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anarchie23
Description du blog :
Tout ce qui a trait à l'anarchisme en Creuse et au-delà...
Catégorie :
Blog Politique
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02.06.2007
Dernière mise à jour :
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23.07.2008
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23.07.2008
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Sarkopen !

Posté le 21.07.2007 par anarchie23

Hé oui ! Voici la preuve !

Cliquer sur la photo ! C'est encore plus net !


Sarkosy a le discours mais également la gestuelle des fachos !



--

La Valetaille Etatiste !

Posté le 20.07.2007 par anarchie23
Ah Pou la la !
Attention ! Bestiole contaminante et dangereuse !

May-Picqueray (1898/1983)

Posté le 15.07.2007 par anarchie23
Bonjour ! Puisque notre 1er groupe de la Fédération Anarchiste en Creuse en 1991 s'appelait "May-Picqueray", voici donc la biographie de cette militante anarchiste:

May-Picqueray aurait pu, comme tant d'autres, n'être qu'une petite bretonne ordinaire. Papa convoyeur postal. Maman couturière en chambre. Le certif à 10 ans 1/2 avec la mention "très bien". Et, à 11 ans, au boulot ! Sa voie semblait toute tracée. Mais les hasards de la vie ont fait qu'il en a été tout autrement.

Placée chez un négociant à Penhoët, elle y resta peu et fut engagée par une institutrice pour s'occuper d'un de ses deux fils épileptique. Considérée comme l'enfant de la maison, elle partit avec ses employeurs et leurs 2 fils au Canada. Deux ans plus tard, le petit épileptique meurt et elle fréquente alors le lycée de Montréal. Mais arrive la guerre de 14/18: le négociant regagne la France et est tué, sa femme meurt et un oncle recueille le fils restant. Quand à May, elle est rapatriée.

Elle travaille alors comme interprète puis dactylo bilingue. Mariée une première fois, elle quitte son mari qui se droguait.
Arrivée à Paris en 1918, elle se lie à Dragui, étudiant en médecine qui l'initie à l'anarchisme. Elle rentre chez les anars et n'en sortira plus jamais. Elle participe aux sorties champêtres collectives que pratiquaient volontiers les compagnes et les compagnons. Elle connaît là Sébastien Faure (militant anarchiste ayant créé l'école libertaire La Ruche) et Louis Lecoin (célèbre militant libertaire pacifiste ayant, entre autres, fait une grève de la faim en 1963 pour faire adopter sous le régime gaulliste le statut d'objecteur de conscience). Mais Dragui part pour l'Allemagne...

En 1921, elle défraye la chronique en envoyant un colis piégé à l'ambassadeur des Etats-Unis à Paris (il explosera sans faire de victimes) pour protester contre la condamnation à mort de Sacco et Vanzetti.(anarchistes émigrés italiens accusés de meurtre injustement)
Inscrite au groupe des Jeunesses anarchistes des Ve et XIIIe arr. et aux Jeunesses syndicalistes, elle devient en 1922 secrétaire administrative de la Fédération des Métaux de la CGTU. Elle assiste au 1er congrès de la CGTU à St-Etienne.

May-Picqueray fut déléguée au IIe congrès de l'Internationale syndicale rouge à Moscou en 1922 où elle ne passera pas inaperçue: elle monte sur la table pour dénoncer des congressistes en train de s'empiffrer pendant que le peuple russe crève littéralement de faim. Elle ose chanter "Le Triomphe de l'Anarchie" en fin de repas alors que résonnent les choeurs de l'allégeance au marxisme. Et elle refuse de serrer la main au "généralissime" Trotski -grand chef de l'Armée rouge et bourreau des marins de Kronstadt et des paysans makhnovistes ukrainiens- à qui elle est pourtant venue demander (elle l'obtiendra) la libération de 2 jeunes anarchistes russo-américains. (Mollie Steiner et Sonya Flechine, condamnés à la déportation aux îles Solovietsky).

Bloquée à Moscou pour défaut de passeport, elle put revenir grâce à de faux papiers mais arrêtée à la frontière franco-belge, elle fut écrouée à Avesnes-sur-Helpe et condamnée pour usage de faux.
Quelques mois après son retour, la Fédération des Métaux étant passée sous influence communiste, elle la quitte.
En 1924, May-Picqueray est au meeting de La Grange-aux-Belles pour faire le coup de poing lors duquel les bolchéviques de chez nous tuèrent 2 ouvriers anarchistes à coups de revolver.
Elle partit ensuite pour la province (à St-Tropez) où, mi-rédactrice, mi-correctrice, elle travailla pendant 7 ans dans un journal régional. Elle fut également, pendant 3 ans, la secrétaire particulière d'Emma Goldman (militante anarchiste féministe très connue).

Elle revient à Paris pendant la guerre d'Espagne et travaille pour diverses oeuvres de bienfaisance. A partir de juin 1940, à Toulouse, elle s'occupe des camps de concentration français de la zone libre, en particulier des camps de Noé et du Vernet. Elle favorisa plusieurs évasions, puis se sentant suspectée, elle dut quitter la région. Elle n'en continua pas moins, de manière indépendante, à fabriquer des faux papiers pour des évadé(e)s ou des résistants(tes) de divers groupements.

May-Picqueray devient ensuite correctrice à Paris puis dans un journal local en province et adhére au syndicat des correcteurs lors de son entrée dans la presse parisienne. Elle fut l'une des 4 ou 5 femmes, toutes militantes, que comptait alors ce syndicat.
Elle fonde l'association "Les Amis de Louis Lecoin" pour apporter une aide pratique aux insoumis, réfractaires et autres objecteurs de conscience. C'est là qu'elle fait paraître le journal "Le Réfractaire" dans lequel elle écrit une foultitude de textes au vitriol.

Et puis, jusqu'au bout, on la retrouve en mai 68, au Larzac en 75, à Creys-Malville en 77... Bref, jusqu'à sa mort en 83, May n'en aura pas raté une !
Elle était d'une intransigeance de tous les instants, d'un courage à toute épreuve et d'une gentillesse jamais démentie.
Cette réfractaire à toutes les injustices comme à toutes les oppressions nous incite à ne pas désespérer de l'espèce humaine !

May ! On t'aimait, tu nous manques et on t'aimera toujours !


On peut retrouver May-Picqueray dans son livre "Mes 81 ans d'anarchie" (13€ aux Editions Libertaires et à commander à PUBLICO 145 rue Amelot 75011 PARIS) et dans le film de Bernard Baissat "Ecoutez May-Picqueray" (sorti en 1984 en 16 mm)



La Fédération Anarchiste de la Creuse

Posté le 11.09.2007 par anarchie23
Voici un petit historique de l'implantation de la Fédération Anarchiste en Creuse:

-En 1991, lors de la guerre du Golfe, un groupe d'une dizaine de personnes mènent des actions en Creuse (collages, manifestations, participation au rassemblement antimilitariste de Gentioux, conférences, etc...).
Ce groupe, qui s'appelait "May-Picqueray" (militante anarchiste auquel nous avons consacré un portrait -voir dans la rubrique "Portraits d'Anars"-) fut également le fer de lance de la revue littéraire "Le Temps des Noyaux" du côté d'Auzances où participait, entre autres, l'ami Théophile (écrivain, parolier de chansons de Bernard Lavilliers et de bien d'autres artistes, poète et animateur d'une émission sur la poésie à Radio-Libertaire...)

- A la fin de la guerre du Golfe, le groupe s'éparpille: ne reste à la Fédération Anarchiste que quelques militants(tes) isolé(e)s. L'un d'eux participant comme animateur pendant 2 ans à l'école libertaire Bonaventure sur l'île d'Oléron (de 93 à 95), un autre créant la revue anarchiste "La Bête Noire" ; d'autres arrivants(tes) en Creuse et se fédérant individuellement à la Fédération Anarchiste.

Activités durant cette période:
-Camping libertaire à La Celle-Dunoise durant 3 étés.
-Participation active contre les bétonneurs du tunnel du Somport dans les Pyrénées (lutte étalée sur 1 dizaine d'années)
-Occupation des Assédic et de la mairie de Guéret pendant 1 mois en soutien au mouvement des chômeurs en 98.
-Vente à la criée du journal "Le Monde Libertaire" sur les marchés de Guéret.
-"Réquisition" d'un jardin en friche à Guéret avec distribution des légumes aux gens du quartier.
-Collectivisation d'un champ à Savennes (Terre Noire).
Et puis toujours des collages d'affiches et d'autocollants anars, participation tous les 11 Novembre au rassemblement antimilitariste de Gentioux et à diverses manifestations, organisation de conférences et de concerts...
Aide, participation et soutien à la création de la CNT Creuse (syndicat anarcho-syndicaliste toujours opérationnel)
Participation au SEL de Creuse "Le Carrousel" depuis son origine.

- Depuis 2001, création du groupe "Arthur Lehning": -Voir dans la rubrique "Portraits d'Anars" la biographie de ce militant anarchiste-.
Le groupe oscille entre 2 et 8 personnes + 1 quinzaine de sympathisants(tes) composé(e)s de diverses personnes du mouvement libertaire (anciens(nes) adhérents(tes) à des organisations anarchistes ; anars non fédérés, etc...)
-Participation au journal de la Creuse libertaire "Creuse-Citron" depuis 2004.
-Fabrication du Bulletin Intérieur de la Fédération Anarchiste de 2004 à 2006.
-Organisation de Rencontres et de Formations Anarchistes au Villard près de Royère-de-Vassivière.(Août 2006)
-Mise en place d'une table de presse anarchiste.(Vente dans les manifs, festivals, concerts, rassemblements...)
-Création du blog "anarchie23".(juin 2007)
-Participation aux Rencontres des Objecteurs de Croissance et au Festival Eho Liens.(été 2007)
-Tenue d'une table de presse anarchiste à Bord St Georges dans des concerts metal et punk. Collaboration avec l'association Freesounds.
-Organisation du 65ième Congrès national et fédéral de la Fédération Anarchiste en mai 2008 au Villard, près de Royère-de-Vassivière.
-Tenue d'une table de presse anarchiste au Forum Social Limousin à Limoges (mai 2008) ainsi qu'au Villard pour le festival du documentaire politique et social "Bobines rebelles".

Aujourd'hui donc, la Fédération Anarchiste en Creuse est composée d'un groupe et de plusieurs militants individuels.



Vous pouvez évidemment contacter notre groupe (Arthur Lehning) via ce blog ou la Fédération Anarchiste à l'adresse suivante:
PUBLICO
Relations Intérieures
145 rue Amelot
75011 PARIS

La Mémoire des Vaincus

Posté le 09.07.2007 par anarchie23
(Cliquer sur l'image pour l'agrandir !)

de Michel RAGON. Paru en 1989. Roman historique.

"Le peuple commence à apprendre à se passer de Dieu, il saura bien aussi se passer de gouvernement !"

A la veille de la 1ère guerre mondiale, Fred et Flora, deux gamins des rues, battent le pavé de Paris. Le destin va les conduire dans les sillages de la célèbre bande à Bonnot, puis vers l'aventure anarchiste. Mêlant l'histoire au mythe et à l'autobiographie, ce récit romanesque à grand souffle nous entraîne, sur les pas de son héros, de la Russie de 1917 à l'Espagne du Front Populaire, de la vie ouvrière à la bohème artistique, parmi une foule de personnages obscurs ou illustres, tous animés par cet "increvable esprit de liberté" qui renaîtra en mai 68 et surmontera l'effondrement de l'utopie communiste. Une grande fresque populaire.

Dans ce roman historique fort bien documenté, Michel Ragon nous raconte la vie d'un de ces compagnons de lutte qu'il présente sous le pseudonyme de Fred Barthélémy. Les idéologies du siècle y défilent dans toute leur complexité à travers de nombreux évènements et personnages historiques réels, mais aussi par le biais des actions de femmes et d'hommes moins connus, ces insoumis anonymes et éternels vaincus par un pouvoir violent et geôlier de consciences. Une excellente introduction au mouvement anarchiste européen et aux idées libertaires en général. D'aucuns y perçoivent que Ragon fournit de quoi "en finir pour de bon avec la domination et les pouvoirs rétrogrades actuels érigés en pensée unique".

A partir d'un savant sondage des "poubelles de l'histoire" (comprendra qui lira), Michel Ragon, dans ce livre, met en oeuvre une passionnante fresque prolétarienne de l'histoire politique du XXe siècle, où se croisent Sorel, Péguy, René Valet (et les autres de la bande à Bonnot), le vieux Kropotkine, le jeune Jacques Doriot, Nestor Makhno, Victor Serge, Durruti et Andreu Nin, Félix Dzerjinski, Lénine, Trotsky, Gorki, Paul Delesalle, Vigo, Céline, Andrey Vyshinski... Une sorte de livre noir du communisme façon roman anar.

A travers le récit du destin haut en couleurs du personnage principal Fred Barthélémy, rejeton parigot des rues insalubres du faubourg Poissonnière -tour à tour ajusteur, soldat, clochard, conseiller de Zinoviev de 1917 à 1924, fougueux polémiste anarchiste, bouquiniste et retraité miséreux des banlieues rouges- Ragon rend un vibrant hommage à ces figures oubliées, broyées sous le rouleau-compresseur du "sens de l'histoire". Un bouquin si riche qu'il est impossible d'en proposer une synthèse digne de ce nom.

Un livre-culte pour moults anars, peut-être plus abordable que des longs traités d'anarchie. Roman historique pour comprendre la réalité des luttes pour la liberté du siècle passé.
Et pour préparer celles de l'avenir.
Incontournable !

Disponible à la librairie anarchiste:
PUBLICO
145 rue Amelot
75011 PARIS
Tél:(33)01/48/05/34/08.
Ou en ligne à: http://www.librairie-publico.com.

Syndicalisme Anar et Communiste (1920/1930)

Posté le 06.07.2007 par anarchie23
PHOTO: Meeting CGTU en 1930 à la Grange-aux-Belles (où en 1924, des communistes ont assassinés des anarchistes)


Bonjour ! Après moults recherches afin de comprendre un peu mieux dans quel contexte pouvait se trouver notre Adrienne du billet précédent (plus coco qu'anar ou l'inverse ?...) voici un petit topo de ce qui se passait dans les années 20 au niveau du syndicalisme, de la montée du communisme et du mouvement anar. Période riche et complexe, alors résumons:

- Les Comités Syndicalistes Révolutionnaires: C'est une structure syndicale créée en 1919 au sein de la CGT. Ce sont des militants(tes) opposé(e)s à la collaboration de la CGT avec le gouvernement pendant la guerre de 14/18. Ces Comités regroupaient des syndicalistes révolutionnaires revenus des tranchées et radicalisés par la boucherie de la guerre, mais aussi par l'exemple de la Révolution russe.
Avec l'appui des anarchistes, ces Comités fondent un nouveau syndicat (la CGTU) en 1921.

- La CGTU: Son 1er Congrès en 1922 à St-Etienne provoque l'affrontement entre les libertaires et les communistes. Le courant syndicaliste-révolutionnaire (impulsé par les anars tel Pierre Besnard) perdra de son influence au profit du Parti Communiste boosté par le mythe de la Révolution russe et grâce au financement de permanents par l'URSS. Pierre Monatte(par exemple) et d'autres militants syndicalistes-révolutionnaires et les anars bien évidemment seront exclus de la CGTU totalement dominée rapidement par les rouges.

- Jusqu'en 1931 différentes minorités survivent encore au sein de la CGTU, animées par des syndicalistes qui récusent à la fois le réformisme et l'alignement inconditionnel sur le parti communiste mais en 1932, la stalinisation pousse hors de la CGTU tous les opposants(tes).

Alors, dans tout çà, où pouvait bien être notre Adrienne ? Si l'on suit sa biographie (qui est assez succinte):
- Plutôt de tendance communiste (même si elle rompt avec le PC) jusqu'en 1930 puisqu'elle participe au Congrès de l'Internationale Syndicaliste rouge cette année là.(avec pour bémol que certains anars y étaient favorables au début de sa création...)
- Les syndicats enseignants de l'époque (où moults anars se trouvaient) ont du l'influencer vu qu'elle était instit. Son rapprochement avec Célestin Freinet pose question: même exclu du PC, Freinet était resté méfiant par rapport aux anars...et restait quand même proche de l'idéal communiste...

Alors, alors ?

Une Anarchiste Aubussonnaise ?

Posté le 01.07.2007 par anarchie23
Aujourd'hui, nous nous sommes interessé(e)s à Adrienne MONTEGUDET, une militante communiste (çà commence mal !) qui, au soir de sa vie serait devenue libertaire.

Petite bio: Née le 12 juin 1885 dans une famille paysanne de la Creuse, elle deviendra institutrice.

Mariée en 1908 avec Léon Montégudet -enseignant et fondateur du syndicat CGT des instituteurs de la Creuse et ayant pris la tête de la riposte quand le gouvernement avait prétendu interdire aux enseignants le droit de se syndiquer. Membre du parti socialiste SFIO, il opte ensuite pour l'adhésion à l'Internationale communiste mais il ne put s'inscrire au tout nouveau parti communiste car il fut atteint par la tuberculose en 1922-, ils militent ensemble.

A la mort de celui-ci, elle poursuit son militantisme à la CGT et anime en 1921 les "Comités Syndicalistes Révolutionnaires" à Aubusson. (Ces Comités étaient un courant minoritaire de la CGT qui restaient fidèles à la Charte d'Amiens et qui étaient très influencés par le léninisme en opposition au courant majoritaire de Léon Jouhaux, de la SFIO...)

A la scission de la CGT en 1921, elle passe à la CGTU en 1922 et participe à la Commission Féminine. (La CGTU était lié exclusivement au Parti Communiste de 1921 à 1936 et a épuré de ses rangs au fur et à mesure et assez brutalement les anarchistes ayant tenté d'y apporter leur point de vue)

Quand le syndicat des mineurs de Lavaveix (où se trouvait notamment pas mal d'anarchistes originaires de Belgique) décide, avec des organisations de cheminots, de lignards des PTT, des ouvriers du bâtiment et quelques autres cégétistes, de rejoindre la CGTU, elle est élue comme secrétaire de la nouvelle Union Départementale.


Ayant évité de peu la révocation à cause de son militantisme, elle eut à subir une censure, et d'autorité, le préfet la fit muter de son école d'Aubusson à celle de la petite commune de Jalesches, entre Boussac et Guéret.

Sa rencontre avec un militant d'origine italienne l'amène ensuite un temps à Moscou où elle devient professeur de français.
En 1927, elle est de retour en France où elle tente d'impulser une propagande dans le milieu paysan en rompant avec le PC (Ah ! quand même !) Elle retourne néanmoins en URSS en septembre 1930 pour le Congrès de l'Internationale syndicaliste Rouge mais se montre très critique envers le régime soviétique et les délégués français qui refusent de voir les réalités. (Dès l'avènement du bolchévisme en 1917, de nombreux anarchistes avaient déjà pointés du doigt la supercherie du régime communiste !)

En 1931, elle collabore à "L'Emancipation", journal de la Fédération de l'Enseignement puis fréquente le groupe de Pierre Monatte qui édite "La Révolution Prolétarienne". ( Pierre Monatte ayant été anarcho-syndicaliste jusqu'au Congrès Anarchiste d'Amsterdam de 1907 puis suite à sa fameuse querelle avec Malatesta sur le rôle du syndicalisme -Monatte pensait que le syndicalisme à lui seul permettrait la révolution sociale alors que Malatesta soutenait avec raison qu'il n'était qu'un levier possible parmi d'autres- a fondé le journal "La Vie Ouvrière" et fut un grand ponte des Comités Syndicalistes Révolutionnaires. Il a été également membre du Parti Communiste et de la CGTU)

Elle quitte ensuite la Creuse pour Marseille où elle prend part en 1936 aux réunions anarchistes et devient secrétaire du Comité des femmes libertaires.(L'équivalent des "Mujères Libres" pendant la guerre d'Espagne ; courant féministe et demandant l'émancipation des femmes) Elle apporte alors son aide aux réfugiés italiens et espagnols.

Au début de la Seconde guerre mondiale, elle s'installe à Antibes puis à St-Paul-de-Vence où, en contact avec Célestin Freinet ( instit aux méthodes pédagogiques en avance sur son temps et ancien membre du PC exclu pour çà) elle prend en charge un groupe de réfugiés Tchèques (juifs pour la plupart) qu'elle cachera en Creuse puis près de Bayonne.
Elle s'éteindra le 23 août 1948 à Bayonne.

Cette petite biographie nous amène à plusieurs questionnements:
-tout d'abord le parcours de cette militante qui était à la base communiste, syndicaliste rouge puis progressivement qui s'oriente vers une démarche anti-communiste, féministe, sensible à des méthodes d'éducation novatrices. Sensible aux idées anars en les soutenant, tardivement certes.

-Sa période creusoise n'a rien d'anarchiste: elle semble encore bien trop liée au communisme.
-Son syndicalisme (lié à la CGT puis à la CGTU) non plus mais c'est peut-être là, rencontrant des militants(tes) anars qu'elle a commencé à "basculer" et à devenir critique des méthodes des communistes.

-L'affrontement des anars et des cocos au sein de la CGTU était très violent. Ayant vécu en URSS plusieurs années, elle a certainement pu s'apercevoir de la "tromperie communiste".

Alors ? Adrienne Montégudet nous fait penser à ces trop rares communistes, aveuglés par l'URSS, qui se sont émancipés de la mainmise du Parti et ont su reconnaître à un moment que les anars avaient raison. Peut-être...

BONAVENTURE, une école libertaire

Posté le 29.06.2007 par Alayn DROPSY
En septembre 1993 s'ouvrait sur l'île d'Oléron une école libertaire: BONAVENTURE.

Des enfants, de 3 à 9 ans, y apprenaient à lire, écrire, compter, et surtout, à apprendre. A construire des savoirs. A s'apprendre. Dans le cadre d'une petite classe unique. Mais aussi en dehors de la classe et de l'école. Et tout cela, au rythme endiablé d'une éducation permanente à et par la liberté, l'égalité, l'entraide, l'autogestion...

Bonaventure taraudait inlassablement l'hiver éducatif pour y apposer quelques touches de couleurs anti-autoritaires.

Mais Bonaventure n'était pas que cela: en brandissant haut et clair le drapeau de la laïcité, de la gratuité, d'un financement social, de l'égalité des salaires, de la propriété collective, en affirmant la nécessité d'un service social d'enseignement et d'éducation qui soit vraiment celui de l'égalité des chances, Bonaventure était fantassin d'une petite armée de gueux qui laboure inlassablement les terres ingrates d'une transformation sociale radicale.

C'était un coup de pied au cul à toutes les résignations, une main tendue aux possibles et un formidable clin d'oeil à l'espoir.
On peut retrouver l'histoire de l'école libertaire Bonaventure dans 2 livres: "Bonaventure, une école libertaire" et "La Farine et le son".
Une vidéo (en VHS) existe également.

L'école Bonaventure a du fermer en 2001 mais ses locaux s'oriente vers d'autres aventures prochaines (bibliothèque sociale et anarchiste, maison de repos pour anarchistes fatigués...)

J'étais l'humble animateur de cette école les 2 premières années de son fonctionnement ; j'aurais, je pense, aimé y être également enfant apprenant.
Bonaventure, c'était de l'anarchie au quotidien. Du palpable, du concret. C'était la démonstration qu'il est possible de faire autrement, de vivre sur d'autres bases. Et c'est en faisant des choses différentes que les choses...changent !

L'école Bonaventure n'est plus, place au nouveau Bonaventure !

Elisée RECLUS

Posté le 27.06.2007 par anarchie23
Géographe, théoricien du mouvement libertaire et militant anarchiste.

Né le 15 Mars 1830 à Sainte-Foy-la-Grande(Gironde) fait ses études de géographe à Berlin, avant de parcourir le monde. En 1871, il prend une part active à la Commune de Paris. Arrêté les armes à la main, il est condamné à la déportation en Nouvelle-Calédonie. Mais, grâce au soutien de la communauté scientifique, sa peine sera commuée, le 3 février 1872, à dix ans de bannissement.

Il rejoint alors son frère Elie (également anarchiste et communard) en Suisse, et participe à la Fédération Jurassienne, avec Bakounine et James Guillaume.
En 1877, il rencontre Pierre Kropotkine, qui deviendra son ami. Après la Suisse, c'est en Belgique, à Ixelles (près de Bruxelles) qu'Elisée Reclus s'installe. Très actif, c'est sous son impulsion qu'une Université Nouvelle est créé, ainsi qu'un Institut des Hautes Etudes (en 1894) dans lequel il enseignera.

Auteur prolifique, Elisée Reclus a participé à de nombreuses revues, brochures et journaux: "Le Révolté" ; "L'Insurgé" ; "Le Cri du Peuple", etc. Mais il est surtout l'auteur de l'extraordinaire "Géographie Universelle" (19 volumes) et de "L'Homme et la Terre" (6 volumes), ouvrages de géopolitique dans lesquels il analyse le rapport de l'homme et de son environnement et aborde des sujets très variés (éducation, naturisme, etc.) Il est un des tout premiers à mêler géographie et politique, sociologie et écologie... Ses travaux font encore référence aujourd'hui.

"Histoire d'un ruisseau" et "Histoire d'une montagne" sont peut-être ses 2 livres les plus connus: ils racontent, pédagogiquement, comment se forment un ruisseau et une montagne. En toute simplicité, avec beaucoup de poésie, mais avec un ton empreint de respect et de lucidité face à la nature.

Elisée écrivait: "Celui qui commande se déprave, celui qui obéit se rapetisse. La morale qui naît de la hiérarchie sociale est forcément corrompue."


Elisée Reclus meurt le 4 Juillet 1905. le dernier volume de "L'Homme et la Terre" ne sortira qu"après sa mort (édité par son neveu Paul Reclus).

Décroissance !

Posté le 24.06.2007 par anarchie23
DU DEVELOPPEMENT A LA DECROISSANCE
De la nécessité de sortir de l'impasse suicidaire du capitalisme
Par Jean-Pierre TERTRAIS.


Ici et là, dans les palais comme dans les chaumières, on commence à s'inquiéter. De l'épuisement de toujours plus de ressources fossiles ou vivantes. De la fin du pétrole bon marché. Du réchauffement de l'atmosphère. De la fonte des pôles... Mais, c'est peu dire que ces inquiétudes, pour en rester au seul stade de l'inquiétude, sont à cent lieues de prendre la mesure de l'évènement qui nous menace: la destruction à moyen terme des conditions de la vie sur cette planète.

Ce livre, en énonçant toute une série de faits qui ne laissent aucun doute sur la gravité de la situation rompt délibérément avec cette attitude inconsciente ou criminelle. Idem quand il dénonce l'absurdité selon laquelle on pourrait croître indéfiniment (en termes de démographie, de production, de consommation...) dans un monde fini. Idem, encore, quand il démontre que la décroissance qui est la seule réponse à la situation actuelle ne pourra pas faire l'économie d'une rupture radicale avec un système capitaliste dont l'appétit de profits immédiats est shooté à l'exploitation et au pillage de toujours plus d'êtres humains et de choses.

Idem, enfin, quand il nous explique que, sauf à faire le choix de la dictature, cette rupture doit se poser le problème d'un changement de civilisation mettant clairement l'économique au service d'un politique, d'un social et d'un culturel fonctionnant à la liberté, à l'égalité, à l'autogestion et à l'entraide.

On l'aura aisément compris, ce livre est de ceux, rares, qui vont à l'essentiel des choses.
De ce fait il ne manquera pas de susciter l'adhésion ou la réprobation.

Reste, qu'avec le temps, personne n'échappera à ses conclusions.


Editions Libertaires et Editions du Monde Libertaire.
228 pages. 2006.
12 €.
Commande possible en ligne à: http://www.librairie-publico.com.


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