Créer un blog Présentation

Nom du blog :
anarchie23
Description du blog :
Tout ce qui a trait à l'anarchisme en Creuse et au-delà...
Catégorie :
Blog Politique
Date de création :
02.06.2007
Dernière mise à jour :
04.05.2008
RSS

Rubriques

>> Toutes les catégories <<
· Activités-Rencarts (19)
· De l'anarchisme.... (6)
· Documents, Affiches... (15)
· Histoires Anarchistes (13)
· Infos et Liens (24)
· Journal Anar (22)
· Ouvrages Anars (20)
· Portraits d'Anars (19)

Navigation

Accueil
Livre d'or anarchie23
Créer un blog
Contactez-moi !
Faites passer mon Blog !
Mes blogs et sites préférés

Billets les plus lus

· L'Affaire Sacco et Vanzetti
· Un Village Anarchiste
· Pour l'abolition de la carte d'identité
· Les libertariens
· Les députés ? A la retraite !
· Gentioux Antimilitariste
· Sarkosy à Sannat !
· BONAVENTURE, une école libertaire
· De l'autogestion concrète !
· Extrême France

Statistiques



Ajoutez aux favoris 20 derniers commentaires

les liens donnés par Autogestion
13.05.2008
Merci pour les liens !
13.05.2008
parler moins pour agir plus
11.05.2008
chouette !
08.05.2008
Courage !
07.05.2008
je vais revenir
07.05.2008
Villages alternatifs
04.05.2008
1er contact
04.05.2008
+ de 10 000 visites !
03.05.2008
Un prompt rétablissement !
03.05.2008
bonjour
03.05.2008
On s'y emploie !
03.05.2008
Merci !
03.05.2008
yeh
02.05.2008
Un plaisir...
01.05.2008
Bises à toi !
29.04.2008
koukou me revoilou
28.04.2008
Merci Libertad !
26.04.2008
Anarchie encore et toujour
26.04.2008
Je suis presque d'accord
22.04.2008
RSS

Blogs 19 à découvrir :

· amistaduruguay
· liguerevolutionnaire
· dubnorix

Histoires Anarchistes

Marcel BODY

Posté le 27.01.2008 par anarchie23
Photo: Marcel Body avec Alexandra Kollontaï.


Marcel BODY (1894-1984) a été typographe, militant communiste puis libertaire, diplomate et traducteur.

Né à Limoges dans une famille ouvrière, Marcel BODY devient à 12 ans apprenti typographe. Il y découvre la lecture, tant de la presse politique (en particulier socialiste) que des romans. Sa passion pour Tolstoï le pousse à apprendre le russe. Soucieux d'une amélioration de la condition ouvrière, il se rapproche des milieux marxistes, et assiste à Limoges à des meetings de Jean Jaurès.

Mobilisé en 1916, sa connaissance du russe l'amène à être envoyé en Russie au sein de la mission militaire française. Il y assiste à la révolution russe. En 1918, il fait partie des membres de la mission française qui refusent de participer à l'offensive militaire menée par les alliés (dont la France) contre le nouveau régime, et qui rejoignent le Groupe communiste français à Moscou.

Il travaille pour l'Internationale communiste, puis passe plusieurs années comme diplomate en Norvège, aux côtés d'Alexandra Kollontaï.

Hostile au régime stalinien, il quitte l'URSS en 1927. Rentré en France, il devient un opposant au sein du PCF, qu'il quitte en 1928. Il participe alors au courant communiste anti-stalinien.

Il traduit du russe des textes de Lénine, Trotsky, Bakounine...

Dans les années 60, il participe à la revue de Boris Souvarine: Le Contrat social.

Ses souvenirs jusqu'en 1927, écrits en 1980, ont été publiés sous 3 titres successifs: "Un piano en bouleau de Carélie" (Hachette, 1981), "Un ouvrier limousin au coeur de la révolution russe" (Spartacus, 1986), "Au coeur de la Révolution: Mes années de Russie, 1917-1927" (Editions de Paris, 2003).

De l'autogestion concrète !

Posté le 03.12.2007 par Anarchosyndicalisme !
Les 135 travailleurs de l'usine de fabrication de vélos Bike Systems GmbH (province de Thuringe Nordhausen) occupent leur usine depuis le 10 juillet 2007. Ils veulent ainsi empêcher le démantèlement définitif et la vente de l'usine, dont la mise en faillite a été déclarée le 10 août. Ils ont décidés de reprendre partiellement la production en autogestion, pour démontrer la capacité des ouvriers à produire, sans chefs. Pour démarrer, ils avaient besoin d'une commande de 1800 vélos avant le 2 octobre. Aussi, en collaboration avec les anarchosyndicalistes de la FAU (section allemande de l'AIT), les travailleurs ont lancés un appel à la solidarité, relayé en France par la CNT-AIT.

Donc, depuis le 10 juillet, le personnel occupe les 3 sites de l'usine du sud des montagnes du Hars. L'usine fonctionne au ralenti, les ateliers étant vides à part celui de la ligne de revêtement. Le personnel, qui perçoit une indemnité de chômage technique, espère qu'un nouvel investisseur avec un nouveau projet se déclare...1 mois, 2 mois passent. Mais, petit à petit, pendant l'occupation, au cours des nombreuses discussions entre travailleurs de l'usine mais aussi avec les personnes venues en solidarité, une idée surgit et se concrétise: celle de reprendre la production en autogestion, de produire nous-mêmes un "vélo-grève", au moins pour une petite période. Pour pouvoir relancer la production en autogestion, la barre a été fixée à 1800 bicyclettes. Avec une date butoir pour réunir les commandes: le 2 octobre. C'était un pari que nous nous sommes lancés, celui de démontrer notre capacité à développer notre propre concept et à réellement autogérer notre production et notre distribution, mais aussi celui de développer les idées de solidarité et enfin celui d'encourager les travailleurs qui se trouvent dans des situations similaires à ne pas se laisser facilement "restructurer à zéro", par qui que ce soit !
Avoir 1800 commandes fermes en moins de 2 semaines, la gageure paraissait impossible ! La FAU a donc utilisé le relais de ses syndicats en Allemagne et de l'Association Internationale des Travailleurs au niveau mondial pour lancer l'appel à la solidarité.


INTERETS ET LIMITES

Dès qu'il a été connu, l'appel a été traduit par la CNT-AIT de Paris. Une discussion s'est alors engagée très rapidement entre les compagnons: l'initiative est sympathique. Cependant il faut mettre en avant son côté politique: cet appel à la solidarité n'est pas un bon plan pour acheter des vélos de qualité pas cher. Cette expérience nous paraît intéressante car elle peut démontrer, contrairement à ce que les médias et l'idéologie dominante martèlent à longueur de temps, que les travailleurs qui sont ceux qui produisent toutes les richesses de ce monde, ont tout à fait les moyens de s'organiser pour cela, et sans patrons ni Etat.
De même, nous connaissons les limites d'une telle entreprise et elles doivent être rappelées lucidement: goutte d'eau d'autogestion au milieu d'un océan capitaliste. Ainsi, notre soutien n'aura de sens politique que s'il peut servir aussi de base de départ à une réflexion globale sur la notion "d'économie": Qu'est-ce que nous voulons produire ? Pourquoi ? Avec qui ? Et comment ? Nous savons tout autant que, si des travailleurs, comme ici en Allemagne, s'emparent de leur entreprise (tout comme ils le font en Argentine, au Mexique et ailleurs), ce n'est pas pour "bâtir le communisme", mais tout simplement pour défendre leur situation immédiate. Ce qui n'empêche pas, tout au contraire, d'appréhender ces prises en mains d'entreprises dans leur dynamique, qui peut amener à leur dépassement, et se situer alors dans une perspective révolutionnaire. Le processus de récupération, dès qu'il se poursuit un peu, fait apparaître que l'usine récupérée n'est pas seule, qu'elle est dans un tout. Production, distribution posent des problèmes qui ne peuvent se régler à l'échelle locale. L'autogestion complète n'est possible que si tout un pan de la société s'y adonne et si l'argent et le salariat disparaissent.


ALLER PLUS LOIN

"Aller plus loin", à partir de la situation que l'autogestion de ces sphères pose, c'est rompre le cadre de l'entreprise, de l'échange, du travail et du chômage, et cela est une possibilité dans le processus de récupération. Un dépassement de ce qui est auto-organisable dans le cadre du système actuel. Puisse-t-elle être un point de départ pour inventer un autre monde, où la production et les échanges de biens et de services ne seront pas corrompus, parasités, aliénés et mystifiés par la division du travail (et la sous-division entre travail manuel et intellectuel), le salariat (ou autre mode d'exploitation) et la monnaie.

Les nouvelles que nous ont données les compagnons Allemands sur la méthode utilisée pour la fabrication des "Strike-Bike" nous confortent: salaire unique pour tout le monde, sans hiérarchie ni autres parasites. Le projet était de recommencer la production à compter du 22 octobre à 17 heures et tout le monde a été invité à y prendre part. De plus, comme il reste finalement peu de gens qui ont les connaissances pour s'occuper des tâches administratives nécessaires, ce sont des compagnons de la FAU Hamburg qui travaillent dans ce secteur qui ont mis à disposition leurs compétences.

Ensuite s'est posée la question de comment relayer cet appel à solidarité. Les compagnons allemands ont proposer d'acheter des vélos 275 € (300 avec le transport). C'est une somme que la grande majorité d'entre nous ne pouvons pas sortir comme çà. Un compagnon a vu que, sur le site internet de la CNT-AIT espagnole, un syndicat propose des bons de soutien de 10€. L'idée, jugée excellente, est immédiatement adoptée.

Notre syndicat a donc émis un texte d'appel à la solidarité et l'a diffusé par tous les moyens à sa disposition. La réponse à l'appel a dépassé nos espérances. Nous avons reçu des bons de solidarité des 4 coins de l'hexagone, y compris de Corse ! Outre les syndicats du réseau fédéral CNT-AIT qui ont largement relayé et participé, l'appel a été largement diffusé dans les milieux des activistes cyclistes vélorutionnaires. Sur Paris, c'est d'ailleurs grâce à l'organisation logistique des Vélorutionnaires que la commande a pu être passée et organisée. Au total sur Paris, c'est une vingtaine de vélos qui ont été commandés. Sur Grenoble l'association "Des petits vélos" en a commander 10. Des commandes individuelles sont également parvenues en Allemagne. Les 1800 vélos sont d'ores et déjà écoulés.


MOINS DE 2 MOIS

Le succès de cette action directe a été possible grâce à une campagne de solidarité qui a connu une dynamique inattendue.
A partir du moment, où la volonté de produire de manière autogérée des "strike-bike" a été rendue publique, il aura fallu moins de 2 mois pour que cette initiative fasse le tour du monde. Des commandes sont parvenues de tous les pays d'Europe mais aussi d'Egypte, des USA, d'Australie, du Canada et d'Israël. Le "cas" de Nordhausen dépasse le cadre de la couverture des médias alternatifs. Des reportages de plusieurs minutes ont été diffusés par les principales chaînes allemandes (ARD, ZDF, SAT-1, RTL). Dans plus de 200 journaux allemands sont parues des dépêches et plus de 50 journaux ont consacrés des articles à l'usine de vélos de Nordhausen. Les agences de presse DDP, AP et Reuter ont fait paraître des dépêches réactualisées plusieurs fois durant la journée en mentionnant à chaque fois le site web de la campagne. Des reportages télévisés sur des chaînes françaises, hollandaises, suisses et autrichiennes ont également évoqués Nordhausen.


RENDEZ-VOUS DU 1er DECEMBRE

Les vélos sont arrivés sur Paris et ils sont vraiment magnifiques, tout rouge et noir. Afin que la démarche soit complète, nous avons décidés avec les Vélorutionnaires que symboliquement la distribution soit organisée à l'occasion du rassemblement mensuel qu'ils organisent place du Châtelet, le 1er décembre, à 15 heures, afin de protester contre la dictature automobile et pour une meilleure prise en compte des vélos dans la cité. De plus, ce fut l'occasion d'une discussion à bâtons rompus sur les notions de production et de travail, comment ? Pourquoi ?

Avec l'expérience de Nordhausen comme exemple concret.



Un Village Anarchiste

Posté le 21.11.2007 par Collectif
Photo: couverture du livre sur le VAAAG (Village Alternatif, Anticapitaliste et Anti-Guerres)


Bonjour ! Fin mai début juin 2003, les chefs des 8 Etats les plus riches du monde se réunissent à Evian...

A quelques kilomètres de là, à Annemasse, un village alternatif, anti-capitaliste et anti-guerres (VAAAG) rassemble, en autogestion, plusieurs milliers de personnes venues de toute la France (et d'ailleurs) mettre en actes leurs révoltes contre ce monde cannibalisé par les saigneurs du G8...

Un évènement: c'est à l'appel de l'ensemble du mouvement libertaire (individus, collectifs autonomes, organisations spécifiques et syndicats...) qu'a lieu ce rassemblement pluraliste et unitaire des "rouge et noir"...


4ième de couverture du livre: En 2074 après Spartacus, toute l'Europe est occupée par le capitalisme. Toute ? Non, un petit village de libertaires résiste à l'envahisseur.
Résiste au diktat des maîtres du monde autoproclamés, retranchés dans le camp fortifié du G8 à Evian.

Et pour ne pas être taxé-e-s de contestation stérile, de critique sans propositions alternatives, des libertaires de tous poils, organisé-e-s ou non, ont décidé de créer temporairement un village afin d'expérimenter concrètement l'autogestion au quotidien.

Sans chefs, sans gourous ni maîtres à penser, ils/elles font sortir de terre pendant une semaine un village autogéré avec ses différents quartiers, ses assemblées générales, ses espaces de débats, d'information, sa radio.

Un village où chacun-e a son mot à dire, chacun-e participe aux différentes tâches et corvées.
Sans oublier de préparer collectivement les actions et manifestations contre le sommet du G8.


Extraits de l'introduction du livre: Le VAAAG fut une éphémère mais formidable commune libertaire rendue possible par la volonté et l'enthousiasme des quelques 5000 personnes qui l'ont fait vivre durant plus d'une semaine.

---la connaissance des expériences autogestionnaires et des fonctionnements qui y ont été expérimentés, récemment ou non (communalisme, écoles libertaires, librairies et éditions autogérées, squats autogérés, exemples historiques de collectivisme pendant la commune de Paris ou la révolution espagnole...). Ajoutons à cela la pratique, pour certain-e-s, de l'autogestion dans un groupe politique, militant, ou une association...

Petit à petit, les réseaux libertaires, toutes tendances confondues, se sont mobilisés et ont pris la mesure de l'enjeu, ont fait circuler l'information sur l'existence de ce projet et nous nous sommes saisi-e-s de cette opportunité de matérialiser nos idées dans des pratiques sociales.

Le projet VAAAG devenait publiquement une initiative distincte des initiatives proposées par les altermondialistes regroupé-e-s au sein d'Attac, des groupes d'extrême-gauche, des sociaux démocrates et des humanitaires.

Le VAAAG affirmait sa capacité à être une critique sociale et une initiative proposant une perspective originale et autonome des schémas et credos de gauche, toutes tendances confondues.

C'est que cette mise en pratique des conceptions libertaires des rapports sociaux, même si ce fut de façon parcellaire et limitée par le contexte général de notre société, initie une démarche militante nouvelle dans la contestation radicale qui s'ébauche au fil des manifestations contre la mondialisation capitaliste.

Dans la période particulière que nous vivons, le VAAAG constitue sans doute un des premiers pas permettant au mouvement libertaire de développer des dynamiques collectives spécifiques en phase avec les aspirations profondes des mouvements de contestation actuels.

Cette construction d'une alternative globale au système d'oppression étatique et d'exploitation capitaliste rejetant les inégalités sociales et la délégation de pouvoir, s'élabore sur la base de pratiques d'auto-organisation, de démocratie directe, d'égalité économique et tend à fédérer les individu-e-s et les structures sociales dans lesquelles elles et ils agissent.

C'est à travers ce bouillonnement et ces tâtonnements que des perspectives porteuses d'émancipation individuelle et des formes nouvelles d'organisation sociale verront le jour.

Le village ne se situait pas dans la continuité de ce qui a existé jusqu'à ce jour. Il ne devait être ni la suite de Porto Alegre, ni celle de Florence. Il s'agissait bien d'affirmer une rupture avec un système, celui qui opprime et exploite: le système capitaliste.

Depuis plusieurs années, les mobilisations visant à contrer les saigneurs du G8 prennent de l'ampleur. Pour nous, lutter contre le G8, ne se résume pas à quémander un aménagement "humain" du capitalisme ou à demander sa régulation ou sa taxation par les Etats. Il s'agit, pour nous, de promouvoir un autre type de société au sein de laquelle les rapports humains ne seraient pas fondés sur une logique de profit et de domination.

Les résistances se multiplient et s'organisent. C'est bien par la lutte, l'action directe et par la solidarité que les exploité-e-s et les dominé-e-s inverseront le rapport de force.

Le VAAAG était un lieu autonome et un véritable espace de convergence des résistances à la mondialisation capitaliste.


ORGANISATION DU VILLAGE

-Les quartiers sont organisés autour d'une cuisine collective qui est l'espace central de vie du quartier. Ils se constituent sur le principe de la libre association en tentant de favoriser au maximum les échanges et les rencontres.
Les quartiers sont autonomes dans leurs animations, actions et projets.

Le VAAAG n'étant pas un lieu de consommation mais une expérience d'autogestion, les personnes désireuses d'habiter le village se doivent de s'impliquer dans sa vie quotidienne: participation aux tâches de cuisine, de nettoyage, de décisions collectives, etc.

-Les espaces collectifs inter-quartiers regroupent tous les espaces communs à l'ensemble du village (espace accueil, espace débats/forums, espace médical, espace de coordination des informations et des actions, etc...

-Les AG de quartiers, regroupant l'ensemble des habitant-e-s d'un quartier, sont quotidiennes et permettent l'expression de tout le monde. Elles prennent les décisions concernant l'organisation collective du quartier.

-AG de village: une assemblée générale de village quotidienne regroupe l'ensemble des mandaté-e-s des quartiers. Les décisions prises sont communiquées par radio et affichage.

-Le village développera des relations harmonieuses avec la population locale en l'invitant à participer aux activités du village.


Quelques extraits de témoignages:

- Sur la base de l'organisation en quartiers du village (un quartier étant rattaché à une cantine), nous avons décidé collectivement d'organiser une AG dans chaque quartier tous les matins, suivi d'une AG inter-quartiers rassemblant des mandaté-e-s (délégué-e-s sans pouvoir décisionnel) de chaque quartier, chargé-e-s de retransmettre les décisions prises dans chaque quartier sur les diverses questions concernant l'ensemble du village.

Pendant les 5 jours d'ouverture du VAAAG, l'activité a été débordante, le nombre de personnes sur place impressionnant...
Mais avant ces 5 jours, il y a eu 15 jours de préparation sur place. Et c'est là que l'autogestion a été éprouvée une première fois.
Les champs étaient vides, tout était à faire !
Chacun-e trouvait son utilité.... C'est la notion d'utilité sociale qui se cache derrière ces comportements et qu'on cite si souvent pour essayer de penser le travail autrement... C'est cette idée qui devrait définir l'ensemble du travail à accomplir dans une société autogérée et libertaire.
Cette expérience d'autogestion, nous invite à renouveler l'expérience, afin qu'un fonctionnement autogestionnaire et égalitaire puisse être appliqué à de nombreuses activités de la vie, et puisse représenter un jour une alternative réelle et pratique au système d'exploitation, de domination, de discrimination, de consommation que nous connaissons aujourd'hui.
(Sophie-Chambéry)

- Sur la portée politique du village, il me semble qu'elle est énorme. Dans cette société schizophrène, où seule l'image compte, où le décalage entre les discours et les actes est énorme, sortir du discours pour rentrer dans la pratique de l'autogestion suscite la curiosité.
A Annemasse, les habitant-e-s étaient invité-e-s à venir nous voir vivre autrement, pas par procuration, ni comme dans un zoo, mais dans une vraie relation d'échange et de partage. 300 habitants ont répondu à une invitation à un repas à prix libre.
(Un membre du collectif Claaac G8 Savoie)

- Nous avons vu dès l'ouverture du chantier des gens de différents horizons, militant-e-s politiques, syndicaux, associatifs, routard-e-s, artistes, s'asseoir autour de la table et discuter sereinement des tâches à accomplir, écouter avec respect les propositions de chacun-e, travailler ensemble dans le même sens et, avec des moyens dérisoires, élaborer ce village que nos voisins nous enviaient et dont tou-te-s les visiteurs et visiteuses nous félicitaient pour l'organisation.
Un autre monde est possible.
(Daniel-Lyon)

- Difficile après l'expérience que nous avons vécue et construite au VAAAG de devoir revenir cautionner notre société de consommation, de profit et d'injustice sociale...
L'autogestion dont nous parlions tant durant les mois auparavant s'est concrétisée non plus en étant perçue comme une théorie, une notion, un grand principe presque mythique, mais par la mise en place d'une pratique effective.
Parce qu'il n'y avait pas de système centralisateur, d'instances suprêmes de contrôle et de répression, d'ordre social hiérarchique et de spécialisation dans le travail, la participation à l'effort commun s'est réalisée par un effet de responsabilisation individuelle.
Travailler en autogestion, c'est inverser le modèle capitaliste néo-libéral avilissant et déresponsabilisant du patronat, de la logique du profit et de l'intérêt personnel et individualiste, c'est abolir l'esclavage du travail salarié, c'est élaborer un système d'implication basé sur le volontariat, l'auto-apprentissage et l'échange mutuel de savoirs et de pratiques.
En somme, c'est apprendre à penser et à vivre collectivement.
(Claire-Montpellier)

- Quand on projette de faire un village "témoin" de ce que peut être une autre forme d'organisation sociale, le plus gros travail est évidemment politique.
Matérialiser nos valeurs en modes de fonctionnement, comportements, cultures et structures collectives, c'est ce qui représentait le plus gros défi..., c'est ce qui lui donnait une portée positive et subversive.
(Guillaume-Haute-Savoie)

- L'installation et l'implantation des infrastructures du village (1 dizaine de cuisines collectives, un four à pain, deux bars, 2 chapiteaux dont un avec scène, un camion semi-remorque-frigo, plus les marabouts de la radio, de l'atelier collectif, de l'accueil, des médias, du point-secours, et des tables de presse, plus l'éclairage du site), ne sont pas dues au hasard, mais se sont faites de manière rigoureuse et réfléchie (en gardant quand même une part d'improvisation et de spontanéité) ; le tout en essayant de résoudre l'équation: besoins vitaux/praticité/moyens disponibles/contrainte technique.
Mais grâce à l'arrivée d'outils et de matériels, la création d'un atelier collectif, de réunions collectives de chantier...
(Branche lyonnaise de la Compagnie électrique autogestionnaire -CEA-)

- C'était la fête... Une fête libertaire dans un village essayant l'autogestion...
(Amarou)

-Nous voulions certes une ambiance conviviale mais aussi et surtout nous étions là pour construire, démontrer, apprendre et créer.
(Fred-Sète)

- Chauffe-eau solaire, toilettes sèches, four à pain, capteur thermique, compostage, tri sélectif, auto-éco-construction en bois, bambou...
Voilà ce que l'on pouvait entrevoir à différents endroits du VAAAG qui s'inscrivaient dans son exigence d'être "également le fait de la mise en place d'alternatives concrètes..."
(Adrien-Nîmes)

- Ce qui m'a séduit dans le VAAAG, c'est cette volonté de concrétiser la théorie par la pratique. Après des années passées dans le milieu libertaire, j'avais fini par prendre des distances, déçu par le manque d'expérimentations concrètes du merveilleux projet de société qu'il porte en lui.
Aujourd'hui les anars et libertaires de tous poils dépassent la critique dans les mots par la critique dans les faits.
(Mako)

- Si l'objectif premier du VAAAG était de faire exister un espace d'autogestion, d'alternative sociale en acte et d'expérimentations libertaires, il ne faut pas oublier que celui-ci se tenait à l'occasion de la réunion du G8. En plus de ses dimensions positives, constructives, de propositions, le VAAAG incarnait aussi une opposition à la tenue de ce sommet et se voulait être un espace de contestation et d'action contre les saigneurs du monde qui se réunissaient à Evian.
Cet évènement montra que ceux qui luttent au quotidien contre l'exploitation et l'oppression n'ont pas la mémoire courte et que le mouvement que nous représentions tient à son autonomie par rapport à toutes formes de représentation politique.
Par ses nombreuses actions menées, nous avons montré que nous pouvions être une force de contestation et de protestation en même temps qu'une forme d'alternative sociale porteuse de pratiques autogestionnaires concrètes avec l'expérience du VAAAG.
La force du mouvement libertaire réside bien dans cette capacité à allier la contestation aux expériences d'alternatives sociales. Et c'est pleinement ce qui a été réalisé lors de ces jours là !
(David-Lyon)



Le VAAAG: une expérience libertaire.
140 pages qui marquent notre histoire ! Avec des contributions collectives ou individuelles, photos en couleurs...
Editions du Monde Libertaire et No Pasaran. 2003. 10€.
Commande possible en ligne à: http://www.librairie-publico.com.

C'est l'histoire de l'auto-organisation de ce village que vous retrouverez dans ce livre élaboré collectivement.
Afin que cette expérience ne tombe pas dans l'oubli mais soit une étape dans la construction d'un autre monde, débarrassé de l'aliénation capitaliste, étatique et patriarcale.


A L'EPREUVE DU REEL: un documentaire DVD de 56 mn sur le VAAAG réalisée par Florence Miettaux et Grégory Mouret. 2005. Editions du Monde Libertaire et No Pasaran. JFR Productions. 8€.
Commande possible en ligne à: http://www.librairie-publico.com.

RESISTER C'EST CREER !

L'Affaire Sacco et Vanzetti

Posté le 17.09.2007 par Carmen et Ronald Creagh

BIOGRAPHIE de Sacco et Vanzetti par Carmen:

Nicola SACCO: il était né en 1891, d'une famille de 17 enfants à Torremaggiore en Italie. A 14 ans, il quitte l'école pour aller travailler aux champs. Avec son frère Sabino, ils rêvaient de voyages, de partir aux Amériques. Ils partirent un jour de 1908 et débarquèrent à Boston Est.
Nicola avait 17 ans. Sabino ne supporta pas longtemps l'exil, la vie d'immigrant et moins d'un an après il repartait au pays. Nicola persista. Il apprit un métier et devint spécialiste en fabrication de chaussures. En 1913, il adhéra au groupe anarchiste local "Circolo di Studi Sociali" et participa à l'organisation de meetings, dans les villes voisines, distribua tracts et brochures, ouvrit des souscriptions pour les grévistes et accueillit Tresca et Galleani, révolutionnaires anarchistes très connus. En 1916 son groupe organisa un meeting à Milford dans le but de recueillir des fonds pour soutenir les grévistes d'une usine dans le Minnesota.
La préfecture n'ayant pas autorisé cette manifestation, les orateurs furent arrêtés et parmi eux, Sacco. Il fût condamné à une amende et c'est là, la seule peine qu'il a encouru avant son arrestation.

Bartolomeo VANZETTI: "Sans nom dans la foule des sans nom", ainsi s'est-il décrit dans l'autobiographie de 20 pages qu'il a rédigée dans la prison de Charlestown: Histoire d'une vie de prolétaire.
Bartolomeo était né en 1888 dans un petit village du Piémont italien: Villafalleto. Doué pour l'étude et d'une intelligence particulièrement éveillée, il aurait pu, selon ses professeurs devenir enseignant ou même un savant. Son père, estimant que les études étaient trop coûteuses, préféra le placer comme apprenti pâtissier plutôt que de le laisser continuer à étudier. De place en place, besognant de ville en ville, il attrapa une pleurésie si grave que son père vint le chercher à Turin début 1907 pour le ramener à la maison.
Les jours qu'il passa chez lui, soigné admirablement par sa mère, ont été, a-t-il écrit plus tard les plus beaux de sa vie.
Mais ce bonheur fut éphémère, car sa mère atteinte d'un cancer devait mourir au bout de 3 mois d'agonie. Vanzetti la soigna avec le même dévouement et la même tendresse qu'elle avait eue pour le soigner. Il s'embarqua au Havre pour l'Amérique après avoir traversé la France à pied. De New York à Plymouth, Bartolomeo a trimé dur, errant de ville en ville, faisant tous les métiers au bas de l'échelle sociale.
Pour combler son manque d'instruction, il avait lu Darwin, Spencer, Hugo, Zola et Tolstoï mais il était depuis longtemps convaincu que seule l'anarchie délivrerait l'humanité de ses chaînes et il étudiait les oeuvres de Proudhon, Kropotkine et Malatesta qu'il affectionnait particulièrement. Tout d'abord employé à la Compagnie de Cordages de Plymouth comme la plupart des Italiens immigrés, il ne reprit jamais son emploi après une longue grève de revendication salariale en 1916.
Un ami repartant pour l'Italie lui revendit sa charrette à bras et son fond de commerce de poissons. C'est ainsi qu'il devint très connu et très aimé dans le quartier. Pommettes saillantes, moustache tombante, l'ami des enfants qui l'appelaient "Bart", effectuait tous les jours ses livraisons de poissons en poussant sa baladeuse dans ces rues très pauvres essentiellement peuplées d'Italiens et de Portugais.



Extraits de "L'Affaire Sacco et Vanzetti" de Ronald CREAGH:

Qui se souvient de cette magnifique chanson de Joan Baez sur une musique d'Ennio Morricone:
Here's to you, Nicola and Bart
Rest forever here in our hearts
The last and final moment is yours
That agony is your triumph

C'est aussi une chanson qui a été traduite en plusieurs langues et c'est Georges Moustaki qui l'a reprise en français:
Maintenant, Nicola et Bart
Vous dormez au fond de nos coeurs
Vous étiez tous seuls dans la mort
Mais par elle vous vaincrez !

C'est une chanson triste à la mémoire des 2 anarchistes condamnés à mort: "La Ballade de Sacco et Vanzetti". Paradoxalement, c'est une chanson qui a fait danser toute une génération en été 1971 !


LES FAITS

Sacco et Vanzetti ou les passions militantes: dans un pays aussi implacablement procédurier que les Etats-Unis, les grands procès tiennent une place non négligeable dans l'univers médiatique. La tragédie de Nicola Sacco et de Bartolomeo Vanzetti, 2 anarchistes accusés de crimes qu'ils se défendirent toujours d'avoir perpétré déborde même du cadre de la politique intérieure par son retentissement international, comparable à l'affaire Dreyfus en France.
Au delà d'un rappel des faits, ce sont les rapports réciproques entre les passions et les idéologies qui appellent notre attention.

LES PALMER RAIDS

Depuis 1917, l'Etat a entrepris de liquider les anarchistes italiens. ils sont arrêtés par centaines et, en 1919, ces opérations sont, pour l'essentiel, achevées.

LE DRAME

Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti n'étaient pas anarchistes lorsqu'ils arrivèrent sur le sol américain: ils le devinrent aux Etats-Unis. Sacco était ouvrier fraiseur dans une usine de chaussures ; Vanzetti, renvoyé d'une usine pour son action au cours d'une grève, gagnait sa vie comme poissonnier ambulant.
Leurs compatriotes italiens étaient au plus bas de l'échelle sociale.

2 faits allaient marquer le destin des deux protagonistes. La veille de Noël 1919, à Bridgewater dans le Massachusetts, une fourgonnette transportant une importante somme d'argent fut attaquée par une voiture mais réussit à s'échapper. Le 15 avril 1920, dans la ville industrielle de South Braintree, à une vingtaine de kilomètres de Boston, un hold-up sanglant et réussi dans une usine de chaussures aboutit à la saisie du salaire des employés, seize mille dollars au total, qui ne seront jamais retrouvés.
Vanzetti est accusé du premier attentat, condamné, puis présenté au second procès. Il se trouve ainsi en posture de suspect. Alors qu'on avait pris pour sa défense un avocat "classique", on décide de recourir, pour le crime de South Braintree, à un avocat politiquement engagé. Le résultat, en juillet 1921, est désastreux: Sacco et Vanzetti sont condamnés à la peine de mort.
Les requêtes pour un nouveau procès se succèdent. Examinées chaque fois par le même juge qui avait statué dans les affaires précédentes, elles sont coup sur coup rejetées par lui, les décisions se faisant attendre parfois plus d'un an.

En 1925, un gangster, Celestino Madeiros, confesse le crime de South Braintree. Nouvel appel devant la Cour suprême du Massachusetts, qui le renvoie au juge précédent. Celui-ci refuse de prendre en compte le fait nouveau. Une seconde requête devant la Cour suprême en 1927 aboutit au même résultat négatif. En dernier ressort, une pétition est présentée au gouverneur de l'Etat. Celui-ci refuse le pardon. Pourtant, les 2 anarchistes ont toujours nié toute participation aux crimes pour lesquels ils sont accusés.

LE RETENTISSEMENT ET SES INTERPRETES

Après 7 années de prison, le 23 août 1927, à minuit, Sacco et Vanzetti sont exécutés sur la chaise électrique. Ce jour-là, l'Amérique entière est mobilisée dans une ultime attente. A Boston, par exemple, tout ce que le pays compte d'écrivains de talent manifeste sur la place publique. A Detroit, dans le Michigan, 25000 personnes manifestent. A New York, une population immense se retrouve à Union Square, le grand lieu des rassemblements ouvriers.

L'echo favorable que les accusés reçoivent auprès d'un segment de l'opinion est l'effet de plusieurs facteurs: la ténacité du Comité de défense, qui réussit à mobiliser quelques journalistes ; les Civil Liberties Commities ; l'impression forte suscitée dans le monde ouvrier ; le rôle remarquable de quelques grandes bourgeoises bostoniennes. Il résulte aussi de l'exceptionnelle durée de l'attente avant l'exécution sur la chaise électrique -7 ans- des protestations d'innocence des accusés, enfin et surtout de leur personnalité d'une trempe exceptionnelle.

LES SAMARITAINS DE LA DERNIERE HEURE

Les historiens ont beaucoup parlé de certaines collectivités, particulièrement représentatives: les communistes, les catholiques, les intellectuels. Néanmoins, à de rares exceptions près, ces groupes ne sont intervenus qu'à la fin de la crise.
Les communistes américains n'entrent en lice que dans la dernière année en 1927. Leur stratégie est essentiellement orientée à se présenter comme les meneurs de l'opération. Au-delà de leurs rodomontades, ils utilisent le procès et ses victimes comme marchepied à leur propagande.
Les anarchistes, dont un nombre important a été expulsé du pays, ne peuvent qu'agir en sous-main auprès de leurs compatriotes italiens, auxquels ils réussissent à faire passer une information fiable, mais aussi auprès des intellectuels, qui vont occuper les positions les plus visibles.
La population italienne est très logiquement la première à se mobiliser et à rechercher des informations honnêtes. Elle contribue généreusement, pendant ces 7 années, à la défense des accusés.
Par ailleurs, les conflits entre fascistes et antifascistes vont se multipliant tout au long de la campagne de défense des accusés. Les Etats-Unis et l'Italie de Mussolini coopèrent au plus haut niveau pour la répression des "agitateurs".

Un certain nombre de facteurs sont donc entrés en jeu: la xénophobie, les préjugés des Bostoniens, les brutalités policières, le désespoir des pauvres qui les incite à la violence. A ces données psychologiques s'ajoutent des éléments structurels: la lutte des classes, les inadéquations du système judiciaire...



LE POINT AVEUGLE DES IDEOLOGIES

Sur le procès de Sacco et Vanzetti plane le soupçon d'un réglement de comptes: le Bureau of Investigation (ancêtre du FBI) n'ayant pas réussi à démontrer leur participation à ces actions veut les leur faire payer en leur imputant un crime.
Plus qu'une page noire de l'histoire américaine, l'affaire Sacco et Vanzetti est la réaction cohérente d'institutions américaines soutenues par les conservateurs, mais aussi par les libéraux. C'était en effet une tragédie, dont le sens échappa à la plupart de ses participants: si au lieu de définir leurs ennemis en termes trop généraux, ils avaient visé une cible bien délimitée, le Bureau of Investigation, la partie aurait peut-être eu une issue différente.

EN CONCLUSION

Le combat héroïque de 2 personnes contre cette institution avide d'argent et de pouvoir, qui allait devenir le FBI, donne à cette histoire une pertinence que ne démentira pas notre époque où le destin du monde se joue dans des bureaucraties nationales et multinationales impitoyables. Mais il existe aussi, maintenant, des femmes et des hommes qui veulent agiter la conscience planétaire, et cette rencontre de deux êtres avec leur destin ne pourra que les éclairer.

Réf: extraits de la brochure "Sacco et Vanzetti" paru en 2001 aux Editions du Monde Libertaire. Préface de notre ami Franck Thiriot. 3€.
Commande possible en ligne à: http://www.librairie-publico.com.

Anars Réfugiés en Creuse

Posté le 29.07.2007 par anarchie23
Bonjour ! Nous allons vous parler d'un couple d'anarchistes qui avait trouvé refuge en Creuse pendant la guerre de 14/18. Par contre, nous ne savons pas où ce couple s'était planqué exactement. Alors, si vous avez des infos là-dessus, çà serait vraiment très sympa de nous les communiquer.

Voici leur biographie: Stephen MAC SAY (de son vrai nom Stanislas Alcide Masset), né le 15 octobre 1884 à Beaurepaire-sur-Sambre dans le nord de la France et décédé le 10 mars 1972 à Morancez dans l'Eure-et-Loir. Militant anarchiste, professeur de français, forain puis apiculteur.

Il s'oppose très vite à l'enseignement "officiel" et le quitte. En 1906 il rejoint, avec sa compagne Marie-Adèle Anciaux (dite Mary Smiles), l'école libertaire de Sébastien Faure "La Ruche" (communauté éducative fondée sur les principes libertaires qui a fonctionnée de 1904 à 1917 près de Rambouillet) où ils enseigneront tous les deux jusqu'en 1910.

En 1909, il fonda le journal Le Fouet, organe du Groupe d'action des régions d'Avesnes, de Verviers et de Valenciennes, puis organe du Groupe d'action et de défense des départements du Nord et de l'Aisne, enfin organe mensuel d'éducation et de lutte ouvrière. Le siège du journal était à La Flamengrie (Aisne).

Les archives de la police nous confirment (nous les avons demandé au musée de la Police !) que Stephen Mac Say était bien recherché (et traqué par un indic du nom de Foureur) de 1909 à 1912 pour non présentation au service militaire.

Avant la guerre de 1914, il collabore aux Temps nouveaux, au Libertaire, à L'Anarchie (de 1906 à 1911), à l'Idée libre (revue d'éducation sociale fondée par Lorulot)De 1915 à 1917, au périodique d'E.Armand "Pendant la Mêlée" et "Par-delà la mêlée" qui lui succéda à partir de janvier 1916.

Ensuite, Stephen Mac Say deviendra forain, puis apiculteur.
Pendant la guerre de 14/18, bien que réformé, il se réfugie dans la Creuse avec sa compagne, craignant quelques ennuis à cause de son engagement antimilitariste.

Après la guerre, il reprend ses activités militantes, et particulièrement sa collaboration régulière aux journaux anarchistes "L'En Dehors", "Le Libertaire", "Les Temps Nouveaux" etc... ; ainsi qu'à l'Encyclopédie Anarchiste de Sébastien Faure.
Dans le premier numéro de "l'En-dehors" daté du 31 mai 1922, journal individualiste d'E.Armand, Mac Say fait de la réclame pour son miel !

La "Voie Libertaire", organe de l'Association des fédéralistes anarchistes, le compta parmi les siens dans sa rubrique "Nos collaborateurs" le 9 mars 1929. Ainsi qu'au "Semeur" de A.Barbé de 1927 à 1936. Il collabora également au prelier numéro de l'Unique (1er juin 1945) sous-titré dans ses débuts "Bulletin intérieur exclusivement réservé aux amis d'E.Armand" !

Dénoncé comme juif pendant la 2ième guerre mondiale (ce qui, soit-dit en passant, était faux) il est à nouveau contraint de quitter sa maison (celle de Gourdez-Luisant dans l'Eure-et-Loir ?) avec Mary.

Humaniste et amoureux de la nature, Stephen Mac Say écrira de nombreux livres et brochures contre la vivisection, ainsi que sur l'éducation des enfants et la santé: "L'école laïque contre l'enfant" ; "De Fourier à Godin" ; "Les bêtes proches de l'homme" ; "Propos sans égards", etc....
Dans "Vers l'éducation humaine"(1911) il dénonçe l'écrasement de l'élève par l'institution scolaire et annonce sur ce plan Paul Goodman et Yvan Illich. Il réhabilite l'autodidactisme, la connaissance primordiale de soi, l'introspection. Cette démarche de précaution et de réalité doit précéder pour lui tout acte pédagogique.



Marie-Adèle ANCIAUX (dite Mary SMILES) né le 8 mars 1887 à Prisches (dép. du Nord) et morte le 9 février 1983 à Chartres. Militante et pédagogue libertaire.

Compagne de Stephen Mac Say, elle va partager sa vie durant tous ses engagements pendant plus de 60 ans de vie et de luttes communes.

Elle enseignera de 1906 à 1910 à "La Ruche".
Outre son action éducative, elle est inséparable de l'action de Stephen en faveur de la nature et en particulier de la défense des animaux au sein de la "Ligue contre la vivisection".

Quelques infos complémentaires:
- de 1928 à 1952 existait les éditions "La Sauvagette" à Gourdez-Luisant (Eure-et-Loir) où de nombreux livres de Stephen Mac Say ont été publiés. Il semblerait que c'était dans sa propre maison.
- Maurice Laisant a écrit une biographie de Stephen Mac Say intitulée "L'éducateur, l'humaniste, l'ami des bêtes" de 11 pages publiée en 1978 par un groupe de la Fédération Anarchiste (Groupe La Boëtie).
Contient-t-elle des détails supplémentaires sur le "séjour" de Stephen Mac Say et de Mary Smiles en Creuse ?
- Stephen Mac Say a écrit dans une lettre en 1971:
"Connu de tous sous cette appellation -Mac Say- je n'ai jamais utilisé qu'à mon corps défendant, lorsque les circonstances l'exigeaient, le nom que m'a imposé, dès ma naissance, la société".

Syndicalisme Anar et Communiste (1920/1930)

Posté le 06.07.2007 par anarchie23
PHOTO: Meeting CGTU en 1930 à la Grange-aux-Belles (où en 1924, des communistes ont assassinés des anarchistes)


Bonjour ! Après moults recherches afin de comprendre un peu mieux dans quel contexte pouvait se trouver notre Adrienne du billet précédent (plus coco qu'anar ou l'inverse ?...) voici un petit topo de ce qui se passait dans les années 20 au niveau du syndicalisme, de la montée du communisme et du mouvement anar. Période riche et complexe, alors résumons:

- Les Comités Syndicalistes Révolutionnaires: C'est une structure syndicale créée en 1919 au sein de la CGT. Ce sont des militants(tes) opposé(e)s à la collaboration de la CGT avec le gouvernement pendant la guerre de 14/18. Ces Comités regroupaient des syndicalistes révolutionnaires revenus des tranchées et radicalisés par la boucherie de la guerre, mais aussi par l'exemple de la Révolution russe.
Avec l'appui des anarchistes, ces Comités fondent un nouveau syndicat (la CGTU) en 1921.

- La CGTU: Son 1er Congrès en 1922 à St-Etienne provoque l'affrontement entre les libertaires et les communistes. Le courant syndicaliste-révolutionnaire (impulsé par les anars tel Pierre Besnard) perdra de son influence au profit du Parti Communiste boosté par le mythe de la Révolution russe et grâce au financement de permanents par l'URSS. Pierre Monatte(par exemple) et d'autres militants syndicalistes-révolutionnaires et les anars bien évidemment seront exclus de la CGTU totalement dominée rapidement par les rouges.

- Jusqu'en 1931 différentes minorités survivent encore au sein de la CGTU, animées par des syndicalistes qui récusent à la fois le réformisme et l'alignement inconditionnel sur le parti communiste mais en 1932, la stalinisation pousse hors de la CGTU tous les opposants(tes).

Alors, dans tout çà, où pouvait bien être notre Adrienne ? Si l'on suit sa biographie (qui est assez succinte):
- Plutôt de tendance communiste (même si elle rompt avec le PC) jusqu'en 1930 puisqu'elle participe au Congrès de l'Internationale Syndicaliste rouge cette année là.(avec pour bémol que certains anars y étaient favorables au début de sa création...)
- Les syndicats enseignants de l'époque (où moults anars se trouvaient) ont du l'influencer vu qu'elle était instit. Son rapprochement avec Célestin Freinet pose question: même exclu du PC, Freinet était resté méfiant par rapport aux anars...et restait quand même proche de l'idéal communiste...

Alors, alors ?

Une Anarchiste Aubussonnaise ?

Posté le 01.07.2007 par anarchie23
Aujourd'hui, nous nous sommes interessé(e)s à Adrienne MONTEGUDET, une militante communiste (çà commence mal !) qui, au soir de sa vie serait devenue libertaire.

Petite bio: Née le 12 juin 1885 dans une famille paysanne de la Creuse, elle deviendra institutrice.

Mariée en 1908 avec Léon Montégudet -enseignant et fondateur du syndicat CGT des instituteurs de la Creuse et ayant pris la tête de la riposte quand le gouvernement avait prétendu interdire aux enseignants le droit de se syndiquer. Membre du parti socialiste SFIO, il opte ensuite pour l'adhésion à l'Internationale communiste mais il ne put s'inscrire au tout nouveau parti communiste car il fut atteint par la tuberculose en 1922-, ils militent ensemble.

A la mort de celui-ci, elle poursuit son militantisme à la CGT et anime en 1921 les "Comités Syndicalistes Révolutionnaires" à Aubusson. (Ces Comités étaient un courant minoritaire de la CGT qui restaient fidèles à la Charte d'Amiens et qui étaient très influencés par le léninisme en opposition au courant majoritaire de Léon Jouhaux, de la SFIO...)

A la scission de la CGT en 1921, elle passe à la CGTU en 1922 et participe à la Commission Féminine. (La CGTU était lié exclusivement au Parti Communiste de 1921 à 1936 et a épuré de ses rangs au fur et à mesure et assez brutalement les anarchistes ayant tenté d'y apporter leur point de vue)

Quand le syndicat des mineurs de Lavaveix (où se trouvait notamment pas mal d'anarchistes originaires de Belgique) décide, avec des organisations de cheminots, de lignards des PTT, des ouvriers du bâtiment et quelques autres cégétistes, de rejoindre la CGTU, elle est élue comme secrétaire de la nouvelle Union Départementale.


Ayant évité de peu la révocation à cause de son militantisme, elle eut à subir une censure, et d'autorité, le préfet la fit muter de son école d'Aubusson à celle de la petite commune de Jalesches, entre Boussac et Guéret.

Sa rencontre avec un militant d'origine italienne l'amène ensuite un temps à Moscou où elle devient professeur de français.
En 1927, elle est de retour en France où elle tente d'impulser une propagande dans le milieu paysan en rompant avec le PC (Ah ! quand même !) Elle retourne néanmoins en URSS en septembre 1930 pour le Congrès de l'Internationale syndicaliste Rouge mais se montre très critique envers le régime soviétique et les délégués français qui refusent de voir les réalités. (Dès l'avènement du bolchévisme en 1917, de nombreux anarchistes avaient déjà pointés du doigt la supercherie du régime communiste !)

En 1931, elle collabore à "L'Emancipation", journal de la Fédération de l'Enseignement puis fréquente le groupe de Pierre Monatte qui édite "La Révolution Prolétarienne". ( Pierre Monatte ayant été anarcho-syndicaliste jusqu'au Congrès Anarchiste d'Amsterdam de 1907 puis suite à sa fameuse querelle avec Malatesta sur le rôle du syndicalisme -Monatte pensait que le syndicalisme à lui seul permettrait la révolution sociale alors que Malatesta soutenait avec raison qu'il n'était qu'un levier possible parmi d'autres- a fondé le journal "La Vie Ouvrière" et fut un grand ponte des Comités Syndicalistes Révolutionnaires. Il a été également membre du Parti Communiste et de la CGTU)

Elle quitte ensuite la Creuse pour Marseille où elle prend part en 1936 aux réunions anarchistes et devient secrétaire du Comité des femmes libertaires.(L'équivalent des "Mujères Libres" pendant la guerre d'Espagne ; courant féministe et demandant l'émancipation des femmes) Elle apporte alors son aide aux réfugiés italiens et espagnols.

Au début de la Seconde guerre mondiale, elle s'installe à Antibes puis à St-Paul-de-Vence où, en contact avec Célestin Freinet ( instit aux méthodes pédagogiques en avance sur son temps et ancien membre du PC exclu pour çà) elle prend en charge un groupe de réfugiés Tchèques (juifs pour la plupart) qu'elle cachera en Creuse puis près de Bayonne.
Elle s'éteindra le 23 août 1948 à Bayonne.

Cette petite biographie nous amène à plusieurs questionnements:
-tout d'abord le parcours de cette militante qui était à la base communiste, syndicaliste rouge puis progressivement qui s'oriente vers une démarche anti-communiste, féministe, sensible à des méthodes d'éducation novatrices. Sensible aux idées anars en les soutenant, tardivement certes.

-Sa période creusoise n'a rien d'anarchiste: elle semble encore bien trop liée au communisme.
-Son syndicalisme (lié à la CGT puis à la CGTU) non plus mais c'est peut-être là, rencontrant des militants(tes) anars qu'elle a commencé à "basculer" et à devenir critique des méthodes des communistes.

-L'affrontement des anars et des cocos au sein de la CGTU était très violent. Ayant vécu en URSS plusieurs années, elle a certainement pu s'apercevoir de la "tromperie communiste".

Alors ? Adrienne Montégudet nous fait penser à ces trop rares communistes, aveuglés par l'URSS, qui se sont émancipés de la mainmise du Parti et ont su reconnaître à un moment que les anars avaient raison. Peut-être...

BONAVENTURE, une école libertaire

Posté le 29.06.2007 par Alayn DROPSY
En septembre 1993 s'ouvrait sur l'île d'Oléron une école libertaire: BONAVENTURE.

Des enfants, de 3 à 9 ans, y apprenaient à lire, écrire, compter, et surtout, à apprendre. A construire des savoirs. A s'apprendre. Dans le cadre d'une petite classe unique. Mais aussi en dehors de la classe et de l'école. Et tout cela, au rythme endiablé d'une éducation permanente à et par la liberté, l'égalité, l'entraide, l'autogestion...

Bonaventure taraudait inlassablement l'hiver éducatif pour y apposer quelques touches de couleurs anti-autoritaires.

Mais Bonaventure n'était pas que cela: en brandissant haut et clair le drapeau de la laïcité, de la gratuité, d'un financement social, de l'égalité des salaires, de la propriété collective, en affirmant la nécessité d'un service social d'enseignement et d'éducation qui soit vraiment celui de l'égalité des chances, Bonaventure était fantassin d'une petite armée de gueux qui laboure inlassablement les terres ingrates d'une transformation sociale radicale.

C'était un coup de pied au cul à toutes les résignations, une main tendue aux possibles et un formidable clin d'oeil à l'espoir.
On peut retrouver l'histoire de l'école libertaire Bonaventure dans 2 livres: "Bonaventure, une école libertaire" et "La Farine et le son".
Une vidéo (en VHS) existe également.

L'école Bonaventure a du fermer en 2001 mais ses locaux s'oriente vers d'autres aventures prochaines (bibliothèque sociale et anarchiste, maison de repos pour anarchistes fatigués...)

J'étais l'humble animateur de cette école les 2 premières années de son fonctionnement ; j'aurais, je pense, aimé y être également enfant apprenant.
Bonaventure, c'était de l'anarchie au quotidien. Du palpable, du concret. C'était la démonstration qu'il est possible de faire autrement, de vivre sur d'autres bases. Et c'est en faisant des choses différentes que les choses...changent !

L'école Bonaventure n'est plus, place au nouveau Bonaventure !

Histoire du A cerclé et du drapeau noir

Posté le 03.06.2007 par anarchie23
Bonjour ! Je viens de trouver un texte interessant sur l'histoire du A cerclé et du drapeau noir et qui mettent à bas certaines idées reçues.
Symboles à haute valeur visuel de l'anarchisme, l'histoire du A cerclé et du drapeau noir sont méconnues.
Alors allez jeter un oeil sur: increvablesanarchistes.org

Salutations Anarchistes.
Alayn
Ce blog est hébérgé par centerblog. Créer un blog c'est simple, rapide et gratuit sur centerblog.net !
Signaler un abus