De l'anarchisme....
Publié le 28/10/2009 à 22:58 par anarchie23
Ni le G20, ni le G8, ni les autres forums pourront résoudre le problème de la crise. Nous traversons une des pires crises économiques, mais ce n'est pas nouveau que le monde soit en crise.
Les guerres, les famines, on connaît. La seule nouveauté réside dans le fait que la crise touche les pays les plus riches. Il ne s'agit pas juste d'une crise économique, il s'agit d'une crise du système.
Cette crise a débutée dans le secteur bancaire mais ses causes sont bien plus profondes, en réalité les économies des états capitalistes vivent à crédit depuis 30 ans. Les entreprises s'endettent par dessus leurs possibilités, les Etats s'endettent également au dessus de leurs possibilités, pour affronter les guerres, pour augmenter leur cercle d'influences... et ils ont systématiquement poussé le citoyen à s'endetter, la seule façon de maintenir, artificiellement, la croissance économique.
La cause de la présente crise est très claire: l'avarice des capitalistes, vouloir tout monopoliser sans aucun contrôle, l'augmentation de la valeur des choses au-dessus de leur valeur réelle, négocier avec ce qui n'a pas encore été produit. Nous subissons les conséquences de tout cela à travers le chômage, le terrorisme patronal avec les "accidents du travail", les licenciements en masse des travailleurs tout en faisant le même boulot avec moins de personnel, les diminutions de salaires, les nouvelles clauses de contrat de plus en plus précaires: nous sommes les premiers sinistrés.
L'histoire nous raconte que le capitalisme est passé d'une crise à une autre, et qu'une bonne guerre lui a permis de s'en sortir (en éliminant ses rivaux, entreprises et infrastructures, ce qui lui a re-donné un élan économique). En réalité, les crises sont des périodes que les plus grands mettent à profit pour éliminer ou absorber les plus faibles. De cette façon la crise renforce la concentration du capital dans les mains d'un petit nombre de multinationales. Quelle en seront les conséquences ?
Ces super-groupes auront de plus en plus de pouvoir pour éliminer ou appauvrir la main d'oeuvre et devenir ainsi un adversaire plus puissant. Nous nous retrouvons à nouveau au point de départ.
Les gouvernements nous bassinent pour trouver une solution sur les bases éthiques du capitalisme, mais ce n'est pas possible vu que le capitalisme s'appuie sur trois principes:
1- La propriété privée des moyens de production et de financement. Ce ne sont pas les personnes qui décident mais les multinationales.
2- La compétitivité: gagner la guerre économique, c'est-à-dire, éliminer la concurrence.
3- Le profit maximum: il ne suffit pas pour gagner cette bataille d'avoir des bénéfices raisonnables, il faut un taux de bénéfices qui permettent de se distancer des entreprises de la concurrence. Le capitalisme n'est pas autre chose que la loi de la jungle.
Où se trouve l'éthique ?
Les Etats permettent aux entreprises de garder leurs gains (même si les entreprises réalisent des bénéfices records, les travailleurs, eux, auront toujours un salaire fixe et indexé) et lorsque celles-ci n'ont pas gagnées tout ce qu'elles escomptaient, elles socialisent les pertes et renflouent leurs caisses grâce au trésor public (l'argent du travailleur) pour redorer les économies des entreprises... en résumé: elles empochent notre argent. Elles nous volent une deuxième fois (1° en ne nous payant pas ce qui nous revient, ni en redistribuant les bénéfices et 2° en empochant l'argent de l'épargne publique des travailleurs, qui au lieu d'être investie dans la santé, l'éducation, les transports... passe, sans notre consentement, à l'usage et à la jouissance des riches.)
L'économie espagnole est entrée en récession. Le PIB est en chiffres rouges. Ce qui se traduit par un manque de création de richesses.
Nous avons traversé plus d'une décennie de "prospérité" économique, et les indices de croissance ont beaucoup augmentés (les travailleurs n'en n'ont pas vu un seul centime). Jusqu'au point où le gouvernement espagnol prétendit adhérer au groupe des pays les plus riches du monde.
On nous a toujours dit que l'effort de production que fournissent les travailleurs seraient pris en compte dans le cadre de la société, pour leur permettre d'atteindre un "Etat de Bien-Etre", où tous les besoins et désirs seraient couverts. Au contraire, les droits fondamentaux garanties par la Constitution, comme le sont par exemple, le logement et le travail, ne sont que lettre morte, puisque pour accéder à un logement il nous faut hypothéquer notre capacité productive de 20, 30% ou davantage, certains n'ayant même pas de marge de crédit à cause de l'augmentation sans précédent des prix. Concernant le travail: les taux de chômage sont une honte. Tous les gouvernements qui se sont succédés ont été incapables de freiner le chômage ; au contraire chaque réforme du travail (même si c'étaient des périodes de prospérité) a amener une diminution des droits des travailleurs et donc davantage de précarité et d'instabilité, jusqu'au point où l'on ne peut même pas consommer les produits que nous fabriquons nous mêmes.
Les banques et les institutions financières vivent de notre capacité à nous endetter (appliquant des intérêts d'usure) et le peu d'économies que nous avons sont très peu rémunérées, ils appliquent de fortes commissions, nous donnent des informations complexes et ambigües que même l'économiste le plus intelligent ne sait traduire. On apprend chaque semaine un nouveau cas d'abus ou de duperie concernant l'épargne des familles, ces dernières sont l'objet de commercialisation de produits financiers frauduleux où se cachent bien des astérix et de petites lettres, vu qu'il n'y a aucune transparence, ni contrôle des institutions, et qu'il n'existe aucune loi de protection des épargnants. Le résultat de tout ça est la non résolution des fraudes à l'épargne en Espagne, comme:
Les agences de valeurs
AVA (1998),
Investahorro (1999),
Gescartera (2001),
Terra (2003),
Rural Caja (2004) continuent à ne pas trouver de solution à leur périple judiciaire après tant d'années, et les scandales continuent:
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Forum, Afinsa y Arte y Naturaleza : des entreprises qui ont saisi des centaines de millions d'euros d'épargne à beaucoup d'Espagnols.
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Martinsa-Fadesa : a laissé sur le carreau 234 travailleurs car elle assure ne plus avoir de liquidités, alors que son PDG,
Fernando Martin , possède une fortune estimée à quelques milliers de millions d'euros. Beaucoup de familles restent sans logement et sans argent en raison de cette suspension de paiements. Las Comunidades Autonomas avaient toléré le manquement à l'obligation de l'entreprise d'avoir une assurance ou caution, qui apporte les garanties nécessaires aux consommateurs, pour qu'ils puissent récupérer les sommes payées ; ils doivent maintenant confronter leurs responsabilités à la réalité et apporter une solution juste et efficace.
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Lehman Brothers : plus de 20 banques et caisses d'épargnes ont vendu des produits de cette compagnie de façon frauduleuse, indiscriminée et sans information.
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Fondo Santander Banif Inmobiliario : la funeste gestion de la banque
Santander et l'inertie du Control Nacional del Mercado de Valores (Organisme de contrôle national du marché des valeurs) ont fait que 50 000 familles payent de leur économies l'effondrement de la bulle immobilière.
Le capital de la finance s'alimente de l'abus à travers la publicité mensongère, "fonds garantis", "tarifs préférentiels" sans expliquer de façon claire et simple à quel type d'opérations le client est en train d'accéder et les risques qu'il encourt.
Comment pouvons-nous nous défendre de tout cela, lorsque tout dans ce système est organisé pour un meilleur bénéfice des capitalistes, jamais rassasiés. Ils disposent de syndicats jaunes qui sont financés par l'Etat, devenant à leur tour des entreprises spéculatrices (les professionnels du syndicalisme) qui ne mordront jamais la main de leur maître et qui empocheront les subventions. A travers les comités d'entreprise, les syndicats marchandent avec nous en nous utilisant comme monnaie d'échange pour obtenir pouvoir, influence et argent. Et cette tradition se poursuit avec n'importe quel gouvernement, car dans ces conditions, parler de gauche ou de droite devient superflu. Où commence et où finit le pouvoir que t'octroie le fait d'être à la tête d'un Etat ?
LE POUVOIR EST UNE CORRUPTION, c'est pour cela que les Etats et leurs gouvernements essayent de contrôler, réduire ou éliminer la dissidence. Ils veulent en finir avec tout le tissu associatif qui fait en sorte que les individus s'auto-organisent de façon horizontale, sans hiérarchie, en créant des structures et des organisations qui prennent la défense et amplifient les droits acquis. Pour cela le pouvoir utilise des "moyens de formation à grande échelle" pour maintenir la pression sur les masses tels les moyens de communication, les systèmes éducatifs, les religions... et pour celui qui supportera ce lavage de cerveau et continuera à penser à la liberté, à l'égalité, à la solidarité, ils lui lâcheront les agents de la répression, les chiens de garde (police et militaires).
Ca suffit ! Etat et gouvernement se bénéficient de notre souffrance. Nous ne pouvons plus croire en leur parole, ils nous trompent depuis trop longtemps, il ne faut plus qu'ils gérent nos affaires. Il faut que nous luttions pour changer tout cela. Nous ne voulons pas, nous travailleurs, porter le fardeau de cette crise. Où est passé l'argent produit par l'effort de la classe ouvrière ? Il faut le réinvestir dans la société pour que tout le monde en profite. s'ils refusent, brisons cette soumission à laquelle ils nous enchaînent et affrontons leur pouvoir. Nous ne voulons plus de leur bonne parole mensongère.
La seule alternative réside dans la participation directe des travailleurs dans leurs affaires, sans déléguer cette tâche à des burocrates syndicaux. Pour cela il existe un modèle d'organisation qui fonctionne avec succès: les Sections Syndicales, formées par les travailleurs affiliés au syndicat anarchosyndicaliste au sein de l'entreprise (la CNT), sans besoin de passer par des élections syndicales, car son outil est l'assemblée de travailleurs dans laquelle toutes les décisions sont prises et seront portées par un délégué (également élu lors de l'assemblée) devant l'entreprise. Ces délégués ne possèdent aucun privilège qui les distinguent des autres travailleurs et ils peuvent être révoqués à n'importe quel moment par l'assemblée. La coordination, dans une même branche, de toutes les Sections Syndicales entre elles apporte une force de négociation qui est crainte par le patronat. Car la Section Syndicale, c'est la présence du syndicat dans l'entreprise. Ainsi, les problèmes des uns deviennent le problème de tout le monde. AUCUN INTERET EXTERIEUR AU TRAVAILLEUR NE DOIT INTERFERER !
Nous croyons que l'émancipation personnelle et sociale se traduit par le renforcement de l'organisation des citoyens grâce à l'égalité, la liberté, l'autogestion et le fédéralisme libertaire. Et que la confrontation avec le pouvoir et ses acolytes doit être portée par l'action directe et solidaire, sans chefs, ni dirigeants, avec la participation de tout un chacun, pour en finir avec l'oppression et l'exploitation... ET QUE PERSONNE NE PUISSE EMPIETER SUR LA VOLONTE POPULAIRE.
FA Ibérica (Fédération Anarchiste espagnole)
Texte traduit par Olivier, groupe "La lune noire" de la Fédération Anarchiste.
Publié le 31/07/2009 à 18:38 par anarchie23
LA FEDERATION ANARCHISTE
La Fédération anarchiste est un groupement de militants(tes) politiques organisé sur le principe du libre fédéralisme (c'est à dire la libre association) garantissant aux groupes et aux individu-e-s qui la composent la plus grande autonomie afin de permettre le pluralisme des idées et des actions, dans le cadre d'un pacte associatif que nous appelons nos "principes de base" (disponibles sur demande). C'est notre outil de lutte qui doit être fonctionnel et rationnel. Nous rejetons en effet tout fétichisme d'organisation.
Pas de hiérarchie, donc pas de chefs chez nous ! C'est à tous les militants et militantes qu'il appartient de faire progresser leur organisation. Nous ne reconnaissons pas la division dirigeant-e-s/exécutant-e-s, la participation effective des militants et militantes aux structures collectives de l'organisation est un principe d'éthique et de solidarité.
Ces structures fédérales sont: le "Monde libertaire", journal hebdomadaire, Radio libertaire, hier parisienne, aujourd'hui planétaire, et la librairie du Monde libertaire (Publico), à Paris également.
En dehors de ces oeuvres fédérales, les groupes ont aussi des locaux, souvent des librairies, éditent des revues, menant ainsi leur propre activité au niveau local.
LES BUTS DE LA FA
Nous sommes pour une révolution radicale et globale, à la fois économique, sociale et politique ; pour détruire la société fondée sur la propriété privée ou étatique des moyens de production et de consommation ; pour la suppression de toutes les formes d'exploitation, de hiérarchie, d'autorité. Cette phase de destruction est nécessaire et c'est sans doute pour cela que certaines et certains ne voient ou ne veulent voir les anarchistes que comme des partisans fanatiques du désordre. Qu'ils/elles regardent autour d'eux et qu'ils/elles nous expliquent comment faire pire !
Les anarchistes sont, au contraire, partisans d'une société organisée d'une manière beaucoup plus rationnelle et logique que la jungle capitaliste ou les dictatures marxistes-léninistes. Il s'agit, dans le cadre d'une société libertaire, non pas de gouverner les hommes mais d'administrer les choses au profit de la collectivité toute entière.
Nous voulons construire une société libre sans classes ni Etat, sans patrie ni frontières, avec comme objectifs:
-l'émancipation des individu-e-s
-l'égalité sociale, économique et politique
-la liberté de création
-la justice
-l'éducation libertaire et permanente
-l'organisation sociale sur les bases de la libre fédération des producteurs(trices) et des consommateurs(trices): autogestion
-la démocratie directe
-une économie tournée vers la satisfaction des besoins
-l'abolition du salariat
-l'écologie
-la libre union des individu-e-s ou des populations
-la liberté d'expression
-la libre circulation des individu-e-s.
Voilà en quelques lignes un aperçu de ce que veulent construire les militants et militantes de la Fédération Anarchiste. Rendre possible l'édification d'un ordre social fondé sur l'entraide, la solidarité, sur le respect absolu de l'intégrité physique et morale de l'individu-e, voilà l'idéal qui nous anime et que nous souhaitons partager avec le plus grand nombre pour un monde meilleur.
Publié le 25/06/2009 à 16:34 par anarchie23
Depuis la tenue du 65ème Congrès de la Fédération Anarchiste au Villard dans la Creuse en 2008, la donne mondiale a beaucoup changé.
Jusqu'en août 2008, le système capitaliste avait certes connu des mouvements erratiques de ses institutions boursières, mais il n'y voyait pas d'alerte sérieuse. Bien entendu, à chaque reprise, des voix s'élevaient pour réclamer, sans grande conviction, un encadrement plus strict des marchés, qui passaient outre...
Et puis la crise des subprimes aux Etats-Unis a gangrené les produits financiers sophistiqués qui s'y étaient greffés, et la contagion a touché les banques.
Mais si affolement il y a eu, il a été de courte durée, le temps que les rouages des fusions-acquisitions servent à faire tomber les fruits pourris de l'arbre et à accélérer la concentration des acteurs (trices) dans les secteurs bancaires et de l'assurance.
Les interventions des gouvernements à hauteur de milliers de milliards ont pu surprendre toutes celles et tous ceux qui voient en l'Etat un outil protecteur au service des citoyens(nes).
Il faut porter au crédit de la pensée anarchiste la conviction sans cesse réaffirmée que, loin de jouer un tel rôle, l'Etat n'est que le relais des intérêts de classe des possédants.
La Fédération Anarchiste n'a pas à rougir de voir la crise lui donner raison, et elle se doit de le faire savoir.
Le patronat fait profil bas et se déclare choqué des excès qui ne le dérangeait pas quelques mois plus tôt, mais ce n'est que pure façade. En sous-main, il pousse ses pions avec l'efficacité qu'on lui connaît, et marque chaque jour des points: prise en charge publique du reclassement des salarié(e)s frappé(e)s par des plans sociaux (euphémisme pour ne pas parler de licenciement), augmentation du plafond du chômage partiel de 600 à 1000 heures (plus de la moitié d'une année de travail !) avec indemnisation à 75%, autrement dit, sans bourse déliée pour l'employeur !
Prétendument gagné à la cause de l'écologie à l'occasion du Grenelle de l'environnement, le patronat a su s'adapter: le développement durable consiste ni plus ni moins à reporter sur les travailleurs(ses) la charge d'exploitation qui pesait sur les réserves naturelles de la planète.
Au bout du compte, l'objectif poursuivi est d'aboutir à une flexibilité maximale et à une transformation radicale du salariat en une condition de journalier de temps qu'on a du mal à qualifier de modernes.
Pour continuer à servir la soupe au MEDEF, le gouvernement français tranche de plus belle dans le vif des services publics: la Poste fait son entrée dans le club des privatisables -bientôt- privatisés et deviendra un nouveau France-Télécom ; le non-remplacement d'un fonctionnaire parti en retraite sur 2 bat son plein et contribue allègrement à réduire la masse salariale de la Fonction Publique.
Cible privilégiée, l'Education Nationale est pilonnée sur tous les fronts: menaces sur l'école maternelle, démembrement des réseaux d'aide aux élèves en difficulté dans le primaire, réforme des lycées, dynamitage du statut d'enseignant-e-chercheur(se) dans les universités, le tout pour le plus grand bonheur des officines privées et de l'enseignement religieux.
Les hôpitaux deviennent de véritables lieux d'insécurité sociale où les personnels soignants, accablés de travail, peuvent de moins en moins, malgré leur abnégation, éviter les erreurs. Pour toute réponse, ils ont de nouvelles fermetures de lits, de services, d'établissements, et ils vont devoir subir une logique d'entreprise.
Les prisons continuent à tuer au rythme d'un suicide tous les 3 jours, et ce sont les plus pauvres qu'une justice aux ordres du pouvoir incarcère dans des conditions inhumaines.
Face à cette situation, le mouvement social a jusqu'à présent été atomisé à l'extrême ; les conflits sociaux se multiplient, prennent une tonalité de plus en plus radicale, mais la jonction des luttes ne s'opère que dans le cadre sclérosant des journées d'action étroitement contrôlées dans leur déroulement et leur calendrier par les hiérarchies des centrales syndicales réformistes.
Pourtant, la perspective d'une action d'ampleur décisive n'a jamais été aussi proche depuis la révolution avortée de Mai 68. Désormais, la grève générale redevient une pratique et cesse d'être un simple concept: en Italie, en Grèce, en Guadeloupe, en Martinique, à La Réunion, en Guyane, les populations tiennent tête au patronat, au pouvoir, manifestent, sortent des hypermarchés sans payer, et montrent à qui veut bien s'en persuader qu'oser se battre n'est plus un tabou, mais la condition impérieuse de la survie.
De plus, les travailleurs(ses), comme celles et ceux de Caterpillar à Grenoble, n'hésitent pas à dénoncer les accords passés par leurs délégué-e-s syndicaux dans les salons feutrés d'un ministère.
La Fédération Anarchiste estime que ces mouvements sont de nature à créer les conditions d'une révolution sociale et de l'abolition du salariat par la destruction du capitalisme ; elle juge nécessaire leur généralisation, appelle celles et ceux qui y prendront part à ne pas se soumettre aux volontés des bureaucraties syndicales de les faire retourner sagement au travail, ou à l'agence qui a succédé à l'ANPE ; elle les appelle également à ne pas céder au piège d'une résolution de la situation par les urnes.
Les outils fédéraux de la Fédération Anarchiste ont toujours été au service des luttes et les militants(tes) de la Fédération Anarchiste, majoritairement intégré-e-s dans des organisations syndicales, dans des comités de lutte, ont constitué au fil des ans une structure qui est désormais en ordre de marche, apte à prendre toute la place qui lui revient dans le combat, capable d'orienter le mouvement social vers son émancipation par des modes d'action moins atomisés, plus transversaux, sur le modèle de ce que furent les Bourses du Travail, en un mot, de l'aider à prendre l'avantage.
FEDERATION ANARCHISTE
Publié le 26/04/2009 à 12:00 par anarchie23
"Oui, il y a une forte colère qui s'exprime dans notre pays, oui, il y a un risque révolutionnaire en France".
Ces mots auraient pu être prononcés en 1788 par un ministre de Louis XVI, ou en 1870 par Michel BAKOUNINE, mais ils sont on ne peut plus actuels. En effet, leur auteur n'est autre que De Villepin, qui s'y connaît en matière de fraternité avec les classes laborieuses, puisqu'il avait voulu refiler le CPE à la jeunesse de ce pays.
Ceci dit, comme observateur de la vie sociale, il ne fait qu'enfoncer des portes ouvertes, car la réalité est bien pire que ce que veulent bien nous laisser croire les grands médias: ça pète de partout.
Ce sont plus de 1000 conflits sociaux qui se déroulent actuellement en France, soit des dizaines de milliers de travailleurs(ses) du privé comme du public ; on connaît les plus emblématiques: SBFM à Caudan, Continental à Clairois, Molex, 3M, Sony, Heuliez, Caterpillar à Grenoble ; on sait que les constructeurs automobiles et leurs sous-traitants sont au coeur de la tourmente, et que les fonds publics ne servent qu'à préparer une productivité toujours croissante, alors que dans le même temps on prépare psychologiquement tous les chômeurs(ses), les lourdé(e)s et celles et ceux qui ne le sont pas encore à devoir accepter des baisses de rémunération de 30%, on les amène en douceur à se faire à l'idée de devenir auto-entrepreneur, c'est-à-dire une forme actualisée de la condition de journalier.
Dans ces conditions, on comprend que les crispations deviennent la règle, que revienne le temps joyeux des séquestrations de dirigeants d'entreprise, des occupations, voire même des saccages de sous-préfectures.
La Fédération Anarchiste y voit des actions de légitimes défense: celles et ceux qui sont violents, ce ne sont pas les ouvriers de Caterpillar qui bloquent leur taule, mais bien ceux qui foutent sur le carreau plus de 700 d'entre eux.
Au demeurant, si la situation actuelle a une vertu pédagogique, c'est bien de montrer quel rôle joue l'Etat dans la vie sociale: ce sont des jugements en faveur des patrons, des promesses de répression (décret anti-cagoule en manif, Sarko nous veut transparents et dociles) ; toutes celles et tous ceux qui pensent que l'Etat est un gentil régulateur des conflits sociaux habité par un fort sentiment d'équité en sont pour leurs frais, les cognes frappent sans discernement.
Gageons que la brutalité policière de Strasbourg pendant le sommet de l'OTAN n'est qu'un faible aperçu de ce qui peut nous tomber dessus...
Face à la barbarie du Capital et au comportement autoritaire -le masque tombe- de l'Etat, les forces politiques parlementaristes offrent un spectacle pitoyable: c'est un PS, à l'instar de la CFDT, qui a pour toute ambition de rechercher les meilleurs reclassements possibles et qui pas un instant ne remet en cause la pertinence des licenciements, pas plus qu'il ne se rappelle qu'il a pu avoir été opposé à la propriété privée des moyens de production.
Plus à gauche, que font le PCF, le Parti de Gauche, le NPA, LO, le POI, en demandant l'interdiction des licenciements, si ce n'est demander de bons patrons pour la classe ouvrière, qui accepteraient d'abandonner quelques miettes pour que tout continue comme avant, l'Etat représentant pour eux le nec plus ultra en matière d'employeur !
De leur côté, les hiérarchies syndicales ont accouché pour toute réponse à la gravité de la situation d'un "premier mai offensif", le patronat tremble dans ses escarpins et le pouvoir fait dans son froc !
A qui fera-t-on croire à l'efficacité d'une telle sornette ?
Nous sommes à un tournant de l'histoire: le capitalisme montre désormais clairement qu'il est une machine à fabriquer la misère, l'exploitation, l'aliénation, mais il réussit encore à faire croire qu'il est le seul système possible...
Et pourtant, des lieux de production qui fonctionnent sans patron, sur le mode de la gestion directe, comme en Espagne en 1936, ou plus récemment en Argentine, ne peuvent pas faire pire que ce qui se fait actuellement !
Et pourtant, débarrassés des parasites qui prélèvent les profits, et de la pieuvre qui prélève les taxes pour entretenir les flics et l'armée, celles et ceux qui n'ont rien pourraient vivre décemment, mettre sur pied des services publics gratuits et des solidarités égalitaires !
Bien évidemment, les puissants de ce monde ne se laisseront pas déposséder sans réagir de l'immensité de leur richesse, et seul un mouvement social généralisé, expropriateur, gestionnaire et international est à même de faire bouger les choses.
Alors, si au lieu de séquestrer les patrons, on les foutait à la porte ?
Fédération Anarchiste
Publié le 13/03/2009 à 12:00 par anarchie23
"C'EST L'ANARCHIE !"
"C'est l'anarchie !". Les gens de pouvoir, les médias utilisent à profusion le terme "anarchie" pour désigner le chaos économique, politique et moral de notre société. L'emploi du mot "anarchie" tendrait à faire croire que ce monde est livré aux mains de forces diaboliques qui veulent renverser le bel édifice que les peuples disciplinés, conduits par les Etats, ont bâti au cours des siècles.
Pourtant, ce sont bien les Etats qui se partagent et gouvernent la planète. C'est bien à eux que l'on doit le désordre économique dans lequel nous vivons. Faire mieux que les Etats dans les domaines du chaos et de l'horreur est difficile...
Qui peut croire encore que le pouvoir est synonyme d'organisation ? Ceux qui vivent du pouvoir, très certainement. Mais pas les anarchistes. Le chaos institutionnalisé, le pouvoir et l'esclavage ont fait leur temps. Aujourd'hui, choisir l'anarchisme, c'est faire preuve de réalisme et de sens organisationnel.
Nos détracteurs (des fascistes aux marxistes en passant par les démocrates) nous considèrent comme des terroristes ou des idéalistes en retard d'une révolution. Il y a ceux aussi qui prétendent défendre l'anarchisme, mais qui préconisent une société sans règle, sans morale, sans contrainte, dans laquelle on pourrait faire ce que l'on veut. Quel choix le citoyen raisonnable pourra-t-il faire entre les propositions d'autoritaires de toutes sortes qui ont montré leur faillite, et celles des nihilistes de tout poil qui prétendent que demain on rasera gratis, tout étant résolu par la suppression pure et simple de toutes les institutions mises en place jusqu'à nos jours ?
La pensée libertaire englobe un projet de société différent de tous les modèles connus jusqu'à présent.
ALORS, L'ANARCHIE, C'EST QUOI ?
C'est l'état d'un peuple, et plus exactement encore, d'un milieu social sans gouvernement. Hormis les anarchistes, tous les philosophes, tous les moralistes, tous les sociologues, y compris les théoriciens démocrates et les doctrinaires socialistes, affirment qu'en l'absence d'un gouvernement, d'une législation et d'une répression qui assure le respect de la loi et sévit contre toute infraction à celle-ci, il ne peut y avoir que désordre et criminalité.
Les anarchistes affirment que "l'anarchie est la plus haute expression de l'ordre".
ANARCHIE ET ORDRE ?
Notre ordre repose sur l'entente (principe de Liberté, opposé au principe d'Autorité). Au contraire, les autres propositions d'organisation de la société -socialisme, libéralisme, marxisme...- ont toujours octroyé à une minorité de privilégiés le droit de gérer la société à la place des concerné(e)s et pour leur propre profit. Ce mode de gestion porte un nom: l'Etat. L'Etat est l'expression politique du régime économique auquel est soumise la société. Il permet et justifie l'oppression et l'exploitation de l'homme par l'homme: il confisque à l'individu son pouvoir -en dictature comme en démocratie (élections)- et met ce pouvoir au service du capital (répression des mouvements sociaux, aides financières...).
L'Etat, à force d'être omniprésent, finit par se superposer à la société, et tente de faire croire qu'en-dehors de lui elle ne saurait fonctionner. Cette illusion est d'autant plus pathétique que l'Etat constitue de fait un groupe social à part entière, coupé des réalités des individus et des autres groupes sociaux. Il ne sert qu'à maintenir l'ordre (fonctions législative et répressive) au service des intérêts de la classe exploiteuse, qu'on la nomme patronat, bourgeoisie ou nomenklatura.
Il s'appuie pour cela sur une morale dégradante et humiliante pour l'être humain, secondé en ce sens par la religion qui légitime elle aussi l'exploitation et la domination, se contentant parfois d'en condamner les manifestations les plus brutales, sans jamais émettre de critique de fond ni proposer d'autre modèle que patriarcal, hiérarchique et caritatif.
Les anarchistes refusent ce modèle sociétaire, oppresseur, exploiteur, négation de l'individu et de ses aspirations. Ils cherchent par tous les moyens à montrer qu'il est possible et souhaitable de vivre dans une société égalitaire, gérée directement et librement par ses diverses composantes: individus, groupements sociaux, économiques, culturels, et ce dans le cadre du fédéralisme libertaire.
LE REFUS DE L'AUTORITE
Le refus de l'autorité n'est pas apparu avec les théories libertaires. Il les précède largement au travers des actes, des attitudes d'individus ou de groupements sociaux. Certains évènements historiques nous le rappellent: par exemple les révoltes des esclaves dans la Rome antique, les jacqueries paysannes du Moyen âge, l'essor de la Renaissance, les philosophes des Lumières, la Révolution française.
Plus près de nous, ces théories ont participé au déclenchement de la Révolution de 1848, de la Commune de Paris, de la Révolution russe et de la Révolution espagnole.
Autant de lieux, de situations, dans lesquels des hommes ont cherché à desserrer, voire à abolir l'étau oppressif dans lequel ils se sentaient pris au piège.
En replaçant ces évènements dans le contexte historique et social qui leur a donné naissance, on s'aperçoit qu'ils visent le même but: l'amélioration des conditions d'existence, le partage des richesses, le droit à la connaissance, l'instruction, le bien-être, bref une aspiration au bonheur. Ces mouvements de révolte ont été pour la plupart écrasés (les esclaves, les paysans, la Commune de Paris...), ou récupérés au profit d'une classe ou d'un parti (la bourgeoisie émergente sous la Révolution française, les Bolcheviks dans la Révolution russe...), ou encore détournés de leur but (les monarques dits "éclairés" du Siècle des Lumières).
Car malgré l'embryon de liberté qu'ils contenaient, ils n'étaient pas suffisamment forts ni structurés pour renverser le cours des choses. Ils étaient des utopies dans le sens où ils ont osé projeter sur l'écran de l'avenir des images en contradiction avec celles de leur temps.
HERITAGES
Cet héritage philosophique a été théorisé puis mis en pratique au XIX° siècle, coïncidant en cela -et non sans raison- avec l'apparition du nationalisme et de l'étatisme.
On s'accorde aujourd'hui à dire que Pierre-Joseph PROUDHON est le "père" de l'anarchisme, le théoricien du système mutualiste et du fédéralisme, et l'inspirateur du syndicalisme ouvrier. Son influence sur le mouvement ouvrier a été réelle, puisqu'au sein de l'Association Internationale des Travailleurs (A.I.T.) existait un courant nettement proudhonien.
Le Congrès de Saint-Imier (1872) jette les bases de l'anarchisme. Les délégués réunis proclament "que la destruction de tout pouvoir politique est le premier devoir du prolétariat" ; "que toute organisation d'un pouvoir politique soi-disant provisoire et révolutionnaire pour amener cette destruction, ne peut être qu'une tromperie et serait aussi dangereuse pour le prolétariat que tous les gouvernements existant aujourd'hui...".
Ces idées, reprises de Michel BAKOUNINE et de la Première Internationale, resteront présentes jusqu'à nos jours. Elles seront l'apanage de Louise MICHEL (Commune de Paris), du 1er Mai 1885 (Etats-Unis), de Fernand PELLOUTIER (Bourses du Travail), des explications du monde d'Elisée RECLUS, éminent géographe, de Pierre BESNARD (anarchosyndicaliste), de Pierre KROPOTKINE et du communisme libertaire, de Paul ROBIN et de son école libertaire de Cempuis, de Jean GRAVE et de ses 40 ans de propagande anarchiste, de Gustav LANDAUER, fusillé par la soldatesque en 1919 pour sa lutte au côté des Conseils Ouvriers de Bavière, de Nestor MAKHNO et de son engagement dans la révolution russe, de SACCO et VANZETTI, assassinés par chaise électrique pour leur idées, d'Erich MUHSAM, poète et dramaturge allemand, mort dans un camp de concentration en 1933, de Buenaventura DURRUTI pendant la guerre d'Espagne, d'Armand ROBIN et ses langages multiples, pour ne citer que quelques-uns.
Après la seconde guerre mondiale, elles resurgiront et verront la création de la Fédération Anarchiste, de l'Internationale des fédérations anarchistes dans le monde ; elles impulseront la reconstruction de la Confédération Nationale du Travail (CNT), anarchosyndicaliste, affiliée à l'AIT ; elles souffleront dans les rangs de Mai 68 et de la contre-culture, dans le mouvement social...
DE L'ANARCHIE A L'ANARCHISME
Ainsi donc, l'anarchie est ce que nous entrevoyons (société libertaire) ; l'anarchisme est le mouvement social qui poursuit la réalisation de l'idéal anarchiste. L'anarchisme est une lutte incessante, sous les formes les plus variées, contre les préjugés, l'obscurantisme, le fait autoritaire. Il s'articule principalement autour de 2 types de tâches: les unes destructives, les autres reconstructives. Les actions destructives consistent à saper profondément le principe d'autorité dans toutes ses manifestations, le démasquer, combattre toutes les manoeuvres par lesquelles il tente de se réhabiliter et de se survivre sous une autre forme. Les actions reconstructives, parfois parallèles aux destructives, visent à mettre en place un fonctionnement fédéraliste et de gestion directe. Pour cela, il faut un outil adapté, une organisation...
ORGANISATION
L'organisation est fonction du degré de conscience, atteint par les discussions, débats et confrontation d'idées, et dans l'action. Plus cette conscience sera grande et plus la vitalité de l'organisation sera élevée. Pour aboutir à une organisation souple et forte, en même temps conforme à l'esprit libertaire, il faut aller de la base au sommet, de l'unité au nombre, du particulier au collectif.
Nous nous accordons entre individus et groupes sur un ensemble de principes généraux, de conceptions fondamentales et d'applications pratiques: c'est le fédéralisme qui permet à chacun de rester lui-même, de se soustraire à tout écrasement, de garder son autonomie, de prendre une part active à la vie de l'organisation, d'émettre son opinion.
Une telle organisation laisse à chacun de ses éléments la totalité des forces qui lui sont propres, tandis que par l'association de ces forces, elle atteint elle-même son maximum de vitalité.
L'action n'est pas l'agitation. Elle doit correspondre à un but, la révolution libertaire, et à une stratégie, plus circonstancielle. Parfois, la situation sociale est provisoirement calme, parfois elle s'emballe. L'organisation doit s'adapter à ces différentes phases.
En tout état de cause, la place des militants(tes) anarchistes est dans la lutte sociale, expression de la lutte des classes, y compris dans les luttes dites réformistes (lutte contre la précarité, contre les licenciements, augmentation des salaires, défense des services publics...), avec nos principes antiautoritaires et d'action directe (contrôle et révocabilité des mandaté-e-s...), et nos perspectives d'ensemble.
C'est de la confrontation entre nos idées, nos pratiques, et les masses, que peut surgir ou naître progressivement la conscience révolutionnaire.
DES PROPOSITIONS
L'anarchisme, enfin, est un ensemble de propositions et de pratiques tendant à l'émancipation totale de l'homme en société. Si la société existe en tant qu'entité sociologique, l'individu existe tout autant, sans rapport hiérarchique à cette société. C'est donc l'harmonie entre ces 2 éléments que recherchent les anarchistes.
L'émancipation est de triple nature. Emancipation économique d'abord, par la réappropriation des outils de production, leur gestion directe par les travailleurs eux-mêmes, et par la répartition égalitaire des richesses.
Emancipation politique ensuite, par le remplacement de la bureaucratie d'Etat, par une organisation fédéraliste des secteurs de la société, maintenant la cohésion et préservant l'autonomie.
Emancipation intellectuelle, enfin, via la prise en charge par l'individu de son rôle social, reléguant la religion et toute forme de soumission au musée des horreurs. Une société sans classe et sans Etat, organisée par et pour les femmes et les hommes, voilà ce que veut l'anarchisme.
L'anarchiste est par tempérament et par définition réfractaire à tout embrigadement qui trace à l'esprit des limites et encercle la vie. Il nie le principe d'autorité dans l'organisation sociale. Il ne peut donc y avoir de catéchisme libertaire.
L'organisation anarchiste de la société, émanation directe de la volonté des individus et des groupements sociaux, ne pourra se réaliser qu'en dehors et contre la tutelle de tous les organismes et structures autoritaires établis sur l'inégalité économique et sociale.
Les fondements éthiques et organiques du fédéralisme libertaire sont: la liberté comme base, l'égalité économique et sociale comme moyen, la fraternité comme but. Cette définition marque la profonde différence entre le fédéralisme libertaire et le "fédéralisme étatique".
Nous appelons de toutes nos forces une société de type fédéraliste, fondée sur la possession collective ou individuelle des moyens de production et de distribution (excluant toute possibilité pour certains de vivre du travail d'autres), l'entraide, l'abolition du salariat et de l'exploitation de l'homme par l'homme.
Les anarchistes n'accordent aucun crédit à un simple changement des personnes qui exercent l'autorité: les mêmes causes engendrent les mêmes effets. Toutes les formes d'autorité se tiennent. En laisser subsister une seule, c'est favoriser la réapparition de toutes.
VERS UNE SOCIETE LIBERTAIRE
Pour arriver à instaurer une société libertaire, il faut se doter de moyens en accord avec la finalité. Tel que l'exprime Errico MALATESTA, "ces moyens ne sont pas arbitraires, ils dérivent nécessairement des fins que l'on se propose et des circonstances dans lesquelles on lutte. En se trompant sur le choix des moyens, on n'atteint pas le but envisagé, mais on s'en éloigne, vers des réalités souvent opposées et qui sont la conséquence naturelle des méthodes que l'on emploie".
Les règles qui vont faire fonctionner une telle société sont basées sur des contrats mutuels, égalitaires, réciproques, pouvant être remis en cause à tout instant. Ces contrats peuvent être écrits ou tacites.
MANDATEMENTS
Une telle société ne peut évidemment pas fonctionner sans entraide ni coopération volontaire. La délégation de responsabilité permettra de discuter au niveau fédéral. Mais attention, entendons-nous sur les mots: pour les anarchistes, chaque délégué(e) reçoit un mandat précis. L'assemblée qui l'a mandaté exerce un contrôle permanent sur son travail, et, surtout, peut le révoquer à tout moment si le travail qu'il effectue ne correspond pas à son mandat.
L'anarchisme est une proposition globale de société cherchant à promouvoir une civilisation réellement différente. Il oppose le principe de liberté au principe d'autorité, l'entraide à la loi de la jungle, l'égalité à la discrimination.
"Aussi longtemps que la société sera basée sur l'autorité, les anarchistes resteront en état perpétuel d'insurrection." (Elisée RECLUS)
FEDERATION ANARCHISTE
(texte présenté dans les CFA (Centre de Formation Anarchiste) de la Fédération Anarchiste se déroulant plusieurs fois par an et dans des lieux différents).
Publié le 25/01/2009 à 12:00 par anarchie23
Faillites de certaines banques, nationalisations partielles de certaines autres afin de les sauver du naufrage, les riches ont commencé à casser leur jouet à force d'en abuser et ont fini par se faire peur. Que la spéculation produise des "bulles", une économie virtuelle, n'est pas un dysfonctionnement, c'est l'économie financière "libérée des contraintes" de l'Etat telle que l'ont souhaitée les libéraux de droite et de gauche. Que les banquiers spéculent sur le fait que les pauvres ne pourront pas rembourser leurs emprunts et pourront ensuite leur confisquer leurs biens n'est pas une dérive du capitalisme mais le travail d'escrocs qui opèrent en toute légalité. Que les traders spéculent sur la spéculation elle-même afin de gagner toujours plus et toujours plus vite, c'est aussi l'évolution naturelle du capitalisme libéral. Et quand certains accusent les paradis fiscaux, ils omettent de dire que ceux-ci sont incontournables dans le système capitaliste.
Et pour nous, ceux de la "France d'en bas", faut-il avoir peur ? Les riches ont poussé le bouchon un peu loin, ont perdu au jeu, et alors ? Alors voilà qu'ils ne veulent pas payer de leur poche. Il faudrait que le bon peuple se serre la ceinture et, évidemment, ne revendique plus car ça pourrait mettre en péril l'emploi... Est-ce que ce sont les travailleurs qui mettent leur emploi en péril avec la spéculation et les délocalisations ?
Les récents chiffres du chômage sont-ils la conséquence de la crise ou bien sont-ils seulement plus ou moins trafiqués que d'habitude ? On nous promet encore plus de chômage et des conditions plus dures pour les chômeurs que l'on va culpabiliser toujours plus, comme s'ils étaient responsables de la "bulle spéculative", comme s'ils étaient responsables des délocalisations. Dès les premiers jours qui suivirent la dégringolade boursière, on nous annonçait des milliers de suppression d'emploi dans le secteur automobile, mais aussi dans nombre d'industries diverses. On voit bien que la crise est aussi un prétexte. Dès les premiers fléchissements de toutes les places boursières dans le monde, les économistes en vogue dans les médias nous ont annoncé un tsunami de licenciements. Et ça ne traîne pas ! Les patrons "dégraissent" comme au bon vieux temps, qu'ils soient ou non directement victimes de la "crise". Et c'est par milliers que les grandes entreprises jettent les salarié(e)s.
La nouvelle frilosité des banques à accorder des crédits ne justifie pas le renforcement de l'exploitation. Ceux qui ont perdu au jeu veulent se "refaire" et ils entendent se payer d'une part sur le contribuable et d'autre part à l'aide d'une exploitation toujours plus rigoureuse des travailleurs, de l'employé jusqu'au cadre.
Par rapport à ça, la promesse de sanctions contre les responsables ne consolera pas les licencié(e)s de partout et ne comblera pas non plus le manque à gagner des capitalistes... car sur le long terme, ils n'ont pas perdu ! Ils ont seulement gagné moins qu'ils ne le prévoyaient. Par contre, pour les SDF d'aujourd'hui et de demain, la perte est tout à fait concrète. Quand à l'éventualité d'un plafonnement des salaires les plus hauts, c'est tout simplement du foutage de gueule quand on sait que les plus riches trouvent la plus grande part de leurs revenus bien au-delà de leurs salaires (dividendes, stock-options...). Et ce n'est bien évidemment pas ça qui empêcherait une nouvelle crise. Et d'ailleurs, ce ne fut qu'une rumeur, les dernières mesures annoncées sont une timide politique de relance, dignes d'un keynésianisme dégonflé. Ce plan serait-il plus audacieux qu'il ne changerait rien au fait que sauver le capitalisme n'est évidemment pas notre objectif en tant qu'exploité(e)s.
A l'échelle de la planète, les Etats empruntent des sommes astronomiques (plusieurs milliers de milliards d'euros) pour les prêter aux banques afin qu'elles se remettent sur pied. Qui va payer les intérêts ? Les contribuables, les consommateurs... Pourtant, il n'en faudrait pas tant pour résoudre les problèmes de faim dans le monde, par exemple.
Pendant ce temps, l'Etat français trouve de l'argent pour construire de nouvelles prisons mais n'en a pas pour embaucher des enseignants. Au contraire, il en diminue le nombre. Il n'en faudrait pas tant non plus pour loger les SDF, il suffirait d'ouvrir les portes des logements vides. Il est clair qu'il ne faut pas compter sur l'Etat pour ça... Il n'y a rien de défendable dans ce système.
Allons-nous laisser le système capitaliste se refaire une santé à nos dépens sans réagir ? Nous savons depuis longtemps que nous ne pouvons pas faire confiance aux exploiteurs pour parvenir à un monde en paix dans lequel personne ne crèvera de faim et/ou de froid, y compris dans les pays riches. Sortir de la crise en relançant la croissance ? Ayons le courage de dire non: la croissance ne résout pas tous les problèmes. Réfléchissons: plutôt que de foncer dans le mur en gaspillant les ressources naturelles et en enrichissant les riches, si tous ensemble, au lieu de cette funeste perspective, nous mettions en place un monde vivable pour tous ?
Face au danger du partage généralisé de la misère, la Fédération Anarchiste l'affirme: le capitalisme ne s'effondrera pas seul sous le poids de ses contradictions, il va falloir le mettre à bas nous-mêmes ; pour cela, un seul moyen: bloquer par la grève générale expropriatrice le fonctionnement de l'économie, puis réorganiser sans Etat ni patrons chaque secteur de la vie sociale ; il faudra impérativement neutraliser les chiens de garde que sont les appareils bureaucratiques des organisations syndicales, qui ne manqueront pas de voler au secours du Medef en présentant comme une victoire d'ampleur le gain d'une broutille comme une prime de transport ou une hausse des salaires microscopique, il faudra neutraliser aussi les partis d'extrême gauche, qui ne manqueront pas de siffler la fin de la récré pour nous imposer par un processus électoral la mise à mort de la révolution sociale...
C'EST MAINTENANT QUE TOUT SE JOUE !
METTONS A BAS LE CAPITALISME !
EXPROPRIONS ! AUTOGERONS !
(Communiqué de la Fédération Anarchiste).
Publié le 21/09/2008 à 12:00 par anarchie23
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C'est pendant la période où l'Etat, les directions syndicales et politiques, sont désemparés par un mouvement social de grande ampleur, que l'action décisive est possible.
C'est l'instant où, d'une grève revendicatrice, de refus, la grève doit devenir expropriatrice et autogestionnaire.
-Expropriatrice en refusant de céder les profits aux patrons.
-Autogestionnaire: une fois le patronat neutralisé, il faut continuer la production (à moins que ce ne soit une production inutile, de gadgets, mortifère et meurtrière...) et repenser une économie dont LE MOTEUR N'EST PLUS LE PROFIT, MAIS LA SATISFACTION DES BESOINS.
Parce que le fédéralisme libertaire (voir billet ici même à ce sujet) est pour la maîtrise totale de l'économie par les travailleurs(ses), nous refusons les systèmes capitalistes, libéraux et étatiques.
Nous voulons établir l'égalité économique et bâtir une organisation de la société débarrassée de l'Etat. La grève autogestionnaire nous semble dans l'état de complexité de l'économie moderne, un des moyens les plus efficaces pour arracher aux classes dirigeantes et à l'Etat les instruments de production et d'échange.
C'est donc à partir des réalités de notre temps que nous poursuivrons notre oeuvre de libération sociale, ce qui confère à l'anarchisme son originalité car, contraire à tous les dogmes, il est une adaptation constante de la proposition théorique aux conditions sociales d'aujourd'hui.
Publié le 28/08/2008 à 12:00 par anarchie23
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Nous sommes très heureux de vous annoncez que la Fédération Anarchiste vient d'ouvrir un nouveau blog (http://malvenueaupape.centerblog.net) pour souhaiter notamment la malvenue au Pape avec un appel à la manifestation du 13 septembre 2008 composé d'un vidéo-clip et de plusieurs textes.
Plusieurs ouvrages anarchistes anti-religieux y sont également mis en ligne.
Ainsi que plusieurs vidéos très intéressantes (interviews, etc...) réalisées par la Fédération Anarchiste présentant l'anarchisme.
Pour accéder directement à ce nouveau blog, vous pouvez cliquez à gauche dans la rubrique "Mes Blogs préférés" et ensuite sur "malvenueaupape".
Salutations Anarchistes !
Publié le 23/08/2008 à 12:00 par anarchie23
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Le fédéralisme libertaire veut cimenter la société par un lien social dont l'élément essentiel est l'adhésion à des projets et à des oeuvres communes. C'est une nouvelle conception du contrat social, sur la base du volontariat et non de la coercition.
Politiquement, le fédéralisme libertaire condamne toute puissance militaire et toute institution policière ; il est l'ennemi du centralisme qui conduit à l'asservissement.
Fédérer, d'un point de vue anarchiste, c'est créer des fédérations à tous les niveaux, en généralisant le principe de la libre association. Il s'agit de coordonner des systèmes autogérés, des petites collectivités aux regroupements les plus vastes, et non pas d'agglomérer des institutions organisées sur un mode autoritaire.
LA COORDINATION SANS ETAT
C'est souvent le manque d'organisation structurée qui permet au premier quidam venu d'imposer son autorité et d'être proclamé, suivant les époques: roi, ayatollah ou président.
Le Fédéralisme libertaire reconnaît dans toute société une multitude d'êtres, individus et collectivités ayant chacun des aspirations particulières et un rôle propre.
C'est pourquoi doit être reconnue à chacune et à chacun l'autonomie la plus large possible ainsi que la possibilité de s'organiser, de se gérer et de s'administrer comme bon lui semble sans qu'un organe "supérieur" lui dicte ce qui est "bon" ou "juste".
L'autonomie a bien sûr ses limites, qui sont le respect de la cohésion de l'ensemble de la société et le non-exercice du pouvoir d'un groupe sur un autre.
Nous voyons donc que contrairement à l'organisation étatique, l'autonomie ou la liberté d'autrui n'est nullement une borne. Mais cette autonomie n'est pas suffisante: l'entraide est nécessaire. Elle exige de chacune et de chacun que le contrat librement consenti d'égal à égal remplace la loi édictée et imposée par une seule ou un seul. Elle exige également que chacune et chacun (collectivité ou individualité) participe aux décisions communes.
Ces différents facteurs combinés transformeraient notre vie de façon radicale en remplaçant le pouvoir de quelques unes ou quelques uns sur toutes et tous par une organisation qui, seule, est à même de composer la société sans la paralyser.
UNE DOUBLE DIMENSION
Si l'on observe la vie sociale, nous pouvons constater que, d'un côté, nous vivons toutes et tous dans des "lieux": une ville, une région ; de l'autre, nous exerçons des activités spécifiques: notre métier, nos études, notre art, et sur un plan plus ludique, nos loisirs.
Le fédéralisme doit intégrer cette double dimension: nous mettrions en place, sur un plan "géographique", des fédérations communales, régionales, puis inter-communales et inter-régionales, et, parallèlement à ces collectivités, existeraient des fédérations de travailleurs(ses), par branche professionnelle, par métier, par type de production et de service.
Pour être encore plus concret, il y aurait des fédérations du bâtiment, de la construction métallurgique, de l'industrie électrotechnique et de la l'agro-alimentaire, des transports, des services (nettoyage, surveillance technique pour la sécurité des installations, conseil et ingénierie)...
Nous devons également compter avec les multiples associations particulières qui complèteraient l'architecture de la société et qui seraient des actrices irremplaçables du mouvement social et de la convivialité (on ne peut en effet imaginer une société qui ne serait faite que "d'institutions" bien huilées !).
LA COOPERATION ENTRE LES FEDERATIONS
Ce double fédéralisme ne doit cependant pas nous laisser penser qu'il y aurait une frontière entre les fédérations de communes et les fédérations de travailleurs(ses). Elles seraient au contraire, et par la force des choses, étroitement imbriquées.
En ce qui concerne l'organisation de la répartition des biens, elle serait prise en charge par des fédérations de consommateurs(trices) créées au sein des communes. Les fédérations de travailleurs(ses) livreraient les produits à des organismes communaux qui géreraient un réseau de dépôts, autogéré-e-s par les habitants(tes), par quartiers, villages, etc...
Car s'il faut bien que des travailleurs(ses) s'emploient à assurer le fonctionnement quotidien de ces structures, leur particularité serait d'être contrôlées directement par les individus qui s'y inscriraient. Ces 2 sortes de fédérations, de production et de consommation, seraient en relation constante, afin de garantir l'adéquation entre "l'offre" et "la demande".
Sur le plan politique, les communes et leurs fédérations sont appelées à être des lieux de débats par le biais de forums locaux, ouverts à toutes et à tous sans distinction (réflexions sur les problèmes rencontrés, expression des critiques et des propositions, élaboration de projets...).
FEDERALISME LIBERTAIRE ET MANDATEMENTS
Le fédéralisme libertaire ne va pas sans l'autogestion qui est la prise en main, concrète et quotidienne, par les individus et les collectivités d'individus, de la vie sociale, économique, politique et culturelle.
Dans ce système, où il n'y a ni économie de marché ni planification autoritaire, c'est la population qui décide et valide les grandes orientations, lors d'assemblées des Fédérations, de réunions de Communes, de Régions, etc.
Comme il est impossible que tout le monde s'occupe de tout, des individus sont mandatés pour coordonner la mise en application des politiques ainsi définies et des équipes sont chargées d'étudier et de préparer des projets, d'entretenir les relations entre les fédérations et de faire circuler l'information.
Si les mandaté(e)s prennent des initiatives, ils/elles le font dans le strict cadre de leurs mandats, ils/elles n'ont pas de pouvoir décisionnel à proprement parler. Ils/elles ne disposent d'aucun moyen coercitif pour imposer ces décisions et peuvent être révoqué(e)s à tout moment s'ils/elles ne respectent pas leurs obligations.
POUR LE FEDERALISME LIBERTAIRE
Que personne ne décide à notre place !
Organisons la solidarité et l'entraide entre les travailleurs(ses) contre le patronat et les bureaucrates.
Préparons-nous à remplacer l'Etat, institution parasite et étouffante par une organisation fédéraliste des différents secteurs de la société.
Demain, gérons nous-mêmes, directement, notre travail.
Supprimons les inégalités sociales et économiques.
Après l'échec à l'Ouest et à l'Est de toutes les doctrines autoritaires (démocratiques ou dictatoriales) luttons pour une société libertaire !
Débarrassons-nous du patronat et des politiciens(nnes) !
Publié le 23/08/2008 à 12:00 par anarchie23
LES PRINCIPES
Les principes de l'économie libertaire tels que les anarchistes les conçoivent sont clairs. Ils supposent:
-Le fédéralisme, agent de coordination en remplacement de l'Etat, agent de coercition du système capitaliste.
-L'abolition d'un système économique basé sur le profit, la plus-value et l'accumulation du capital.
-La collectivisation des moyens de production et d'échanges.
-L'égalité économique et sociale.
-La limitation de l'autorité aux accords librement passés entre les participants(tes) à l'élaboration d'une économie directement gérée par les travailleurs(ses).
Nous nous démarquons de cette autogestion mise à la mode par les "chrétiens" progressistes et les marxistes modernistes dont les thèses débouchent toujours sur des projets clairement cogestionnaires, l'utilisation du terme "gestion directe" pour définir notre proposition semble plus appropriée.
LA GESTION DIRECTE... POUR QUOI FAIRE ?
La participation à la gestion d'une entreprise n'a d'intérêt pour un-e travailleur(se) que si elle transforme ses conditions d'existence.
Gérer une entreprise en commun, alors que cette entreprise conserve ses structures de classes consisterait pour les travailleurs(ses) à gérer leur propre misère, leur propre exploitation.
Ce qui confère à l'entreprise ses structures de classes, c'est:
-La propriété privée de l'entreprise.
-L'appropriation par le capital d'une plus-value que le travail de toutes et de tous a créée.
-Les différences de rémunérations.
-Le maintien d'une autorité qui excède le cadre de la tâche à accomplir.
-Les privilèges de l'encadrement.
Demain, si dans l'entreprise autogérée, il reste des différences économiques, il se reconstituera une nouvelle classe dirigeante qui défendra par tous les moyens ses privilèges.
Les anarchistes pensent contrairement aux marxistes avec leur soit-disante période intermédiaire, qu'il faut supprimer immédiatement tous les privilèges de classe sans exception.
Les travailleurs(ses) se demandent ce qu'ils/elles peuvent gagner à la gestion directe de l'outil de production.
Mais une autre série de questions se pose au monde du travail. Elles ont trait à la maîtrise des moyens technologiques et des modalités de gestion. Quelles seront les conditions de productions et de distributions ?
Il est possible d'avancer 2 raisons solides qui peuvent nous convaincre que les travailleurs(ses) auraient avantage à gérer la production et la distribution:
-La première, c'est qu'elle répartirait mieux le fruit de leur travail.
-La seconde, c'est que cette prise en main concourt à l'épanouissement individuel.
Mais pour que la gestion directe se traduise en actes, il faut que l'humanité se débarrasse des coutumes consacrées par les siècles, il faut qu'elle s'émancipe des préjugés.
LA PRODUCTION DEVRA ETRE CONDITIONNEE PAR LES BESOINS ET NON PAR LE PROFIT !
L'autogestion ou la gestion directe implique de fait l'abolition du salariat et reste sous-tendue par une gestion globale. Il est important de souligner que si l'égalité économique et sociale est une condition nécessaire à la suppression des classes, elle n'est pas suffisante ; la suppression de l'Etat doit l'accompagner sous peine de voir se recréer une classe dominante.