Publié le 04/10/2008 à 12:00 par anarchie23
370 entrées, certaines très longues (Pierre-Joseph PROUDHON, Michel BAKOUNINE, Pierre KROPOTKINE, etc...) certaines d'à peine quelques lignes, pour tenter de restituer la pensée libertaire volée par les médias.
Il ne s'agit pas d'un dictionnaire des militants(tes) mais plutôt de la pensée anarchiste dans le monde contemporain (répercussions sur la pensée d'Albert CAMUS, Sartre, Breton et d'autres plus inattendus). Nous publions ici des extraits de son introduction:
"Après la Seconde Guerre mondiale, l'internationalisation du marxisme semblait mettre l'anarchie dans les oubliettes de l'histoire.
Mais rien n'est jamais sûr. L'impensable faillite du communisme en URSS et dans les pays européens écrasés par le bolchevisme a fait resurgir la pensée libertaire.
Original par rapport aux théories socialistes ou libérales, anti-étatiste, dénonçant toute dictature, fût-elle prolétarienne, l'anarchisme a même suscité d'étonnants revirements d'idées chez des intellectuels aussi engagés avec le Parti Communiste qu'André Breton et Jean-Paul Sartre.
"Pourquoi, déclarait André Breton au début des années 1950, pourquoi une fusion organique n'a-t-elle pu s'opérer à ce moment (lors de la naissance du surréalisme) entre éléments anarchistes proprement dits et éléments surréalistes ? J'en suis encore, 25 ans après, à me le demander."
Et Sartre, à la fin de sa vie, disant ne plus se reconnaître dans le marxisme: "J'aime bien rappeler les origines un peu anarchistes de ma pensée. J'ai toujours été en accord avec les anarchistes, qui sont les seuls à avoir conçu un homme complet, à constituer par l'action sociale, et dont le principal caractère est la liberté."
On croit rêver.
D'aberration en aberration, l'anarchie est devenue une mode. Un flacon de parfum s'est même, voilà peu, baptisé Anarchiste. Guy Sorman, auteur de "Révolution conservatrice américaine", prône un "conservatisme libertaire". Emmanuel Le Roy Ladurie se dit "libéral-libertaire", et Alain Touraine "socialo-libertaire". En mars 1983, dans "Le Littéraire", Jean-Jacques Brochier consacrait un long article à "Sollers anarchiste", et, en avril, un non moins long article à "l'anarchiste cérébral" Georges Simenon.
La méthode est bien connue. Cajolons l'adversaire pour mieux l'étouffer.
L'anarchie a une longue histoire et, au début du XIXe siècle, William GODWIN et Charles FOURIER peuvent être considérés comme des précurseurs de l'anarchisme. Pourtant, le véritable théoricien de l'anarchie, c'est Pierre-Joseph PROUDHON. Pierre-Joseph PROUDHON se proclame anarchiste et élabore une doctrine qui demeurera à jamais concurrente de celle de son contemporain et ennemi Karl Marx.
Pourtant, à la mort de Pierre-Joseph PROUDHON, en 1865, il n'existait aucun mouvement anarchiste, ni en France ni ailleurs. Bien que les ouvriers parisiens qui firent la Commune de 1871 fussent, selon l'expression de Karl Marx, "infectés de proudhonisme".
L'anarchie, comme mouvement politique, ne commence que vers 1880, et l'ancêtre, "le père de tous les anarchismes", c'est Michel BAKOUNINE exclu en tant que tel par Marx de l'Internationale.
L'anarchie se situe en dehors des partis et les récuse tous. Bien que la politique ouvrière française, à la fin du XIXe siècle, ait été foncièrement anarchiste, débouchant sur l'anarchosyndicalisme.
La difficulté de cerner l'anarchisme, c'est justement qu'il n'est pas un parti, mais l'association, parfois tumultueuse, de nombreuses tendances.
Quoi de commun entre l'anarchisme individualiste, qui va de Stirner à Emile ARMAND, et le communisme libertaire de Pierre KROPOTKINE sinon une opposition totale à l'embrigadement étatique ?
Rien de commun entre le pacifisme intégral de Louis LECOIN et sa défense des objecteurs de conscience, et le nihilisme teinté de terrorisme.
Rien de commun entre l'antipatriotisme, l'antimilitarisme, qui sont l'un des aspects les plus connus de l'anarchisme, et un patriote ukrainien anarchiste, valeureux guerrier, comme Nestor MAKHNO.
Rien de commun... Eh bien si, malgré des oppositions aussi vives, nous verrons que l'esprit libertaire se trouve aussi bien chez des hommes de guerre comme Nestor MAKHNO et DURRUTI, que chez des pacifistes comme Stirner ou Henry-David Thoreau. Le mouvement anarchiste n'est pas un parti politique. Sa doctrine est floue, parfois contradictoire. Avec néanmoins des constantes.
Par exemple la négation de l'autorité, de toute autorité.
"Il y a plusieurs variétés d'anarchistes, écrit Sébastien FAURE dans "l'Encyclopédie anarchiste", mais tous ont un trait commun qui les sépare de toutes les autres variétés humaines. Ce point commun, c'est la négation du principe d'autorité dans l'organisation sociale et la haine de toutes les contraintes qui procèdent des institutions fondées sur ce principe. Ainsi, quiconque nie l'autorité et la combat est anarchiste."
Négation de l'autorité et révolte.
Dans sa "Lettre aux anarchistes" (12 décembre 1899), Fernand PELLOUTIER écrit: "Nous sommes des révoltés de toutes les heures, des hommes vraiment sans dieu, ni maîtres, sans patrie, les ennemis irréconciliables de tout despotisme moral ou matériel, individuel ou collectif, c'est-à-dire des lois ou des dictatures (y compris celle du prolétariat) et les amants passionnés de la culture de soi-même."
La révolte peut amener la violence, dont Sébastien FAURE disait qu'elle était une "nécessité douloureuse". Si la violence est aujourd'hui rejetée par les fédérations anarchistes (la violence des années 1970-1980 n'est plus le fait des anarchistes devenus non violents et pacifistes, mais de groupuscules marxistes-léninistes: bande à Baader en Allemagne, Brigades rouges en Italie, Action Directe en France), l'histoire de l'anarchie comporte cependant une tradition de la violence.
Les courants libertaires sont aujourd'hui multiples et touchent le monde entier. Toujours importants en Italie, en Espagne et en France, nombreux en Amérique latine, c'est sans doute aux Etats-Unis que l'anarchisme connaît sa plus féconde activité théorique, par sa présence dans les universités (Murray BOOKCHIN, Noam CHOMSKY) et dans le monde du spectacle (du Living Theater à John CAGE).
L'anarchisme aux Etats-Unis demande une étude spécifique, ce que Ronald CREAGH a d'ailleurs réalisé par sa thèse de doctorat en 1978.
L'anarchisme a resurgi en Grèce, en Turquie, en Yougoslavie et dans les pays scandinaves. Et bien sûr, en Russie et en Ukraine, délivrés du joug bolchevique.
Dans sa préface au livre d'Alain PESSIN, "La Rêverie anarchiste" (1982), Gilbert Durand met l'accent sur la nouvelle pratique sociologique qui se refuse à considérer l'anarchiste comme un marginal. "Le mouvement anarchiste, écrit-il, se situe dans ces phénomènes de marginalisation qui, selon nous -mais déjà selon Marx dans son analyse de la société de la première moitié du XIXe siècle-, sont le sel fécond de toute société."
Dans les dernières décennies du XXe siècle, la sociologie et la philosophie universitaires se sont emparées de la pensée libertaire, même (et c'est souvent le cas pour les vedettes) lorsqu'elles ne citent pas leurs sources. Les études sur l'histoire et l'actualité de l'anarchie sont aujourd'hui nombreuses. Alain PESSIN, Gaetano MANFREDONIA, Ronald CREAGH, Michel Onfray ont donné à la pensée libertaire de nouvelles perspectives, même si celles-ci effarouchent parfois le militantisme traditionnel.
Gaetano MANFREDONIA souligne que "la composition sociale des militants(tes) [est] de plus en plus issue des classes moyennes salariées." et que le mythe du Grand Soir "ne fait plus recette". "Ne fait plus recette", mais galvanise néanmoins encore les jeunes militants(tes).
L'idée même d'une révolution sociale insurrectionnelle, poursuit Gaetano MANFREDONIA, demeure plus un mythe qu'une éventualité évidente, quand cette perspective était ancrée au plus profond des espérances anarchistes au début du XXe siècle.
Car si la philosophie anarchiste n'a jamais été "ouvriériste", si ses principaux théoriciens (à part Pierre-Joseph PROUDHON) n'étaient pas des hommes du peuple (Michel BAKOUNINE et Pierre KROPOTKINE aristocrates, Fénéon intellectuel bourgeois, Elisée RECLUS savant géographe), la majorité des militants(tes) furent néanmoins et, pendant longtemps, des artisans: cordonniers, imprimeurs... Symboliquement, la couverture de la revue d'Emile POUGET, "Le Père Peinard", célébrait un cordonnier à son établi.
En 1894, la police lyonnaise fichait 152 anarchistes. Parmi ceux-ci, 55% étaient des artisans: 39 cordonniers, 16 tisserands, 11 plâtriers, 8 teinturiers.
Les marxistes n'accusaient-ils pas les anarchistes d'être des produits de métiers en voie de disparition ? Mais le travail de ces métiers artisanaux permettait la rêverie. On sait que les cordonniers, notamment, étaient de grands lecteurs.
L'industrialisation de la cordonnerie et du tissage a balayé cette culture ouvrière. L'échec de toutes les révolutions populaires a mis à mal le messianisme.
Les nouveaux penseurs de l'anarchie se livrent à une complète reformulation des théories.
Subsistent, subsisteront toujours le rejet de l'Etat, du pouvoir (de tous les pouvoirs) et la fringale de liberté (de toutes les libertés).
Mais que sont aujourd'hui les Etats nationaux dans le contexte du capitalisme mondial ? Les anarchistes participent évidemment aux manifestations antimondialistes et écologistes. On les retrouve dans l'épopée du Larzac, dans les rassemblements contre les sites nucléaires, parmi les arracheurs de maïs transgénique.
Le situationnisme, les provos d'Amsterdam, Solidarnosc, autant de sursauts libertaires et revendiqués comme tels.
L'activité des militants(tes) anarchistes se retrouve aujourd'hui dans la critique des bureaucraties syndicales, dans la solidarité avec les objecteurs de conscience et les insoumis, dans les critiques de l'enfermement psychiatrique et de l'indigence carcérale, dans l'aide aux sans-papiers, aux sans-logis, aux SDF, aux exproprié(e)s.
On les retrouve encore parmi les théoriciens de la décroissance et les adversaires du matraquage de la publicité (les Déboulonneurs de pub).
On les retrouve toujours dans les luttes féministes. Toujours, puisque les anarchistes se sont démarqués des partis ouvriéristes en préconisant, dès le début du XXe siècle, des réformes fondamentales: moyens contraceptifs, droit à l'avortement, sexualité consciente, limitation des naissances, union libre.
Combien ont été condamnés à la prison pour une propagande interdite, aujourd'hui normale ?
Les anarchistes ont prôné, malgré la malédiction qui les poursuivait, ce qui est devenu le planning familial.
Enfin, Internet donne une puissance nouvelle à l'Internationale anarchiste puisqu'il permet un contact permanent, de pays à pays, de continent à continent. Les liens internationaux sont devenus plus faciles, plus immédiats et la propagande plus directe.
Le capitalisme dénoncé par Marx était absolument sordide. Mais il n'était qu'une préface malhabile à ce qui est devenu le capitalisme mondial aujourd'hui.
Face à celui-ci, que dire, que faire, sinon espérer ce que Jean PREPOSIET énonçait:
"Sans l'aiguillon libertaire, le pouvoir ne douterait jamais de lui-même. L'anarchisme reste la mauvaise conscience de l'autorité."
Michel RAGON
Publié le 30/09/2008 à 12:00 par anarchie23
Editorial du Monde Libertaire n°1527 du 2 au 8 octobre 2008 (extraits):
Les patrons américains de ceux qui ces dernières décennies se sont grassement enrichis sous la bulle spéculative qui se craquelle aujourd'hui, auraient, ces 2 dernières années, engrangé des revenus supérieurs à 100 milliards d'euros. Cela est révoltant. Mais bien moins que le système par lui-même, qui a généré cette bulle et permet aux riches de s'enrichir de plus en plus, et aux pauvres de sombrer dans une misère toujours plus noire.
L'échec de leur modèle économique ne semble pas affecter plus que ça les salops qui nous gouvernent.
Pas question pour eux de changer de système, tout au plus sont-ils prêts à quelques ajustements, sans toutefois entamer la sacro-sainte confiance du marché. Georges Bush fils pense pouvoir relancer la machine en y engouffrant quelques centaines de milliards de dollars, qu'il irait piquer dans les poches des contribuables.
Il affirme sans sourciller: "Ce n'est pas éthique, mais sans cela nous verrons un effondrement de l'économie, une hausse du chômage..."
Qu'est-ce qui est éthique dans cette économie de marché où règne la loi de la jungle, où le plus fort opprime le plus faible ; où seul le résultat compte, peu importe les moyens !
Quand au comte-président Nicolas, il nous joue son grand air d'opéra sur la moralisation de la spéculation financière.[...]
Les patrons, eux, profitent de la crise économique pour dégraisser leur personnel dans l'automobile (Renault, General Motors) et ailleurs.[...]
LA MORALE SERA-T-ELLE CROTTEE EN BOURSE ? (par Sami CHEMIN)
Le rouleur de mécaniques hexagonal, au vu des propos qu'il a tenus lors de son intervention du 22 septembre à la tribune de l'ONU, s'est mué en procureur planétaire.
Jugeons-en plutôt: "Qui est responsable de ce désastre ?" [...] "Que ceux qui sont responsables soient sanctionnés et rendent des comptes et que nous, les chefs d'Etat, assumions nos responsabilités." [...] "Nous devons moraliser le capitalisme financier."
Prenons au mot ce Père la morale et examinons la manière dont il a décliné la pureté de ses intentions dans le doux pays de la poule au pot tous les dimanches, à moins que ce ne soit plus sûrement celui... des dindons de la farce toute l'année ?
Il a contribué à l'expansion ou au renforcement des empires industriels des nécessiteux suivants: Bolloré, Bouygues, B. Arnaud, Lagardère, etc... ; érigé un bouclier fiscal pour protéger des pauvres hères traqués par le fisc ; distribué 15 milliards d'euros bien enveloppés dans un paquet fiscal à des affamés qui s'accrochaient aux grilles de l'Elysée ; baissé l'ISF et les droits de succession ; exprimé sa volonté de dépénaliser le droit des affaires ; couiné comme un rat... mais sans bouger le petit doigt (tétanisé, qu'il était, par l'indignation) devant les montants astronomiques des "parachutes dorés" versés à des patrons cruellement persécutés par les entreprises auxquelles ils ont sacrifié leur vie ; fait une chasse sans pitié aux amateurs de paradis fiscaux, etc...
Ayant accompli de telles prouesses pour le bien commun, on s'offusque que Ratzinger n'en fasse pas l'archange Michel des temps modernes terrassant le dragon de l'Argent. Mais bon, peut-être suffit-il de faire preuve d'un peu de patience, un peu comme Tapie qui s'est morfondu dans le caniveau avant de se voir attribuer une ration de survie de 390 millions d'euros, juste récompense de ses talents trop méconnus de dépeceur d'entreprises.
Certes on pourrait nous objecter que le preux défenseur de la veuve, de l'orphelin, du pouvoir d'achat et des talonnettes à ressorts a posé un peu rudement son gant sur les serfs et manants de son royaume, pour peu que l'on évoque les mesures qu'il a prises pour remettre le vil peuple dans le droit chemin: grands coups d'épée dans le Code du travail et de dague dans les régimes de retraites ; épandage de poix bouillante sur les 35 heures ; lâchers de chiens sur les sans-papiers ; enfumage des grottes où se dissimulaient les chômeurs(ses), etc...
Mais que voulez-vous, on n'éradique pas la paresse, la luxure et l'oisiveté en jouant du luth et en distribuant généreusement des coupes pleines d'ambroisie n'est-ce pas ? Enfin, puisque "notre" Père la morale a enfilé la cape de Zorro, rendons-lui complètement justice, et soulignons combien il fut vaillant pour faire le siège des sombres forteresses dans lesquelles sont tapies les créatures égoïstes, frileuses, pleurnichardes qui appartiennent aux viles baronnies des services publics.
C'est ici qu'un gamin interroge son père: "Dis papa, c'est loin l'Amérique ?" Et son daron de lui répondre: "Tais-toi et rame." Nick aussi veut qu'on se taise, estimant que ne pas avoir de Bush est une raison majeure pour la boucler. Trop tard, notre galère vient d'accoster sur un rivage étatsunien.
Première vision qui s'offre à nous, des mecs qui plastronnaient il y a peu en jonglant avec les milliards soutirés dollar après dollar dans les poches des besogneux ont moins fait les farauds pendant quelques jours... le temps que la FED et le Trésor créent une "structure de défaisance" pour prendre en charge les centaines de milliards de créances pourries léguées par un géant des assurances (AIG), des sociétés de refinancement hypothécaires (Fannie Mae et Freddie Mac).
De leur côté, les banques d'investissement essaient de convaincre la FED et le Trésor d'étendre leurs bontés à leur propre cas. Vers la mi-septembre, John Mac Cain hululait ceci: "Les fondamentaux de l'économie américaine sont sains", parallèlement, en tout cas jusqu'au réveil brutal du leader minimo et sa métamorphose tapageuse en Père la morale universel, des affirmations analogues étaient tenues en France par les zélotes des "marchés autorégulés" capables de retrouver l'équilibre par eux-mêmes. Mais les faits sont têtus qui ont fait voler en éclat un autre mensonge des fanatiques du libéralisme, celui qui soutient qu'il existe une séparation entre la sphère financière et la sphère réelle de nos économies.
Nos cerveaux risquant de continuer à se poser les bonnes questions, une reprise en main s'imposait. Et c'est ainsi qu'à Toulon, tout juste revenu de chez ses cousins d'Amérique, le chef d'Etat "que le monde entier nous envie" a dupliqué son discours onusien tout en l'adaptant à la situation spécifique du pays.
Retenons les 3 éléments principaux de son homélie. Primo il appelle à "une refondation du capitalisme sur une éthique de l'effort et du travail, à retrouver un équilibre entre la liberté et la règle, entre la responsabilité collective et la règle." Si nous voulions faire chic, nous pourrions dire que ce visionnaire et/ou théoricien de pacotille veut réaliser la synthèse entre Keynes et Galbraith d'une part et Hayek et Friedmann de l'autre ; en version image ça donne la chose suivante, les premiers voulant contrôler et réguler l'activité du renard dans le poulailler, les seconds plaidant sur un ton hystérique qu'il faut le laisser entièrement libre de ses agissements.
Deuxio, il a affirmé (que) "la moralisation du capitalisme demeure la priorité".
Tertio, après ses exordes sur la morale et l'éthique, procédés rhétoriques utilisés pour témoigner de la noblesse et de la pureté de ses intentions, Moi-je a tombé le masque et réinvesti brutalement le terrain du quotidien. Cela peut être résumé de la manière suivante: nous vous en avons fait salement baver jusqu'à présent (via la mise en pratique du slogan "Nous voulons remettre la France au travail"), mais cela n'est pas fini, puisque, à l'avenir, nous continuerons à vous faire déguster (bien s'imprégner du "la poursuite des réformes est plus que jamais nécessaire").
Tirons rapidement la conclusion de tout ce qui précède.
La désignation à la vindicte publique de quelques "irresponsables", doublée du pointage d'une "insuffisance des réglementations" (au fait, qui a autorisé la libre circulation des capitaux ?) pour expliquer les causes de la crise financière en cours (en attendant son inexorable propagation à toutes les sphères de l'économie) est un rideau de fumée émis par les tenants et les servants du système capitaliste pour occulter le principal à nos yeux.
En la matière, c'est bien un modèle de développement dans sa totalité, nous nommons ici le néo-libéralisme américain et ses avatars occidentaux qui est en crise. Le capitalisme a une telle soif inextinguible de profits que cela l'amène à trébucher cycliquement ?
L'Etat accourt aussitôt ventre à terre pour renflouer ses caisses. Et c'est ainsi que le capitalisme se refait régulièrement une santé sur le dos des peuples. Jusqu'à quand cela durera-t-il ?
La réponse est entre les seules mains de tous les exploité(e)s de la planète.
Publié le 27/09/2008 à 12:00 par anarchie23
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Publié le 23/09/2008 à 12:00 par anarchie23
Chaque année, famines et épidémies emportent des millions d'individus, cependant que plus des 2 tiers de la population de l'hémisphère sud vivent dans une pauvreté extrême. Les nations riches elles-mêmes regorgent de pauvres et de chômeurs(ses).
L'accumulation capitaliste n'a jamais abouti au partage, elle n'a pour seul objectif que le profit individuel aux dépens du bien collectif.
Cela est superbement illustré par la destruction -ou la non-production pour seule cause d'insolvabilité des clients(tes) potentiels- annuelle de milliers de tonnes de denrées et de produits manufacturés alors même que misère et pénurie dévastent le monde.
Le monde capitaliste impose sa vindicte à la planète entière, où l'on voit les frontières de la "valeur d'usage", l'utilité précise de tel objet pour telle personne, et l'opportunité de le fabriquer ou pas, de plus en plus repoussées et remplacées par la "valeur d'échange", c'est-à-dire la capacité de chaque chose à se transmuter en monnaie.
Les besoins sont ignorés en même temps que la rapine est à l'oeuvre. L'activité humaine créatrice devient travail-marchandise et perd tout intérêt pour n'être plus que fatigue et argent.
La planétarisation du mode de vie occidental actuel est une illusion mortelle. La production capitaliste n'est extensible à l'infini que dans les livres. La démence productiviste et gaspilleuse du capitalisme n'est pas répréhensible seulement du point de vue moral: elle a révélé au monde entier qu'elle était nuisible y compris pour le support même de ses frasques: la Terre, comme écosystème où les espèces vivantes et leur environnement sont liées par un équilibre fragile et précaire.
La planète est mise à sac, des désordres climatiques et écologiques sont annoncés et déjà des sites, des rivières, des sous-sols sont massacrés. Les pollutions qui, certes, ne sont pas récentes, atteignent parfois des seuils de saturation et sont dangereuses pour la vie elle-même.
L'exploitation désordonnée des sols et des sources d'énergie non renouvelables pose le problème de l'avenir en plein boom démographique. Les dramatiques problèmes de la désertification, de l'exode rural et de la concentration urbaine et industrielle viennent ajouter au péril écologique celui des populations stressées, asphyxiées, sous surveillance médicale et traitées aux calmants.
L'exploitation massive des ressources minérales et énergétiques non renouvelables est le pilier du développement capitaliste. La raréfaction de ces denrées soumet l'économie à des tensions croissantes, génératrices de crises et de conflits. Leur épuisement prévisible est le point noir, qui grossit à l'horizon, annonciateur de catastrophe.
L'appauvrissement des sols soumis à l'agriculture intensive et à la diminution de la biodiversité, ainsi que la distribution inégales des ressources en eau sont autant de menaces qui planant sur l'avenir.
Ce mouvement accompagne et est le résultat de cette conception qui assimile le monde à un vaste supermarché. Le signe culturel de l'Occident, son ambassadeur le plus éprouvé est la valeur marchande, et plus encore, la marchandise.
Le monde devient progressivement un immense marché livré à une concurrence impitoyable sous la haute surveillance des grands de ce monde qui tiennent à en faire respecter certaines règles garantes de la pérennité du système.
L'effondrement du "bloc de l'Est" et sa reconversion rapide et douloureuse à l'économie de marché ont ouvert grand les portes de la globalisation du capitalisme. La liberté n'y a que peu gagné. Cela vaut autant pour ces pays que pour les autres puissances: derrière le masque du libéralisme et de la démocratie apparaît la grimace hideuse de la tyrannie étatique.
La mondialisation de l'économie n'a pas, comme on l'a prétendu, atténué la conflictualité du monde. Au contraire, la constitution de nouveaux blocs antagonistes et le développement d'une concurrence généralisée laissent planer la menace de nouveaux et terribles affrontements.
La théorie vicieuse du "choc des civilisations", en vogue actuellement, est un leurre destiné à estomper la vérité: la guerre est partout, mais pas entre "civilisations".
C'est celle de rapine et d'esclavage que les riches et les puissants livrent à l'humanité: en deçà des frontières, restructurations féroces au détriment des populations, impérialisme barbare au-delà.
Et le mouvement du capitalisme enfermé dans cette impasse c'est...la fuite en avant ! Au lieu de mettre en cause la croissance et le productivisme, notre société mise sur la découverte de nouveaux gadgets technologiques (OGM, nouvelles générations nucléaires, etc...) pour se perpétuer, toujours plus gigantesque, toujours plus inégale, toujours plus sauvage.
(extraits de la brochure "Qu'est-ce que l'Anarchisme ?"). Editions du Monde Libertaire. 2005.
Publié le 21/09/2008 à 12:00 par anarchie23
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C'est pendant la période où l'Etat, les directions syndicales et politiques, sont désemparés par un mouvement social de grande ampleur, que l'action décisive est possible.
C'est l'instant où, d'une grève revendicatrice, de refus, la grève doit devenir expropriatrice et autogestionnaire.
-Expropriatrice en refusant de céder les profits aux patrons.
-Autogestionnaire: une fois le patronat neutralisé, il faut continuer la production (à moins que ce ne soit une production inutile, de gadgets, mortifère et meurtrière...) et repenser une économie dont LE MOTEUR N'EST PLUS LE PROFIT, MAIS LA SATISFACTION DES BESOINS.
Parce que le fédéralisme libertaire (voir billet ici même à ce sujet) est pour la maîtrise totale de l'économie par les travailleurs(ses), nous refusons les systèmes capitalistes, libéraux et étatiques.
Nous voulons établir l'égalité économique et bâtir une organisation de la société débarrassée de l'Etat. La grève autogestionnaire nous semble dans l'état de complexité de l'économie moderne, un des moyens les plus efficaces pour arracher aux classes dirigeantes et à l'Etat les instruments de production et d'échange.
C'est donc à partir des réalités de notre temps que nous poursuivrons notre oeuvre de libération sociale, ce qui confère à l'anarchisme son originalité car, contraire à tous les dogmes, il est une adaptation constante de la proposition théorique aux conditions sociales d'aujourd'hui.
Publié le 20/09/2008 à 12:00 par anarchie23
Brochure de Jean-Pierre TERTRAIS. 48 pages. Editions du monde Libertaire. 2001. 3€.
C'est chaque jour un peu plus évident et flagrant, la gestion capitaliste de l'agriculture est une véritable calamité.
C'est une calamité pour les petits paysans qui sont implacablement éliminés par des "exploitations" toujours plus gigantesques. Pour une ruralité qui se désertifie chaque jour un peu plus. Pour l'environnement et les écosystèmes qui sont littéralement massacrés. Pour les consommateurs qui sont nourris avec de la merde. Pour les paysans qui se retrouvent livrés pieds et poings liés aux banques et aux multinationales de l'industrie agro-alimentaire. Pour les agricultures des pays pauvres qui sont pillés d'une manière éhontée...
Est-il besoin de le préciser, cette calamité ne relève en rien du hasard.
Le productivisme, l'industrialisation à outrance, la mal bouffe, l'obsession de l'abaissement des coûts de production, la non prise en compte des contre-coups humains, environnementaux, sociaux...dans le calcul de ces coûts de production, la prolétarisation des paysans, l'asservissement de populations entières à des trusts supra-nationaux, la destruction des conditions mêmes de la vie... sont, en effet, les conséquences d'une course effrénée au profit maximum immédiat.
C'est l'âme de cette logique capitaliste qui est mise à nu dans cette brochure.
Et c'est une autre logique, celle de l'anarchisme, qui trace le chemin d'une autre agriculture, humaine, égalitaire, solidaire, saine, autogestionnaire...
UNE DESERTIFICATION RURALE ACCRUE (extrait de la brochure)
Même si elle ne constitue pas la seule cause (déclin des industries traditionnelles au profit des industries nouvelles, attrait culturel de la ville), la modernisation de l'agriculture, en abaissant régulièrement le nombre d'exploitations dans les communes rurales, va contribuer aux déplacements considérables de populations des campagnes vers les villes. En 1936, la population rurale dépasse encore la population urbaine ; en 1962, cette population ne représente plus que 38% de la population totale ; en 1975, 20% ; en 1989, moins de 10%.
Si d'un côté, des villes de plus en plus monstrueuses confinent à l'asphyxie, de l'autre, des zones rurales se dépeuplent, des régions entières sont menacées de désertification, des paysages ne sont plus entretenus (avec les risques d'incendie), des services ne sont plus assurés, des écoles ferment, des équipements collectifs ne sont plus utilisés, des villages meurent, malgré la volonté parfois vive des habitants(tes) de rompre cette fatalité.
Le système productiviste a non seulement endommagé des siècles d'architecture, mais encore bouleversé profondément le tissu social. En divers endroits, ce sont des liens qui se brisent, toute une culture qui disparaît, un patrimoine qui part en lambeaux, des coutumes, des traditions qui se perdent dans l'uniformité ambiante d'une société qui s'est cru libérée à jamais des contraintes naturelles élémentaires.
Peu nombreux sont celles ou ceux qui semblent avoir pris la mesure des problèmes posés. Parmi les plus lucides (même si sa conception de la société n'est pas celle des anarchistes), Paul Houée, spécialiste du développement rural, constate: "La logique du profit pousse à la concentration, à la spécialisation des espaces: d'un côté, des zones intenses d'activités, de peuplement, de consommation à des coûts élevés, de l'autre, de vastes territoires que l'on exploite avant d'y déverser tous les rejets, à l'exception de quelques réserves naturelles ou touristiques."
Publié le 14/09/2008 à 12:00 par anarchie23
LES VERTUS DE L'IRRELIGION
Les déclarations du président Sarkozy au Latran et à Ryad, réitérées dernièrement, ont sans doute violemment heurté les convictions des partisans de la séparation des Eglises et de l'Etat, qui, interloqués par tant d'aplomb, voyaient dans ces propos l'expression de la volonté d'une nouvelle alliance entre la religion et la France.
Est-il besoin d'indiquer à M. Sarkozy ce que répondait La Mettrie aux théologiens durant le mouvement de déchristianisation du XVIII° siècle: "Non seulement je pense qu'une société d'athées philosophes se soutiendrait très bien, mais je crois qu'elle se soutiendrait plus facilement qu'une société de dévots, toujours prêts à sonner l'alarme sur le mérite et la vertu des hommes souvent les plus doux et les plus sages."
Est-il besoin de dire que le parti pris de la crédulité au sommet de l'Etat ne fait qu'alimenter le souvenir des méfaits et des turpitudes des Eglises ?
L'expression "Héritage des Lumières", dont M. Sarkozy a udé de façon ambiguë dans ses déclarations, est un euphémisme destiné à masquer la réalité historique du fait irréligieux.
Depuis le XVIII° siècle au moins, il existe en France une grande diversité de pensées relevant de l'incroyance ; de l'agnosticisme à l'athéisme en passant par le panthéisme, toutes ces conceptions expriment une exigence métaphysique concurrente de l'idée de transcendance forgée par les monothéismes.
Aujourd'hui, les enquêtes d'opinion nous apprennent qu'au moins un tiers des Français(ses) se réclame de ces courants de pensée. Peut-on les ignorer et considérer que seules les religions ont droit à la reconnaissance de l'Etat ?
Il y a fort à parier que ce privilège, porté à son paroxysme par M. Sarkozy, tient à l'idée que les religions seraient des agents de l'ordre et de la stabilité sociale.
Pourtant, à regarder de près le passé des institutions religieuses, on peut à bon droit s'effrayer des crimes commis en leur nom. Le siècle des Lumières est aussi celui de la lacération et du bûcher pour les ouvrages condamnés par les théologiens, de l'exil forcé et de la prison, voire de la mort, pour leurs auteurs.
Est-ce à cette civilisation de la censure et de la persécution que se réfère M. Sarkozy ?
Il serait naïf d'espérer un changement d'attitude ou d'opinion de ce président vis-à-vis des irréligieux. Toutefois, ces derniers ne doivent pas renoncer à faire entendre leur voix, non seulement pour demander un traitement égal et digne, mais surtout pour pointer les contradictions du discours de M. Sarkozy sur la religion. A cet égard, il convient de rappeler quelques évidences:
-Si M. Sarkozy s'engage à remettre en cause la loi de 1905, en donnant d'une façon ou d'une autre plus de moyens aux Eglises, alors il devrait également subventionner les associations défendant l'incroyance sous toutes ses formes.
Il aurait alors face à lui l'insoluble problème de la représentativité de chaque obédience, confirmant la nécessité que l'Etat n'interfère pas dans les préoccupations métaphysiques de chacun et de chacune.
-Si M. Sarkozy décide d'impliquer les religieux dans les institutions de l'Etat ou dans la vie politique, il devrait offrir aux irréligieux les mêmes possibilités.
Mais le mélange improbable consécutif à une telle ouverture ne tiendrait pas longtemps, et aboutirait au mieux à une coquille vide, au pire à des polémiques sans fin et inutiles.
-En outre, il est tout à fait partial d'insérer dans les programmes d'enseignement le fait religieux et de passer sous silence l'histoire des irréligions et des rapports de la science avec les institutions religieuses.
Giordano Bruno ou Giulio Vanini mériteraient une place dans nos manuels d'histoire, mais en cherchant à tout prix le consensus sur les représentations du sacré, tout esprit critique en a été évacué.
-Si finalement l'intention de M. Sarkozy n'était que d'agiter un peu plus les médias, en voulant afficher son goût pour le surnaturel, les irréligieux auraient à dénoncer cette posture falote qui ne vise là aussi qu'à dresser les uns contre les autres.
L'invitation au débat est d'emblée fallacieuse, car la religion est posée, à priori comme un horizon indépassable.
Le mouvement irréligieux dans son ensemble conteste ce présupposé, et a toutes les raisons de craindre le voeu de restauration d'une société de dévots.
Par dessus tout, l'insistance de M. Sarkozy sur le "respect" dû aux religions cache une condamnation implicite du droit de critique des croyances. Si les irréligieux ne sont pas des fanatiques qui souhaiteraient l'interdiction des cultes, ils revendiquent en tout cas la possibilité de dire ce que l'idée du sacré inspire à leur raison, et que sa disparition pour eux, loin d'être un manque, représente les prémisses d'une émancipation de la pensée.
Le respect des croyances individuelles ne signifie pas l'interdiction du blasphème, mais la légitimité d'un état d'hétérodoxies réciproques, ou le fait que des convictions étrangères puissent être confronter librement, et non se momifier comme dans les discours de ce président dévot.
Signé par: Cyrille Baudoin, Olivier Brosseau, Pascal Charbonnat, Bernard Deffarfes, Jean-Marc del Percio-Vergnaud, David Forest, Olivier Gandrillon, Sigrid Girardin, Jean-Jacques Kupiec, Jérôme Segal, Marc Silberstein, Penny Starfield.
(Article publié au mois d'avril 2008 dans le Monde Libertaire, le journal de la Fédération Anarchiste.)
Publié le 13/09/2008 à 12:00 par anarchie23
Une affiche étant plus explicite qu'un long discours...
Publié le 10/09/2008 à 12:00 par anarchie23
Vous pouvez cliquer sur le dessin pour l'agrandir !
A l'appel de la Fédération Anarchiste, MANIFESTATION "Malvenue au Pape" samedi 13 septembre à 14 heures Place de la République à Paris.
Parcours: Place de la République/Bastille/Nation.
Extraits de l'éditorial du Monde Libertaire # 1524 du 11 au 17 septembre 2008:
"La théologie, c'est simple comme dieu et dieu font trois." Jacques Prévert.
Joseph Ratzinger, alias "le Pape", chef du minuscule Etat du Vatican, est invité cette semaine par le président Nicolas. Un naïf pourrait se demander pourquoi le chef d'un Etat laïc invite ce malfaiteur de l'humanité, gourou d'une des plus redoutables sectes de la planète, à venir célébrer le cent-cinquantenaire des hallucinations de Bernadette Soubirous à Lourdes. Ce naïf ne tiendrait pas compte des relations privilégiées qu'entretient le comte-président de Nagy-Bocsa (alias Sarkopen) avec cette organisation criminelle.
Pendant des siècles, les représentants de "l'Eglise catholique, apostolique et romaine" ont terrorisé le monde en imposant leurs diktats par la force à travers l'Inquisition qui fit des millions de victimes.
Il y a peu encore, ils soutenaient les dictatures les plus infâmes d'Amérique du Sud et bénissaient les tortionnaires.
Nicolas Sarkozy a affirmé lors de son discours à Latran que jamais l'instituteur ne remplacera le curé. Heureusement, car ce n'est pas son rôle ! Il doit éveiller nos enfants, alors que le curé les plonge dans l'obscurantisme.
Lors de l'hommage rendu par la République à ses soldats morts pour les trafiquants de drogue afghans, Sarkopen a été vu en train de faire le signe cabalistique de reconnaissance des adeptes de cette coterie. Ce signe de croix symbolise d'ailleurs la rédemption par la douleur, qui une des croyances principales des zélateurs de ce dogme.
Tant que nos dirigeants resteront prisonniers de ce carcan mental qu'est la religion, notre société ne pourra pas évoluer. Ils continueront à nous gouverner en prenant modèle sur cette maffia qui depuis plus de 2 millénaires prétend nous dicter notre conduite. Leur éthique est calquée sur celle de ces salops qui pensent que seule une élite peut savoir ce qui est bon pour la multitude.
REMBALLE TON PAPE ! (par PACO, groupe "Zéro de conduite" de la Fédération Anarchiste. Le Havre.)
Invité par Nicolas Sarkozy, Joseph Ratzinger (alias le pape Benoît XVI) sera pour la première fois en France du 12 au 15 septembre.
Des mouvements libertaires et des associations féministes et LGBTI (Lesbiennes, Gays, Bisexuels, Transexuels et Intersexes) appellent à manifester le 13 septembre à Paris contre la venue du patron des catholiques et du Vatican. Les organisations voient notamment dans ce show politico-religieux une menace contre la laïcité. Elles n'ont pas tort.
En invitant le pape, Nicolas Sarkozy va encore nous offrir une rengaine sur les vertus de la "laïcité positive", celle qui devrait rappeler les "racines chrétiennes de la France". Il y aurait de quoi rigoler, mais le coeur n'y est pas.
Quand Nicolas Sarkozy, chanoine honoraire de la basilique Saint-Jean-de-Latran à Rome, ose dire que "dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé", on a le droit de flipper. Après une telle déclaration, le pire est à craindre avec l'arrivée de cours "d'instruction civique et morale" dans les bahuts à la rentrée prochaine.
Si Christine Boutin, ministre du Logement et de la Ville (mais aussi membre du Conseil pontifical pour la famille depuis 1995) doit se réjouir de la venue de son idole à Paris, on imagine que toutes les femmes n'iront pas s'agenouiller sur le passage de la papamobile.
Elles sont un certain nombre à se dresser contre les propos rétrogrades, sexistes, misogynes et lesbophobes de Benoît XVI. Aux étourdies, Ratzinger a déjà rappelé les règles prétendument dictées par Dieu à Eve dans la Genèse: "Le désir te portera vers ton mari, et celui-ci dominera sur toi". Tout un programme.
L'histoire du "Péché originel" ne date pas d'hier. Pour montrer sa grande modernité, Ratzinger s'adresse aux femmes actives d'aujourd'hui. Celles qui le désirent "pourront consacrer la totalité de leur temps au soin du ménage [...], tandis que celles qui désirent avoir d'autres activités pourront le faire, avec des horaires adaptés, sans être mises devant le choix de devoir sacrifier leur vie de famille".
En clair, les femmes peuvent choisir entre exploitation et surexploitation en n'oubliant jamais que c'est le mari qui porte la culotte. Nous ne sommes pas loin d'un petit manuel catholique d'éducation domestique...
Considérant que "le plaisir sexuel est moralement désordonné quand il est recherché pour lui-même, isolé des finalités de procréation et d'union", Ratzinger rappelle encore aux femmes qu'elles ne sont pas là pour s'amuser. Pas question de plaisir, de droit de disposer de son corps, de contraception et encore moins d'avortement. Femmes, vous êtes là pour en baver. Accouchez. Rompez.
Selon le Vatican, la sexualité n'est envisageable que pour procréer. Dans cette logique, l'Eglise catholique mène une croisade constante contre le droit à l'avortement. En France, sous l'effet d'un lobbying catholique actif, les services hospitaliers qui pratiquent des IVG sont de moins en moins financés. Les bons chrétiens demandent également l'extension de la clause de conscience qui permet aux médecins de refuser de pratiquer des avortements.
Dans son délire moralisateur, l'Eglise catholique s'en prend par ailleurs aux moyens de protection aussi simples et peu coûteux que le préservatif...
Les lesbiennes, gays, bisexuels, transsexuels et intersexes (LGBTI) ne disent pas merci non plus au pape. Ce n'est pas une nouveauté, la Bible condamne l'homosexualité. Evidemment, Ratzinger ne dit pas le contraire en décrivant "l'inclination particulière de la personne homosexuelle" comme "un comportement intrinsèquement mauvais du point de vue moral".
Les signataires de l'appel "Remballe ton pape !" réagissent: "Par ses propos, l'Eglise permet de légitimer toutes les discriminations et violences commises envers les LGBTI. Elle fait perdurer un ordre moral qui condamne à la sous-citoyenneté toutes celles et ceux qui ne veulent pas s'y conformer.
Cet ordre suppose qu'il n'existe que 2 genres, naturellement déterminés par 2 sexes, hommes et femmes nécessairement complémentaires, niant ainsi l'existence des personnes transgenres, transsexuelles et intersexes".
Sale temps pour les luttes d'émancipation quand Benoît XVI lance un message qui sonne comme un coup de matraque sur un crâne anarchiste: "Il serait criminel (sic) de prendre les éléments de la piété populaire et de les orienter vers un plan de libération purement terrestre, lequel se révèlerait rapidement comme rien d'autre qu'une illusion".
Traduction: "Avis aux opprimé(e)s ! N'espérez pas un monde meilleur demain ou même après-demain. Ne vous révoltez pas contre vos maîtres et vos bourreaux. Rampez, courbez l'échine et vous atteindrez le bonheur... quand vous serez morts et enterrés."
Après ces citations papales choisies, qui osera dire que l'anticléricalisme est désuet ?
Réactionnaire, passéiste, obscurantiste, malsaine, complice des exploiteurs, l'Eglise catholique parle au monde comme si nous étions toujours au Moyen Age.
Pour la séparation de l'Eglise et de l'Etat, pour la défense du droit à la contraception et à l'avortement libres et gratuits, pour l'émancipation des individus et des peuples, c'est le moment de gueuler bien fort Ni dieu ni maître !
Publié le 07/09/2008 à 12:00 par anarchie23
La Fédération Anarchiste, regroupée lors de son 65° congrès au Villard (Creuse) a adoptée la motion suivante:
Nous constatons aujourd'hui la résurgence du religieux, compagnon et outil du capitalisme-néolibéralisme, dans la vie sociale, politique et économique. Le développement du prosélytisme religieux, se manifestant en particulier dans le repli communautaire de fractions de plus en plus importantes de la population, donne un regain de vigueur à l'obscurantisme.
L'érection d'une statue représentant l'ancien pape à Ploërmel, le retour prononcé du créationnisme comme matière universitaire, le développement des églises évangélistes, etc... sont des symptômes parmi tant d'autres de ce renforcement et de l'invasion du religieux dans la sphère publique. Au niveau international, les oppositions religieuses engendrent de plus en plus de conflits, jetant quotidiennement des centaines d'individus dans des guerres de fanatisme.
Les attaques contre la liberté des femmes à disposer de leur corps et les actes homophobes se font plus virulents. La réaction des Etats est une complicité active. Le récent discours du président français, à Latran, a réaffirmé la supériorité du curé sur l'instituteur.
L'Union européenne continue de se construire sous les auspices de la chrétienté et des autres religions, et, en plus du développement des institutions privées confessionnelles, les intrusions des références religieuses dans les écoles et l'éducation se font de plus en plus fréquentes. Des maires PCF posent les premières pierres des mosquées...
Cette offensive de la religion, assurant son rôle traditionnel de contrôle social de la soumission, rencontre une opposition qui n'est pas à la hauteur du danger. Cette quasi-indifférence permettra, si rien n'est fait, aux religions et aux sectes de tout poil d'imprégner pernicieusement les esprits et de retrouver une influence que nous pensions disparue.
Il nous semble impératif de réagir de façon énergique. La venue en France du pape, dans ce contexte, constitue une occasion pour nous d'affirmer notre volonté de s'émanciper et de s'épanouir hors du joug aliénant et oppressant des religions.
A bas l'obscurantisme ! A bas toutes les religions ! Vive l'anarchie !