Publié le 02/09/2008 à 12:00 par anarchie23
"Les libertariens ne sont pas des anarchistes, ce sont des ultra-libéraux"
Nous allons décrire ici ce que sont les libertariens et leurs nombreux avatars: anarcho-capitalistes, agoristes, minarchistes, panarchistes, etc...
DES FAUX ANARCHISTES
Nous nous devons tout d'abord de préciser les contradictions de l'utilisation par les capitalistes libéraux de la terminologie anarchiste.
Malgré leur volonté de récupération de la mouvance individualiste principalement américaine d'ailleurs de l'anarchisme (Spooner, Tucker, etc...) les libertariens sont pour un individualisme libéral et non pas des anarchistes individualistes.
Pour ne pas permettre la confusion des genres, certains libéraux (Rothbard notamment, disciple de l'économiste ultra-libéral Mises) s'approprieront le terme de "libertarian", puis, du fait, que la nouvelle désignation ne changera rien à leurs pratiques libérales habituelles, d'autres libéraux, opposés à la faction minarchiste qui ne demande que la limitation des prérogatives de l'Etat, créeront l'oxymore "anarcho-capitaliste".
Il se trouve, dans les faits, que les libertariens/anarcho-capitalistes ("anarcaps" pour les intimes) forment des partis politiques qui se révèlent n'être, selon la tendance, que des soutiens pour des partis centristes de droite ou conservateurs ; donc ils soutiennent de fait l'existence de l'Etat.
En rentrant dans le jeu de l'autorité publique, ils s'excluent ainsi de leurs prétentions anarchistes.
Rothbard réclamera la création d'un parti populiste.
Leur défense de la propriété privée des moyens de production et de distribution fait qu'ils n'ont rien contre le pouvoir que les propriétaires ont concernant des locataires ou des salarié(e)s.
D'ailleurs, dans de nombreux ouvrages, ils admettent l'esclavage comme une possibilité (voir F.2.2 Do "libertarian"-capitalists support slavery ?) (infoshop.org/faq/secF2.html#secf22).
Les anarcho-capitalistes (ou libertariens) ne s'opposent pas à la concentration de la richesse, aux distinctions de classe.
Ils utilisent également la manipulation à des fins idéologiques (l'oxymore "anarcho-capitaliste" étant un exemple). Cet oxymore associe 2 termes , anarcho (qui se réfère à l'anarchisme) et capitalisme. Mais les termes "anarcho" et "capitalisme" signifie pour eux "individualisme" (au sens libéral) et "libéralisme économique".
Les anarcho-capitalistes sont en fait simplement des capitalistes qui s'opposent au découpage par l'Etat de leurs propres bénéfices par les règlements et par l'imposition. C'est leur rogne unique contre l'Etat.
Leur rejet de l'Etat est factice car ils ne rejettent pas la hiérarchie (fondement des sociétés autoritaires) et, n'ont donc, rien d'anarchistes.
DES DOCTRINAIRES LIBERAUX
Les libertariens prônent la privatisation de tous les services publics. Selon Friedman, les règles du Droit seraient produites sur un marché libre, alors que selon Rothbard, elles découlent de la théorie du Droit Naturel.
Tous les services seraient donc laissés au libre jeu du marché (firmes, multinationales, etc...). C'est la concurrence qui assurerait l'équilibre.
D'autre part, ce mouvement revendique le capitalisme, dont le salariat est une composante, salariat qui est une forme d'organisation économique entre un dominant, le patron/propriétaire, et le dominé, le travailleur/locataire.
Leur doctrine défend également le "droit" des enfants à travailler et la prostitution.
Ce sont, selon eux, des conséquences logiques du droit naturel.
Ils défendent aussi la "hiérarchie naturelle" ainsi que la hiérarchie économique et sociale qui ne fait que refléter, selon eux, une hiérarchie naturelle "inévitable".
Hans-Hermann Hoppe s'exclame ainsi: "les riches sont en règle générale intelligents et industrieux, alors que les pauvres sont typiquement stupides ou paresseux, ou les deux à la fois".
Ils ont parfois également, suivant la logique de la "hiérarchie naturelle" des positions qu'on peut assimiler à de l'eugénisme, ainsi que des tendances anti-écologistes.
Hormis Friedman, ils prennent des positions anti-immigrationnistes.
Ils sont pour le port d'armes et les ventes d'armes libres.
Enfin, ils peuvent également être taxés de liberticides puisque leur vision de la liberté est principalement orientée sur la capacité économique de l'individu ; celles ou ceux qui ont beaucoup d'argent auront plus de liberté que celles ou ceux qui ont peu d'argent, la liberté pour eux/elles a un prix.
Les libertariens (ou anarcaps) vénèrent d'ailleurs les entrepreneurs(ses) riches. Leurs maîtres-mots sont privatisation et concurrence.
DES RELIGIEUX DE LA PROPRIETE PRIVEE
La propriété privée des moyens de production et l'individualisme semble les principes fondamentaux de certains libertariens, menant au libéralisme économique ou capitalisme de marché. La propriété privée des moyens de production, représentant le principe capitaliste, a amené à toutes sortes de situations invivables, que cela soit par un régime démocratique, ou par un régime fasciste.
De nombreux libertariens refusent la démocratie, mais en arrivent parfois à accepter le fascisme ou le monarchisme (tels les physiocrates) qui permettent souvent l'application du libéralisme économique par des fonctions essentiellement régaliennes de l'Etat, au contraire de la démocratie qui peut limiter parfois les droits de propriété privée des moyens de production.
LES LIBERTARIENS ET LE FASCISME
Parmi les théoriciens "libertariens", certains ont félicités la venue de sociétés fascistes. Par exemple, Ludwig von Mises, en 1927, tout en usant de la rhétorique nécessaire, énoncera les bienfaits du fascisme, le fascisme salvateur de la civilisation.
Friedrich von Hayek (disciple de von Mises) en fera de même avec la dictature fasciste de Pinochet, tout autant que Milton Friedman et ses Chicagos Boys (du CATO Institute) qui conseilleront le dictateur chilien quand à l'application politique du libéralisme économique.
Il est actuellement toujours question des liens de ces groupements avec le fascisme, on peut remarquer les similitudes de leurs programmes économiques avec ceux de partis fascistes ou assimilés (Vlamms Blok, Front National...).
Des libertariens considèrent que le fascisme est une réponse salutaire face au socialisme ou à la démocratie. Ceci expliquant peut-être les propos positifs de libertariens vis à vis du fascisme.
Ludwig von Mises a écrit: "On ne peut nier que le fascisme et les mouvements similaires cherchant à mettre en place des dictatures sont remplis des meilleures intentions et que leur intervention a, pour l'instant, sauvé la civilisation européenne. Le mérite qui en revient au fascisme demeurera éternellement dans l'histoire". "Libéralisme", 1927, Chapitre 10, L'argument fasciste.
Hans-Hermann Hoppe a écrit: "Il ne peut y avoir de tolérance vis-à-vis des démocrates et des communistes dans un ordre social libertarien. Ils devront être séparés et expulsés physiquement de la société. De même, dans un engagement fondé dans l'optique de protéger la famille et les proches, ils ne peut y avoir de tolérance vis-à-vis de ceux qui défendent habituellement des modes de vie incompatibles avec cet objectif. Ceux-là -les défenseurs de styles de vie différents, non-centrés sur la famille et les proches, tels que l'hédonisme individuel, le parasitisme, la vénération de la nature et de l'environnement, l'homosexualité ou le communisme- ils devront être éliminés physiquement de la société également, si l'on souhaite maintenir un ordre libertarien". In "Democracy: The God That Failed", 2001.
UNE FAUSSE LIBERTE
La conception de la liberté que promeut un libertarien est une pièce maîtresse de son argumentaire. Or celle-ci est également on ne peut plus éloignée des positions anarchistes.
Cette liberté est la liberté individuelle de n'être pas entravée: c'est la liberté dite négative, conçue d'une manière purement individuelle et garantie par un système de protection que certaines ou certains veulent privée tandis que d'autres reconnaissent qu'un Etat sera nécessaire à son maintien. Or cette liberté, qui ignore tout des circonstances, est d'une confondante pauvreté. Le salarié(e) contraint de se vendre y est présumé libre.
C'est la liberté du renard dans le poulailler , c'est celle de ces villes grillagées ou de ces beaux quartiers derrière lesquelles se réfugient les plus riches citoyens pour échapper au chaos qu'ils ont créé, c'est la liberté qui s'accroît avec l'esclavage d'autrui.
Le libertarianisme est une liberté faussée par l'argent. Seuls les riches auraient une réelle liberté puisque dans une société libertarienne, tout se paye.
UNE NEBULEUSE ULTRA-LIBERALE
David Nolan a fondé le Parti Libertarien américain en 1971. Il a créé un diagramme pour montrer que sa doctrine est supérieure aux autres, diagramme largement critiqué par les anarchistes parce qu'il ne montre que les thèmes que défendent les libertariens: le libéralisme économique et les libertés individuelles au sens libéral.
Ayn Rand (1905-1982) théoricienne de l'Objectivisme, une doctrine de philosophie morale qui prône l'égoïsme comme moteur de toutes les actions humaines.
Elle a fait avant tout le monde et dans l'Amérique du New Deal l'apologie d'un capitalisme libéral. A bien des égards, Rand est la "maman" de tous les libertariens, celle à laquelle toutes et tous se réfèrent. (voir politique-info.org/archive-08-2006.html)
Rothbard désigne le libéral Molinari comme le précurseur de "l'anarcho-capitalisme", notamment pour avoir proposé la mise en concurrence des gouvernements. Hors Molinari proposait la gestion libérale par des Etats minimaux, s'inspirant du panarchisme. Mais Rothbard n'est pas à une incohérence près.
Les libertariens se basent également sur les travaux d'économistes ultra-libéraux tels que Mises, Bastiat, Hayek, Molinari, etc...
Plusieurs Partis Libertariens existent: Parti Pirate Suédois, Alternative Libérale en France. Ils ont une influence non négligeable en premier lieu aux USA et en Amérique du Sud mais également au Canada, en Belgique ou en Suisse.
EN FORME DE CONCLUSION
Le mouvement libertarien est d'essence libérale.
Il se distingue de l'anarchisme de 2 manières:
-Loin de nier la propriété privée, il se fonde sur elle.
-Après avoir posé l'égalité formelle de tous les individus en droit, il admet les inégalités matérielles.
Le libertarianisme est la forme ultime du capitalisme individualiste, l'argent est son dieu. Ce mouvement a le soutien moral des rentiers et des milliardaires.
Libertariens et libertaires: 2 mondes opposés !
(d'après des extraits de Normand Baillargon et d'Anarchopédia)
Publié le 30/08/2008 à 12:00 par anarchie23
Photo: prise de décision dans l'usine autogérée Brukman, en Argentine, issue du film "The Take" de Naomi Klein.
L'usurpation d'une culture de la contestation issue des années 70 a été utilisée pour vider de son sens le concept d'autogestion, terme aujourd'hui galvaudé à tel point que les anarchistes lui préfèrent parfois le terme de "gestion directe".
Et pourtant, l'autogestion est issue des plus profondes aspirations à l'émancipation, sans cesse enrichie par les peuples et les civilisations qui se la sont appropriées.
Aujourd'hui, l'autogestion en marche avance plus vite que celle qui pense ! Daniel VIDAL, qui introduit cette brochure, en veut pour preuve différents exemples: révolte du Chiapas, mobilisations sociales massives de 95, pratiques autogestionnaires lors du VAAAG (Village Alternatif, Anticapitaliste et Anti-Guerres), mouvement des piqueteros et entreprises autogérées en Argentine...
Les anarchistes restent les partisans d'une autogestion intégrale, articulée de façon fédéraliste, avec pour projets la société égalitaire et la démocratie directe.
Ils sont souvent seuls, dans le champ syndical, à assurer la continuité de la maxime de la 1ière Internationale des Travailleurs: "L'émancipation des travailleurs(ses) sera l'oeuvre des travailleurs(ses) eux-mêmes" et de la charte d'Amiens de 1906.
Alors aujourd'hui cet espoir qu'il faut entretenir d'une autogestion qui resurgit parfois, doit aussi nous préoccuper puisque trop souvent, cette pratique sociale s'est diluée dans le réformisme, voire la réaction.
Les anarchistes, convaincus de la nécessité de la révolution sociale, affirment leurs conceptions émancipatrices d'une autogestion intégrale dans l'optique d'une orientation libertaire des luttes ou des occupations.
Dans la suite de la brochure, José Maria Fernandez PANIAGUA propose un bref historique de l'autogestion et de ses origines: en effet, si l'autogestion n'est pas un concept exclusif de l'anarchisme, c'est le mouvement libertaire qui lui a donné le plus de sens dans le champ politique, économique et social.
Pour que des notions comme liberté et démocratie ne se transforment pas en des concepts et des faits relativisés, la réactualisation du principe autogestionnaire devient urgente en ces temps de globalisation économique et de dépolitisation généralisée.
Enfin, Nelson MENDEZ et Alfredo VALLOTA abordent l'aspect plus idéologique de l'autogestion: pour l'idéal acrate, l'autogestion est un projet ou mouvement social qui, aspirant à l'autonomie de l'individu, a pour méthode et pour objectif que l'entreprise et l'économie soient dirigées par celles et ceux qui sont directement liées à la production, la distribution et l'utilisation des biens et des services.
Cette même attitude ne se limite pas à l'activité productive de biens et de services mais s'étend à la société toute entière, en proposant la gestion et la démocratie directe comme modèle de fonctionnement des institutions de participation collective.
L'autogestion anarchiste prétend à une transformation totale et radicale de la société. L'autogestion est une tentative de modifier l'organisation sociale et la notion de politique, en mettant entre les mains de toutes et de tous et de chacune et de chacun, de façon directe et sans intermédiaire, toutes ses affaires.
A nous toutes et tous d'avancer dans ce sens !
Brochure éditée aux Editions du Monde Libertaire. 3€.
Publié le 28/08/2008 à 12:00 par anarchie23
Vous pouvez cliquez sur la photo pour l'agrandir !
Nous sommes très heureux de vous annoncez que la Fédération Anarchiste vient d'ouvrir un nouveau blog (http://malvenueaupape.centerblog.net) pour souhaiter notamment la malvenue au Pape avec un appel à la manifestation du 13 septembre 2008 composé d'un vidéo-clip et de plusieurs textes.
Plusieurs ouvrages anarchistes anti-religieux y sont également mis en ligne.
Ainsi que plusieurs vidéos très intéressantes (interviews, etc...) réalisées par la Fédération Anarchiste présentant l'anarchisme.
Pour accéder directement à ce nouveau blog, vous pouvez cliquez à gauche dans la rubrique "Mes Blogs préférés" et ensuite sur "malvenueaupape".
Salutations Anarchistes !
Publié le 26/08/2008 à 12:00 par anarchie23
Vous pouvez cliquez sur l'affiche pour l'agrandir !
Une ancienne affiche datant de 1978 de la Fédération Anarchiste toujours d'actualité !
Publié le 24/08/2008 à 12:00 par anarchie23
En septembre 1993 s'ouvrait sur l'ïle d'Oléron une école libertaire: BONAVENTURE.
Des enfants, de 3 à 9 ans, y apprenaient à lire, écrire et compter, et surtout, à apprendre.
A construire des savoirs. A s'apprendre. Dans le cadre d'une petite classe unique. Mais aussi en dehors de la classe et de l'école. Et tout cela, au rythme endiablé d'une éducation permanente à et par la liberté, l'égalité, l'entraide et l'autogestion.
Ecole libertaire, centre d'éducation libertaire... BONAVENTURE taraudait inlassablement l'hiver éducatif pour y apposer quelques touches de couleurs anti-autoritaires.
Mais BONAVENTURE n'était pas que cela: en brandissant haut et clair le drapeau de la laïcité, de la gratuité, d'un financement social, de la propriété collective.
En affirmant la nécessité d'un service social d'enseignement et d'éducation qui soit vraiment celui de l'égalité des chances, BONAVENTURE était fantassin d'une petite armée de gueux qui labourait les terres ingrates d'une transformation sociale radicale.
BONAVENTURE a du fermer en 2001 mais ses locaux s'oriente vers d'autres activités: bibliothèque anarchiste, salle de réunion, etc...
Ayant été l'un des humbles animateurs de cette école les 2 premières années de son fonctionnement, j'aurais je pense aimer y être également élève.
BONAVENTURE, c'était de l'anarchie au quotidien. Du palpable, du concret. C'était la démonstration qu'il est possible de faire autrement, ici et maintenant. Et c'est en faisant des choses différemment que les choses... changent !
On peut retrouver l'histoire de BONAVENTURE dans 2 livres: "Bonaventure, une école libertaire" et "La farine et le son", publiés aux Editions du Monde Libertaire.
Une vidéo (VHS) existe également.
Publié le 24/08/2008 à 12:00 par anarchie23
Vous pouvez cliquez sur l'affiche pour l'agrandir.
A noter que le groupe punk "Les Consangains" participera à ce Festival ; il avait d'ailleurs joué au concert du Congrès de la Fédération Anarchiste en mai 2008 au Villard (entre Royère-de-Vassivière et Gentioux) dans la Creuse.
Salutations Anarchistes !
Publié le 24/08/2008 à 12:00 par anarchie23
Vous pouvez cliquez sur l'affiche pour l'agrandir.
Ce Festival est organisé par des ami(e)s. Creuse-Citron, le journal de la Creuse libertaire y tiendra une table de presse.
Salutations Anarchistes !
Publié le 23/08/2008 à 12:00 par anarchie23
Vous pouvez cliquez sur l'affiche pour l'agrandir !
Le fédéralisme libertaire veut cimenter la société par un lien social dont l'élément essentiel est l'adhésion à des projets et à des oeuvres communes. C'est une nouvelle conception du contrat social, sur la base du volontariat et non de la coercition.
Politiquement, le fédéralisme libertaire condamne toute puissance militaire et toute institution policière ; il est l'ennemi du centralisme qui conduit à l'asservissement.
Fédérer, d'un point de vue anarchiste, c'est créer des fédérations à tous les niveaux, en généralisant le principe de la libre association. Il s'agit de coordonner des systèmes autogérés, des petites collectivités aux regroupements les plus vastes, et non pas d'agglomérer des institutions organisées sur un mode autoritaire.
LA COORDINATION SANS ETAT
C'est souvent le manque d'organisation structurée qui permet au premier quidam venu d'imposer son autorité et d'être proclamé, suivant les époques: roi, ayatollah ou président.
Le Fédéralisme libertaire reconnaît dans toute société une multitude d'êtres, individus et collectivités ayant chacun des aspirations particulières et un rôle propre.
C'est pourquoi doit être reconnue à chacune et à chacun l'autonomie la plus large possible ainsi que la possibilité de s'organiser, de se gérer et de s'administrer comme bon lui semble sans qu'un organe "supérieur" lui dicte ce qui est "bon" ou "juste".
L'autonomie a bien sûr ses limites, qui sont le respect de la cohésion de l'ensemble de la société et le non-exercice du pouvoir d'un groupe sur un autre.
Nous voyons donc que contrairement à l'organisation étatique, l'autonomie ou la liberté d'autrui n'est nullement une borne. Mais cette autonomie n'est pas suffisante: l'entraide est nécessaire. Elle exige de chacune et de chacun que le contrat librement consenti d'égal à égal remplace la loi édictée et imposée par une seule ou un seul. Elle exige également que chacune et chacun (collectivité ou individualité) participe aux décisions communes.
Ces différents facteurs combinés transformeraient notre vie de façon radicale en remplaçant le pouvoir de quelques unes ou quelques uns sur toutes et tous par une organisation qui, seule, est à même de composer la société sans la paralyser.
UNE DOUBLE DIMENSION
Si l'on observe la vie sociale, nous pouvons constater que, d'un côté, nous vivons toutes et tous dans des "lieux": une ville, une région ; de l'autre, nous exerçons des activités spécifiques: notre métier, nos études, notre art, et sur un plan plus ludique, nos loisirs.
Le fédéralisme doit intégrer cette double dimension: nous mettrions en place, sur un plan "géographique", des fédérations communales, régionales, puis inter-communales et inter-régionales, et, parallèlement à ces collectivités, existeraient des fédérations de travailleurs(ses), par branche professionnelle, par métier, par type de production et de service.
Pour être encore plus concret, il y aurait des fédérations du bâtiment, de la construction métallurgique, de l'industrie électrotechnique et de la l'agro-alimentaire, des transports, des services (nettoyage, surveillance technique pour la sécurité des installations, conseil et ingénierie)...
Nous devons également compter avec les multiples associations particulières qui complèteraient l'architecture de la société et qui seraient des actrices irremplaçables du mouvement social et de la convivialité (on ne peut en effet imaginer une société qui ne serait faite que "d'institutions" bien huilées !).
LA COOPERATION ENTRE LES FEDERATIONS
Ce double fédéralisme ne doit cependant pas nous laisser penser qu'il y aurait une frontière entre les fédérations de communes et les fédérations de travailleurs(ses). Elles seraient au contraire, et par la force des choses, étroitement imbriquées.
En ce qui concerne l'organisation de la répartition des biens, elle serait prise en charge par des fédérations de consommateurs(trices) créées au sein des communes. Les fédérations de travailleurs(ses) livreraient les produits à des organismes communaux qui géreraient un réseau de dépôts, autogéré-e-s par les habitants(tes), par quartiers, villages, etc...
Car s'il faut bien que des travailleurs(ses) s'emploient à assurer le fonctionnement quotidien de ces structures, leur particularité serait d'être contrôlées directement par les individus qui s'y inscriraient. Ces 2 sortes de fédérations, de production et de consommation, seraient en relation constante, afin de garantir l'adéquation entre "l'offre" et "la demande".
Sur le plan politique, les communes et leurs fédérations sont appelées à être des lieux de débats par le biais de forums locaux, ouverts à toutes et à tous sans distinction (réflexions sur les problèmes rencontrés, expression des critiques et des propositions, élaboration de projets...).
FEDERALISME LIBERTAIRE ET MANDATEMENTS
Le fédéralisme libertaire ne va pas sans l'autogestion qui est la prise en main, concrète et quotidienne, par les individus et les collectivités d'individus, de la vie sociale, économique, politique et culturelle.
Dans ce système, où il n'y a ni économie de marché ni planification autoritaire, c'est la population qui décide et valide les grandes orientations, lors d'assemblées des Fédérations, de réunions de Communes, de Régions, etc.
Comme il est impossible que tout le monde s'occupe de tout, des individus sont mandatés pour coordonner la mise en application des politiques ainsi définies et des équipes sont chargées d'étudier et de préparer des projets, d'entretenir les relations entre les fédérations et de faire circuler l'information.
Si les mandaté(e)s prennent des initiatives, ils/elles le font dans le strict cadre de leurs mandats, ils/elles n'ont pas de pouvoir décisionnel à proprement parler. Ils/elles ne disposent d'aucun moyen coercitif pour imposer ces décisions et peuvent être révoqué(e)s à tout moment s'ils/elles ne respectent pas leurs obligations.
POUR LE FEDERALISME LIBERTAIRE
Que personne ne décide à notre place !
Organisons la solidarité et l'entraide entre les travailleurs(ses) contre le patronat et les bureaucrates.
Préparons-nous à remplacer l'Etat, institution parasite et étouffante par une organisation fédéraliste des différents secteurs de la société.
Demain, gérons nous-mêmes, directement, notre travail.
Supprimons les inégalités sociales et économiques.
Après l'échec à l'Ouest et à l'Est de toutes les doctrines autoritaires (démocratiques ou dictatoriales) luttons pour une société libertaire !
Débarrassons-nous du patronat et des politiciens(nnes) !
Publié le 23/08/2008 à 12:00 par anarchie23
LES PRINCIPES
Les principes de l'économie libertaire tels que les anarchistes les conçoivent sont clairs. Ils supposent:
-Le fédéralisme, agent de coordination en remplacement de l'Etat, agent de coercition du système capitaliste.
-L'abolition d'un système économique basé sur le profit, la plus-value et l'accumulation du capital.
-La collectivisation des moyens de production et d'échanges.
-L'égalité économique et sociale.
-La limitation de l'autorité aux accords librement passés entre les participants(tes) à l'élaboration d'une économie directement gérée par les travailleurs(ses).
Nous nous démarquons de cette autogestion mise à la mode par les "chrétiens" progressistes et les marxistes modernistes dont les thèses débouchent toujours sur des projets clairement cogestionnaires, l'utilisation du terme "gestion directe" pour définir notre proposition semble plus appropriée.
LA GESTION DIRECTE... POUR QUOI FAIRE ?
La participation à la gestion d'une entreprise n'a d'intérêt pour un-e travailleur(se) que si elle transforme ses conditions d'existence.
Gérer une entreprise en commun, alors que cette entreprise conserve ses structures de classes consisterait pour les travailleurs(ses) à gérer leur propre misère, leur propre exploitation.
Ce qui confère à l'entreprise ses structures de classes, c'est:
-La propriété privée de l'entreprise.
-L'appropriation par le capital d'une plus-value que le travail de toutes et de tous a créée.
-Les différences de rémunérations.
-Le maintien d'une autorité qui excède le cadre de la tâche à accomplir.
-Les privilèges de l'encadrement.
Demain, si dans l'entreprise autogérée, il reste des différences économiques, il se reconstituera une nouvelle classe dirigeante qui défendra par tous les moyens ses privilèges.
Les anarchistes pensent contrairement aux marxistes avec leur soit-disante période intermédiaire, qu'il faut supprimer immédiatement tous les privilèges de classe sans exception.
Les travailleurs(ses) se demandent ce qu'ils/elles peuvent gagner à la gestion directe de l'outil de production.
Mais une autre série de questions se pose au monde du travail. Elles ont trait à la maîtrise des moyens technologiques et des modalités de gestion. Quelles seront les conditions de productions et de distributions ?
Il est possible d'avancer 2 raisons solides qui peuvent nous convaincre que les travailleurs(ses) auraient avantage à gérer la production et la distribution:
-La première, c'est qu'elle répartirait mieux le fruit de leur travail.
-La seconde, c'est que cette prise en main concourt à l'épanouissement individuel.
Mais pour que la gestion directe se traduise en actes, il faut que l'humanité se débarrasse des coutumes consacrées par les siècles, il faut qu'elle s'émancipe des préjugés.
LA PRODUCTION DEVRA ETRE CONDITIONNEE PAR LES BESOINS ET NON PAR LE PROFIT !
L'autogestion ou la gestion directe implique de fait l'abolition du salariat et reste sous-tendue par une gestion globale. Il est important de souligner que si l'égalité économique et sociale est une condition nécessaire à la suppression des classes, elle n'est pas suffisante ; la suppression de l'Etat doit l'accompagner sous peine de voir se recréer une classe dominante.
Publié le 20/08/2008 à 12:00 par anarchie23