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anarchie23
Description du blog :
Tout ce qui a trait à l'anarchisme en Creuse et au-delà...
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02.06.2007
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La "crise" agricole

Posté le 26.12.2007 par anarchie23
POUR COMPRENDRE LA "CRISE" AGRICOLE. Par Jean-Pierre TERTRAIS.

C'est chaque jour un peu plus évident et flagrant, la gestion capitaliste de l'agriculture est une véritable calamité.

C'est une calamité pour les petits paysans qui sont implacablement éliminés par des "exploitations" toujours plus gigantesques. Pour une ruralité qui se désertifie chaque jour un peu plus. Pour l'environnement et les écosystèmes qui sont littéralement massacrés. Pour les consommateurs qui sont nourris avec de la merde. Pour les paysans qui se retrouvent livrés pieds et poings liés aux banques et aux multinationales de l'industrie agro-alimentaire. Pour les agricultures des pays pauvres qui sont pillés d'une manière éhontée...

Est-il besoin de le préciser, cette calamité ne relève en rien du hasard.
Le productivisme, l'industrialisation à outrance, la mal bouffe, l'obsession de l'abaissement des coûts de production, la non prise en compte des contre-coups humains, environnementaux, sociaux... dans le calcul de ces coûts de production, la prolétarisation des paysans, l'asservissement de populations entières à des trusts supra-nationaux, la destruction des conditions mêmes de la vie... sont, en effet, les conséquences d'une course effrénée au profit maximum immédiat.

C'est l'âme de cette logique capitaliste qui est mise à nu dans cette brochure.

Et c'est une autre logique, celle du socialisme libertaire, qui trace le chemin d'une autre agriculture, humaine, égalitaire, solidaire, saine, autogestionnaire...


Un extrait de la brochure: UNE DESERTIFICATION RURALE ACCRUE

Même si elle ne constitue pas la seule cause (déclin des industries traditionnelles au profit des industries nouvelles, attrait culturel de la ville), la modernisation de l'agriculture, en abaissant régulièrement le nombre d'exploitations dans les communes rurales, va contribuer aux déplacements considérables de populations des campagnes vers les villes. En 1936, la population rurale dépasse encore la population urbaine ; en 1962, cette population ne représente plus que 38% de la population totale ; en 1975, 20% ; en 1989, moins de 10%.
Si d'un côté, des villes de plus en plus monstrueuses confinent à l'asphyxie, de l'autre, des zones rurales se dépeuplent, des régions entières sont menacées de désertification, des paysages ne sont plus entretenus (avec les risques d'incendie), des services ne sont plus assurés, des écoles ferment, des commerces disparaissent, des équipements collectifs sont inutilisés, des villages meurent, malgré la volonté parfois vive des habitants de rompre cette fatalité.
Le système productiviste a non seulement endommagé des siècles d'architecture, mais encore bouleversé profondément le tissu social. En divers endroits, ce sont des liens qui se brisent, toute une culture qui disparaît, un patrimoine qui part en lambeaux, des coutumes, des traditions qui se perdent dans l'uniformité ambiante d'une société qui s'est cru libérée à jamais des contraintes naturelles élémentaires.
Peu nombreux sont ceux qui semblent avoir pris la mesure des problèmes posés. Parmi les plus lucides (même si sa conception de la société n'est pas celle des anarchistes), Paul Houée, spécialiste du développement rural, constate: La logique du profit pousse à la concentration, à la spécialisation des espaces: d'un côté, des zones intenses d'activité, de peuplement, de consommation à des coûts élevés, de l'autre, de vastes territoires que l'on exploite avant d'y déverser tous les rejets, à l'exception de quelques réserves naturelles ou touristiques.

Et un autre extrait: LA TERRE A CEUX QUI LA TRAVAILLENT

Pour réaliser un vrai changement, il ne suffira pas de formuler des voeux auprès des pouvoirs dominants, même en trois exemplaires et sur papier recyclé ! Ceux-ci n'ont toujours satisfait que des revendications qui ne remettaient pas en cause leur suprématie. Il ne suffira pas de dénoncer un ordre économique et social fondé sur l'inégalité, mais il faudra atteindre le mal à sa racine: l'usurpation des ressources naturelles par la propriété privée, foncière, industrielle ou agraire. Il ne suffira pas de dénoncer l'appropriation du vivant par les grandes firmes agro-chimiques, réalisée à tout prix, quitte à détruire les conditions mêmes de la vie sur terre, mais il faudra encourager l'épargne solidaire, l'accès collectif au foncier et au bâti. Il ne suffira pas de s'affranchir des dépendances à l'égard du système agro-industriel, mais il faudra le renverser.
Et que l'on ne nous parle pas d'utopie, puisqu'une telle expérience s'est déjà concrétisée, même si sa durée fut malheureusement trop courte. Gaston Leval écrivait: L'idéal a été réalisé en Espagne, pendant la révolution libertaire de 1936-1939. Il a consisté en l'expropriation de tous les grands propriétaires et en l'adhésion volontaire de tous les petits à ce que l'on a appelé: les collectivités villageoises. Ces collectivités ont fonctionné comme de vastes coopératives de production. Elles ont été dirigées selon les directives établies par les assemblées générales qui comprenaient les petits propriétaires ayant apporté leur terre, leurs instruments de travail et leur bétail, et les travailleurs salariés, tous réunis maintenant sur un pied d'égalité.
Pour l'application de ces directives, une commission était nommée. Elle comprenait, dans chaque collectivité, un délégué par spécialité -agriculture, fruiticulture, bétail, riziculture, production d'oranges ou d'huile, cultures maraîchères... Ce délégué, qui travaillait à mi-temps, ou à temps complet, selon l'importance de ses activités, coordonnait, avec les délégués des équipes de sa spécialité, les travaux à exécuter.


Brochure de 48 pages éditée aux Editions du Monde Libertaire. 2001. 3€.
Avec un article en supplément du groupe "La Commune" de Rennes: "Agriculture, agroalimentaire et santé publique".
Commande en ligne possible à: http://www.librairie-publico.com



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Nos Futurs

Posté le 24.12.2007 par anarchie23
Bonjour ! Notre ami François Dibot vient de publier aux Editions Libertaires (collection Nos Futurs) le 1er tome de sa trilogie "Les sources de Sheeba": Rose du Jourdain.

Résumé: 2175. Un siècle s'est écoulé depuis la chute du capitalisme sur Terre.
L'endettement record des Etats et le dérèglement total du climat auront eu raison de la mondialisation galopante ! C'est donc tout naturellement que les peuples se tournèrent vers les théories anarchistes pour instaurer de vastes fédérations libertaires autonomes tout au long des grands fleuves de la planète, au plus près des dernières sources de vie.
Une société empreinte d'écologie, garante d'une nécessaire décroissance...

Tout irait dès lors au mieux dans un meilleur des mondes si quelques irréductibles des nanotechnologies n'avaient joué avec le feu sacré dans le plus grand secret...
Vaincue dans les grandes lignes, l'énergie du vide livre enfin les secrets du voyage spatial, offrant à l'homme une porte ouverte tant sur l'univers qu'aux abus en tout genre !

Premier tome d'une saga familiale, "Rose du Jourdain" nous trace le chemin tortueux que durent suivre les initiateurs de cette société libertaire organisée, entre leurs espoirs dans une humanité nouvelle découvrant Sheeba, première exo planète colonisable et la crainte de l'inconnu...

Une histoire d'anarchistes enfin maîtres... de leur destin !


Rose du Jourdain (1er tome de la trilogie "Les sources de Sheeba")
Par François DIBOT
Collection "Nos Futurs"
140x210 mm, 130 pages.
isbn: 978-2-914980-55-5
12€
Aux Editions Libertaires. (editionslibertaires@wanadoo.fr)

Antireligion

Posté le 22.12.2007 par anarchie23
En latin, en sanskrit, en arabe ou en hébreu, la Religion opprime !

Un siècle après la loi de séparation des Eglises et de l'Etat, de nombreuses publications reviennent sur cette "spécificité" qui fit qu'enfin la France ne soit plus qualifiée par le Vatican de "fille aînée de l'Eglise". Cette idée de laïcité issue de la Révolution française, et devenue loi en 1905, est maintenant attaquée par les cléricaux d'origines diverses. Bien sûr, la séparation n'a pas empêché le cléricalisme. Les religieux tentent toujours d'influer sur la vie privée, en particulier à travers les lois relatives à l'euthanasie, le Pacs, le divorce, l'avortement, la bioéthique... en y imprimant leur doctrine et leur chapelet d'interdits alimentaires, sexuels, etc...

Si la religion catholique, en France, voit son nombre de pratiquants diminuer régulièrement depuis une trentaine d'années et recrute de moins en moins de prêtres, elle conserve une grande influence dans les décisions prises au niveau de l'Etat. Et d'autres religions, telles l'Islam, sont prêtes, avec le blanc-seing de l'Etat, à jouer elles aussi un rôle prépondérant dans la gestion des affaires publiques.

L'Etat adapte aujourd'hui ses relations historiques avec les religions car elles sont un excellent moyen de canaliser les populations. Ainsi, elles justifient la résignation au quotidien et briment les révoltes potentielles contre l'ordre établi, au nom du paradis futur... Antireligieux, athées ou agnostiques, les anarchistes perçoivent généralement le combat pour la laïcité comme insuffisant, car les religions y sont cantonnées à un périmètre sans être réellement combattues. De plus, les laïques associent souvent la République et la Nation, à cette "valeur universelle", qui dépasserait celle des églises. Rappelons que les anarchistes ne défendent ni la République bourgeoise, ni le nationalisme, cause de tant de guerres entre les peuples...

Les textes rassemblés dans cette brochure se veulent des regards complémentaires sur l'offensive religieuse d'hier et d'aujourd'hui, et apportent des pistes de réflexion et d'action sur le nécessaire combat à mener pour la liberté individuelle. Ainsi, Jean-Michel Sahut montre les pièges tendus aujourd'hui aux laïques. Pour sa part, Marc Prévôtel rappelle comment des chrétiens ont investi le mouvement social et syndical, pour le détourner de ses objectifs de lutte contre le système d'oppression capitaliste et étatique. Enfin, Jocelyn Bézecourt montre que les limites imposées aux religions par la laïcité permettent de lutter contre l'obscurantisme, en particulier en revendiquant le droit au blasphème.

La laïcité, aujourd'hui, à l'instar de toute revendication pour plus de liberté, ne peut se contenter d'une loi. Il est nécessaire de lutter contre les superstitions en tout genre. Nous sommes des mécréants et nous le revendiquons ! Aujourd'hui les communautarismes progressent. Ils sont attisés d'un côté par des religieux se nourrissant de la misère sociale en manque de perspective émancipatrice, et de l'autre, par un Etat régulateur des rapports sociaux au profit des classes dominantes. Une arme appropriée pour les combattre est la laïcité. Mais c'est surtout par un rapport de forces continuel dans la société entre ceux qui luttent contre l'obscurantisme et ceux qui veulent dicter leur ordre moral que nous irons vers plus de liberté individuelle et collective. Cette modeste brochure a la prétention d'y participer.

Editions du Monde Libertaire. 2005. 62 pages. 4€.
Commande en ligne possible à: http://www.librairie-publico.com

Les Agrocarburants

Posté le 17.12.2007 par anarchie23
Le capitalisme, c'est formidable ! Après la nourriture pour herbivores à base de résidus animaux, histoire de propager l'encéphalite spongiforme bovine, voici la nourriture pour automobiles à base d'agrocarburants, alors que près d'un milliard d'humains souffrent de la faim ! On peut faire confiance aux multinationales, qui se penchent amoureusement sur l'immense marché qui s'annonce, pour nous faire subir les conséquences du dogme sacré du profit à court terme...


VERT... COMME UNE FORET DE DOLLARS

Les gérants de notre système savent utiliser les "crises" que celui-ci génère pour défricher de nouveaux champs de profits.
La crise énergétique, basée sur la diminution rapide des réserves de pétrole, permet d'encaisser un surplus de royalties provenant de sa hausse actuelle et de saliver sur la rentabilité des agrocarburants, compétitifs dès que le baril atteint 70 dollars.
La crise écologique, basée sur les retombées d'une croissance incontrôlée, affecte gravement la planète et ses habitants. Même des politiciens comme Al Gore ou des bouffons comme Nicolas Hulot s'en inquiètent ! Ce qu'ils redoutent, c'est une remise en cause radicale de cette société mortifère ; les Etats doivent rassurer par des choix "responsables et durables" ; les agrocarburants en font partie.

La crise alimentaire, basée sur les impasses de l'agriculture industrielle, se développe (qualité des aliments, pollutions, disparition des paysans...). La productivité stagne, il faut dépenser plus pour récolter moins (appauvrissement des sols, monoculture, disparition des fertilisants naturels...). L'agrobizness (agrochimie, machinisme agricole, ingénierie génétique...) voit d'un oeil intéressé l'arrivée des agrocarburants.

Subventions publiques et capitaux privés pleuvent ; les perspectives sont allèchantes: remplacement du pétrole, diminution du CO2, travail pour les agriculteurs... Saluons donc ces bienfaiteurs de l'humanité, merci aux céréaliers (ADM, Cargill...), merci aux constructeurs automobiles (Volkswagen, Toyota...), merci à l'ingénierie génétique (Monsanto, Syngenta...), merci aux pétroliers (Shell, Total...), merci aux chefs d'Etat (Bush, Lula...), et plus généralement merci à tous ceux qui reniflent les 100 000 millions de dollars prévus par les experts, tel le fond d'investissements Pergam: "Les millions d'hectares de maïs et de soja disponibles sont autant de barils dormant de carburant vert du style éthanol dont la demande mondiale devrait exploser dans les années qui viennent".


BUSH, LULA... ET QUELQUES AUTRES

Certains Etats ont pris de l'avance dans un domaine déjà exploré par quelques précurseurs (en 1890 un moteur fonctionnait à l'huile d'arachide). Les Etats-Unis sont le premier producteur d'agrocarburants, à base de maïs et de soja, et le premier exportateur d'éthanol. Mais ils sont talonnés par le Brésil, qui a investi depuis trente ans (choc pétrolier oblige) et s'appuie sur ses plantations de canne à sucre, ses automobiles roulant à l'éthanol... Lula, bon élève du capitalisme, partisan des OGM et de l'énergie nucléaire, rêve d'un Brésil "Arabie Saoudite du carburant vert" !

Avec son "compadre" Bush il a signé un mémorandum sur les agrocarburants facilitant les accords de coopération avec des pays latino-américains ou africains pour y encourager la production. Un tel accord permet aussi de contrer le projet d'intégration énergétique de l'Amérique du Sud du vénézuélien Hugo Chavez...
En effet les objectifs affichés par les "pays développés" (10% d'agrocarburants en 10 ans pour les USA, 20% en 2020 pour l'Union Européenne) impliquent de récupérer des terres, en grande partie dans les "Pays du Sud". C'est le cas notamment en Asie du Sud-Est (Indonésie, Malaisie) où se répandent d'énormes plantations de palmiers à huile et les raffineries associées.


BIO... COMME UNE FORET QUI BRULE

D'immenses nuages de fumée, visibles depuis les pays voisins de l'Indonésie, dénoncent la façon dont ces terres sont obtenues dans un pays qui a perdu 72% de sa forêt primaire ! L'huile de palme comme carburant végétal est plus destructrice pour l'environnement que le pétrole du Nigéria... Au niveau mondial, la déforestation est responsable de 21% des gaz à effet de serre. D'autres terres sont obtenues par assèchement de sols humides et tourbeux, dégageant du CO2 et du méthane (28 fois plus "actif"). Le magazine Science rappelle que "pour préserver le climat il serait bien plus efficace de conserver forêts et prairies que de développer les agrocarburants".

Petits paysans et populations indigènes sont chassés de leurs terres et, s'ils résistent, sont réprimés (500 Indonésiens récemment torturés). D'autre part on voit mal l'impact positif sur la crise énergétique quand on sait qu'un capteur solaire de 8 mètres de côté produit autant de chaleur que l'agrocarburant correspondant à 1 hectare de culture.
Sans compter que les agrocarburants, fabriqués à partir de produits bourrés d'OGM et de pesticides, nécessitent l'utilisation d'engrais issus du pétrole !

Le plus grave est la mise en concurrence de la production des agrocarburants et des aliments pour l'utilisation des ressources en terres et en eau. Un peu partout des agriculteurs abandonnent les cultures traditionnelles ou l'élevage pour se ruer vers le mirage de l'"or vert". Cela contribue à diminuer l'offre sur un marché mondial où la demande s'accroît (Chine, Inde...). Ainsi les produits alimentaires sont en forte hausse (blé + 60%, maïs + 50%, riz + 40%, sucre, lait, viande...) pesant sur la consommation. Des réactions populaires violentes, faisant partiellement reculer le gouvernement, ont eu lieu à Mexico après le doublement du prix de la tortilla, nourriture de base à partir de farine de maïs. C'est que le traité de l'ALENA (Etats-Unis, Canada, Mexique) a permis au maïs américain d'envahir le marché dans un pays où fut "inventé" le maïs par les peuples mayas, occasionnant au passage la disparition de 1,3 millions d'emplois !

Des africains suppriment un repas face au prix des denrées. Un institut de Washington, l'IFPRI, estime que le prix des aliments de base risque de progresser d'un tiers d'ici 2020, sachant qu'une augmentation de 1% précipite 16 millions d'humains dans l'insécurité alimentaire ! Les vautours s'y préparent: "Les matières premières agricoles sont des actifs extrèmement peu chers pour lesquels la demande est en train d'exploser et pour lesquels l'offre s'affaiblira" (BNP). Rappelons que la quantité de céréales nécessaire pour remplir un réservoir de 4X4 suffit à nourrir un être humain pendant 1 an...


ENGRAISSER LE CAPITALISME OU NOURRIR L'HUMANITE ?

Dans l'histoire, de nombreuses innovations, notamment en matière agricole, ont été mises en pratique par des groupes humains tenant compte des réalités locales, restant maîtres du choix et du rythme de leur assimilation. Dès son apparition, le capitalisme s'est efforcé d'en réserver les bénéfices à une minorité et d'en sélectionner les plus juteuses pour les imposer partout et le plus vite possible, sans se préoccuper des conséquences plus lointaines. Ainsi l'utilisation des agrocarburants, déjà expérimentée à petite échelle et contrôlée par les habitants concernés, par exemple dans des coopératives agricoles du Minnesota et du Middle West, prend une allure cauchemardesque dans les serres des multinationales. Bien sûr des associations de protection de l'environnement informent des risques, avec parfois certains succès comme en Allemagne où le gouvernement envisage de supprimer les subventions versées aux centrales fonctionnant à l'huile de palme. Mais ce sont les paysans qui sont directement visés, poussés par force ou par mirage médiatique à renoncer à leur vocation de nourrir l'humanité. Leurs choix individuels et collectifs, leurs luttes ont un rôle essentiel. En particulier, comment va réagir le Mouvement des Sans Terre (MST) brésilien, plus grand mouvement paysan mondial, directement agressé par les choix de Lula, que certains de ses dirigeants avaient pourtant contribué à faire élire ?

ELAN NOIR

(article publié dans "Creuse-Citron" n° 14 d'oct-dec 2007, le journal de la Creuse libertaire, disponible à prix libre)

Pour l'abolition de la carte d'identité

Posté le 10.12.2007 par anarchie23
Bonjour ! Le Mouvement pour l'abolition de la carte d'identité (MACI) nous a envoyé ce texte:

POUR L'ABOLITION DE LA CARTE D'IDENTITE

Depuis quatre ans se manifeste une opposition fragmentée et parcellaire aux pièces d'identité biométriques et électroniques, au fichage ADN, à la biométrie, aux RFID, à la vidéosurveillance, et récemment aux tests génétiques prévus par la loi sur l'immigration, ainsi qu'à l'interconnexion des données administratives (éducation nationale, police, Sécurité sociale, dossier médical, mairies, impôts, services sociaux, transports publics, etc.)
Rien ne sert de combattre ces nouveaux modes de contrôle -informatiques, biométriques, génétiques - si l'on n'en finit pas avec les registres et pièces d'identité imposés voici 500 ans par l'Etat, et qui en constituent le modèle et la matrice. La CNIL n'étant qu'une agence de police déguisée.


L'idée d'un titre d'identité unique court depuis la fin du XIX° siècle, mais la première carte d'identité française date de 1921 dans le département de la Seine. Après une initiative du ministre de l'Intérieur socialiste Marx Dormoy en 1935, les autorités l'imposent nationalement pendant l'Occupation. En 1955, la carte d'identité est rétablie, facultative, pour contrôler les "Français musulmans d'Algérie". Moins de 150 ans après son institution, elle est dans les faits quasi obligatoire. Au Royaume-Uni, la carte d'identité arrivera en 2010, à ce jour elle n'existe pas.

Le projet de carte d'identité électronique, biométrique, lisible sans contact, sans doute obligatoire, est ressorti des cartons en 2005. 2008 sera l'année de sa réalisation. En 1980, la revue "Terminal 19/84" s'est battue contre le perfectionnement de la carte d'identité car "la démocratie exige ce minimum irréductible qu'on puisse faire de faux papiers". Encore dans les mémoires, la guerre rappelait l'utilisation qu'un gouvernement peut faire des outils de police face aux Juifs et aux opposants. L'argument reste lumineux après 25 ans de propagande sécuritaire: mise en danger par l'existence même d'une police, toute opposition au pouvoir est impossible si cette police est infaillible.

Il ne suffit pas de contester l'informatisation de la carte d'identité. C'est son principe qu'il faut refuser. La carte d'identité est la négation pratique de la présomption d'innocence. Chacun est suspect. Il suffit de refuser un contrôle d'identité ou le fichage génétique pour devenir coupable. La carte d'identité généralise la "présomption de culpabilité".

Les mafias fabriqueront toujours de faux papiers. Comme il y aura toujours des ogres et des tueurs, boucs émissaires offerts au sadisme des honnêtes gens. Multiplier policiers, caméras et fichages ne supprimera jamais ces réprouvés, mais réduit l'ensemble de la société à la liberté surveillée. Mettre ceux qui "n'ont rien à se reprocher" dans une prison à ciel ouvert pour les protéger des criminels est absurde. Mieux vaut des assassins en liberté qu'une population entière sous surveillance.
S'opposer à la biométrie et aux tests ADN, c'est exiger la présomption d'innocence, donc l'abolition de la carte d'identité.


Pour attribuer une carte d'identité, on consulte les registres d'état civil. Ces fichiers et pièces d'identité reposent sur le même principe policier de suspicion. Ils matérialisent notre assujettissement à l'Etat.

En 1539, François 1er impose la tenue des registres de baptêmes et décès pour renforcer l'emprise royale sur ses sujets (ordonnance de Villers-Côterets). Depuis, notre sujétion n'a fait que s'accroître avec l'Etat. Consignés dans ses registres d'inventaire, nous ne sommes que ses possessions. Les objets ont des étiquettes ; les citoyens ont leur carte d'identité, à l'étranger leur passeport. Délicatesse: on nous a adjoint un numéro personnel, pour nous mobiliser en temps de guerre et nous soigner en temps de paix. Nous l'aurait-on tatoué que ç'aurait été plus clair.

Il n'y a pas de bon fichier. L'objet de tous les fichiers est de surveiller la population, tenue pour suspecte. A quoi bon soumettre les soins médicaux, considérés comme un droit inconditionnel, à l'inscription dans un fichier central et à la détention d'une carte informatisée ? Le numéro de Sécurité sociale ne sert que pour les 30% non pris en charge (le tiers payant), couverts par les mutuelles. Etablissons la gratuité des soins, et le numéro de Sécu devient inutile. Ou peut-être serait-il plus simple de supprimer les nuisances qui créent nos conditions de vie pathogènes: alimentation dégradée, amiante, pesticides, etc.

Tous les fichiers sont policiers. En 1974, le projet SAFARI d'interconnexion des fichiers par le numéro de Sécurité sociale scandalise. SAFARI ne concerne pourtant que l'administration (INSEE, impôts, banques, assurances, etc). Etat-Providence ou Etat policier, la volonté d'identifier les individus, la constitution de n'importe quel fichier -même sous de nobles prétextes- révèle l'administration comme "police", science de la gestion (du latin politia, "art de gouverner la cité").
Refuser l'interconnexion des fichiers, c'est refuser l'identification policière, donc exiger l'abolition de tout fichier.


Toute la mission de la CNIL (Commission Nationale Informatique et Liberté), créée en 1978, en réaction à la contestation du projet SAFARI, consiste à légaliser l'existence et l'usage du NIR (Numéro INSEE d'inscription au répertoire) à l'âge informatique, et à promettre aux jobards que tout abus supplémentaire restera illicite, tant qu'il ne sera pas régularisé. Quel soulagement de songer que le croisement des 400 fichiers où figure un Français moyen ne dépend que d'un vote parlementaire. Ou que les fichiers de police prospèrent dans l'illégalité, jusqu'à ce qu'un décret en réglemente l'usage, ce qui pour le NIR advint 41 ans après sa création, le 22 janvier 1982.

Ainsi la CNIL approuve-t-elle, le 25 novembre 1997, un premier recoupement de fichiers, via la mise en réseau d'ordinateurs par le logiciel ANIS. Elle rend le 24 novembre 1998 un avis favorable à l'instauration du Système de traitement des infractions constatées (STIC). Elle laisse, depuis 1999, les services des impôts consulter le Numéro d'inscription au répertoire, pour traquer les fraudeurs dans les bases de données. Elle ne rend plus d'avis depuis juillet 2004, à l'initiative d'Alex Türk, son président divers droite, sur la création de fichiers d'Etat (sûreté de l'Etat, Défense, sécurité publique). Elle continue cependant de faire "des propositions d'améliorations" des fichiers de police et de gendarmerie, légalisant ceux qui étaient illégaux. Elle applique la "proportionnalité des moyens", expliquant aux policiers quels outils utiliser au mieux, dans les limites admises par l'opinion.
En 2005, la CNIL déclare que "les Français devront accepter un affaiblissement des libertés individuelles afin de renforcer la sécurité collective" et approuve de nouvelles mesures sécuritaires au nom de la lutte anti-terroriste.
En 2006, "Le Monde" (15/11/2006), nous apprend que le Numéro d'inscription au répertoire pourrait devenir la clé d'accès au futur Dossier médical personnalisé (DMP), avec la bienveillance d'Alex Türk. Au Portugal, la constitution interdit le principe d'un numéro d'identification unique.
En 2007, ce sont deux députés membres de la CNIL qui proposent au Parlement l'autorisation des "statistiques ethniques".
C'est à la CNIL qu'il faut s'adresser pour savoir si l'on figure dans tel fichier, et rectifier, le cas échéant, les informations qui s'y trouvent. Largesse policière qui permet aux espionnés de concourir à leur espionnage. Encore ce droit est-il facultatif. Si le service concerné estime que l'accès à votre dossier peut nuire à la sûreté de l'Etat, à la Défense ou à la sécurité publique, il vous est refusé.

Encadrant le FNAEG (Fichier national automatisé des empreintes génétiques), comme des milliers d'autres fichiers, la CNIL veille, comme les médecins dans les unités de torture modernes, à ce qu'on ne vous lèse pas au-delà du règlement. Cependant, elle constitue sous son contrôle exclusif un fichier des fichiers, auquel elle a seule accès, et qu'elle pourra, le temps venu, unifier en un seul fichier: le fichier total.

L'impayable, c'est de voir les tenanciers de la conscience civique (journalistes, avocats, universitaires), faire mine de prendre au sérieux la fonction protectrice de la CNIL, déplorer la faiblesse de son budjet, de ses effectifs, de ses pouvoirs. Comme si cet organe administratif, avec ses 17 membres choisis par les grands élus et les grands commis de l'Etat, placé sous l'autorité du gouvernement, n'était pas celui-là même qui préfigurait le mieux la société de surveillance.

Les uns entretiennent l'illusion d'une CNIL médiatrice parce qu'ils croient que cela vaut mieux que rien, les autres pour ne pas désespérer les citoyens, les derniers pour amadouer le monstre ; et tous pour sauver la face. Mais la CNIL est plus l'agence de développement du contrôle policier que l'agence de contrôle du développement policier. Et toute contestation de la surveillance requiert d'abord son abolition, afin que celle-ci paraisse dans toute sa crudité.

Les partisans d'un contrôle citoyen, qui refusent "le fichage pour tous" sans réclamer l'abolition de tout fichage, participent à la mystification de la CNIL. Le contrôle n'est pas un ensemble de dispositifs neutres qu'on pourrait maîtriser ou dont on pourrait individuellement s'extraire. C'est un rapport social médiatisé par des dispositifs. Il faut abolir les rapports sociaux dont la carte d'identité est le produit.

Carte d'identité, numéro de Sécurité sociale, état civil: la "gestion" technicienne et policière des individus comme objets de l'Etat supprime les rapports humains, donc la politique. La CNIL applique la même logique gestionnaire, dépolitisant et neutralisant les oppositions au contrôle. Il faut bâtir un mouvement politique anti-gestionnaire.

ABOLITION DE LA CARTE D'IDENTITE, DE TOUS LES FICHIERS ET DE LA CNIL.

Mouvement pour l'abolition de la carte d'identité (MACI) Novembre 2007.

(Retrouvez ce texte et bien d'autres sur www.piecesetmaindoeuvre.com)

De l'autogestion concrète !

Posté le 03.12.2007 par Anarchosyndicalisme !
Les 135 travailleurs de l'usine de fabrication de vélos Bike Systems GmbH (province de Thuringe Nordhausen) occupent leur usine depuis le 10 juillet 2007. Ils veulent ainsi empêcher le démantèlement définitif et la vente de l'usine, dont la mise en faillite a été déclarée le 10 août. Ils ont décidés de reprendre partiellement la production en autogestion, pour démontrer la capacité des ouvriers à produire, sans chefs. Pour démarrer, ils avaient besoin d'une commande de 1800 vélos avant le 2 octobre. Aussi, en collaboration avec les anarchosyndicalistes de la FAU (section allemande de l'AIT), les travailleurs ont lancés un appel à la solidarité, relayé en France par la CNT-AIT.

Donc, depuis le 10 juillet, le personnel occupe les 3 sites de l'usine du sud des montagnes du Hars. L'usine fonctionne au ralenti, les ateliers étant vides à part celui de la ligne de revêtement. Le personnel, qui perçoit une indemnité de chômage technique, espère qu'un nouvel investisseur avec un nouveau projet se déclare...1 mois, 2 mois passent. Mais, petit à petit, pendant l'occupation, au cours des nombreuses discussions entre travailleurs de l'usine mais aussi avec les personnes venues en solidarité, une idée surgit et se concrétise: celle de reprendre la production en autogestion, de produire nous-mêmes un "vélo-grève", au moins pour une petite période. Pour pouvoir relancer la production en autogestion, la barre a été fixée à 1800 bicyclettes. Avec une date butoir pour réunir les commandes: le 2 octobre. C'était un pari que nous nous sommes lancés, celui de démontrer notre capacité à développer notre propre concept et à réellement autogérer notre production et notre distribution, mais aussi celui de développer les idées de solidarité et enfin celui d'encourager les travailleurs qui se trouvent dans des situations similaires à ne pas se laisser facilement "restructurer à zéro", par qui que ce soit !
Avoir 1800 commandes fermes en moins de 2 semaines, la gageure paraissait impossible ! La FAU a donc utilisé le relais de ses syndicats en Allemagne et de l'Association Internationale des Travailleurs au niveau mondial pour lancer l'appel à la solidarité.


INTERETS ET LIMITES

Dès qu'il a été connu, l'appel a été traduit par la CNT-AIT de Paris. Une discussion s'est alors engagée très rapidement entre les compagnons: l'initiative est sympathique. Cependant il faut mettre en avant son côté politique: cet appel à la solidarité n'est pas un bon plan pour acheter des vélos de qualité pas cher. Cette expérience nous paraît intéressante car elle peut démontrer, contrairement à ce que les médias et l'idéologie dominante martèlent à longueur de temps, que les travailleurs qui sont ceux qui produisent toutes les richesses de ce monde, ont tout à fait les moyens de s'organiser pour cela, et sans patrons ni Etat.
De même, nous connaissons les limites d'une telle entreprise et elles doivent être rappelées lucidement: goutte d'eau d'autogestion au milieu d'un océan capitaliste. Ainsi, notre soutien n'aura de sens politique que s'il peut servir aussi de base de départ à une réflexion globale sur la notion "d'économie": Qu'est-ce que nous voulons produire ? Pourquoi ? Avec qui ? Et comment ? Nous savons tout autant que, si des travailleurs, comme ici en Allemagne, s'emparent de leur entreprise (tout comme ils le font en Argentine, au Mexique et ailleurs), ce n'est pas pour "bâtir le communisme", mais tout simplement pour défendre leur situation immédiate. Ce qui n'empêche pas, tout au contraire, d'appréhender ces prises en mains d'entreprises dans leur dynamique, qui peut amener à leur dépassement, et se situer alors dans une perspective révolutionnaire. Le processus de récupération, dès qu'il se poursuit un peu, fait apparaître que l'usine récupérée n'est pas seule, qu'elle est dans un tout. Production, distribution posent des problèmes qui ne peuvent se régler à l'échelle locale. L'autogestion complète n'est possible que si tout un pan de la société s'y adonne et si l'argent et le salariat disparaissent.


ALLER PLUS LOIN

"Aller plus loin", à partir de la situation que l'autogestion de ces sphères pose, c'est rompre le cadre de l'entreprise, de l'échange, du travail et du chômage, et cela est une possibilité dans le processus de récupération. Un dépassement de ce qui est auto-organisable dans le cadre du système actuel. Puisse-t-elle être un point de départ pour inventer un autre monde, où la production et les échanges de biens et de services ne seront pas corrompus, parasités, aliénés et mystifiés par la division du travail (et la sous-division entre travail manuel et intellectuel), le salariat (ou autre mode d'exploitation) et la monnaie.

Les nouvelles que nous ont données les compagnons Allemands sur la méthode utilisée pour la fabrication des "Strike-Bike" nous confortent: salaire unique pour tout le monde, sans hiérarchie ni autres parasites. Le projet était de recommencer la production à compter du 22 octobre à 17 heures et tout le monde a été invité à y prendre part. De plus, comme il reste finalement peu de gens qui ont les connaissances pour s'occuper des tâches administratives nécessaires, ce sont des compagnons de la FAU Hamburg qui travaillent dans ce secteur qui ont mis à disposition leurs compétences.

Ensuite s'est posée la question de comment relayer cet appel à solidarité. Les compagnons allemands ont proposer d'acheter des vélos 275 € (300 avec le transport). C'est une somme que la grande majorité d'entre nous ne pouvons pas sortir comme çà. Un compagnon a vu que, sur le site internet de la CNT-AIT espagnole, un syndicat propose des bons de soutien de 10€. L'idée, jugée excellente, est immédiatement adoptée.

Notre syndicat a donc émis un texte d'appel à la solidarité et l'a diffusé par tous les moyens à sa disposition. La réponse à l'appel a dépassé nos espérances. Nous avons reçu des bons de solidarité des 4 coins de l'hexagone, y compris de Corse ! Outre les syndicats du réseau fédéral CNT-AIT qui ont largement relayé et participé, l'appel a été largement diffusé dans les milieux des activistes cyclistes vélorutionnaires. Sur Paris, c'est d'ailleurs grâce à l'organisation logistique des Vélorutionnaires que la commande a pu être passée et organisée. Au total sur Paris, c'est une vingtaine de vélos qui ont été commandés. Sur Grenoble l'association "Des petits vélos" en a commander 10. Des commandes individuelles sont également parvenues en Allemagne. Les 1800 vélos sont d'ores et déjà écoulés.


MOINS DE 2 MOIS

Le succès de cette action directe a été possible grâce à une campagne de solidarité qui a connu une dynamique inattendue.
A partir du moment, où la volonté de produire de manière autogérée des "strike-bike" a été rendue publique, il aura fallu moins de 2 mois pour que cette initiative fasse le tour du monde. Des commandes sont parvenues de tous les pays d'Europe mais aussi d'Egypte, des USA, d'Australie, du Canada et d'Israël. Le "cas" de Nordhausen dépasse le cadre de la couverture des médias alternatifs. Des reportages de plusieurs minutes ont été diffusés par les principales chaînes allemandes (ARD, ZDF, SAT-1, RTL). Dans plus de 200 journaux allemands sont parues des dépêches et plus de 50 journaux ont consacrés des articles à l'usine de vélos de Nordhausen. Les agences de presse DDP, AP et Reuter ont fait paraître des dépêches réactualisées plusieurs fois durant la journée en mentionnant à chaque fois le site web de la campagne. Des reportages télévisés sur des chaînes françaises, hollandaises, suisses et autrichiennes ont également évoqués Nordhausen.


RENDEZ-VOUS DU 1er DECEMBRE

Les vélos sont arrivés sur Paris et ils sont vraiment magnifiques, tout rouge et noir. Afin que la démarche soit complète, nous avons décidés avec les Vélorutionnaires que symboliquement la distribution soit organisée à l'occasion du rassemblement mensuel qu'ils organisent place du Châtelet, le 1er décembre, à 15 heures, afin de protester contre la dictature automobile et pour une meilleure prise en compte des vélos dans la cité. De plus, ce fut l'occasion d'une discussion à bâtons rompus sur les notions de production et de travail, comment ? Pourquoi ?

Avec l'expérience de Nordhausen comme exemple concret.



Qu'est-ce que l'anarchisme ?

Posté le 29.11.2007 par Collectif
Cliquer sur le dessin !


Bonjour ! Voici la présentation d'une brochure qui explique ce qu'est l'anarchisme:


OSER ET COMPRENDRE LA PENSEE LIBERTAIRE

Contrairement à ce qu'en disent souvent ses détracteurs, l'anarchisme n'est pas une simple "protestation individuelle" ou la manifestation d'un esprit de révolte sans lendemain. Le mouvement anarchiste est NE AU SEIN DU MOUVEMENT OUVRIER comme l'expression de la protestation des travailleurs(ses) contre l'exploitation moderne, et en particulier contre le salariat.

DE LA REFLEXION A LA REVOLTE, DE LA REVOLTE A LA REVOLUTION

Cette brochure vise à donner en quelques pages un aperçu de la pensée anarchiste et des pratiques libertaires.
Ainsi, on y trouve un rappel des origines et de la spécificité de la pensée anarchiste: la liberté comme base, l'égalité économique et sociale comme moyen et la fraternité comme but... Ennemis de toute oppression, économique comme politique, les anarchistes préconisent en remplacement de l'Etat L'ORGANISATION FEDERALISTE LIBERTAIRE de la société.
Celle-ci peut en effet être prise en charge collectivement par les intéressé(e)s eux-mêmes.

La brochure aborde ensuite les modalités de l'action anarchiste: elle vise à la défense des exploité(e)s par les exploité(e)s eux-mêmes sans délégation de pouvoir, via l'auto-organisation (ou autogestion) et l'action collective et autonome des travailleurs(ses). Cette action s'exerce dès aujourd'hui, par exemple dans les syndicats, mais doit aussi permettre de préparer la gestion de la production dans le futur.

Enfin, la brochure aborde l'anarchisme d'hier et d'aujourd'hui, sa place dans le mouvement ouvrier et les révolutions du XIXe et du XXe siècle, et les combats menés plus récemment par les anarchistes.

Ainsi, l'anarchisme a eu une place considérable dans la Commune de Paris en 1871, la révolution russe de 1917 et la révolution espagnole de 1936.
Depuis l'explosion de la révolte étudiante et de la jeunesse de 1968, les idées libertaires ont connu un regain de vigueur, y compris dans le mouvement social, avec la généralisation des concepts d'autogestion ou de gestion directe.
Bien des combats engagés par des anarchistes, que ce soit contre le militarisme, le sexisme, la xénophobie ou les religions, ont fait l'objet de vastes mobilisations, qui pour certaines ont porté leurs fruits.


PERSPECTIVES ANARCHISTES

Néanmoins aujourd'hui, les inégalités entre pays riches et pays pauvres augmentent. Au sein même des pays riches, la misère est croissante. Des atteintes irréversibles sont causées à l'environnement, compromettant ainsi la survie des générations futures.

LE SYSTEME CAPITALISTE basé sur l'accaparement de la propriété privée entre les mains d'une poignée d'actionnaires, nous mène droit à la BARBARIE.
Dans le même temps, la chute des idéologies marxistes ouvre de nouvelles perspectives d'émancipation pour la classe laborieuse.

Face à cela, les anarchistes ont des propositions à formuler pour faire reculer le pessimisme et le fatalisme.
Ceux et celles qui ont à coeur la liberté et veulent abattre ce monde d'oppression peuvent faire leur l'idée anarchiste.

Le fédéralisme libertaire est notre constitution, l'égalité économique et sociale notre objectif. Ce combat ne cessera qu'avec la fin de l'oppression, c'est à dire à l'issue d'une révolution sociale menée à son terme à l'échelle internationale contre les Etats et le patronat.
Tu peux te joindre à nous !


Brochure de 32 pages "Qu'est-ce que l'anarchisme ?". 2005. 2€. Editions du Monde Libertaire.
Commande possible en ligne à: http://www.librairie-publico.com.

Un Village Anarchiste

Posté le 21.11.2007 par Collectif
Photo: couverture du livre sur le VAAAG (Village Alternatif, Anticapitaliste et Anti-Guerres)


Bonjour ! Fin mai début juin 2003, les chefs des 8 Etats les plus riches du monde se réunissent à Evian...

A quelques kilomètres de là, à Annemasse, un village alternatif, anti-capitaliste et anti-guerres (VAAAG) rassemble, en autogestion, plusieurs milliers de personnes venues de toute la France (et d'ailleurs) mettre en actes leurs révoltes contre ce monde cannibalisé par les saigneurs du G8...

Un évènement: c'est à l'appel de l'ensemble du mouvement libertaire (individus, collectifs autonomes, organisations spécifiques et syndicats...) qu'a lieu ce rassemblement pluraliste et unitaire des "rouge et noir"...


4ième de couverture du livre: En 2074 après Spartacus, toute l'Europe est occupée par le capitalisme. Toute ? Non, un petit village de libertaires résiste à l'envahisseur.
Résiste au diktat des maîtres du monde autoproclamés, retranchés dans le camp fortifié du G8 à Evian.

Et pour ne pas être taxé-e-s de contestation stérile, de critique sans propositions alternatives, des libertaires de tous poils, organisé-e-s ou non, ont décidé de créer temporairement un village afin d'expérimenter concrètement l'autogestion au quotidien.

Sans chefs, sans gourous ni maîtres à penser, ils/elles font sortir de terre pendant une semaine un village autogéré avec ses différents quartiers, ses assemblées générales, ses espaces de débats, d'information, sa radio.

Un village où chacun-e a son mot à dire, chacun-e participe aux différentes tâches et corvées.
Sans oublier de préparer collectivement les actions et manifestations contre le sommet du G8.


Extraits de l'introduction du livre: Le VAAAG fut une éphémère mais formidable commune libertaire rendue possible par la volonté et l'enthousiasme des quelques 5000 personnes qui l'ont fait vivre durant plus d'une semaine.

---la connaissance des expériences autogestionnaires et des fonctionnements qui y ont été expérimentés, récemment ou non (communalisme, écoles libertaires, librairies et éditions autogérées, squats autogérés, exemples historiques de collectivisme pendant la commune de Paris ou la révolution espagnole...). Ajoutons à cela la pratique, pour certain-e-s, de l'autogestion dans un groupe politique, militant, ou une association...

Petit à petit, les réseaux libertaires, toutes tendances confondues, se sont mobilisés et ont pris la mesure de l'enjeu, ont fait circuler l'information sur l'existence de ce projet et nous nous sommes saisi-e-s de cette opportunité de matérialiser nos idées dans des pratiques sociales.

Le projet VAAAG devenait publiquement une initiative distincte des initiatives proposées par les altermondialistes regroupé-e-s au sein d'Attac, des groupes d'extrême-gauche, des sociaux démocrates et des humanitaires.

Le VAAAG affirmait sa capacité à être une critique sociale et une initiative proposant une perspective originale et autonome des schémas et credos de gauche, toutes tendances confondues.

C'est que cette mise en pratique des conceptions libertaires des rapports sociaux, même si ce fut de façon parcellaire et limitée par le contexte général de notre société, initie une démarche militante nouvelle dans la contestation radicale qui s'ébauche au fil des manifestations contre la mondialisation capitaliste.

Dans la période particulière que nous vivons, le VAAAG constitue sans doute un des premiers pas permettant au mouvement libertaire de développer des dynamiques collectives spécifiques en phase avec les aspirations profondes des mouvements de contestation actuels.

Cette construction d'une alternative globale au système d'oppression étatique et d'exploitation capitaliste rejetant les inégalités sociales et la délégation de pouvoir, s'élabore sur la base de pratiques d'auto-organisation, de démocratie directe, d'égalité économique et tend à fédérer les individu-e-s et les structures sociales dans lesquelles elles et ils agissent.

C'est à travers ce bouillonnement et ces tâtonnements que des perspectives porteuses d'émancipation individuelle et des formes nouvelles d'organisation sociale verront le jour.

Le village ne se situait pas dans la continuité de ce qui a existé jusqu'à ce jour. Il ne devait être ni la suite de Porto Alegre, ni celle de Florence. Il s'agissait bien d'affirmer une rupture avec un système, celui qui opprime et exploite: le système capitaliste.

Depuis plusieurs années, les mobilisations visant à contrer les saigneurs du G8 prennent de l'ampleur. Pour nous, lutter contre le G8, ne se résume pas à quémander un aménagement "humain" du capitalisme ou à demander sa régulation ou sa taxation par les Etats. Il s'agit, pour nous, de promouvoir un autre type de société au sein de laquelle les rapports humains ne seraient pas fondés sur une logique de profit et de domination.

Les résistances se multiplient et s'organisent. C'est bien par la lutte, l'action directe et par la solidarité que les exploité-e-s et les dominé-e-s inverseront le rapport de force.

Le VAAAG était un lieu autonome et un véritable espace de convergence des résistances à la mondialisation capitaliste.


ORGANISATION DU VILLAGE

-Les quartiers sont organisés autour d'une cuisine collective qui est l'espace central de vie du quartier. Ils se constituent sur le principe de la libre association en tentant de favoriser au maximum les échanges et les rencontres.
Les quartiers sont autonomes dans leurs animations, actions et projets.

Le VAAAG n'étant pas un lieu de consommation mais une expérience d'autogestion, les personnes désireuses d'habiter le village se doivent de s'impliquer dans sa vie quotidienne: participation aux tâches de cuisine, de nettoyage, de décisions collectives, etc.

-Les espaces collectifs inter-quartiers regroupent tous les espaces communs à l'ensemble du village (espace accueil, espace débats/forums, espace médical, espace de coordination des informations et des actions, etc...

-Les AG de quartiers, regroupant l'ensemble des habitant-e-s d'un quartier, sont quotidiennes et permettent l'expression de tout le monde. Elles prennent les décisions concernant l'organisation collective du quartier.

-AG de village: une assemblée générale de village quotidienne regroupe l'ensemble des mandaté-e-s des quartiers. Les décisions prises sont communiquées par radio et affichage.

-Le village développera des relations harmonieuses avec la population locale en l'invitant à participer aux activités du village.


Quelques extraits de témoignages:

- Sur la base de l'organisation en quartiers du village (un quartier étant rattaché à une cantine), nous avons décidé collectivement d'organiser une AG dans chaque quartier tous les matins, suivi d'une AG inter-quartiers rassemblant des mandaté-e-s (délégué-e-s sans pouvoir décisionnel) de chaque quartier, chargé-e-s de retransmettre les décisions prises dans chaque quartier sur les diverses questions concernant l'ensemble du village.

Pendant les 5 jours d'ouverture du VAAAG, l'activité a été débordante, le nombre de personnes sur place impressionnant...
Mais avant ces 5 jours, il y a eu 15 jours de préparation sur place. Et c'est là que l'autogestion a été éprouvée une première fois.
Les champs étaient vides, tout était à faire !
Chacun-e trouvait son utilité.... C'est la notion d'utilité sociale qui se cache derrière ces comportements et qu'on cite si souvent pour essayer de penser le travail autrement... C'est cette idée qui devrait définir l'ensemble du travail à accomplir dans une société autogérée et libertaire.
Cette expérience d'autogestion, nous invite à renouveler l'expérience, afin qu'un fonctionnement autogestionnaire et égalitaire puisse être appliqué à de nombreuses activités de la vie, et puisse représenter un jour une alternative réelle et pratique au système d'exploitation, de domination, de discrimination, de consommation que nous connaissons aujourd'hui.
(Sophie-Chambéry)

- Sur la portée politique du village, il me semble qu'elle est énorme. Dans cette société schizophrène, où seule l'image compte, où le décalage entre les discours et les actes est énorme, sortir du discours pour rentrer dans la pratique de l'autogestion suscite la curiosité.
A Annemasse, les habitant-e-s étaient invité-e-s à venir nous voir vivre autrement, pas par procuration, ni comme dans un zoo, mais dans une vraie relation d'échange et de partage. 300 habitants ont répondu à une invitation à un repas à prix libre.
(Un membre du collectif Claaac G8 Savoie)

- Nous avons vu dès l'ouverture du chantier des gens de différents horizons, militant-e-s politiques, syndicaux, associatifs, routard-e-s, artistes, s'asseoir autour de la table et discuter sereinement des tâches à accomplir, écouter avec respect les propositions de chacun-e, travailler ensemble dans le même sens et, avec des moyens dérisoires, élaborer ce village que nos voisins nous enviaient et dont tou-te-s les visiteurs et visiteuses nous félicitaient pour l'organisation.
Un autre monde est possible.
(Daniel-Lyon)

- Difficile après l'expérience que nous avons vécue et construite au VAAAG de devoir revenir cautionner notre société de consommation, de profit et d'injustice sociale...
L'autogestion dont nous parlions tant durant les mois auparavant s'est concrétisée non plus en étant perçue comme une théorie, une notion, un grand principe presque mythique, mais par la mise en place d'une pratique effective.
Parce qu'il n'y avait pas de système centralisateur, d'instances suprêmes de contrôle et de répression, d'ordre social hiérarchique et de spécialisation dans le travail, la participation à l'effort commun s'est réalisée par un effet de responsabilisation individuelle.
Travailler en autogestion, c'est inverser le modèle capitaliste néo-libéral avilissant et déresponsabilisant du patronat, de la logique du profit et de l'intérêt personnel et individualiste, c'est abolir l'esclavage du travail salarié, c'est élaborer un système d'implication basé sur le volontariat, l'auto-apprentissage et l'échange mutuel de savoirs et de pratiques.
En somme, c'est apprendre à penser et à vivre collectivement.
(Claire-Montpellier)

- Quand on projette de faire un village "témoin" de ce que peut être une autre forme d'organisation sociale, le plus gros travail est évidemment politique.
Matérialiser nos valeurs en modes de fonctionnement, comportements, cultures et structures collectives, c'est ce qui représentait le plus gros défi..., c'est ce qui lui donnait une portée positive et subversive.
(Guillaume-Haute-Savoie)

- L'installation et l'implantation des infrastructures du village (1 dizaine de cuisines collectives, un four à pain, deux bars, 2 chapiteaux dont un avec scène, un camion semi-remorque-frigo, plus les marabouts de la radio, de l'atelier collectif, de l'accueil, des médias, du point-secours, et des tables de presse, plus l'éclairage du site), ne sont pas dues au hasard, mais se sont faites de manière rigoureuse et réfléchie (en gardant quand même une part d'improvisation et de spontanéité) ; le tout en essayant de résoudre l'équation: besoins vitaux/praticité/moyens disponibles/contrainte technique.
Mais grâce à l'arrivée d'outils et de matériels, la création d'un atelier collectif, de réunions collectives de chantier...
(Branche lyonnaise de la Compagnie électrique autogestionnaire -CEA-)

- C'était la fête... Une fête libertaire dans un village essayant l'autogestion...
(Amarou)

-Nous voulions certes une ambiance conviviale mais aussi et surtout nous étions là pour construire, démontrer, apprendre et créer.
(Fred-Sète)

- Chauffe-eau solaire, toilettes sèches, four à pain, capteur thermique, compostage, tri sélectif, auto-éco-construction en bois, bambou...
Voilà ce que l'on pouvait entrevoir à différents endroits du VAAAG qui s'inscrivaient dans son exigence d'être "également le fait de la mise en place d'alternatives concrètes..."
(Adrien-Nîmes)

- Ce qui m'a séduit dans le VAAAG, c'est cette volonté de concrétiser la théorie par la pratique. Après des années passées dans le milieu libertaire, j'avais fini par prendre des distances, déçu par le manque d'expérimentations concrètes du merveilleux projet de société qu'il porte en lui.
Aujourd'hui les anars et libertaires de tous poils dépassent la critique dans les mots par la critique dans les faits.
(Mako)

- Si l'objectif premier du VAAAG était de faire exister un espace d'autogestion, d'alternative sociale en acte et d'expérimentations libertaires, il ne faut pas oublier que celui-ci se tenait à l'occasion de la réunion du G8. En plus de ses dimensions positives, constructives, de propositions, le VAAAG incarnait aussi une opposition à la tenue de ce sommet et se voulait être un espace de contestation et d'action contre les saigneurs du monde qui se réunissaient à Evian.
Cet évènement montra que ceux qui luttent au quotidien contre l'exploitation et l'oppression n'ont pas la mémoire courte et que le mouvement que nous représentions tient à son autonomie par rapport à toutes formes de représentation politique.
Par ses nombreuses actions menées, nous avons montré que nous pouvions être une force de contestation et de protestation en même temps qu'une forme d'alternative sociale porteuse de pratiques autogestionnaires concrètes avec l'expérience du VAAAG.
La force du mouvement libertaire réside bien dans cette capacité à allier la contestation aux expériences d'alternatives sociales. Et c'est pleinement ce qui a été réalisé lors de ces jours là !
(David-Lyon)



Le VAAAG: une expérience libertaire.
140 pages qui marquent notre histoire ! Avec des contributions collectives ou individuelles, photos en couleurs...
Editions du Monde Libertaire et No Pasaran. 2003. 10€.
Commande possible en ligne à: http://www.librairie-publico.com.

C'est l'histoire de l'auto-organisation de ce village que vous retrouverez dans ce livre élaboré collectivement.
Afin que cette expérience ne tombe pas dans l'oubli mais soit une étape dans la construction d'un autre monde, débarrassé de l'aliénation capitaliste, étatique et patriarcale.


A L'EPREUVE DU REEL: un documentaire DVD de 56 mn sur le VAAAG réalisée par Florence Miettaux et Grégory Mouret. 2005. Editions du Monde Libertaire et No Pasaran. JFR Productions. 8€.
Commande possible en ligne à: http://www.librairie-publico.com.

RESISTER C'EST CREER !

L'Autogestion Anarchiste

Posté le 15.11.2007 par anarchie23
La photo: prise de décision dans l'usine autogérée Brukman, en Argentine. Photo issue du film "The Take" de Naomi Klein.


L'usurpation d'une culture de la contestation issue des années 70 a été utilisée pour vider de son sens le concept d'autogestion, terme aujourd'hui galvaudé à tel point que les anarchistes lui préfèrent parfois le terme de "gestion directe".
Et pourtant, l'autogestion est issue des plus profondes aspirations à l'émancipation, sans cesse enrichie par les peuples et les civilisations qui se la sont appropriées. Aujourd'hui, l'autogestion en marche avance plus vite que celle qui pense !
Daniel Vidal, qui introduit cette brochure, en veut pour preuve différents exemples: révolte du Chiapas, mobilisations sociales massives de 95, pratiques autogestionnaires lors du VAAAG (Village Anticapitaliste, Alternatif et Anti-Guerre s'opposant au sommet du G8 à Evian en 2003), mouvement des piqueteros et entreprises autogérées en Argentine...

Les anarchistes restent les partisans d'une autogestion intégrale, articulée de façon fédéraliste, avec pour projets la société égalitaire et la démocratie directe.
Ils sont souvent seuls, dans le champ syndical, à assurer la continuité de la maxime de la 1ère Association internationale des travailleurs: "L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux-mêmes" et de la charte d'Amiens de 1906.

Alors aujourd'hui cet espoir qu'il faut entretenir d'une autogestion qui resurgit parfois, doit aussi nous préoccuper puisque trop souvent, cette pratique sociale s'est diluée dans le réformisme, voire la réaction. Les anarchistes, convaincus de la nécessité de la révolution sociale, affirment leurs conceptions émancipatrices d'une autogestion intégrale dans l'optique d'une orientation libertaire des luttes ou des occupations.

Dans la suite de la brochure, José Maria Fernandez Paniagua propose un bref historique de l'autogestion et de ses origines: en effet, si l'autogestion n'est pas un concept exclusif de l'anarchisme, c'est le mouvement libertaire qui lui a donné le plus de sens dans le champ politique, économique et social. Pour que des notions comme liberté et démocratie ne se transforment pas en des concepts et des faits relativisés, la réactualisation du principe autogestionnaire devient urgente en ces temps de globalisation économique et de dépolitisation généralisée.

Enfin, Nelson Mendez et Alfredo Vallota abordent l'aspect plus idéologique de l'autogestion: pour l'idéal acrate, l'autogestion est un projet ou mouvement social qui, aspirant à l'autonomie de l'individu, a pour méthode et pour objectif que l'entreprise et l'économie soient dirigées par ceux qui sont directement liés à la production, la distribution et l'utilisation des biens et des services. Cette même attitude ne se limite pas à l'activité productrice de biens et de services mais s'étend à la société toute entière, en proposant la gestion et la démocratie directe comme modèle de fonctionnement des institutions de participation collective.

L'autogestion anarchiste prétend à une transformation totale et radicale de la société. L'autogestion est une tentative de modifier l'organisation sociale et la notion de politique, en mettant entre les mains de tous et de chacun, de façon directe et sans intermédiaire, toutes ses affaires.
A nous tous et toutes d'avancer dans ce sens !


Brochure de 48 pages sortie aux Editions du Monde Libertaire en 2006. 3€.
Commande possible en ligne à: http://www.librairie-publico.com.

Gentioux Antimilitariste

Posté le 12.11.2007 par anarchie23
Cliquer sur la photo pour l'agrandir !


Bonjour ! Voici le compte-rendu de la journée du 11 Novembre à Gentioux et ensuite au Villard:

Le rassemblement autour du monument aux morts de Gentioux a réuni cette année environ 250 personnes. Depuis 20 ans, des pacifistes, des libre-penseurs, des anarchistes, etc... se donnent rendez-vous autour de ce monument pacifiste pour dire "Non à toutes les guerres !".

Autour de la statue du petit garçon levant le poing sous l'inscription "Maudite soit la guerre" les différentes organisations présentes (Libre-Pensée, Mouvement de la Paix, Fédération Anarchiste, etc...) ont exprimées leurs refus de la guerre et des armées.

Nous nous sommes retrouvés ensuite (une centaine de personnes environ) au Villard pour y partager nos casse-croûtes ainsi que nos idées dans une ambiance conviviale.
Rencontres, discussions, projets...
Cette année, de nombreuses tables de presse étaient là: celle des Editions Libertaires, de la CNT Creuse, de la Fédération Anarchiste de la Corrèze et de la Creuse...

Jacques Tardi, le célèbre dessinateur de bandes dessinées était également parmi nous.

Malgré le temps un peu frisquet, cette journée est une réussite dans le sens où le 11 Novembre à Gentioux est l'un des moments de rencontre numériquement les plus importants pour le mouvement libertaire creusois.

A bas toutes les guerres et les armées !










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