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anarchie23
Description du blog :
Tout ce qui a trait à l'anarchisme en Creuse et au-delà...
Catégorie :
Blog Politique
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02.06.2007
Dernière mise à jour :
14.07.2008
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Posté le 11.09.2007 par anarchie23
Bonjour ! Le groupe Arthur Lehning de la Fédération Anarchiste de la Creuse a tenu une table de presse anarchiste à ce Festival.
Creuse-Citron (le journal de la Creuse Libertaire) était également présent ainsi que notre ami Christophe avec sa presse libre (Silence ! ; CQFD ; Le Monde Libertaire ; etc...)
Nous avons pu rencontrer de nombreuses personnes interessées par l'anarchisme.

Nous voudrions saluer la parfaite organisation de ce Festival très acceuillant.
Soulignons que les concerts étaient à prix libre, ainsi que l'entrée. Les personnes qui avaient un stand (dont nous faisions partie) ont pu bénéficier de tickets repas gracieusement offerts (bravo les cuistots !). Le camping était également gratuit.
Très bon système également que la consigne des gobelets.

Plus de 4000 personnes ! sont passées au cours du week-end pour visiter les nombreux stands d'énergies alternatives. (panneaux et fours solaires, carburants végétals, lieux de vie agro-écologiques, maisons en rondins de bois, tables de presse, etc...)

Au pied des éoliennes, dans un cadre magnifique, nous avons donc passés un excellent week-end.
Salutations Anarchistes.



--

La Fédération Anarchiste

Posté le 23.08.2007 par Fédération Anarchiste
Cliquer sur l'image pour l'agrandir !


POUR L'ANARCHISME

Des générations d'hommes et de femmes ont tenté, tant bien que mal, d'émanciper leurs sociétés des jougs de l'oppression et de l'exploitation. L'égalité est vite devenue une idée-force qui a guidé leurs pas et leur action.
Au cours de l'histoire s'est constitué, entre autres, le mouvement anarchiste sur des principes et des pratiques visant à la suppression de l'Etat et des classes économiques et sociales. L'originalité du mouvement anarchiste est d'avoir immédiatement saisi et dénoncé la non neutralité des institutions étatiques dans le combat engagé entre les forces de l'émancipation et celles de l'injustice ; d'avoir compris que l'Etat était loin d'être un simple outil utilisable à bon ou mauvais escient ; qu'il portait en lui les germes et la cause des divisions et des inégalités ; que le pouvoir n'a d'autre objet que... le pouvoir ; qu'il n'est pas un moyen mais une fin en soi.
Les anarchistes ont posé en parallèle à l'abolition de l'exploitation économique, la suppression de la domination politique ; considérant avec justesse qu'on ne s'empare jamais du pouvoir pour y renoncer, et qu'il faut donc renoncer au pouvoir.
L'anarchisme s'est vu rapidement confronté aux autres propositions d'organisation sociale parce qu'il a tout de suite affirmé la capacité des hommes à gérer directement leur travail, et celles des sociétés à s'auto-administrer, sans avoir recours aux spécialistes autoproclamés des gouvernements qui assoient leur domination au nom de Dieu, d'Allah, du Roi, du Parti ou de la Démocratie.
Ce que certains appellent faiblesse chez l'anarchisme est en réalité sa force. Loin d'être une idéologie figée, il s'est toujours adapté à l'évolution des sociétés et des rapports sociaux rappelant toujours, sous tous les régimes, la nécessité d'un changement social en profondeur. Prônant une révolution sociale organique, il fut et reste l'ennemi irréductible de tous les systèmes où persistent l'aliénation politique, économique et religieuse.

Ses moyens: la préparation aujourd'hui des bases et pratiques qui devront régir les rapports dans la société de demain. L'entraide au lieu de la charité, la solidarité à la place de l'exclusion, l'autogestion pour en finir avec l'exploitation, le libre fédéralisme contre le totalitarisme des Etats.
Partisans d'un nouvel ordre libertaire et égalitaire, les anarchistes ne rêvent pas pour autant d'imposer un paradis terrestre. Aucune organisation sociale ne peut être parfaite, aucun système ne peut être achevé. S'opposer à une perpétuelle évolution nécessiterait d'employer les méthodes aveugles et totalitaires des régimes qui, à travers le monde, tiennent les peuples en esclavage, au nom de Dieu, du Parti ou de l'économie de marché (parfois même les trois à la fois !).

L'anarchisme n'est pas une fin de l'histoire, mais un mode de résolution du problème social autant qu'une recherche pratique permanente d'harmonie entre responsabilité et liberté, entre individu et société.
C'est pour cela que nous militons à la Fédération Anarchiste et comme nous aimons bien partager nos idées, voici un bref aperçu de ce qu'est notre organisation et des buts que nous nous sommes fixés.




LA FEDERATION ANARCHISTE

La Fédération Anarchiste est un regroupement de militants(tes) politiques organisé sur le principe du libre fédéralisme (c'est à dire la libre association) qui garantit aux groupes et aux individus qui la composent la plus grande autonomie afin de permettre le pluralisme des idées et des actions, dans le cadre d'un pacte associatif que nous appelons nos "principes de base". La Fédération Anarchiste n'est qu'un outil de lutte fonctionnel et rationnel, nous rejetons en effet tout fétichisme d'organisation.

Pas de hiérarchie donc pas de chef chez nous ! C'est à tou.te.s les militant.e.s qu'il appartient de faire progresser leur organisation. Nous ne reconnaissons pas la division dirigeant/exécutant, la participation effective des militant.e.s aux structures collectives de l'organisation est un principe d'éthique et de solidarité.
Ces structures fédérales sont: le journal hebdomadaire "Le Monde Libertaire".
Radio Libertaire (qui émet sur la région parisienne et sur le Net).
La librairie anarchiste PUBLICO située à Paris.
En dehors de ces oeuvres fédérales, les groupes ont aussi des locaux, souvent des librairies, éditent des revues, font des blogs..., menant ainsi leurs propres activités au niveau local.


LE FONCTIONNEMENT DE LA FEDERATION ANARCHISTE

Un comité de coordination existe dans le but de faire connaître les informations, les suggestions, les propositions pouvant émaner d'un groupe ou d'un individu, sans autre droit, pour ceux et celles qui le composent, que celui de n'importe quel autre militant.e de présenter propositions, suggestions, informations. Un certain nombre de secrétariats ont pour rôle d'assurer le bon fonctionnement de la Fédération et de ses oeuvres.
Les secrétaires n'ont pas de pouvoir politique, ils ou elles sont mandatés pour l'exécution de mandats précis et en sont responsables individuellement devant le congrès, instance souveraine de la Fédération. Un secrétaire général est chargé d'assurer la tenue régulière du comité de coordination (Comité de Relation) entre les secrétaires aux Relations Intérieures, aux Relations Extérieures, aux Relations Internationales, à la Trésorerie Fédérale ainsi que ceux qui ont la charge de la radio, des archives et éditions de la FA ; les administrateurs et les membres du Comité de Rédaction du Monde Libertaire en sont aussi partie prenante.
Le Monde Libertaire et la librairie fédérale sont gérés par des administrateurs également nommés par le congrès, un comité de rédaction est chargé de l'élaboration du journal, il est lui aussi composé de membres mandatés par le congrès. Un bulletin intérieur sert de lien "horizontal" et d'outil de débat interne.

Le congrès se tient chaque année, c'est lui qui décide des campagnes à mener, des prises de positions publiques et des axes d'action pour l'année à venir. C'est lui qui nomme tous les secrétaires et autres responsables fédéraux. Le mode de décision en vigueur est celui de l'unanimité ce qui implique des débats menés jusqu'à leur terme pour déboucher sur un consensus.

La FA n'a aucune prétention à être une avant-garde éclairée, cette vision de la politique étant contraire à nos principes. La FA n'a pas non plus la prétention de représenter l'intégralité du mouvement anarchiste, étant cependant résolument synthésiste elle est ouverte à toutes les tendances du mouvement.
La FA ne prétend pas se mettre à la tête des luttes sociales, ses militants se battent pour l'auto-détermination, l'auto-organisation des luttes par ceux et celles qui les mènent, ils luttent aussi contre toutes les formes de récupération politiciennes. La FA est un ensemble de militants(tes) se regroupant pour développer des activités spécifiquement anarchistes, de la manière la plus efficace et la plus constructive possible. La participation aux luttes sociales est nécessaire car sans elles il n'y aura pas d'émancipation possible.


LES BUTS DE LA FA

Nous sommes pour une révolution radicale et globale, à la fois économique et sociale ; pour détruire la société fondée sur la propriété privée ou étatique des moyens de production et de consommation ; pour la suppression de toutes les formes d'exploitation, de hiérarchie, d'autorité. Cette phase de destruction est nécessaire et c'est sans doute pour cela que certains ne voient ou ne veulent voir les anarchistes que comme des partisans fanatiques du désordre. Qu'ils regardent autour d'eux et qu'ils nous expliquent comment faire pire !
Les anarchistes sont, au contraire, partisans d'une société organisée d'une manière beaucoup plus rationnelle et logique que la jungle capitaliste ou les dictatures marxistes-léninistes. Il s'agit, dans le cadre d'une société libertaire, non pas de gouverner les hommes mais d'administrer les choses au profit de la collectivité toute entière.

Nous voulons construire une société libre sans classes ni Etats, sans patries ni frontières dont les buts sont les suivants:
-L'émancipation des individus, leur libération en tant qu'êtres autonomes, libres de leur choix, lucides, critiques et responsables.
-L'égalité sociale, économique et politique de tous les individus (quelque soit l'âge, le sexe, la couleur,...) dont les conséquences sont la fin des classes sociales, des divisions entre les "normaux" et les "déviants.
-La liberté de création, seule garantie réelle contre l'uniformisation, telle qu'on peut l'observer dans la Chine maoïste ou dans nos sociétés de consommation de masse infantilisante.
-La justice, qui découle de l'égalité et de la liberté, ces 3 principes étant incompatibles avec l'existence d'institutions répressives tant judicières que policières ou militaires ; une organisation sociale plus juste doit supprimer la plus grande partie de la délinquance, les crimes restant devant être traités par la prévention et la conciliation.
-L'éducation libertaire et permanente, permettant cet épanouissement le plus complet possible de l'individu et non son adaptation soumise au système productiviste d'aujourd'hui ; la condition en est l'égalité, dès la naissance, des moyens de développement, c'est à dire d'éducation et d'instruction, dans tous les domaines de la science, de l'industrie et des arts.

-L'organisation sociale sur les bases de la libre fédération des producteurs et des consommateurs (autogestion) ; la démocratie directe, non pas électorale et parlementaire mais communale et fédéraliste: pas de mandat en blanc, la coordination des affaires sociales par des délégué(e)s élus pour des mandats précis et révocables à tout moment.
-Une économie tournée vers la satisfaction des besoins et non vers le profit, c'est la consommation qui doit orienter la production et non l'inverse.
-La possession collective ou individuelle des moyens de production et de distribution en excluant toute possibilité pour certains de vivre en exploitant le travail des autres.
-L'abolition du salariat, de toutes les institutions étatiques ou autres qui permettent et maintiennent l'exploitation de l'homme par l'homme ; le salariat est le processus par lequel les détenteurs des moyens de production et de consommation indemnisent ceux qui n'ont que leur force de travail à louer, l'abolir c'est casser ce rapport exploiteurs/exploités.
-Le partage égalitaire des tâches d'intérêt général, l'absence des divisions entre manuels et intellectuels ou entre éboueurs et "jeunes cadres dynamiques".

-L'écologie non seulement pour préserver notre environnement mais pour promouvoir un développement de l'humanité basé sur la qualité de la vie.
-La libre union des individus ou des populations selon leurs convenances ou leurs affinités.
-La liberté d'expression, c'est à dire le droit absolu pour tout individu d'exprimer ses opinions, par oral, par écrit ou à travers tout autre média.
-La libre circulation des individus, l'abolition des frontières, avec l'instauration d'une nouvelle citoyenneté: le fait de s'installer, de vivre dans une commune donnant droit à l'entière participation aux prises de décisions concernant l'ensemble de la vie politique, sociale, économique et culturelle.

EN GUISE DE CONCLUSION

Voilà en quelques lignes un aperçu de ce que veulent construire les militants(tes) de la Fédération Anarchiste.
Rendre possible l'édification d'un ordre social basé sur l'entraide, la solidarité, fondé sur le respect absolu de l'intégrité physique et morale de l'individu, voilà l'Idéal qui nous anime et que nous souhaitons partager avec le plus grand nombre pour un monde meilleur.

Du Développement à la Décroissance

Posté le 16.08.2007 par Fédération Anarchiste
Le développement des forces "productives", conçu par le capitalisme comme la finalité de l'histoire, a engendré une nouvelle religion, celle de la croissance économique. Selon les promesses de l'idéologie libérale, le bonheur devrait se mesurer à l'aune du PNB.

Après un demi-siècle de "progrès", le vaste chantier des "modernistes" prend des allures de ruines. L'homme est atteint dans sa chair et dans sa dignité: aliénation par le travail, chômage, précarité, stress, solitude, mal-être, etc... Les inégalités sociales, tant entre pays riches et pays pauvres qu'à l'intérieur de chaque nation, n'ont jamais été aussi fortes. Allumés et entretenus essentiellement pour des enjeux stratégiques, les conflits armés germent sur tous les continents.

Mais, surtout, parce qu'il met gravement en péril les générations futures, le bilan lié à l'environnement s'avère proprement désastreux. L'empreinte écologique globale de l'humanité (c'est à dire le niveau d'épuisement des ressources et de perturbation des mécanismes régulateurs) dépasse d'ores et déjà de 20% les capacités biologiques de la Terre. A plus ou moins long terme, si l'on maintenait les tendances actuelles, il nous faudrait des ressources équivalant à plusieurs planètes. La croissance n'est plus possible.

Pour remédier à cette situation, le "développement durable" est désigné par les détenteurs du pouvoir (politique, économique, médiatique, etc...), ainsi que par la fraction alter-mondialiste qui rêve d'"humaniser" le capitalisme, comme la panacée. Mais la supercherie ne résiste pas à une réflexion un peu sérieuse. L'ambiguïté même du terme en assure le succès: elle masque le problème en donnant l'impression de le résoudre. Pis, elle déplace le problème pour en créer un autre, plus épineux. Pour les bénéficiaires de la "mondialisation", il ne s'agit nullement de remettre en cause le principe d'économie libérale, mais de faire accepter les règles de l'Organisation mondiale du commerce, avec la perspective, pour quelques centaines de multinationales, de privatiser un peu plus des domaines vitaux comme l'eau, l'alimentation, la santé. Le marché est chargé de remédier à la destruction de la planète infligée par... le marché, la seule concession consistant à en atténuer les dégâts les plus visibles, pour autant que subsistent les profits.

Puisque l'impact écologique met en évidence un "surrégime" par rapport aux ressources de la planète, il faut s'orienter vers une décroissance physique, c'est à dire réduire progressivement la quantité de matières premières et d'énergie mise en jeu. La décroissance n'est pas un choix idéologique ; elle est une nécessité absolue.

Si aucune société n'est écologiquement innocente, c'est à dire si le développement de l'humanité s'accompagne toujours d'une transformation du milieu, c'est bien la course au profit, à l'accumulation, avec la création de besoins artificiels, qui produit une accélération fulgurante de la dégradation des écosystèmes. Le préalable à la mise en oeuvre de cette décroissance est donc la disparition du capitalisme. Parce que ce système a besoin d'une croissance pour survivre, parce que sa logique propre est une dynamique suicidaire, il ne peut accomplir cette décroissance... sauf à supprimer massivement les populations pauvres, c'est à dire perpétrer des génocides.

La deuxième condition est la suppression de l'Etat, dans la mesure où cette dynamique capitaliste ne s'accélère qu'avec la collaboration des différents gouvernements: multiples subventions, mise en place d'infrastructures, prise en charge par la puissance publique de la formation, de la recherche, des coûts environnementaux, des pertes financières, cadre juridique sur mesure... Ne pas s'atteler à la disparition de l'Etat reviendrait à épargner un pilier fondamental du système et un adversaire redoutable, et donc à rendre impossible la transformation profonde de la société.

Toute solution qui ferait l'économie d'une redistribution des richesses serait fatalement vouée à l'échec. Pour que la décroissance puisse être maîtrisée par les différentes populations, pour qu'elle n'ouvre pas la voie à la barbarie des conflits pour l'appropriation des ressources ou aux mesures draconiennes d'un totalitarisme, le problème doit impérativement être posé dans une perspective d'égalité économique et sociale, la gratuité des services publics pouvant constituer un levier essentiel de cette construction.

Si la démarche individuelle de simplicité volontaire, c'est à dire l'adoption d'un mode de vie différent peut représenter la base "philosophique" d'une société soucieuse des générations futures, il est clair que la somme des comportements individuels écologiquement "responsables" ne saurait suffire, loin s'en faut, à édifier une société de décroissance. Ne serait-ce que parce que les domaines les plus dévoreurs d'énergie et de matières premières (complexe militaro-industriel, transports, agriculture, etc...) relèvent des politiques globales, et donc des décisions collectives. Il serait illusoire de penser que nous pourrions faire l'économie d'une révolution.

Parce que la maîtrise par chacun de sa propre existence, parce que la définition par chacun de ses propres besoins ne peuvent en aucun cas justifier une production boulimique, source d'un travail aliénant, seule une société fédéraliste, autogestionnaire peut assurer conjointement l'égalité économique, la justice sociale et la préservation des ressources naturelles.

MOTION du 61° Congrès de la Fédération Anarchiste en 2004 à Rennes.

Objecteurs de Croissance

Posté le 07.09.2007 par anarchie23
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir !)


Bonjour !

Le groupe Lehning de la Fédération Anarchiste de la Creuse était présent avec une table de presse au rassemblement des Objecteurs de Croissance qui s'est déroulé du 26 au 29 Août 2007 au Villard "Les Plateaux Limousins" près de Royère de Vassivière.
Creuse-Citron (le journal de la Creuse Libertaire vendu à prix libre) était également présent.
A signaler que nous étions les seuls avec la revue Silence ! à avoir une table de presse !

Le thème de ces journées était la décroissance.
Vous pouvez voir notre point de vue à ce sujet dans la rubrique [Ouvrages Anars] avec la présentation du livre de Jean-Pierre Tertrais "La Décroissance".
Voir également dans la rubrique [Documents-Affiches] la motion de la Fédération Anarchiste "Du développement à la décroissance".

Ces journées furent l'occasion de débats, d'ateliers, de discussions...
Entre 100 et 150 personnes se sont déplacées à ce rendez-vous afin d'essayer d'élaborer une stratégie pour contrer les politiques de croissance économique, la société de consommation destructrice des richesses de la planète, etc...
Simplicité volontaire, alternatives, écologie...: plein de pistes pour moins consommer et autrement.
En tant qu'anarchistes, nous avons pu exprimer notre point de vue et apporter une note anticapitaliste et anti-étatique dans les débats.
Beaucoup de gens furent d'ailleurs surpris que les anarchistes aient une réflexion conséquente sur le sujet de la décroissance.

Heureux de constater également qu'une partie des idéaux anarchistes aient été repris même partiellement pour l'organisation et le déroulement de ces rencontres.(autogestion, prix libre, démocratie directe, etc...)

Pour plus d'infos, vous pouvez aller sur le site "Objecteurs de Croissance-Rencontres au Villard".




Salutations Anarchistes.

Maurice JOYEUX (1910/1991)

Posté le 09.08.2007 par anarchie23
Bonjour ! Aujourd'hui, nous allons vous parler d'une figure marquante de l'anarchisme: Maurice Joyeux ! Egalement parce que nous connaissons personnellement des membres de sa famille. Et puis pour une question toute bête: est-ce que sans lui, la Fédération Anarchiste serait ce qu'elle est aujourd'hui ?

Le 29 Janvier 1910, Maurice Joyeux naît à Paris.
A 14 ans, sa famille s'installe à Deauville et il est apprenti serrurier. C'est sa première expérience dans le monde du travail et aussi sa première révolte: il casse une côte à son patron qui voulait le frapper. Il est condamné à une amende de 1000 francs. Dès cette époque, il est décidé à ne plus jamais dépendre de personne.

C'est à l'occasion de la manifestation contre la condamnation à mort de Sacco et Vanzetti en 1927 qu'il rencontre le mouvement libertaire. Il a 17 ans.
A 18 ans, sa rébellion contre les brimades imbéciles et gratuites de l'armée le conduit en prison où il passera 3 années et sera traduit 2 fois devant le Conseil de guerre.

En 1932, lors de la grande crise économique, il connaît l'asile de nuit, les soupes populaires. Il s'engage au Comité des Chômeurs dont il deviendra le secrétaire. C'est le début de son action syndicale. Il rencontre toutes les composantes du mouvement ouvrier: communistes, trotskistes, pacifistes et bien sur les anarchistes. Il raconte leurs premières actions dans son livre "Le Consulat Polonais". L'attaque de ce Consulat lui vaut 1 an de prison à Fresnes, en 1933.

Il adhère à l'Union Anarchiste en 1935, et est condamné à 6 mois de prison pour violence à agents. En 1936, il participe aux occupations d'usines et anime le Front Révolutionnaire. Ses idées sur l'anarchisme et l'anarcho-syndicalisme sont développées dans "Autogestion, gestion directe, gestion ouvrière".

Réfractaire à la guerre, il est arrêté en 1940 pour n'avoir pas répondu à sa feuille de mobilisation et est condamné à 5 ans de prison. Incarcéré à Montluc à Lyon, il s'évade après avoir fomenté une mutinerie (sujet de son livre "Mutinerie à Montluc" édité en 1971) ; mais il sera repris et finalement libéré en 1944.

Durant toute sa vie, Maurice Joyeux aura donc fait 10 ans de prison. Durant ces années d'incarcération, il découvre et étudie Proudhon, Bakounine, Kropotkine, Stirner, Malatesta, Reclus... qui viendront compléter sa connaissance de la littérature populaire et sociale (Hugo, Zola, London, etc...)

Mais Maurice Joyeux affirmera la nécessité pour le mouvement libertaire de s'inscrire dans l'évolution des situations contemporaines en ne faisant plus seulement référence aux grands anciens.
Autrement dit, au niveau des principes ne rien changer, au niveau des moyens il faut s'adapter, assumer les évolutions de la pensée.


Dès la libération, il s'emploie donc à la construction de la Fédération Anarchiste et à l'édition du "Libertaire". Il le fera avec Vincey, les frères Lapeyre et une militante qui deviendra sa compagne: Suzy Chevet. La Fédération Anarchiste se structure, se donne des moyens de propagande. Il ouvre une librairie anarchiste à Paris appelée "Le Château des brouillards".

En décembre 1953, c'est la scission: Fontenis, qui avait créer "l'Organisation Pensée Bataille" (O.P.B) à l'intérieur même de la Fédération Anarchiste, provoque son éclatement en plusieurs nouvelles organisations dont la Fédération communiste libertaire (F.C.L).
Mais Maurice Joyeux reconstruit la Fédération Anarchiste autour du nouveau journal "Le Monde Libertaire" (hebdomadaire toujours existant).
Il a rédigé une brochure (L'Hydre de Lerne) racontant l'histoire de la Fédération Anarchiste et publiée en 1967.

Avec sa compagne, Suzy Chevet, et le groupe "Louise Michel", il crée "La Rue", revue d'expression culturelle libertaire.
En 1981, il est le premier invité de Radio Libertaire (radio libre de la Fédération Anarchiste à Paris qui émet toujours).
Il meurt le 9 décembre 1991.

Il nous laisse plusieurs brochures et ouvrages théoriques: "L'Anarchie et la Société Moderne"(1969); "L'Anarchie et la Société Contemporaine" ainsi que 2 livres de souvenirs "Souvenirs d'un anarchiste" et "Sous les plis du drapeau noir".
Commande possible en ligne à: http://www.librairie-publico.com.

Il est sorti également récemment un documentaire filmé retraçant sa vie.

Le dernier couplet de la chanson de Léo Ferré "Les Anarchistes" fait explicitement référence à lui:
"Y'en a pas 1 sur 100 et pourtant ils existent
Et qu'ils se tiennent bien
Bras dessus bras dessous
JOYEUX ! Et c'est pour çà
Qu'ils sont toujours debouts
Les Anarchistes"

Vade retro soutanas

Posté le 05.08.2007 par Elan Noir
Bonjour ! Ce texte vient d'être publié dans le n° d'été de Creuse-Citron, le journal de la Creuse libertaire. Creuse-Citron est vendu à prix libre dans 1 quinzaine de bars creusois et téléchargeable en version PDF sur: http://cnt87.org/
Vous le trouverez également dans les manifs et rassemblements.
Vous pouvez aussi vous abonner (chèque à l'ordre de Citron Libre) et envoyer à: Creuse-Citron C/o CNT23 BP 2 23000 Sainte-Feyre. (1 an -4 numéros- =5€(frais de port)+...prix libre.) (2 ans -8 numéros- =10€...)
Demande d'infos supplémentaires: creusecitron@free.fr


De tous temps les campagnes furent sous l'emprise des vampires du marché, du château ou du clocher, avides de clients, de sujets ou de fidèles ! Pour autant doit-on avaler l'image pieuse de paysans conservateurs voire réactionnaires, soumis à l'Eglise et à ses clercs ?
Comment expliquer que la terre limousine, sillonnée par 10000 prêtres au Moyen-Age, soit devenue la région la plus anticléricale ?
Par l'opération du Saint-Esprit, ou par une histoire de révoltes et de luttes qui ont vivifié ses villes et villages ?

DROLES DE PAROISSIENS !
Au sortir du Moyen-Age la vie sacerdotale ressemblait peu à une "vallée de larmes". Ainsi, en marge de la liste des prêtres du Limousin établie par l'évêché en 1530, on peut lire: "a des relations féminines", "a des enfants", "exerce des activités profanes". A Royère, par exemple, sur 23 prêtres, 16 sont notaires ou marchands. Dans de nombreuses paroisses, ils se regroupent pour gérer leurs biens, faire des prêts à leurs ouailles. Pour un simple paysan, devenir clerc permet d'accéder à quelques avantages, sans pour autant renoncer radicalement aux libres moeurs de l'époque.
Tentant d'exorciser les campagnes, Philippe de Montmorency, évêque de Limoges, brandit ses statuts sacerdotaux: "Tout curé doit avoir auprès de lui un clergeon dont il ne soit pas le père", "Interdiction de servir de fermier des revenus [collecteur d'impôts]" ; il tonne contre les confréries(assemblée de clercs et de laïcs) qui organisent de "phénoménales agapes précédant ou suivant l'entrée d'un nouveau prêtre"...
Les petites chapelles rurales, couvertes de chaume, abritent bien quelque foi... mais aussi parfois des outils, du grain, des animaux. Les fêtes du Saint Patron, telle la Saint-Sébastien à Champagnat, les "ballades" sollicitant quelques guérisons miraculeuses, sont l'occasion de réjouissances bien païennes. Si Louis Pérouas (1) paraït nostalgique de ce qu'il identifie à une "religion du peuple", l'Eglise peut-elle se contenter de ce management "cool" des corps et âmes ruraux, alors que des prédicateurs traversant le Limousin s'effraient de "l'ignorance des vérités de la foi" qui y règne ?


TORNADES DANS LES CHAMPS..., TEMPETES DANS LES BENITIERS
C'est qu'à l'époque çà branle dans le manche et de nombreux hérétiques secouent l'emprise de la papauté et de sa hiérarchie. Luther profite de ces mouvements et, brandissant la seule autorité de la Bible, crée un schisme dans le catholicisme qui donnera naissance au protestantisme. Mais un peu partout des paysans pauvres prennent les armes, et Luther, contre Thomas Müntzer qui prêche un "communisme évangélique", se range aux côtés des princes allemands qui massacrent les manants. De son côté l'Empire (papal) contre-attaque activant les feux de l'Inquisition, brandissant l'Index contre les livres, fomentant la Contre-Réforme.
En Limousin la reprise en mains est assurée par l'évêque Raymond de la Marthonie, traquant les démons par les "Statuts et règlements sacerdotaux" de 1619: interdiction pour les prêtres de cohabiter avec des femmes, de fréquenter les tavernes, de pratiquer des emplois profanes ; contrôle sévère des confréries, des chapelles par les seuls curés ; création à Limoges d'un séminaire pour formater les futurs tonsurés... L'application progressive va permettre de resserrer les rangs (moins de 2000 prêtres en 1700) et d'assurer une base sociale plus sûre (2/3 sont issus de la petite et moyenne bourgeoisie).
De leur côté les paysans ne renoncent pas à échapper à la misère. En Juillet-Août 1789, ils s'arment contre les seigneurs, brûlent châteaux, titres de propriété, privilèges et, ô sacrilège, imposent la suppression de la dîme prélevée par l'Eglise ! Les retombées de cette "Grande Peur" consternent le curé de Crozant: "Presque toutes les municipalités dans les campagnes ont été formées de soi-disant patriotes ennemis de la religion et des prêtres".


PARTAGEUX DU TEMPS DES CERISES...
L'Eglise, tel l'évêque de Tulle Jean-Baptiste Bertrand, s'oppose "à toute notion d'évolution ou de changement social". Le curé de Nouhant (2) fulmine contre l'influence de Montluçon et Boussac qui va jusqu'à "éteindre la foi" ! Le monde ouvrier se développe: manufacture d'armes de Tulle, carrières de kaolin de Saint-Yrieix, ganterie de Saint-Junien, porcelaine de Limoges... Des sociétés populaires se créent, notamment en Janvier 1870 à Limoges sous l'impulsion de porcelainiers de l'Association Internationale des Travailleurs (créée le 18 Septembre 1864).
L'essor des "idées nouvelles" est grand dans les campagnes creusoises: les migrations temporaires des "maçons de la Creuse" (quelques mois au village, le reste de l'année à Paris ou Lyon) concernent plusieurs dizaines de milliers de paysans. Ils s'investissent dans les luttes ouvrières, rapportent les échos de la révolution de 1848. Pierre Labrousse, archiprêtre d'Aubusson, dénonce les méfaits de l'émigration, "démoralisation pour les familles, danger pour l'économie et l'Etat" ! On retrouve ces "paysans-travailleurs" aux premiers rangs des communards parisiens de 1871 puis dans les victimes de la sanglante répression versaillaise, encouragée par l'Eglise et les bien-pensants: "Aucune région française, y compris Paris et sa banlieue, ne fut aussi durement touchée par l'insurrection et la répression qui la suivit que les arrondissements de Bourganeuf et d'Aubusson" (3).


LIMOUSIN, TERRE DE MISSION... IMPOSSIBLE ?
La Commune a marqué très fortement les campagnes creusoises, à tel point qu'Emile Parinet, curé de Fransèches, en décrit les conséquences "désastreuses au plan moral et religieux". En 1876, Alfred Duquesnoy, évêque de Limoges, tente de battre le rappel contre les effets diaboliques des Communes de Paris et Limoges: "Vous, bourgeois de nos villes, propriétaires aisés de nos campagnes, vous industriels, marchands, vous tous qui possédez et qui avez intérêt à la conservation de l'ordre, de la liberté, du droit, vous êtes menacés par les mêmes ennemis, vous pouvez devenir aussi leurs victimes". La peur étant source de foi, l'abbé Jean Grange pourra se réjouir quelques années plus tard (mai 1889): "Il faut distinguer entre la classe élevée et la classe populaire de la région. Nous croyons être dans le vrai en avançant que, depuis 1789, la magistrature, le barreau, l'armée n'ont pas montré autant de foi religieuse que dans ces derniers temps".
Depuis, la messe semble dite, l'anticléricalisme populaire s'est développé, marqué par l'accroissement des sépultures civiles, la diminution des baptêmes. En 1905, le Limousin sera la seule région dont tous les députés votent la séparation de l'Eglise et de l'Etat.
Les tentatives, au siècle dernier, de "réévangélisation" semblent avoir fait long feu, malgré les renforts de membres de la Mission de France à La Souterraine (1944), de prêtres-ouvriers à Limoges (1947), des "Oblats de Marie l'Immaculée" sillonnant en roulotte les campagnes creusoises dans les années 50. Il reste environ 250 prêtres en Limousin...


EMANCIPONS-NOUS LES UNS LES AUTRES...
Enfant, je fus impressionné par l'enterrement d'un paysan creusois "au drapeau rouge". Plus tard j'appris l'importance des "maçons de la Creuse" dans l'anticléricalisme rural. Ainsi les voies de l'émancipation, qui substitue la connaissance à la croyance, ne sont pas uniquement individuelles ; les révoltes, les luttes collectives, si on sait en garder vivante la mémoire, jouent un grand rôle. En se réappropriant notre passé, nous prenons des forces pour changer notre vie, ici et maintenant.
Elan Noir

Notes:
(1) Beaucoup d'informations sont extraites de l'ouvrage de Louis Pérouas, prêtre et historien: Les Limousins et leurs prêtres depuis cinq siècles, 2002, Ed. Les Monédières.
(2) Alain Corbin, Archaïsme et modernité en Limousin au 19ème siècle, 1845-1880, 1975, Ed. Marcel Rivière et Cie, réédité en 1999 par les Presses Universitaires de Limoges.
(3) Limoges la Rouge aura aussi sa Commune. Presses Universitaires de Limoges.







Egalité Economique et Sociale !

Posté le 02.08.2007 par anarchie23
Tous les penseurs anarchistes ont étudié cette question:
- Pour Bakounine, l'égalité économique est primordiale.
- Kropotkine dénonce les inégalités résultant des diverses sortes de travail.
- Pour Proudhon, produire est un acte collectif et aucun individu ne peut exiger une part privilégiée personnelle.

Dans le monde capitaliste, tout s'exprime en argent: l'individu, sa fonction, son métier, son degré de respectabilité, sa place dans la société.
L'inégalité des salaires distingue le chef du subordonné. Même la rétribution due au travail change de nom: toucher un salaire est moins honorable que percevoir des appointements, un traitement ou des honoraires.
Tout le système social repose sur cette inégalité des revenus qui assure aux uns largement le superflu et aux autres moins que le nécessaire.

Pour Jean Barrué, si l'on réfléchit à cette inégalité, on s'aperçoit qu'elle n'est fondée ni sur l'utilité du travail, ni sur son caractère pénible ou dangereux, ni sur le temps mis à l'effectuer, ni même sur la plus ou moins grande intelligence de l'individu.

Pour Louzon, l'exploitation a toujours été basée sur le même motif: la différence de valeur entre les différentes sortes de travaux. Tous les travaux, prétend-on, n'ont pas la même valeur ; il y a des travaux ou des fonctions "nobles" tandis que d'autres ne le sont pas... Le travail manuel est un travail de qualité inférieure ; ceux qui effectuent un travail "supérieur", un travail où l'on ne se salit pas les mains, ont droit à une considération particulière et ensuite à une part du travail des manuels...

L'homme de la rue, le bon citoyen, justifie en général l'inégalité des salaires par: n'importe qui peut faire un manoeuvre alors que n'importe qui ne peut pas faire un ingénieur.

Les anars disent que certains métiers manuels exigent une endurance et une force physique dont sont privés bien des gratte-papiers pourtant favorisés par la hiérarchie des salaires !

Alors, a quoi bon proclamer l'appropriation collective des moyens de production, si le producteur ne fait que changer de maîtres, avec la seule promesse fallacieuse d'une égalité rejetée dans l'avenir ? La révolution ne serait qu'une monstrueuse escroquerie !

A temps égal, et quel que soit le travail effectué, tous les individus doivent être égaux économiquement !
Cette revendication, ce bon sens, cette exigence est nécessaire pour qu'une société anarchiste soit réellement une société anarchiste.
Sinon, nous serons toujours dans une société inégalitaire !

Anars Réfugiés en Creuse

Posté le 29.07.2007 par anarchie23
Bonjour ! Nous allons vous parler d'un couple d'anarchistes qui avait trouvé refuge en Creuse pendant la guerre de 14/18. Par contre, nous ne savons pas où ce couple s'était planqué exactement. Alors, si vous avez des infos là-dessus, çà serait vraiment très sympa de nous les communiquer.

Voici leur biographie: Stephen MAC SAY (de son vrai nom Stanislas Alcide Masset), né le 15 octobre 1884 à Beaurepaire-sur-Sambre dans le nord de la France et décédé le 10 mars 1972 à Morancez dans l'Eure-et-Loir. Militant anarchiste, professeur de français, forain puis apiculteur.

Il s'oppose très vite à l'enseignement "officiel" et le quitte. En 1906 il rejoint, avec sa compagne Marie-Adèle Anciaux (dite Mary Smiles), l'école libertaire de Sébastien Faure "La Ruche" (communauté éducative fondée sur les principes libertaires qui a fonctionnée de 1904 à 1917 près de Rambouillet) où ils enseigneront tous les deux jusqu'en 1910.

En 1909, il fonda le journal Le Fouet, organe du Groupe d'action des régions d'Avesnes, de Verviers et de Valenciennes, puis organe du Groupe d'action et de défense des départements du Nord et de l'Aisne, enfin organe mensuel d'éducation et de lutte ouvrière. Le siège du journal était à La Flamengrie (Aisne).

Les archives de la police nous confirment (nous les avons demandé au musée de la Police !) que Stephen Mac Say était bien recherché (et traqué par un indic du nom de Foureur) de 1909 à 1912 pour non présentation au service militaire.

Avant la guerre de 1914, il collabore aux Temps nouveaux, au Libertaire, à L'Anarchie (de 1906 à 1911), à l'Idée libre (revue d'éducation sociale fondée par Lorulot)De 1915 à 1917, au périodique d'E.Armand "Pendant la Mêlée" et "Par-delà la mêlée" qui lui succéda à partir de janvier 1916.

Ensuite, Stephen Mac Say deviendra forain, puis apiculteur.
Pendant la guerre de 14/18, bien que réformé, il se réfugie dans la Creuse avec sa compagne, craignant quelques ennuis à cause de son engagement antimilitariste.

Après la guerre, il reprend ses activités militantes, et particulièrement sa collaboration régulière aux journaux anarchistes "L'En Dehors", "Le Libertaire", "Les Temps Nouveaux" etc... ; ainsi qu'à l'Encyclopédie Anarchiste de Sébastien Faure.
Dans le premier numéro de "l'En-dehors" daté du 31 mai 1922, journal individualiste d'E.Armand, Mac Say fait de la réclame pour son miel !

La "Voie Libertaire", organe de l'Association des fédéralistes anarchistes, le compta parmi les siens dans sa rubrique "Nos collaborateurs" le 9 mars 1929. Ainsi qu'au "Semeur" de A.Barbé de 1927 à 1936. Il collabora également au prelier numéro de l'Unique (1er juin 1945) sous-titré dans ses débuts "Bulletin intérieur exclusivement réservé aux amis d'E.Armand" !

Dénoncé comme juif pendant la 2ième guerre mondiale (ce qui, soit-dit en passant, était faux) il est à nouveau contraint de quitter sa maison (celle de Gourdez-Luisant dans l'Eure-et-Loir ?) avec Mary.

Humaniste et amoureux de la nature, Stephen Mac Say écrira de nombreux livres et brochures contre la vivisection, ainsi que sur l'éducation des enfants et la santé: "L'école laïque contre l'enfant" ; "De Fourier à Godin" ; "Les bêtes proches de l'homme" ; "Propos sans égards", etc....
Dans "Vers l'éducation humaine"(1911) il dénonçe l'écrasement de l'élève par l'institution scolaire et annonce sur ce plan Paul Goodman et Yvan Illich. Il réhabilite l'autodidactisme, la connaissance primordiale de soi, l'introspection. Cette démarche de précaution et de réalité doit précéder pour lui tout acte pédagogique.



Marie-Adèle ANCIAUX (dite Mary SMILES) né le 8 mars 1887 à Prisches (dép. du Nord) et morte le 9 février 1983 à Chartres. Militante et pédagogue libertaire.

Compagne de Stephen Mac Say, elle va partager sa vie durant tous ses engagements pendant plus de 60 ans de vie et de luttes communes.

Elle enseignera de 1906 à 1910 à "La Ruche".
Outre son action éducative, elle est inséparable de l'action de Stephen en faveur de la nature et en particulier de la défense des animaux au sein de la "Ligue contre la vivisection".

Quelques infos complémentaires:
- de 1928 à 1952 existait les éditions "La Sauvagette" à Gourdez-Luisant (Eure-et-Loir) où de nombreux livres de Stephen Mac Say ont été publiés. Il semblerait que c'était dans sa propre maison.
- Maurice Laisant a écrit une biographie de Stephen Mac Say intitulée "L'éducateur, l'humaniste, l'ami des bêtes" de 11 pages publiée en 1978 par un groupe de la Fédération Anarchiste (Groupe La Boëtie).
Contient-t-elle des détails supplémentaires sur le "séjour" de Stephen Mac Say et de Mary Smiles en Creuse ?
- Stephen Mac Say a écrit dans une lettre en 1971:
"Connu de tous sous cette appellation -Mac Say- je n'ai jamais utilisé qu'à mon corps défendant, lorsque les circonstances l'exigeaient, le nom que m'a imposé, dès ma naissance, la société".

Nestor MAKHNO (1889/1934)

Posté le 24.07.2007 par anarchie23
(Vous pouvez agrandir la photo en cliquant dessus !)


Bonjour ! Puisque demain 25 juillet, les anarchistes du monde entier commémoreront l'anniversaire des 73 ans de la mort de Nestor Makhno ; que des compagnes et des compagnons iront fleurir sa tombe au Père Lachaise et qu'également nous avons un compagnon anarchiste creusois qui a repris son nom pour son e-mail, voici une petite biographie de celui-ci:

Nestor MAKHNO, anarchiste ukrainien né à Houljaipole le 27 octobre 1889 et mort à Paris le 25 juillet 1934.

Fils d'anciens serfs, la petite enfance de Makhno, dont le père meurt alors qu'il n'a que 11 mois, est marquée par une grande misère. Dès 10 ans il doit quitter l'école pour travailler et aider sa famille dans le besoin. Conscient de l'injustice dont il est victime, il ne comprend réellement la lutte de ses ancêtres, les Cosaques de Zaporijjia, pour la liberté, que le jour où, à 13 ans, ne supportant plus de voir un garçon d'écurie se faire rouer de coups par les jeunes maîtres, il court chercher de l'aide auprès du premier garçon d'écurie, Batko Ivan, qui se rue sur les 2 hommes. Tous les employés demandent alors leur compte auprès du vieux propriétaire qui prend peur. Cette première révolte marque profondément le jeune Makhno.

En 1906, période de grande répression tsariste, il fait la connaissance de paysans anarchistes de Goulaï Polié. Ce groupe de paysans libertaires édite et distribue des tracts, répond par l'action directe à la terreur gouvernementale, au travers notamment d'expropriations. A l'instar des autres anarchistes de l'Empire russe, ils décrètent la "Terreur Noire" contre le tsarisme. Suite aux attentats avortés du groupe de Goulaï Polié (contre le gouverneur de la province puis contre la filiale locale de l'Okhrana) Nestor Makhno est arrêté avec 13 de ses compagnons. Il échappe à la peine de mort en raison de son jeune âge, et ne sort de prison qu'à la révolution, 9 ans plus tard. En prison il découvre le livre "L'Entraide" de Pierre Kropotkine, fait la connaissance de Piotr Archinov, et, témoin de l'attitude servile des intellectuels envers les gardes-chiourmes, cesse de croire en l'honnêteté révolutionnaire des hommes politiques.

Après sa libération, il retourne à Goulaï Polié où il décide de créer une Union des paysans en 1917 qui devient un soviet. Comme une traînée de poudre, l'initiative se répand chez les ouvriers et les paysans de toute la région. C'est le retour des expropriations, de la collectivisation des terres, des usines et des ateliers. Cette période voit également la naissance de Communes reposant sur le volontarisme, l'égalité, la solidarité et l'autogestion de certaines manufactures.

Le 6 janvier 1918 l'Assemblée Constituante est dissoute, la situation est si confuse que les armées austro-allemandes en profitent pour pénétrer en Russie et menacer le régime bolchévique. Le 3 mars 1918, par l'accord de Brest-Litovsk, Lénine accepte le démantèlement de l'ex-Empire russe. L'Ukraine, sous protectorat austro-allemand, est de nouveau confronté aux exactions commises par le retour des allemands et des propriétaires terriens. Des insurgés se soulèvent et un bataillon composé de volontaires de Goulaï Polié se forme pour venir en aide à la ville d'Alexandrovsk et lutter contre l'occupation militaire. Les troupes allemandes en profitent pour occuper Goulaï Polié.
Makhno part à Moscou pour discuter avec Lénine de la situation ukrainienne. De retour à Goulaï Polié, il se démène pour réveiller l'esprit de révolte et préparer le soulèvement contre les oppresseurs. Septembre 1918 voit la naissance de la fameuse "Makhnovchtchina" et de ses drapeaux noirs. En moins de 3 mois, les makhnovistes libèrent une importante partie de l'Ukraine orientale.

Les troupes d'occupation vaincues, le nouvel ennemi est le général Dénikine dont les troupes sont constituées d'officiers nationalistes. Portant un ruban blanc ils sont appelés "les blancs".
Devant la menace que représentent Dénikine, Lénine et Trotsky créent une nouvelle armée, l'Armée Rouge, où la plupart des soldats sont recrutés de force.
Makhno et ses troupes se soulèvent immédiatement contre les "blancs", mais hésitent à se battre aux côtés des rouges. Il accepte d'intervenir néanmoins par solidarité. Mais les rouges tentent de s'accaparer le pouvoir local. Comprenant le but de leurs manoeuvres, il les chasse.
La population, fuyant devant l'armée des blancs qui pillent, violent et fusillent, cherche à rejoindre Goulaï Polié, centre de l'insurrection. Des centaines de paysans viennent grossir les troupes makhnovistes qui se reforment rapidement. Mais les armées de Dénikine ne cessent de progresser, il faut donc agir au plus vite, aussi un accord est passé entre les anarchistes et les rouges.
Mais les bolchéviques, inquiets du nombre croissant d'anarchistes et socialistes révolutionnaires au sein des troupes de Makhno, abandonnent l'Ukraine.

Makhno mène la lutte jusqu'en 1919 contre les forces blanches et les troupes d'occupation allemande et autrichienne. Puis, les makhnovistes, déclarés hors-la-loi par les bolchéviques, sont obligés de prendre les armes.
En août 1920, Makhno est blessé lors d'un combat contre les sociaux-traîtres rouges.

Craignant pour sa vie, il quitte l'Ukraine pour la Roumanie puis la Pologne. Il se rend ensuite à Dantzig où il est arrêté et détenu. Grâce à un petit groupe d'anarchistes locaux, il s'évade puis rejoint Paris où à la suite de rencontres intéressantes il fonde le journal Dielo Trouda (La Cause du Travail). En 1926 paraît le texte connu comme "La Plate-Forme d'Archinov". Texte important proposant une méthode organisationnelle des anarchistes suite aux échecs en Russie.
Il reprend ses activités mais sous un angle théorique. Malade, ayant des blessures de guerre mal soignées, il meurt à Paris le 25 juillet 1934, laissant ses récits d'Ukraine inachevés.

Makhno, organisateur anarchiste hors-pair, aura eu à combattre à la fois 3 armées différentes: Les troupes d'occupation austro-allemandes, "les blancs" nationalistes et les rouges bolchéviques. Tout d'abord "allié" des rouges, ceux ci auront été finalement ses pires ennemis.
L'on retrouvera d'ailleurs durant la guerre d'Espagne quelque peu le même cas de figure.(Staline envoyant ses troupes plus pour éliminer le mouvement anarchiste que pour combattre le régime de Franco)

Pour plus d'infos, vous pouvez lire "Nestor Makhno, le cosaque libertaire" et "Les anarchistes russes, les soviets et la révolution de 1917" d'Alexandre Skirda.
Disponible à PUBLICO, 145 rue Amelot, 75011 PARIS.

Il existe également un documentaire "Nestor Makhno, paysan d'Ukraine" réalisée en 1996 par Hélène Châtelain.

Les Fachos nous assassinent !

Posté le 23.07.2007 par anarchie23
(Ilya, notre compagnon assassiné par les fachos)

Le 21 juillet, des skinheads nazis ont attaqué un camp antinucléaire anarchiste à Angarsk en Sibérie et ont tué Ilya. Ilya était un anarchiste russe de 21 ans faisant parti du groupe "Action Autonome" de Nakhodka.

Ces fachos, au nombre de quarante, sont entrés dans le camp avec des barres de fer, des couteaux et des pistolets pneumatiques.
Les tentes du camp ont été incendiées et du matériel a été volé.
Les autres participants(tes) du rassemblement au nombre d'une dizaine de personnes ont été grièvement blessé(e)s.
La police et les secours ont mis plus d'1h pour arriver sur place.

Depuis plusieurs mois, les attaques de nazis-skins se multiplient sur tout le territoire russe à l'encontre des anarchistes, des anti-autoritaires, des écologistes et des gays.

Les médias français préfèrent nous abreuver la tête avec un accident d'autocar rempli de cathos. Les anars peuvent se faire assassiner: y'aura pas une ligne.

Nous sommes indigné(e)s !
La lutte contre le fachisme et la mafia nucléaire est plus que d'actualité !
Solidarité internationale pour Ilya et toutes et tous nos compagnes et compagnons qui luttent contre la gangrène néo-nazi et les lobbies nucléaires !
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