Photo: mort de Carlo Guliani au G8 de Gênes le 20 juillet 2001.
Bonjour ! Voici une présentation de cette brochure des Editions du Monde Libertaire parue en 2003 et écrite par l'Union Locale La Commune de Rennes adhérente à la Fédération Anarchiste.
Cette brochure étant épuisée pour le moment, nous mettrons en ligne ici prochainement plusieurs extraits de celle-ci car elle nous semble très interessante.
4ième de Couverture:
"C'est l'anarchie !" Qui n'a jamais entendu cette expression, employée pour parler d'une situation chaotique ? Pour ses détracteurs, une société anarchiste serait proche de la jungle, alors que nos sociétés "démocratiques" seraient organisées...
Et pourtant... la misère, les obscurantismes et les guerres n'ont jamais été aussi présents... La démocratie telle que nous la vivons est donc loin d'être neutre politiquement: seuls les riches et les puissants s'y retrouvent et ont intérêt à maintenir le système en place.
Là où les dictatures fascistes et communistes ont inventé le camp de concentration et le goulag, le système démocratique bourgeois utilise un procédé qui lui est propre: le contrôle social.
Il s'agit d'intégrer de force l'individu au système, ou mieux de l'y faire adhérer de lui-même selon le principe bien connu de la servitude volontaire décrit par La Boëtie. En parallèle, il convient de surveiller d'une façon ou d'une autre les individus pour anticiper et repérer dès l'origine toute velléité contestataire. Le système démocratique bourgeois n'hésite pas enfin, à réprimer les comportements déviants sous prétexte de sécurité.
Le thème central de cette brochure est l'analyse de cette logique intégration-surveillance-répression, omniprésente dans notre quotidien. Les médias, la vidéosurveillance, le travail salarié, l'implication "citoyenne", le discours sécuritaire... sont autant d'outils au service du maintien de l'ordre établi.
S'il est évident qu'une société doit être organisée pour fonctionner, encore faut-il savoir au service de qui. On passe très vite de la morale à l'ordre moral... et de l'ordre moral à la perpétuation de l'ordre social...
Le groupe dominant tente d'instaurer le respect de ses propres valeurs ; celles-ci se transformeront en normes puis s'organiseront en "idéal". L'institutionnalisation des normes se réalisant soit par l'intériorisation, soit par l'établissement d'un système de sanctions.
C'est pourquoi nous abordons quelques pistes pour résister dès aujourd'hui, en rappelant qu'il est possible de construire d'autres formes d'organisation sociale, qui seront librement choisies par tous, selon les principes de la liberté comme base, l'égalité économique et sociale comme moyen et la fraternité comme but...
Extraits de l'introduction:
Aucune société, pour s'inscrire dans la durée, ne peut faire l'économie d'une morale. La nécessité, pour seulement survivre, d'une organisation collective, impose des compromis entre les libertés individuelles, en limitant l'agressivité humaine, en privilégiant les comportements de coopération, pour assurer la satisfaction des besoins humains.
L'individu ne se construit que dans sa relation aux autres.
Ces contraintes sociales, ces valeurs et ces interdits, plus ou moins bien acceptés, contribuent à intégrer l'individu à la société. Nul, pas même les anarchistes, ne peut nier le caractère incontournable de cette régulation sociale, de ce minimum d'homogénéité dont a besoin une société pour se développer. Proudhon lui-même écrivait: "L'homme le plus libre est celui qui a le plus de relations avec ses semblables".
Mais on passe très vite de la morale à l'ordre moral. Un groupe dominant peut tenter d'instaurer la stabilité, le respect de ses propres valeurs ; celles-ci se transformeront en normes et en moeurs, s'organiseront en "idéal". Rapidement, ce groupe dominant ne tolérera plus l'existence de valeurs qui menacent son pouvoir, et se forgera des instruments pour contraindre les individus à partager ses valeurs, à remplir des rôles sociaux attendus, à adopter la conformité et l'obéissance, à adhérer à un consensus mou.
Le contrôle social, notion malaisée à définir, apparaît dans la sociologie américaine dans les années 1920, principalement dans 2 domaines, la déviance et la criminalité, l'enjeu étant de renforcer le consensus et la conformité, garants de l'unité du groupe social.
Ayant parfaitement compris que la stabilité politique assure la stabilité économique, et donc la prospérité des affaires, la société capitaliste qui a aujourd'hui envahi la planète, non seulement n'échappe pas à la règle, mais accentue cette empreinte, cette pression sur les individus qui la composent.
Fondamentalement inégalitaire, elle est divisée en classes sociales, selon différentes formes de domination et de subordination. D'un côté, ceux qui dirigent, possèdent ; de l'autre, ceux qui n'ont que leur force de travail à vendre.
Cet ordre social existant, toujours fondé sur la force, avec ses codes d'accès à la réussite, peut être contesté, remis en cause. Gare à la marginalité, à la déviance, à la rébellion !
C'est ce risque d'instabilité qui conduit les détenteurs du pouvoir et des richesses, les castes régnantes à exercer un contrôle social pour assurer le maintien des hiérarchies établies, la garantie des privilèges, la continuité des structures sociales.
Pour cela, plusieurs niveaux de contrôle sont employés: un contrôle idéologique en toile de fond, une surveillance au quotidien pour déceler la moindre tentative d'opposition ou velléité de contestation, et des politiques répressives pour maîtriser la déviance.
Y'a-t-il assez d'ouverture d'esprit pour que les gens acceptent de remettre le capitalisme en question ? J'ai bien peur que la manipulation sociale, politique et médiatique soit trop puissante :(
C'est vrai que face au matraquage politico-médiatique, au bourrage de crânes, etc, à la répression et à l'étouffement de paroles dissidentes, etc...il est bien difficile de tournebouler les systèmes en place. Mais faut pas désespérer !
Déjà, au bout de 6 mois de présidence, Sarkopen a sacrément baissé dans l'estime des gens, par exemple...Il n'y a jamais eu autant d'abstentionnistes et les mouvements anti-capitalistes n'ont jamais été autant revendicatifs et nombreux...
C'est pourquoi, malgré les chapes de plomb, il ne faut surtout pas baisser les bras !