrage permet de revisiter des évènements d'une portée historique mondiale avec l'oeil du militant qui les a vécus. S'il résume modestement sa vie par le constat de "beaucoup d'aspirations, peu de réalisations", son témoignage prouve surtout que, malgré les épreuves de l'Histoire, ses convictions libertaires ne l'ont jamais quitté et l'ont guidé toute sa vie.

Cet homme a traversé les pages à la fois les plus noires de l'Histoire, mais aussi celles qui ont été les plus porteuses d'espoir en un monde meilleur. Ce rêve fut partagé par des millions de personnes.
Augustin SOUCHY, malgré les désillusions successives, n'a jamais perdu de son énergie militante ni de cet idéal.

Augustin SOUCHY dit que si, pour abattre ce monde de brutalité, la révolution sociale triomphante peut redistribuer équitablement les biens disponibles et en finir avec l'oppression étatique, elle ne peut garantir, à elle seule et jusqu'à la fin des temps, le bien être général. Il est nécessaire, à ses yeux, d'entretenir une dynamique révolutionnaire, car la liberté est un combat au quotidien.

A l'heure du relativisme et de la dépolitisation généralisée, lire Augustin SOUCHY est un acte d'insoumission contre toutes les barbaries de ce monde, passé, présent et à venir.

Augustin SOUCHY: "Attention anarchiste ! -Une vie pour la liberté- Mémoires" aux Editions du Monde Libertaire. 260 pages. Janvier 2006. 10€.

(Pour plus d'infos, vous pouvez trouver ici-même dans la rubrique "Portraits d'Anars" une biographie d'Augustin SOUCHY écrite par Martine REMON et introduisant le livre.)

Non à l'OTAN !

Publié le 31/03/2009 à 12:00 par anarchie23
Non à l'OTAN !
Afin d'assurer la sécurité de cette mondialisation et de légitimer l'extension de son rôle d'organisation collective de défense, l'OTAN cherche à amalgamer les concepts de sécurité intérieure et extérieure en mettant en avant d'hypothétiques ennemis et de potentielles sources d'insécurité.

Terrorisme politique ou religieux, sabotage, crime organisé, les figures emblématiques de l'ennemi intérieur ou extérieur, peuvent tout aussi bien être étendues à quiconque ne respecterait pas leurs règles du jeu.

La stabilité de leur modèle d'organisation ne peut être obtenue qu'au travers un contrôle social accru. Sous couvert d'assurer la sécurité des populations, les moyens technologiques visent surtout à prévenir tout type de contestation.

Le concept de sécurité globale défendu par les pays membres permet d'obtenir la docilité sociale et de pousser à une restructuration autoritaire de nos sociétés. Ainsi, nous nous retrouvons entraînés sur le chemin du totalitarisme, la suppression de la distinction entre police et armée n'en étant qu'une des étapes !

A l'occasion du 60ième anniversaire de l'OTAN, nous vous appelons à venir manifester à Strasbourg le 4 avril contre les politiques militaires et nucléaires agressives de l'OTAN et à participer au contre-sommet pour affirmer qu'un monde de justice et de paix est possible.

-Nous l'affirmons avec force: la France doit renoncer à son intégration dans le commandement militaire de l'OTAN. Elle doit rompre avec une politique aux visées dominatrices méprisant les droits des peuples.

-Nous refusons la vision dangereuse et manichéenne de la "guerre des civilisations" et toute réponse militaire aux crises mondiales et régionales.

-Nous rejetons la course aux armements et refusons de vivre dans la crainte du recours à l'arme nucléaire. Il est inacceptable que les dépenses militaires engloutissent l'argent nécessaire à la satisfaction des besoins vitaux de l'humanité ; d'autant plus que les gouvernements voudraient faire payer aux peuples les dégâts du libéralisme financier.

-Nous exigeons la fermeture des bases militaires étrangères dans tous les pays.

Pour construire un monde plus sûr et plus juste, nous voulons démilitariser et démocratiser les relations entre les peuples et établir de nouvelles formes de solidarité et de coopération.

TOUTES ET TOUS A STRASBOURG du 1er au 5 avril 2009 contre le sommet de l'OTAN !
MANIFESTATION le samedi 4 avril.
Rejoignons également le village alternatif anti-OTAN au sud de Strasbourg.

Texte-tract écrit par le groupe PROUDHON de Besançon de la Fédération Anarchiste.

Sonnons le réveil social !

Publié le 21/03/2009 à 12:00 par anarchie23
Sonnons le réveil social !
Editorial du "Monde Libertaire", le journal hebdomadaire de la Fédération Anarchiste, n° 1548 du 19 au 25 mars 2009:

"Il y a plus de 30 ans, après ce que d'aucuns appellent "les évènements de la fin des années 1960", l'espoir était fort dans la militance anarchiste qui oeuvrait dans le mouvement syndical. Les désillusions allaient venir, mais on allait de l'avant tout en discutant sur l'avenir du mouvement social. Par exemple, quand on comparait la question des sous, on notait dans les différentes boutiques syndicales des "disparités".

Dans la CFDT, pour ne pas la nommer, les syndicats envoyaient la soudure à la confédération qui redistribuait ensuite. Alors qu'à la CGT les structures syndicales géraient elles-mêmes leurs finances... Pourquoi égrener ces souvenirs ? Parce qu'en ce début du XXI° siècle, la centrale de Montreuil a renchéri sur l'exorganisation du square Montholon. Donc, dans la majorité des syndicats dits représentatifs, quiconque ruera trop dans les brancards sera, dans les faits, bâillonné. Plus de finances, plus d'expression écrite, plus de journaux syndicaux oppositionnels, donc plus de débat.

Malgré les discours, il semble bien que le syndicalisme "reconnu" n'ait plus besoin de militantes et de militants, mais juste de gens qui cotisent. On me dira que c'est dans la réalité depuis des lustres, mais là, l'afflux de couleuvres dépasse le minimum syndical !
La journée intersyndicale grèves-mobilisation du 19 mars peut être vue comme un défouloir soigneusement bridé, la colère ouvrière devant s'arrêter avant les négociations !

Pourtant, quand on écoute ce qui se dit à la base de la CGT, Bernard Thibault est voué aux gémonies, pour ne pas dire plus. Déclarer que l'éclatement gronde ici et là est peut-être exagéré, mais les ronds de cuir du syndicalisme vont avoir chaud aux fesses. Le nerf de la guerre, les cotisations syndicales auraient de plus en plus de mal à arriver à la porte de Montreuil.
Pourtant, comme le disait dernièrement un sociologue sur les étranges lucarnes, "on a cru avoir affaire à des salarié(e)s apathiques, on risque de s'apercevoir que ce n'est pas le cas".

Quid des syndiqué(e)s, de celles et ceux dont les entreprises licencient tout en engrangeant des bénéfices ? Alors, "syndicalisme du front du refus" ou "syndicalisme d'accompagnement du libéralisme économique", le choix ne peut se limiter à ces problèmes. Car si le syndicalisme doit servir à construire une autre société, cela ne doit pas passer par "un partage équitable" entre permanents(tes) syndicaux. Saurons-nous dépasser les patriotismes de boutiques pour l'unité dans les luttes ? Là est toute la question.