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Publié le 20/08/2008 à 12:00 par anarchie23
Publié le 13/09/2008 à 12:00 par anarchie23
Une affiche étant plus explicite qu'un long discours...
Publié le 10/08/2008 à 12:00 par anarchie23
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Cette exposition a bénéficié de la contribution de la Fédération Anarchiste (notamment du groupe Louise Michel de Paris) qui a fourni des documents pour sa réalisation.
Publié le 30/09/2008 à 12:00 par anarchie23
Editorial du Monde Libertaire n°1527 du 2 au 8 octobre 2008 (extraits):
Les patrons américains de ceux qui ces dernières décennies se sont grassement enrichis sous la bulle spéculative qui se craquelle aujourd'hui, auraient, ces 2 dernières années, engrangé des revenus supérieurs à 100 milliards d'euros. Cela est révoltant. Mais bien moins que le système par lui-même, qui a généré cette bulle et permet aux riches de s'enrichir de plus en plus, et aux pauvres de sombrer dans une misère toujours plus noire.
L'échec de leur modèle économique ne semble pas affecter plus que ça les salops qui nous gouvernent.
Pas question pour eux de changer de système, tout au plus sont-ils prêts à quelques ajustements, sans toutefois entamer la sacro-sainte confiance du marché. Georges Bush fils pense pouvoir relancer la machine en y engouffrant quelques centaines de milliards de dollars, qu'il irait piquer dans les poches des contribuables.
Il affirme sans sourciller: "Ce n'est pas éthique, mais sans cela nous verrons un effondrement de l'économie, une hausse du chômage..."
Qu'est-ce qui est éthique dans cette économie de marché où règne la loi de la jungle, où le plus fort opprime le plus faible ; où seul le résultat compte, peu importe les moyens !
Quand au comte-président Nicolas, il nous joue son grand air d'opéra sur la moralisation de la spéculation financière.[...]
Les patrons, eux, profitent de la crise économique pour dégraisser leur personnel dans l'automobile (Renault, General Motors) et ailleurs.[...]
LA MORALE SERA-T-ELLE CROTTEE EN BOURSE ? (par Sami CHEMIN)
Le rouleur de mécaniques hexagonal, au vu des propos qu'il a tenus lors de son intervention du 22 septembre à la tribune de l'ONU, s'est mué en procureur planétaire.
Jugeons-en plutôt: "Qui est responsable de ce désastre ?" [...] "Que ceux qui sont responsables soient sanctionnés et rendent des comptes et que nous, les chefs d'Etat, assumions nos responsabilités." [...] "Nous devons moraliser le capitalisme financier."
Prenons au mot ce Père la morale et examinons la manière dont il a décliné la pureté de ses intentions dans le doux pays de la poule au pot tous les dimanches, à moins que ce ne soit plus sûrement celui... des dindons de la farce toute l'année ?
Il a contribué à l'expansion ou au renforcement des empires industriels des nécessiteux suivants: Bolloré, Bouygues, B. Arnaud, Lagardère, etc... ; érigé un bouclier fiscal pour protéger des pauvres hères traqués par le fisc ; distribué 15 milliards d'euros bien enveloppés dans un paquet fiscal à des affamés qui s'accrochaient aux grilles de l'Elysée ; baissé l'ISF et les droits de succession ; exprimé sa volonté de dépénaliser le droit des affaires ; couiné comme un rat... mais sans bouger le petit doigt (tétanisé, qu'il était, par l'indignation) devant les montants astronomiques des "parachutes dorés" versés à des patrons cruellement persécutés par les entreprises auxquelles ils ont sacrifié leur vie ; fait une chasse sans pitié aux amateurs de paradis fiscaux, etc...
Ayant accompli de telles prouesses pour le bien commun, on s'offusque que Ratzinger n'en fasse pas l'archange Michel des temps modernes terrassant le dragon de l'Argent. Mais bon, peut-être suffit-il de faire preuve d'un peu de patience, un peu comme Tapie qui s'est morfondu dans le caniveau avant de se voir attribuer une ration de survie de 390 millions d'euros, juste récompense de ses talents trop méconnus de dépeceur d'entreprises.
Certes on pourrait nous objecter que le preux défenseur de la veuve, de l'orphelin, du pouvoir d'achat et des talonnettes à ressorts a posé un peu rudement son gant sur les serfs et manants de son royaume, pour peu que l'on évoque les mesures qu'il a prises pour remettre le vil peuple dans le droit chemin: grands coups d'épée dans le Code du travail et de dague dans les régimes de retraites ; épandage de poix bouillante sur les 35 heures ; lâchers de chiens sur les sans-papiers ; enfumage des grottes où se dissimulaient les chômeurs(ses), etc...
Mais que voulez-vous, on n'éradique pas la paresse, la luxure et l'oisiveté en jouant du luth et en distribuant généreusement des coupes pleines d'ambroisie n'est-ce pas ? Enfin, puisque "notre" Père la morale a enfilé la cape de Zorro, rendons-lui complètement justice, et soulignons combien il fut vaillant pour faire le siège des sombres forteresses dans lesquelles sont tapies les créatures égoïstes, frileuses, pleurnichardes qui appartiennent aux viles baronnies des services publics.
C'est ici qu'un gamin interroge son père: "Dis papa, c'est loin l'Amérique ?" Et son daron de lui répondre: "Tais-toi et rame." Nick aussi veut qu'on se taise, estimant que ne pas avoir de Bush est une raison majeure pour la boucler. Trop tard, notre galère vient d'accoster sur un rivage étatsunien.
Première vision qui s'offre à nous, des mecs qui plastronnaient il y a peu en jonglant avec les milliards soutirés dollar après dollar dans les poches des besogneux ont moins fait les farauds pendant quelques jours... le temps que la FED et le Trésor créent une "structure de défaisance" pour prendre en charge les centaines de milliards de créances pourries léguées par un géant des assurances (AIG), des sociétés de refinancement hypothécaires (Fannie Mae et Freddie Mac).
De leur côté, les banques d'investissement essaient de convaincre la FED et le Trésor d'étendre leurs bontés à leur propre cas. Vers la mi-septembre, John Mac Cain hululait ceci: "Les fondamentaux de l'économie américaine sont sains", parallèlement, en tout cas jusqu'au réveil brutal du leader minimo et sa métamorphose tapageuse en Père la morale universel, des affirmations analogues étaient tenues en France par les zélotes des "marchés autorégulés" capables de retrouver l'équilibre par eux-mêmes. Mais les faits sont têtus qui ont fait voler en éclat un autre mensonge des fanatiques du libéralisme, celui qui soutient qu'il existe une séparation entre la sphère financière et la sphère réelle de nos économies.
Nos cerveaux risquant de continuer à se poser les bonnes questions, une reprise en main s'imposait. Et c'est ainsi qu'à Toulon, tout juste revenu de chez ses cousins d'Amérique, le chef d'Etat "que le monde entier nous envie" a dupliqué son discours onusien tout en l'adaptant à la situation spécifique du pays.
Retenons les 3 éléments principaux de son homélie. Primo il appelle à "une refondation du capitalisme sur une éthique de l'effort et du travail, à retrouver un équilibre entre la liberté et la règle, entre la responsabilité collective et la règle." Si nous voulions faire chic, nous pourrions dire que ce visionnaire et/ou théoricien de pacotille veut réaliser la synthèse entre Keynes et Galbraith d'une part et Hayek et Friedmann de l'autre ; en version image ça donne la chose suivante, les premiers voulant contrôler et réguler l'activité du renard dans le poulailler, les seconds plaidant sur un ton hystérique qu'il faut le laisser entièrement libre de ses agissements.
Deuxio, il a affirmé (que) "la moralisation du capitalisme demeure la priorité".
Tertio, après ses exordes sur la morale et l'éthique, procédés rhétoriques utilisés pour témoigner de la noblesse et de la pureté de ses intentions, Moi-je a tombé le masque et réinvesti brutalement le terrain du quotidien. Cela peut être résumé de la manière suivante: nous vous en avons fait salement baver jusqu'à présent (via la mise en pratique du slogan "Nous voulons remettre la France au travail"), mais cela n'est pas fini, puisque, à l'avenir, nous continuerons à vous faire déguster (bien s'imprégner du "la poursuite des réformes est plus que jamais nécessaire").
Tirons rapidement la conclusion de tout ce qui précède.
La désignation à la vindicte publique de quelques "irresponsables", doublée du pointage d'une "insuffisance des réglementations" (au fait, qui a autorisé la libre circulation des capitaux ?) pour expliquer les causes de la crise financière en cours (en attendant son inexorable propagation à toutes les sphères de l'économie) est un rideau de fumée émis par les tenants et les servants du système capitaliste pour occulter le principal à nos yeux.
En la matière, c'est bien un modèle de développement dans sa totalité, nous nommons ici le néo-libéralisme américain et ses avatars occidentaux qui est en crise. Le capitalisme a une telle soif inextinguible de profits que cela l'amène à trébucher cycliquement ?
L'Etat accourt aussitôt ventre à terre pour renflouer ses caisses. Et c'est ainsi que le capitalisme se refait régulièrement une santé sur le dos des peuples. Jusqu'à quand cela durera-t-il ?
La réponse est entre les seules mains de tous les exploité(e)s de la planète.
Publié le 23/09/2008 à 12:00 par anarchie23
Chaque année, famines et épidémies emportent des millions d'individus, cependant que plus des 2 tiers de la population de l'hémisphère sud vivent dans une pauvreté extrême. Les nations riches elles-mêmes regorgent de pauvres et de chômeurs(ses).
L'accumulation capitaliste n'a jamais abouti au partage, elle n'a pour seul objectif que le profit individuel aux dépens du bien collectif.
Cela est superbement illustré par la destruction -ou la non-production pour seule cause d'insolvabilité des clients(tes) potentiels- annuelle de milliers de tonnes de denrées et de produits manufacturés alors même que misère et pénurie dévastent le monde.
Le monde capitaliste impose sa vindicte à la planète entière, où l'on voit les frontières de la "valeur d'usage", l'utilité précise de tel objet pour telle personne, et l'opportunité de le fabriquer ou pas, de plus en plus repoussées et remplacées par la "valeur d'échange", c'est-à-dire la capacité de chaque chose à se transmuter en monnaie.
Les besoins sont ignorés en même temps que la rapine est à l'oeuvre. L'activité humaine créatrice devient travail-marchandise et perd tout intérêt pour n'être plus que fatigue et argent.
La planétarisation du mode de vie occidental actuel est une illusion mortelle. La production capitaliste n'est extensible à l'infini que dans les livres. La démence productiviste et gaspilleuse du capitalisme n'est pas répréhensible seulement du point de vue moral: elle a révélé au monde entier qu'elle était nuisible y compris pour le support même de ses frasques: la Terre, comme écosystème où les espèces vivantes et leur environnement sont liées par un équilibre fragile et précaire.
La planète est mise à sac, des désordres climatiques et écologiques sont annoncés et déjà des sites, des rivières, des sous-sols sont massacrés. Les pollutions qui, certes, ne sont pas récentes, atteignent parfois des seuils de saturation et sont dangereuses pour la vie elle-même.
L'exploitation désordonnée des sols et des sources d'énergie non renouvelables pose le problème de l'avenir en plein boom démographique. Les dramatiques problèmes de la désertification, de l'exode rural et de la concentration urbaine et industrielle viennent ajouter au péril écologique celui des populations stressées, asphyxiées, sous surveillance médicale et traitées aux calmants.
L'exploitation massive des ressources minérales et énergétiques non renouvelables est le pilier du développement capitaliste. La raréfaction de ces denrées soumet l'économie à des tensions croissantes, génératrices de crises et de conflits. Leur épuisement prévisible est le point noir, qui grossit à l'horizon, annonciateur de catastrophe.
L'appauvrissement des sols soumis à l'agriculture intensive et à la diminution de la biodiversité, ainsi que la distribution inégales des ressources en eau sont autant de menaces qui planant sur l'avenir.
Ce mouvement accompagne et est le résultat de cette conception qui assimile le monde à un vaste supermarché. Le signe culturel de l'Occident, son ambassadeur le plus éprouvé est la valeur marchande, et plus encore, la marchandise.
Le monde devient progressivement un immense marché livré à une concurrence impitoyable sous la haute surveillance des grands de ce monde qui tiennent à en faire respecter certaines règles garantes de la pérennité du système.
L'effondrement du "bloc de l'Est" et sa reconversion rapide et douloureuse à l'économie de marché ont ouvert grand les portes de la globalisation du capitalisme. La liberté n'y a que peu gagné. Cela vaut autant pour ces pays que pour les autres puissances: derrière le masque du libéralisme et de la démocratie apparaît la grimace hideuse de la tyrannie étatique.
La mondialisation de l'économie n'a pas, comme on l'a prétendu, atténué la conflictualité du monde. Au contraire, la constitution de nouveaux blocs antagonistes et le développement d'une concurrence généralisée laissent planer la menace de nouveaux et terribles affrontements.
La théorie vicieuse du "choc des civilisations", en vogue actuellement, est un leurre destiné à estomper la vérité: la guerre est partout, mais pas entre "civilisations".
C'est celle de rapine et d'esclavage que les riches et les puissants livrent à l'humanité: en deçà des frontières, restructurations féroces au détriment des populations, impérialisme barbare au-delà.
Et le mouvement du capitalisme enfermé dans cette impasse c'est...la fuite en avant ! Au lieu de mettre en cause la croissance et le productivisme, notre société mise sur la découverte de nouveaux gadgets technologiques (OGM, nouvelles générations nucléaires, etc...) pour se perpétuer, toujours plus gigantesque, toujours plus inégale, toujours plus sauvage.
(extraits de la brochure "Qu'est-ce que l'Anarchisme ?"). Editions du Monde Libertaire. 2005.
Publié le 14/09/2008 à 12:00 par anarchie23
LES VERTUS DE L'IRRELIGION
Les déclarations du président Sarkozy au Latran et à Ryad, réitérées dernièrement, ont sans doute violemment heurté les convictions des partisans de la séparation des Eglises et de l'Etat, qui, interloqués par tant d'aplomb, voyaient dans ces propos l'expression de la volonté d'une nouvelle alliance entre la religion et la France.
Est-il besoin d'indiquer à M. Sarkozy ce que répondait La Mettrie aux théologiens durant le mouvement de déchristianisation du XVIII° siècle: "Non seulement je pense qu'une société d'athées philosophes se soutiendrait très bien, mais je crois qu'elle se soutiendrait plus facilement qu'une société de dévots, toujours prêts à sonner l'alarme sur le mérite et la vertu des hommes souvent les plus doux et les plus sages."
Est-il besoin de dire que le parti pris de la crédulité au sommet de l'Etat ne fait qu'alimenter le souvenir des méfaits et des turpitudes des Eglises ?
L'expression "Héritage des Lumières", dont M. Sarkozy a udé de façon ambiguë dans ses déclarations, est un euphémisme destiné à masquer la réalité historique du fait irréligieux.
Depuis le XVIII° siècle au moins, il existe en France une grande diversité de pensées relevant de l'incroyance ; de l'agnosticisme à l'athéisme en passant par le panthéisme, toutes ces conceptions expriment une exigence métaphysique concurrente de l'idée de transcendance forgée par les monothéismes.
Aujourd'hui, les enquêtes d'opinion nous apprennent qu'au moins un tiers des Français(ses) se réclame de ces courants de pensée. Peut-on les ignorer et considérer que seules les religions ont droit à la reconnaissance de l'Etat ?
Il y a fort à parier que ce privilège, porté à son paroxysme par M. Sarkozy, tient à l'idée que les religions seraient des agents de l'ordre et de la stabilité sociale.
Pourtant, à regarder de près le passé des institutions religieuses, on peut à bon droit s'effrayer des crimes commis en leur nom. Le siècle des Lumières est aussi celui de la lacération et du bûcher pour les ouvrages condamnés par les théologiens, de l'exil forcé et de la prison, voire de la mort, pour leurs auteurs.
Est-ce à cette civilisation de la censure et de la persécution que se réfère M. Sarkozy ?
Il serait naïf d'espérer un changement d'attitude ou d'opinion de ce président vis-à-vis des irréligieux. Toutefois, ces derniers ne doivent pas renoncer à faire entendre leur voix, non seulement pour demander un traitement égal et digne, mais surtout pour pointer les contradictions du discours de M. Sarkozy sur la religion. A cet égard, il convient de rappeler quelques évidences:
-Si M. Sarkozy s'engage à remettre en cause la loi de 1905, en donnant d'une façon ou d'une autre plus de moyens aux Eglises, alors il devrait également subventionner les associations défendant l'incroyance sous toutes ses formes.
Il aurait alors face à lui l'insoluble problème de la représentativité de chaque obédience, confirmant la nécessité que l'Etat n'interfère pas dans les préoccupations métaphysiques de chacun et de chacune.
-Si M. Sarkozy décide d'impliquer les religieux dans les institutions de l'Etat ou dans la vie politique, il devrait offrir aux irréligieux les mêmes possibilités.
Mais le mélange improbable consécutif à une telle ouverture ne tiendrait pas longtemps, et aboutirait au mieux à une coquille vide, au pire à des polémiques sans fin et inutiles.
-En outre, il est tout à fait partial d'insérer dans les programmes d'enseignement le fait religieux et de passer sous silence l'histoire des irréligions et des rapports de la science avec les institutions religieuses.
Giordano Bruno ou Giulio Vanini mériteraient une place dans nos manuels d'histoire, mais en cherchant à tout prix le consensus sur les représentations du sacré, tout esprit critique en a été évacué.
-Si finalement l'intention de M. Sarkozy n'était que d'agiter un peu plus les médias, en voulant afficher son goût pour le surnaturel, les irréligieux auraient à dénoncer cette posture falote qui ne vise là aussi qu'à dresser les uns contre les autres.
L'invitation au débat est d'emblée fallacieuse, car la religion est posée, à priori comme un horizon indépassable.
Le mouvement irréligieux dans son ensemble conteste ce présupposé, et a toutes les raisons de craindre le voeu de restauration d'une société de dévots.
Par dessus tout, l'insistance de M. Sarkozy sur le "respect" dû aux religions cache une condamnation implicite du droit de critique des croyances. Si les irréligieux ne sont pas des fanatiques qui souhaiteraient l'interdiction des cultes, ils revendiquent en tout cas la possibilité de dire ce que l'idée du sacré inspire à leur raison, et que sa disparition pour eux, loin d'être un manque, représente les prémisses d'une émancipation de la pensée.
Le respect des croyances individuelles ne signifie pas l'interdiction du blasphème, mais la légitimité d'un état d'hétérodoxies réciproques, ou le fait que des convictions étrangères puissent être confronter librement, et non se momifier comme dans les discours de ce président dévot.
Signé par: Cyrille Baudoin, Olivier Brosseau, Pascal Charbonnat, Bernard Deffarfes, Jean-Marc del Percio-Vergnaud, David Forest, Olivier Gandrillon, Sigrid Girardin, Jean-Jacques Kupiec, Jérôme Segal, Marc Silberstein, Penny Starfield.
(Article publié au mois d'avril 2008 dans le Monde Libertaire, le journal de la Fédération Anarchiste.)
Publié le 23/09/2009 à 15:45 par anarchie23
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Publié le 07/09/2008 à 12:00 par anarchie23
La Fédération Anarchiste, regroupée lors de son 65° congrès au Villard (Creuse) a adoptée la motion suivante:
Nous constatons aujourd'hui la résurgence du religieux, compagnon et outil du capitalisme-néolibéralisme, dans la vie sociale, politique et économique. Le développement du prosélytisme religieux, se manifestant en particulier dans le repli communautaire de fractions de plus en plus importantes de la population, donne un regain de vigueur à l'obscurantisme.
L'érection d'une statue représentant l'ancien pape à Ploërmel, le retour prononcé du créationnisme comme matière universitaire, le développement des églises évangélistes, etc... sont des symptômes parmi tant d'autres de ce renforcement et de l'invasion du religieux dans la sphère publique. Au niveau international, les oppositions religieuses engendrent de plus en plus de conflits, jetant quotidiennement des centaines d'individus dans des guerres de fanatisme.
Les attaques contre la liberté des femmes à disposer de leur corps et les actes homophobes se font plus virulents. La réaction des Etats est une complicité active. Le récent discours du président français, à Latran, a réaffirmé la supériorité du curé sur l'instituteur.
L'Union européenne continue de se construire sous les auspices de la chrétienté et des autres religions, et, en plus du développement des institutions privées confessionnelles, les intrusions des références religieuses dans les écoles et l'éducation se font de plus en plus fréquentes. Des maires PCF posent les premières pierres des mosquées...
Cette offensive de la religion, assurant son rôle traditionnel de contrôle social de la soumission, rencontre une opposition qui n'est pas à la hauteur du danger. Cette quasi-indifférence permettra, si rien n'est fait, aux religions et aux sectes de tout poil d'imprégner pernicieusement les esprits et de retrouver une influence que nous pensions disparue.
Il nous semble impératif de réagir de façon énergique. La venue en France du pape, dans ce contexte, constitue une occasion pour nous d'affirmer notre volonté de s'émanciper et de s'épanouir hors du joug aliénant et oppressant des religions.
A bas l'obscurantisme ! A bas toutes les religions ! Vive l'anarchie !
Publié le 16/10/2008 à 12:00 par anarchie23
Du 10 au 12 mai 2008, les militants(tes) de la Fédération Anarchiste ont tenu leur Congrès sur un plateau du Limousin, au Villard, dans la Creuse. Des débats, riches et nourris sur la situation actuelle, sont ressortis 4 motions, dont la motion "Anti-Religions" déjà publiée ici.
Voici celle sur la Décroissance:
En 2008, le constat d'une crise environnementale globale (épuisement des ressources, effet de serre, déforestation, dégradation de la bio-diversité...) est désormais largement partagé.
Partout, la réponse des tenants du système capitaliste consiste à désamorcer la contestation en organisant le consensus autour de fausses solutions. En France, cette stratégie s'est traduite par l'organisation d'un Grenelle de l'environnement. Les solutions proposées visent avant tout à offrir de nouveaux débouchés au complexe industriel. La fuite en avant technologique aboutit à des aberrations, comme les agrocarburants, dont le développement entre directement en concurrence avec la production alimentaire et accélère la déforestation.
Face aux ravages causés par le développement durable... du système capitaliste, les populations en sont réduites en France à contester la baisse de leur pouvoir d'achat tandis que dans plusieurs pays éclatent des émeutes de la faim.
Le système connaît aujourd'hui un basculement. Si aucun gouvernement ne le reconnaît encore, ce sont bien les limites physiques de la planète qui sont largement dépassées: nous savons que, désormais, le coût du pétrole ne baissera plus.
Le discours dominant s'enferre dans une attitude schizophrène: poursuivre la logique productiviste en accélérant la croissance (rapport Attali) tout en culpabilisant les individus par rapport à leur consommation (discours de Nicolas Hulot). Le démantèlement des services publics participe en ce sens à la disparition de toute gestion collective en limitant ses prestations aux seuls individus solvables.
Insister sur les solutions technologiques et entretenir l'illusion d'une croissance propre permet à la classe dirigeante d'éviter le niveau politique, notamment les questions explosives de la répartition et de la redéfinition des richesses. En effet, le capitalisme, qui tire profit du gaspillage des ressources, est condamné à la croissance.
Sur une planète peuplée de 9 milliards d'individus en 2050, il n'y aura pas d'avenir durable, sans un ralentissement du cycle production-consommation. La seule perspective est une forte réduction de la sphère marchande et donc une diminution du temps de travail (travailler moins pour vivre mieux), bénéfique tant pour l'individu que pour la société: développement du relationnel, usage optimal, social et économe des biens et des services produits.
La relocalisation de l'activité économique doit permettre de renforcer l'autonomie des individus. Toutefois, il faut se garder de toute tentation autarcique de repli sur soi: aucun îlot écologiste ne pouvant survivre dans un océan capitaliste, l'objectif reste l'élimination du système capitaliste.
Contrairement au projet réformiste de décroissance soutenable, nous réaffirmons qu'il est parfaitement illusoire de s'en remettre à l'Etat, alors que celui-ci depuis toujours concentre les moyens et oriente la production au service des multinationales (subventions, infrastructures, recherche et développement, crédits de formation, privatisations, externalisation des coûts, prise en charge des pertes financières, etc...).
La participation d'écologistes dans les institutions montre que les étapes vers l'accession au pouvoir sont jalonnées de tous les renoncements et de toutes les trahisons.
L'auto-limitation de l'activité humaine tenant compte des capacités de la planète ne peut résulter que des individus eux-mêmes, s'autogérant et se fédérant entre eux: c'est justement le projet de société libertaire !
La croissance est vitale pour le capitalisme, la décroissance lui est mortelle.
Un certain nombre de pratiques alternatives existent dans la société actuelle, préfigurant un autre futur. Mais aucune autre société ne sera possible tant que ne sera pas mis fin à l'exploitation capitaliste.
Aujourd'hui, les pays riches se satisfont de pseudo-progrès en matière d'environnement alors qu'ils tirent leur niveau de consommation insoutenable de l'exploitation des pays du Sud.
Désormais, nous savons que la décroissance est inévitable, et l'humanité se trouve face à un choix décisif, l'organiser ou la subir: écologie sociale ou barbarie !
Ne pas rompre définitivement avec la croissance, c'est condamner les populations à un avenir proche dans lequel les classes dirigeantes imposeront des restrictions toujours plus sévères au prix d'un contrôle social toujours plus fort, et de populations livrées à toutes les guerres et à toutes les pénuries.
A l'opposé, la Fédération Anarchiste est porteuse d'un projet qui permet aux individus de gérer la société eux-mêmes: une révolution sociale, écologique et libertaire !
Publié le 27/08/2009 à 15:45 par anarchie23
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La Fédération Anarchiste condamne, s'oppose au terrorisme et lutte pour sa disparition.
Le terrorisme utilise la terreur pour obtenir, conserver ou développer un pouvoir. (Pour rappel, le sens premier de terrorisme est "régime de terreur politique". Ce terme date de 1794, période finale de la révolution bourgeoise française.)
A l'heure où les politiciens dénoncent dans les médias une préfecture mise à sac et des patrons séquestrés par des salarié-e-s en colère, la Fédération Anarchiste dénonce les capitalistes et les Etats à leur service qui, sur tous les continents au nom de la Démocratie, font la guerre aux peuples au nom de la Liberté, imposent la dictature de leurs intérêts au nom de la lutte anti-terroriste, mettent en place la terreur institutionnalisée.
-Comment qualifier autrement que "terroristes" les Etats qui s'appuyant sur des forces militaires, paramilitaires, policières, ou dites "de sécurité" bombardent, torturent, emprisonnent, éliminent des populations civiles ?
-Comment qualifier autrement que "terroristes" un système économique qui au nom du profit ruine, affame, met au chômage, jette à la rue et dans une misère extrême des millions d'individu-e-s ?
-Comment qualifier autrement que "terroriste" des gouvernants et les entreprises qui, jouant sur les peurs, attisant le sentiment d'insécurité, profitent de ces marchés dits de protection ou de sécurité pour développer leurs marchés lucratifs de surveillance, de flicage, et la mise en place de fichiers liberticides ?
Les forces politiques, religieuses, les individus qui utilisent les attentats, la peur et la terreur pour provoquer une réaction sécuritaire dans les populations ou mettre en place un pouvoir sont, par ces actes même, prêts à toutes les répressions futures et à tous les crimes. Ils postulent de ce fait à une future oppression des peuples. Ces actes suffisent à disqualifier leur discours de libération ou d'émancipation.
La Fédération Anarchiste s'oppose par nature à tout usage de la terreur à des fins politiques ou autres.
En revanche, la Fédération Anarchiste considère que toutes et tous les opprimé-e-s ont le droit et le devoir de résister, collectivement ou individuellement, aux injustices, aux lois iniques de l'économie capitaliste et à toute oppression.
Les formes que prennent et prendront ces révoltes seront celles jugées adéquates par les victimes de ces régimes. Elles trouveront leur légitimité dans la lutte des opprimé-e-s contre les oppresseurs qui eux pratiquent déjà la violence sous toutes ses formes pour se maintenir en place.
Il est donc naturel pour la Fédération Anarchiste de prendre systématiquement la défense et d'être aux côtés des victimes de la violence étatique, totalitaire et/ou capitaliste.
Elle restera toujours vigilante et mobilisée.
FEDERATION ANARCHISTE
(Motion adoptée au Congrès de Besançon le 31 mai 2009).